Perspectives de la stratégie mondiale 2026 : une croissance capricieuse qui se maintient

nov. 18, 2025 - 5 minutes
La cathédrale Saint-Paul, à Londres

Aperçu :

  • On s’attend à une nouvelle baisse des taux des obligations du Trésor à 10 ans et à une dépréciation du dollar américain.
  • Selon les prévisions, l’économie américaine devrait afficher un rendement inférieur aux attentes, en raison d’une inflation qui demeure au-dessus de la cible pour une sixième année consécutive, mais il demeure toujours possible qu’elle surpasse les prévisions consensuelles.
  • La Réserve fédérale américaine devrait réduire son taux directeur plus que prévu en 2026.
  • Dans un contexte d’assouplissement, les banques centrales, notamment la Banque du Canada et la Banque centrale européenne, pourraient procéder à des hausses d’ici la fin de 2026.
  • Les investisseurs étrangers augmentent leurs placements, mais couvrent l’exposition au dollar américain; la dédollarisation est davantage une question de couverture que de désinvestissement.
  • Les investissements en capital dans l’intelligence artificielle sont en hausse, mais les gains de productivité sont à la traîne, ce qui limite le potentiel de croissance des États-Unis.

Malgré l’incertitude et tous les chocs liés aux politiques en 2025, tout indique que l’année qui prend fin sera marquée par la baisse des obligations du Trésor à 10 ans, l’affaiblissement du dollar américain et la hausse de l’indice S&P 500. Selon nos prévisions pour 2026, il devrait y avoir moins de chocs et de risques persistants, mais nous prévoyons à peu près le même résultat, avec une nouvelle baisse des taux à 10 ans et une dépréciation du dollar américain. Toutefois, les mesures expansionnistes des banques centrales et le soutien budgétaire continu semblent suffisants pour limiter les conséquences des risques.

Selon les prévisions consensuelles, l’économie américaine devrait afficher un rendement inférieur à son potentiel pendant toute l’année 2026 et faire moins bien que beaucoup d’autres grandes économies, en raison d’une inflation aux États-Unis qui demeure au-dessus de la cible. Les taux et les opérations de change seront vraisemblablement déroutants, ce qui ne sera pas idéal pour les actifs à risque.

Bien que les risques soient nombreux et que l’économie doive composer avec un manque de données pour terminer 2025, nous nous attendons à ce que la croissance aux États-Unis dépasse les attentes consensuelles pour 2026. Toutefois, elle demeurera légèrement inférieure à son potentiel et on s’attend à ce qu’une tendance désinflationniste plus favorable prenne le relais au deuxième semestre. L’inflation aux États-Unis resterait quand même supérieure à la cible pour la sixième année consécutive. Ces perspectives s’appuient également sur des hypothèses selon lesquelles la Réserve fédérale américaine (la Fed), après avoir fait preuve de patience à l’égard des hausses de l’inflation induites par les droits de douane en 2025, sera en mesure d’assouplir sa politique encore plus que prévu au cours de la prochaine année.

À mesure que les attentes d’inflation diminuent, les taux de la Fed peuvent baisser pour tout simplement maintenir le rythme, mais les données subjectives donnent à penser que les réductions de taux de la Fed devraient dépasser ce processus. Le facteur qui vient compliquer le plus la situation pour la Fed est l’économie à deux vitesses :

  • la tendance des dépenses de consommation en forme de K répartie entre les ménages à revenu élevé et ceux qui doivent composer avec une détérioration des conditions;
  • le soutien des investissements en capital dans l’intelligence artificielle (IA) à un moment où la demande d’embauche ralentit.

Nous pensons que les éléments suivants continueront d’avoir des répercussions sur le marché en 2026.

La dédollarisation

Plus de couverture que de changements apportés aux placements : Malgré toutes les rumeurs de vente d’obligations américaines par les investisseurs, les chiffres indiquent une hausse de 4 % jusqu’en juillet 2025 pour les obligations du Trésor américain détenues par des gouvernements étrangers et de 8 % pour les investisseurs étrangers autres que des gouvernements. Plutôt que de se départir de leurs avoirs, nous constatons que de plus en plus d’investisseurs couvrent leur exposition au dollar américain.

Variation sur 12 mois des placements étrangers en obligations du Trésor américain : les placements en obligations du Trésor américain à l’étranger continuent de croître

La hausse des primes payables à l’échéance

Suffisamment de demande pour l’offre : Il se dit également qu’en raison des largesses budgétaires, les investisseurs risquent de demander une augmentation des rémunérations. Nous croyons plutôt que l’offre mondiale d’obligations d’État sera assez stable en 2026, avec un penchant pour le segment à court terme, ce qui devrait être généralement favorable pour les taux et les produits sur écart. Ce niveau de dépenses publiques ne peut pas durer éternellement, mais nous anticipons plus un catalyseur négatif à court terme qu’une tendance durable de nature à alimenter des craintes soutenues sur les marchés.

L’économie de l’IA

Elle ne se fera pas en un jour : Une portion raisonnable de la croissance des investissements est liée à l’IA, ce qui représente une part importante du financement. Toutefois, il n’y a pas d’effet d’entraînement immédiat sur la croissance de la productivité et ce n’est pas non plus un développement isolé. Nous constatons une tendance à la sortie d’autres investissements, des contraintes de capacité dans les secteurs des produits de base et un ralentissement simultané de l’embauche. L’effet conjugué de tous ces facteurs maintient la croissance de l’économie américaine en dessous de son potentiel.

Les investissements liés à l’IA semblent évincer les investissements plus généraux dans l’équipement

La baisse du dollar américain

Exceptionnalisme américain non reconduit : Les investisseurs expriment une certaine aversion au risque à l’égard du dollar américain. Les chiffres sont de 3 % à 6 % en dessous des prévisions consensuelles et des projections de 2026 pour le dollar américain. Même si nous prévoyons que l’économie américaine dépassera les attentes consensuelles pour 2026, la résilience mondiale et l’assouplissement de la Fed sont suffisants pour empêcher que l’ampleur du « sourire du dollar américain » s’élargisse. Nous nous attendons à une approche davantage axée sur la valeur que sur le portage.

La Fed sous les ordres

Comment aimez-vous la Fed? Trop souple à votre goût? Les marchés craignent que la Fed subisse d’énormes pressions politiques pour l’inciter à un assouplissement excessif. Toutefois, notre suivi exclusif de ce que la Fed « devrait » mettre en œuvre donne à penser que son comportement actuel est conforme. Le secrétaire au Trésor des États-Unis, Scott Bessent, et d’autres, laissent également entendre que l’assouplissement quantitatif de la Fed n’est pas considéré comme un instrument politique viable. La décision de la Cour suprême dans l’affaire Lisa Cook attire beaucoup l’attention, mais nous ne pensons pas que ce sentiment se reflétera dans des issues différentes pour la Fed.

Le resserrement monétaire approche

Hausse des taux à l’échelle mondiale : Bien que la Fed et la Banque d’Angleterre poursuivent l’assouplissement, nous nous attendons d’une part à un relèvement de la Banque du Canada (BdC) et de la Banque centrale européenne (BCE), et d’autre part à ce que les marchés commencent à évoquer des hausses de la Banque de réserve d’Australie en 2026. Nous pensons que la BCE pourrait augmenter ses taux directeurs d’ici la fin de 2026. Pour la BdC, les mesures budgétaires peuvent maintenant faire le gros du travail pour soutenir l’économie, ce qui devrait conduire à des hausses du taux directeur en 2027. Les marchés de l’énergie sont probablement proches d’un creux et devraient repartir à la hausse au deuxième semestre. Cette situation pourrait à la fois favoriser les occasions dans le segment à court terme de la courbe et fragiliser davantage le dollar américain en 2026.

Ratios dette/PIB

De nouveaux sommets en vue pour l’or

Cela vaut son pesant d’or : Les paramètres fondamentaux sont généralement favorables et l’or devrait s’apprécier considérablement et passer au-dessus de la barre des 4 400 $ l’once en 2026. Selon nous, cette situation devrait se produire dès la confirmation que la Fed poursuit son cycle d’assouplissement dans un contexte de ralentissement de l’économie, d’inflation nettement supérieure à la cible et de probable domination des colombes au sein du Federal Open Market Committee (FOMC). L’argent, le platine et le palladium ont également connu une année exceptionnelle, et d’autres sont à venir.

Les clients abonnés peuvent lire le rapport complet, intitulé 2026 Global Outlook – Carry On My Wayward Growth, sur le TD One Portal


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