Aperçu de la Banque du Canada de décembre : Face, on ralentit maintenant. Pile, on ralentit bientôt.
Par : Andrew Kelvin, Robert Both, Chris Whelan, Mazen Issa
5 décembre 2022 - 6 minutes
Arguments soutenant une hausse de 25 pdb
- Un resserrement important est déjà en place dans le système. Selon nous, la sensibilité à la dette est le facteur le plus important qui sous-tend les perspectives de croissance, surtout compte tenu de la possibilité que la politique monétaire ne soit pas transmise de façon linéaire. Nous pensons qu’il serait préférable de procéder de façon plus prudente à l’avenir.
- L’indice des prix à la consommation (IPC) excluant l’alimentation et l’énergie montre des signes de ralentissement. La mesure excluant l’alimentation et l’énergie désaisonnalisée s’établit à +0,2 % d’un mois à l’autre en octobre, il s’agit de la croissance la plus lente depuis novembre 2021 et la tendance sur trois mois est à son plus bas niveau depuis janvier 2022. De même, les mesures des prix des intrants, des coûts d’expédition et des prix de production prévus montrent toutes des signes de ralentissement.
- Les mesures de relance budgétaire ne feront pas obstacle. Nous ne nous attendons pas à ce que le gouvernement fédéral nuise à la BdC en 2023. La mise à jour budgétaire de 2022 ne comprenait que des augmentations mineures des dépenses et était plutôt axée sur l’amélioration de la situation des finances fédérales.
- La BdC cherche un équilibre. Des commentaires récents de la BdC laissent entrevoir une certaine appréhension quant au rythme du resserrement. Le gouverneur Macklem a ouvert la porte au ralentissement du resserrement après l’annonce d’octobre de la BdC et a reconnu que l’organisation approchait de la fin de son cycle de resserrement.
Arguments soutenant une hausse de 50 pdb
- L’inflation de base demeure trop élevée. Bien que la BdC soit sans aucun doute soulagée de voir que l’inflation globale a probablement atteint un sommet, les mesures de l’inflation de base demeurent à un niveau inquiétant. La médiane pondérée et la moyenne tronquée ont toutes deux augmenté de 0,1 point de pourcentage (pp) en octobre, pour s’établir respectivement à 4,8 % et à 5,3 % sur 12 mois.
- Moins de capacité excédentaire dans le système que prévu. Le rapport sur l’emploi d’octobre indique un point de départ plus robuste pour le marché du travail, ce qui peut indiquer qu’il faudra plus de temps pour constater une capacité excédentaire sur le marché du travail. De même, les révisions à la hausse du PIB de 2020 à 2022 et la hausse surprenante de 1,4 pp du PIB réel au troisième trimestre appuient également le scénario de point de départ avec moins de capacité excédentaire.
- Les pressions salariales n’ont pas encore diminué. La croissance des salaires des employés permanents a été stable au cours des six derniers mois, à environ 5,5 %, ce qui témoigne encore une fois du resserrement du marché du travail et représente un risque à la hausse pour les pressions inflationnistes futures.
- Tendances mondiales des banques centrales. La Banque centrale européenne (BCE), la Banque d’Angleterre (BoE), la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque de réserve de la Nouvelle-Zélande (RBNZ) ont toutes relevé leurs taux de 75 pdb lors de leurs dernières réunions et devraient toutes les augmenter d’au moins 50 pdb la prochaine fois. Bien que la BdC soit évidemment plus sensible à l’évolution de la situation au pays qu’aux tendances internationales, la voie de la moindre résistance consiste souvent à suivre la tendance mondiale.
Stratégie de change
Cela signifie que la paire USD/CAD est probablement à la baisse pour le moment. Cependant, nous répétons que le dollar canadien fait partie des devises qui inspirent le plus de pessimisme chez nous pour 2023. Étant donné que la BdC indique que le cycle de resserrement approche de sa fin ou, du moins, qu’il est peu probable qu’il soit aussi énergique, on se concentrera sur les facteurs idiosyncrasiques qui font l’objet d’avertissements de notre part depuis longtemps, particulièrement à mesure que la Fed diminue la cadence. L’endettement effréné qui a soutenu les expansions canadiennes dans le passé en raison de la faiblesse des taux d’intérêt est terminé.
Nous souhaitons demeurer des vendeurs stratégiques du dollar canadien au cours de la nouvelle année. Sur le plan tactique, nous pensons que la semaine des réunions de la Fed et de la BCE et du dévoilement de l’IPC aux États-Unis pourrait marquer un tournant. La paire EUR (euro)/CAD pourrait selon nous connaître un recul à la fin de l’année.
Stratégie liée aux taux
Du point de vue de la durée et de la courbe elle-même, nous adoptons une position neutre, les taux à 30 ans et la courbe des obligations à 10 ans/30 ans se situant près du milieu de la fourchette depuis le début des hausses. Nous préférons utiliser des structures aplatissement haussier/pentification baissière pour nous orienter dans le marché à l’avenir lorsque nous ne jumelons pas les opérations liées à la durée et à la courbe avec les marchés américains ou autres. Pour le moment, nous maintenons le cap et nous espérons ne pas rater la prochaine reprise importante de la durée. La volatilité de fin d’année et les pressions inflationnistes persistantes sont les principales raisons pour lesquelles nous restons sur la touche, mais nous ferons preuve de dynamisme dans nos achats en période de repli de la durée si nous en avons l’occasion.
Premier directeur et stratège en chef, Canada, VMTD
Premier directeur et stratège en chef, Canada, VMTD
Premier directeur et stratège en chef, Canada, VMTD
Vice-président et stratège, Macroéconomie, VMTD
Vice-président et stratège, Macroéconomie, VMTD
Vice-président et stratège, Macroéconomie, VMTD
Directeur et stratège principal, Taux, VMTD
Directeur et stratège principal, Taux, VMTD
Directeur et stratège principal, Taux, VMTD
Directeur et stratège principal, Opérations de change, VMTD
Directeur et stratège principal, Opérations de change, VMTD
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