Invité : Louis Bellucci, directeur principal, Gouvernance des indices, S&P Dow Jones, Jean-Maurice Ladure, directeur général et responsable mondial, Recherche sur la gestion des indices, MSCI, Arne Noack, chef, Actions, Amériques, FTSE Russell, Emiliano Rabinovich, directeur général et gestionnaire de portefeuille principal – cochef de l’indice d’actions systématique, Amériques, State Street Investment Management
Animation : Peter Haynes, directeur général et chef, Recherche, Structure des marchés et indices, Valeurs Mobilières TD
L’épisode 74 a été enregistré dans le cadre de la 26e Conférence annuelle sur la gestion de portefeuille et la structure des marchés de Valeurs Mobilières TD, qui a eu lieu à Toronto au début de novembre. Cet épisode prend la forme d’une table ronde réunissant des dirigeants des principaux fournisseurs d’indices de référence, soit MSCI, S&P et FTSE-Russell, ainsi qu’un gestionnaire d’indices de State Street Investment Management. Au nombre des sujets abordés figurent la difficulté à concilier les politiques nationales et mondiales en matière d’indices de référence, l’évolution des règles relatives à la classification régionale ainsi que les règles de concentration et de plafonnement. Il est également question du nouvel enjeu ayant trait à l’admissibilité des entreprises dans le monde entier qui exercent des activités de trésorerie liées aux cryptomonnaies au sein de sociétés en exploitation, ce qu’on appelle les sociétés de trésorerie en actifs numériques.
| Chapitres: | |
|---|---|
| 02:54 | Le chevauchement d’indices à l’échelle nationale |
| 06:52 | Les conditions requises pour que les sociétés canadiennes puissent faire partie de l’indice S&P 500 |
| 14:51 | Les critères d’admissibilité à l’indice FTSE 100 pour les émetteurs non constitués en société du Royaume-Uni |
| 27:38 | La concentration liée aux Sept Magnifiques |
| 31:48 | L’admissibilité des sociétés de trésorerie en actifs numériques |
| 36:44 | La division entre MSCI et FTSE concernant le Vietnam et la Corée du Sud |
| 48:15 | Les conséquences de la négociation 24 heures sur 24 |
Ce balado a été enregistré le 6 novembre 2025.
Peter Haynes :
Bienvenue à cet épisode spécial de Bid Out, balado de Valeurs Mobilières TD axé sur la structure du marché. Ici votre animateur, Peter Haynes. Aujourd’hui, on va jeter un coup d’œil à la 26e Conférence annuelle sur la gestion de portefeuille et la structure des marchés de Valeurs Mobilières TD. Ce sera dans le cadre d’une table ronde réunissant des dirigeants des trois plus grands fournisseurs d’indices de référence au monde, soit MSCI, FTSE Russell et S&P Dow Jones, et un gestionnaire d’indice de State Street Investment Management. Les quatre experts en indices de référence abordent des enjeux importants, comme la difficulté croissante à apparier les sociétés aux indices nationaux, le double statut de la Corée du Sud et bientôt du Vietnam, les préoccupations liées à la concentration des sociétés technologiques à grande capitalisation et la question émergente de l’admissibilité et de la classification des sociétés de trésorerie en actifs numériques. On espère que vous apprécierez cette plongée dans l’univers profond des indices de référence. On y va!
On a beaucoup de matière à couvrir pendant cette séance. C’est une table ronde qu’on organise presque chaque année, je crois, avec les fournisseurs d’indices pour discuter des grands enjeux qui touchent leur secteur à l’échelle mondiale. L’an dernier, on a ajouté un élément spécial en intégrant un utilisateur de l’indice, côté acheteur, et Mike Perry, de Vanguard. Cette année, on a invité Emiliano Rabinovich de State Street, à ma gauche tout au bout. Vous êtes gestionnaire de portefeuilles indiciels chez State Street et vous avez un lien intéressant avec le Canada, puisque vous avez vécu à Montréal pendant des années avant de déménager à Boston. On est ravis de vous accueillir aujourd’hui, Emiliano. Ce sera intéressant d’avoir votre point de vue. Nos trois convives, ici, vont devoir se montrer honnêtes en votre présence… À côté d’Emiliano, je vous présente Louis Bellucci, qui travaille dans le secteur des indices pour Standard & Poor’s. Il dirige les réunions de leur comité et, comme j’aime le dire lors des événements sur les indices S&P, c’est un influent décideur qui œuvre en coulisses.
Il ne va pas nous donner le nom du prochain titre de l’indice, mais il pourrait peut-être nous parler de certaines décisions prises dans l’ombre par le fournisseur de l’indice pour nous aider à mieux comprendre ce qui se passe en coulisses. Tout de suite à droite de Lou, je vous présente Jean-Maurice, ou JM. Jean-Maurice Ladure, de MSCI, est directeur général et chef de la gestion des indices. JM était avec nous l’an dernier. Merci d’être revenu cette année pour nous faire part du point de vue de MSCI. Entre JM et moi, je vous présente Arne Noack, qui s’est récemment joint à FTSE Russell. Il a de l’expérience en gestion d’indices et du point de vue des utilisateurs de FNB ou d’indices. Il est responsable des actions pour les quatre indices FTSE Russells américains. Alors, c’est parti! Je commence avec vous, Louis.
C’est un thème qui a beaucoup fait parler dans les cercles indiciels. En fait, je dirais qu’il revient constamment tous les jours dans le cadre de nos activités. Je parle du décalage croissant entre vos responsabilités en tant que gestionnaire d’indices, entre les indices nationaux et les indices mondiaux. C’est bien différent. La raison est que les gens sur place pensent que les entreprises font partie de leur marché et que les entreprises, elles, ont compris que si elles sont inscrites sur plusieurs marchés, ça leur permet d’avoir plus d’actifs dans les indices. Du coup, avec la mondialisation, il est donc de plus en plus difficile de décider dans quel pays placer les sociétés. Je serais intéressé d’avoir votre avis, vous qui gérez des indices de référence nationaux dans trois des pays du G7. Est-ce que vous pensez qu’il y aura inévitablement de plus en plus de chevauchement entre les indices de référence nationaux?
Louis Bellucci :
Merci pour cette question. Oui, c’est vrai. La mondialisation, l’économie mondiale exerce des pressions sur les définitions traditionnelles d’un indice de référence par pays. À l’heure actuelle, la plupart des sociétés exercent leurs activités et sont influencées par des facteurs au-delà de leurs frontières géographiques. Tout particulièrement les sociétés à grande capitalisation qui sont intrinsèquement multinationales. Précisément le genre de sociétés qui entrent dans les indices que vous mentionnez. C’est plus évident sur certains marchés. Je pense en particulier au Canada. Vu sa proximité avec les États-Unis, c’est plus visible et, comme vous l’avez dit, c’est assurément quelque chose dont on discute tous les jours. Pour les fournisseurs d’indices comme nous, ça complexifie de plus en plus la constitution d’indices de référence nationaux qui se distinguent clairement les uns des autres. Pour répondre à votre question, non, je ne pense pas que ce soit inévitable. Pas dans l’ensemble. Mais en marge, oui, ça se voit déjà.
Les fournisseurs d’indices ont chacun leur propre façon de définir le pays, le domicile, etc. Ce chevauchement existe donc déjà entre les fournisseurs d’indices. Idem pour la classification de la taille. Et ce, tant pour les pays développés que pour les pays émergents. Et pour le style, la croissance et la valeur. Il faut comprendre la méthodologie de l’indice. C’est ça qu’il faut retenir avant tout. Pour en revenir à S&P, on y discute de ce qui distingue un indice de référence national d’un indice de référence mondial, en se demandant s’il y a des différences ou des nuances dans les scénarios d’utilisation. Et je pense que la méthodologie a probablement changé pour certains indices, plutôt que pour les indices dans leur ensemble. En fait, S&P a récemment apporté des changements aux indices S&P/TSX pour que les sociétés non domiciliées au Canada, selon S&P/TSX, puissent quand même figurer dans les indices de référence canadiens tant qu’elles sont au moins constituées en société au Canada.
Pour l’indice S&P 500, je pense que c’est beaucoup moins probable. Et, pour plusieurs raisons. C’est davantage un indice de référence mondial, puisqu’on parle des différences entre les indices de référence mondiaux et nationaux. On observe que les sociétés ont tendance à se tourner de nouveau vers les États-Unis. C’est déjà un marché très important, mais il n’y a aucun risque de corrosion du marché susceptible de créer des inquiétudes ou une demande de changement de méthodologie. D’autant qu’il y a d’autres options. Il existe d’autres options qui définissent le pays autrement ou qui offrent une exposition à ces pays de façons différentes, et je pense qu’elles sont offertes à ceux que ça intéresse.
Peter Haynes :
Pendant que vous le mentionnez, ces derniers jours, d’ailleurs, un sujet intéressant a été abordé lors de votre réunion du comité consultatif canadien. Je précise que ces réunions consultatives ne sont pas frappées d’embargo; on ne sait pas qui dit quoi, mais il y a des choses que vous voulez que tout le monde sache. L’un des sujets abordés était le traitement de Teck et d’Anglo American. Évidemment, vous n’allez pas parler d’une entente précise. Je vais donc vous poser une question plus philosophique, qui concerne plus le processus. Il y a au Canada une école de pensée à propos de cette fusion de deux des sociétés minières mondiales dont l’équipe de direction est entièrement établie à Vancouver; elles font partie des indices de référence canadiens ou londoniens et certains soutiennent que c’est justifié pour la simple raison qu’elles sont constituées en société à Londres, mais c’est un titre important sur le marché canadien et il devrait y rester.
C’est l’argument qu’on fait valoir. D’ailleurs, au cours des deux derniers jours, deux autres sociétés canadiennes ont disparu en raison de fusions aux États-Unis. COOR a racheté New Gold et une ancienne société canadienne, Ovintiv, reprend New Vista. Ça complique la discussion et ça se produit tous les jours. Qu’est-ce qui se passe en coulisses et comment est-ce que vous écoutez vos utilisateurs en ce qui a trait aux cas extrêmes dont vous avez parlé? Et, peut-être, pourquoi est-ce que vous ne pensez pas qu’un plus grand nombre de sociétés canadiennes pourraient être admissibles dans l’indice S&P 500? Et si ça se produisait, comment ça se produirait?
Louis Bellucci :
Parlons d’abord du changement que j’ai mentionné à propos de l’indice S&P-TSX. C’est un peu un chevauchement autorisé à sens unique. Ça permet d’inclure des sociétés de l’indice S&P 500, mais pas l’inverse.
Peter Haynes :
Je précise que beaucoup de monde pensait que l’inverse s’appliquait automatiquement.
Louis Bellucci :
Effectivement.
Peter Haynes :
Pas nous, mais d’autres.
Louis Bellucci :
C’est pour ça que je tenais à le souligner. Alors, de quoi est-ce qu’on parle? De la manière dont on tient compte des commentaires et de leur influence dans notre processus décisionnel. Les commentaires ont une importance cruciale. J’y accorde énormément de valeur. Toute personne qui a une opinion devrait l’exprimer. Les boucles de rétroaction en place sont extrêmement précieuses. Les commentaires peuvent éclairer l’approche du comité de l’indice à l’égard d’une opération stratégique, comme la fusion Anglo-Teck que vous avez mentionnée. Évidemment, je ne vais pas faire de commentaire sur cette opération précise. Ça peut aussi orienter le comité vers les aspects de la méthodologie d’un indice qui devraient peut-être évoluer ou changer. Les commentaires qu’on reçoit, y compris sur un événement précis, sont toujours analysés à la lumière de la méthodologie de l’indice ou dans son contexte. Quel est l’objectif? Quelles sont les règles?
C’est très important. Je crois qu’en posant votre question, vous avez mentionné que les règles pourraient empêcher la société de continuer à figurer dans les indices canadiens. C’est sous cet angle qu’on va examiner les choses. Du point de vue des règles. Et chaque fois qu’on envisage de modifier une règle de méthodologie, on passe par un processus de consultation. Bien sûr, on peut déjà avoir reçu des commentaires au moment de la consultation, mais ça permet vraiment à tout le monde de donner son avis, d’exprimer son opinion et de participer au processus décisionnel.
La politique est très claire : c’est le comité de l’indice qui a le dernier mot, qui prend la décision, mais il examine les commentaires reçus à la lumière des autres analyses dont il dispose. Tous ces facteurs entrent en jeu pour décider, en définitive, s’il convient de modifier une règle ou non. Ce que je veux dire, c’est que les fournisseurs d’indices dans un cadre fondé sur des règles. Ils suivent les règles. Mais les marchés sont dynamiques, on doit s’adapter et on ne peut pas le faire si on ne reçoit pas de commentaires. Bref, on tient pleinement compte des commentaires à propos de ces événements futurs.
Peter Haynes :
Je serai à la réunion de consultation de S&P qui concerne les États-Unis, la semaine prochaine, mais je peux déjà vous dire que je vais y soulever la question que posent constamment des émetteurs canadiens, qui aimeraient comprendre pourquoi ils ne sont pas admissibles à l’indice S&P 500, vu tout ce qui se passe là-bas. C’est un sujet sur lequel j’exprime simplement le point de vue du secteur. À ce propos, Arne, beaucoup de sociétés qui souhaitent élargir leur exposition aux États-Unis prennent des mesures pour devenir admissibles aux indices américains. Ça a eu un impact pour Russell. Dans le cas de votre indice, vous avez colmaté la brèche ultra rapidement face aux émetteurs qui clamaient à la va-vite qu’ils avaient leur siège social au Canada et aux États-Unis et qu’ils devraient par conséquent être admissibles aux indices Russell aux États-Unis. Or, les règles n’étaient pas claires à cet égard.
Du coup, vous avez précisé que, si une société a un siège social dans les deux pays, elle ne peut figurer que dans l’indice de celui où elle est constituée en société. J’ai trouvé que vous aviez réglé la question très rapidement, mais j’ai l’impression que la communauté des indices déteste ce sujet controversé. Et pourtant, comme on vient de le dire, la question de l’inclusion de sociétés canadiennes dans les indices américains fait l’objet de débats constants. Je suis curieux de savoir, dans votre cas, à quoi devrait ressembler l’univers des indices Russell américains, selon les seigneurs de vos indices, compte tenu du problème de mondialisation dont on a parlé.
Arne Noack :
Oui, bien sûr. D’abord, Peter, j’adore le terme de « seigneurs » que vous employez et je vais essayer de me rapprocher de l’idée. Sérieusement, je pense qu’il est judicieux de faire la distinction entre un indice de référence plus mondial et un indice national. Nos clients et les participants du secteur s’attendent à ce que nos indices Russell aux États-Unis, comme le Russell 2000, soient vraiment représentatifs de l’ensemble de l’économie américaine et des sociétés, qui ne sont pas toutes très rentables, mais il faut tout de même un indice de référence représentatif. En ce sens, c’est comme ça que les seigneurs en question abordent la question face aux commentaires qu’on reçoit, dont on tient compte de façon très semblable à S&P. Ces boucles de rétroaction sont vraiment importantes pour nous si on veut s’assurer de combler les brèches qui pourraient exister. Et à nos yeux, ce qui compte, ce n’est pas seulement l’endroit où la société est constituée en société, mais aussi où sont basés ses actifs et ses revenus, d’où ils proviennent. En ce sens, en tant que fournisseur d’indices, Russell cherche à se rapprocher davantage de l’indice de référence national.
Peter Haynes :
JM, Waste Connections est une société canadienne, mais considérée comme une société américaine par MSCI. FTSE la considère comme canadienne. FTSE considère que Brookfield Asset Management est américaine, elle est dans les deux indices. Il y a donc un manque de cohérence entre les indices de référence. Ce que je comprends. Ça ne me plaît pas, mais je comprends. JM, votre point de vue à MSCI est-il semblable à celui de vos pairs à gauche et à droite?
Jean-Maurice Ladure :
Absolument. Je pense que nos indices phares, l’indice MSCI Monde, l’indice MSCI Monde tous pays, etc., se distinguent avant tout dans le sens où on crée vraiment ces indices pour les investisseurs mondiaux. Du coup, il n’y a de place ni pour les lacunes ou ni pour les chevauchements. On s’assure que chaque titre appartient à un seul pays, pas plus d’un, pour éviter que les sociétés déjouent le système en tirant assurément profit de deux sources de capitaux potentielles.
Maintenant, les règles, on essaie de les garder aussi simples que possible. Si l’inscription principale est dans le pays de constitution, on s’arrête là. On ne va pas plus loin. Ensuite, si ça devient un peu plus compliqué, si ça ne correspond pas, alors, comme Arne et Louis, on va examiner d’où se tiennent les webinaires, le conseil d’administration, les sièges sociaux et, vers la fin, aussi, le sentiment du marché? Évidemment, comme mes homologues, je suis ravi de recevoir des commentaires, mais on a tendance à s’en servir pour analyser le message plus général. Est-ce qu’il y a des choses à améliorer? Des choses à corriger? C’est ça l’idée. À l’échelle des titres individuels, on a simplement tendance à appliquer le message. Dès qu’on ouvre la porte aux commentaires, la pression s’intensifie ici et là, et on essaie d’éviter ça.
Peter Haynes :
Je vois. Arne, mon collègue James Baugh, de notre bureau de Londres, a mentionné certaines des règles qui ont changé du côté des inscriptions à la Bourse de Londres, avec la « fusion » des inscriptions principales et standards. Je suis curieux. De plus en plus de sociétés britanniques déménagent, reviennent aux États-Unis; et on s’inquiète beaucoup de l’érosion du marché britannique, comme au Canada. Quelles sont les mesures prises par FTSE Russell quant au maintien potentiel de sociétés dans le FTSE, alors qu’elles pourraient aussi avoir déménagé aux États-Unis? Qu’est-ce que vous en pensez, surtout vu le nombre de participants au Royaume-Uni qui manifestent ouvertement leurs craintes à l’égard de l’indice?
Arne Noack :
Le FTSE 100 est un indice qui a beaucoup évolué, en particulier récemment, en permettant à de nouvelles devises…
Peter Haynes :
Je suis content que vous le mentionniez. C’est ce que j’ai lu initialement, mais ce n’était pas parfaitement clair pour moi. Est-ce que vous pouvez expliquer exactement ce que ça signifie, que de nouvelles devises supplémentaires sont maintenant admissibles à l’indice? Qu’est-ce que vous voulez dire?
Arne Noack :
Quand on est coté à la Bourse de Londres, on a une monnaie d’inscription, mais le titre peut aussi se négocier dans d’autres devises, comme la livre sterling, bien sûr, mais aussi le dollar et l’euro. En somme, si une société domiciliée ou non aux États-Unis y est inscrite, mais se négocie dans une autre devise, ça n’est plus un facteur d’exclusion en tant que tel. Bref, pour en revenir à votre question sur les sociétés qui pourraient être constituées en société aux États-Unis, par exemple, ou au Royaume-Uni…
Peter Haynes :
Inscrites sur les deux marchés; constituées en société quelque part, mais ça peut être dans l’un ou l’autre des pays.
Arne Noack :
Pardon, oui, inscrites sur les deux marchés. On s’intéresse au pays de constitution en société. Si c’est au Royaume-Uni, le critère de liquidité appliqué est plus bas. Une société non constituée au Royaume-Uni peut entrer dans le FTSE 100 si les normes britanniques de gouvernance et d’inscription sont respectées. Les règles qui régissent le FTSE 100 offrent donc une certaine souplesse.
Peter Haynes :
Je pense par exemple à Astrazeneca ou à Wise, une société de traitement des paiements qui vient d’annoncer qu’elle déménageait aux États-Unis. Ça semble arriver souvent. Si ces sociétés répondent aux exigences de liquidité et qu’est-ce que vous venez juste de mentionner d’autre? Les normes d’inscription. Elles pourraient rester…
Arne Noack :
Les normes de gouvernance.
Peter Haynes :
Les normes de gouvernance d’entreprise. Elles pourraient rester dans le FTSE même si elles sont constituées, ou reconstituées, en société aux États-Unis.
Arne Noack :
Théoriquement. Évidemment, je m’abstiendrai de tout commentaire.
Peter Haynes :
Je ne pointe du doigt aucune société précise.
Arne Noack :
C’est un exemple.
Peter Haynes :
J’essaie vraiment de généraliser.
Arne Noack :
Mais oui, les règles pourraient théoriquement [inaudible 00:17:32]. Oui.
Peter Haynes :
C’est bon à savoir. Emiliano, quand vous étiez chez State Street, à Montréal, au milieu des années 2000, je suppose que bon nombre de clients à gestion passive construisaient leurs portefeuilles au moyen d’indices de référence canadiens. J’ai une exposition au Japon par l’intermédiaire de Nikkei, à la France par l’intermédiaire de CAC, et ainsi de suite. Je suppose que ça a changé et que vos nouveaux clients passifs utilisent les indices mondiaux principalement offerts par les deux intervenants à ma gauche. J’aimerais savoir ce que sont devenus ces anciens mandats qui utilisent les pays. Est-ce que ces clients sont peu à peu passés des indices nationaux à l’un des indices mondiaux, ou avez-vous encore d’anciens clients qui utilisent ces indices de référence nationaux?
Emiliano Rabinovich :
C’est une excellente question. Les choses ont beaucoup changé au fil des années. Au début, on offrait en fait des services de sous-conseiller à un bon nombre de fonds communs de placement pour le compte de certaines des banques ici. Tous ces portefeuilles reproduisaient les thèmes du CAC 40, du FTSE 100 et de tous ces indices mondiaux. La plupart d’entre eux reposaient sur des contrats à terme, qui venaient, je pense, d’anciens outils de contenu étranger.
Peter Haynes :
Avant 2005, c’est ça?
Emiliano Rabinovich :
Tout à fait. On investissait dans [des titres à revenu fixe canadiens 00:18:35] et on utilisait ensuite des contrats à terme standardisés pour obtenir l’exposition aux marchés étrangers et aux devises. Au fil du temps, la grande majorité de ces portefeuilles se sont transformés en portefeuilles mondiaux. La plupart d’entre eux ont fusionné et sont devenus des portefeuilles axés sur l’indice MSCI Monde, Europe ou Asie-Pacifique. C’est sûr que l’intérêt n’est plus le même. On est passé des placements dans un pays donné à une vaste exposition mondiale.
Peter Haynes :
J’aimerais revenir sur ce dont on vient de parler; sur la position de State Street ou même sur votre position personnelle. Est-ce que vous pensez qu’à terme un titre pourrait figurer à la fois dans le FTSE 100 et dans le S&P 500? Est-ce que c’est une évolution qui vous semble acceptable?
Emiliano Rabinovich :
Je vais revenir un peu en arrière. C’est mon point de vue personnel. Le bassin gravitationnel du marché américain est tellement puissant, à mon sens, qu’il est peu probable qu’il s’estompe de sitôt. Mais, selon moi, toutes ces sociétés qui tentent de s’inscrire aux États-Unis pour avoir une place dans l’indice S&P 500 ou MSCI Monde, ça n’est pas une tendance qui va disparaître. C’est la réalité. À nos yeux, l’insertion d’une société dans un indice devrait être une décision binaire. Si elle est dans un pays, elle n’est pas ailleurs. On n’aime pas l’idée de faire moitié-moitié ou quelque chose du genre.
Peter Haynes :
Je vois.
Emiliano Rabinovich :
Je pense que c’est rationnel.
Peter Haynes :
Il me semble que S&P vient de publier un sondage. Est-ce que vous avez officiellement dit que votre indice S&P 200 ne ferait pas moitié-moitié? Ce sera à 100 % le pays de constitution en société, c’est ça? C’est ce que vous avez dit, Louis?
Louis Bellucci :
Pays de domiciliation, mais oui.
Peter Haynes :
C’est la même chose?
Louis Bellucci :
Pas toujours.
Peter Haynes :
Bon, il va falloir planifier une leçon sur la domiciliation, sinon je vais me mélanger. Désolé, Emiliano.
Emiliano Rabinovich :
Sans les indices mondiaux généraux, il faut que ce soit très clair. Apple ne peut pas être dans 25 pays. Elle est présente dans tous les pays du monde. C’est une société américaine. Je pense que c’est différent des indices de référence locaux. Le TSX aurait des rôles très différents de ceux du S&P 500 ou de l’indice MSCI Canada et d’un indice canadien local. Ça pourrait être très différent. Je pense que les indices de référence locaux devraient être représentatifs des occasions locales utilisées pour une raison ou une autre, pour servir de référence aux gestionnaires actifs de FNB, ou autre chose. Mais je pense que la distinction doit être bien claire, très transparente, en particulier pour les gens qui n’ont pas les outils nécessaires pour examiner les portefeuilles dans leur ensemble et éviter les chevauchements. Ce genre de chose.
Peter Haynes :
Disons que c’est un sujet complexe et je ne vois pas de réponse simple. J’aimerais savoir, JM… On a discuté de cette transition qu’Emiliano a mentionnée chez State Street, du passage de composantes nationales à des indices de référence mondiaux uniques, dont MSCI et FTSE ont d’ailleurs été les grandes bénéficiaires. Vous dominez tous les deux ce segment à l’échelle mondiale. Est-ce que vous pourriez nous expliquer ce qui a changé ces derniers temps au niveau de l’utilisation des indices de référence et parmi vos utilisateurs à travers le monde? Et sur le marché américain, est-ce que les fonds américains qui utilisent les indices S&P ou Russell pour leur exposition aux États-Unis se tournent désormais vers un indice MSCI mondial? De nombreux investisseurs américains vont opter pour l’indice S&P 500 plus l’indice MSCI Mondial hors États-Unis, ou une stratégie du genre. Est-ce que vous avez constaté des changements à cet égard?
Jean-Maurice Ladure :
Tout à fait. On observe en fait deux grands changements. Premièrement, comme en a parlé Emiliano, il y a ce passage d’une structure alliant plusieurs indices nationaux à une structure fondée sur un indice mondial global. Ça évite les lacunes et les chevauchements. C’est comme ça que bon nombre de nos clients utilisent nos indices phares MSCI Monde, MSCI Marchés émergents ou MSCI Monde tous pays comme références stratégiques. Et on le voit au niveau de l’actif géré qui suit maintenant nos indices. Ça dépasse 18 000 milliards de dollars pour les indices MSCI.
Peter Haynes :
De capitaux?
Jean-Maurice Ladure :
Oui, absolument. Deux tiers à gestion active et un tiers à gestion passive. Je sais que vous avez posé la question à Stelios ce matin et qu’il pensait que c’était peut-être plus proche, au moins pour nous, mais…
Peter Haynes :
Il indique que les deux tiers des gens sont des gestionnaires actifs qui utilisent des indices de référence américains.
Jean-Maurice Ladure :
Les deux tiers de l’actif géré qui reproduit nos indices…
Peter Haynes :
Le font dans le cadre de stratégies à gestion active. Compris. Merci
Jean-Maurice Ladure :
Oui. Exactement. Si on combine les indices MSCI Monde et MSCI Monde tous pays, qui sont les deux principaux indices de référence stratégiques, ça représente la moitié de ces plus de 18 000 milliards. Imaginez, 9 000 milliards reproduisent ces deux indices. La tendance est donc déjà très bien établie. La deuxième chose, qu’on observe plus aux États-Unis, c’est que certains gestionnaires commencent vraiment à chercher quelque chose qui cadre bien avec le reste de leurs placements hors des États-Unis. Mais on constate aussi une très forte tendance à la personnalisation, pour les FNB ou les mandats distincts. Et les clients se tournent vers nous dans ce contexte en raison de notre expertise sur certains thèmes ou facteurs, la durabilité, le climat. Et quand ils se penchent sur les États-Unis, comme c’est un indice dérivé, ils sont un peu plus détendus et très contents d’utiliser l’indice MSCI États-Unis comme indice fondamental de départ, avant d’appliquer la stratégie complémentaire.
Peter Haynes :
Juste pour creuser un peu, à une époque, au moment des rééquilibrages de MSCI, les gens aux États-Unis étaient très relax, compte tenu de ce que j’ai mentionné il y a un instant. Ça ne posait pas de problème. Plus récemment, ces journées de rééquilibrage de MSCI sont presque aussi occupées que les rééquilibrages trimestriels de S&P ou les rééquilibrages de FTSE Russell ou de Russell. Qu’est-ce qui a suscité cet intérêt accru pour les indices de référence MSCI américains? Mais d’abord, est-ce qu’il y a bel et bien une augmentation considérable...
Jean-Maurice Ladure :
Ah oui, absolument. Et c’est presque automatique. Pensez au chiffre que j’ai mentionné et que les États-Unis représentent les deux tiers de l’indice MSCI Monde tous pays. Et plus de 70 % de l’indice MSCI Monde. Et on a aussi l’indice MSCI États-Unis qui représente directement le marché. Quand on calcule la somme de tout ça, ça fait déjà 7 000 milliards qui reproduisent essentiellement l’indice MSCI États-Unis. Donc, automatiquement, ça prend de plus en plus d’ampleur. Évidemment, pour tous nos indices, on a beaucoup de marge, de contrôles en matière de liquidité. Je pense qu’on peut assimiler sans problème cet actif géré supplémentaire qui suit l’indice MSCI États-Unis. Mais oui, c’est vraiment ce qui se passe. Et ce qui est très intéressant, c’est qu’on [a été contactés 00:24:44], comme on en a parlé avec Emilio, par les investisseurs américains cette année à propos du rééquilibrage actuel, car il était trop près de l’Action de grâces; ils nous ont demandé si on pouvait le faire un peu plus tôt, mais c’est beaucoup plus de travail pour mon équipe. Mais, de toute évidence, c’était très important pour nos clients, et on reçoit de nombreuses indications montrant que, oui, il y a clairement beaucoup d’investisseurs américains qui veulent que ça ait lieu plus tôt à cause de l’Action de grâces.
Peter Haynes :
Et quelle date est-ce que vous avez fixée pour l’indice MSCI, pour le prochain rééquilibrage?
Jean-Maurice Ladure :
C’est le 25, si je me souviens bien.
Peter Haynes :
Donc, avant…
Jean-Maurice Ladure :
Oui, c’est ça. On préfère se préparer.
Peter Haynes :
Je sais que lorsqu’on est ajouté à un indice MSCI, on est souvent automatiquement inséré dans un secteur aux États-Unis. Or, bon nombre de ces secteurs comptent maintenant beaucoup de fonds sectoriels très actifs, je crois. Est-ce un facteur qui contribue à la croissance de…
Jean-Maurice Ladure :
Ça a aussi eu un impact.
Peter Haynes :
C’est sûr. D’accord. Louis, j’aimerais poser une question de procédure, comme on a parlé tout à l’heure de certains des changements en cours dans l’État de New York et du nouveau maire. C’est juste une question de procédure. La Bourse du Texas devrait voir le jour au premier trimestre de 2026 et des actions vont s’y inscrire à terme. Pouvez-vous expliquer aux utilisateurs ici comment fonctionne votre processus si une société inscrite à la Bourse du Texas autrement admissible à votre indice veut y figurer? Qu’est-ce qu’il faudra faire?
Louis Bellucci :
C’est assez simple, en fait. La méthodologie des indices S&P américains, dont le S&P 500, donne la liste des bourses américaines admissibles. La première étape sera d’ajouter la Bourse du Texas à cette liste. Il n’y a pas de restriction ou quoi que ce soit à ce stade. Le comité de l’indice va examiner les paramètres de base. Par exemple, l’approbation réglementaire, évidemment, qu’a déjà le Texas, la compréhension de l’option de clôture, les critères d’inscription continue et, bien sûr, idéalement, les inscriptions. Il y a déjà eu quelques exemples. Il n’y a pas si longtemps que ça, en 2016, la bourse BATS a été ajoutée à la liste; et un an plus tard, en 2017, la bourse Investors.
Je précise qu’elles ont toutes les deux été ajoutées avant qu’il y ait des inscriptions éventuellement admissibles. Beaucoup d’intervenants estimaient que ça aurait pu être un facteur déterminant, empêchant les sociétés de songer à passer à cette bourse ou à s’y inscrire. Là encore, il n’y a aucun mécanisme restrictif à cette étape. Une fois la première étape terminée, celle de l’ajout éventuel du Texas, à la liste des bourses admissibles, on passe évidemment à la deuxième étape : les sociétés doivent satisfaire aux autres critères d’inclusion dans l’indice S&P 500.
Peter Haynes :
Est-ce qu’il faut présenter une demande, est-ce qu’il y a un processus d’examen ou est-ce que le Texas vous dit : « Voilà ce qu’on a »? Comment ça marche?
Louis Bellucci :
Non, c’est nous qui surveillons. Il n’y a pas de calendrier précis ni de période d’examen. On y va au fur et à mesure et on surveille.
Peter Haynes :
C’est un thème dont on a parlé toute la journée et, Louis, je continue avec vous. Je parle de la concentration, des sept titres. Diverses personnes se sont exprimées à ce sujet aujourd’hui, mais je serais curieux de savoir ce que vous entendez et ce que vous observez, en tant que fournisseur de l’indice. Les sept principaux titres de l’indice S&P 500 sont tous étroitement corrélés et investissent les uns dans les autres, semble-t-il. Leur pondération combinée frôle les 40 %. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire des États-Unis qu’un groupe de titres étroitement corrélés jouit d’une telle position de contrôle dans l’indice, mais c’est certainement la première fois dans l’histoire moderne des placements que ça se produit, à tel point que les sommes à risque sont difficiles à imaginer. C’est facile de laisser faire les choses. Mais je me demande ce que vous disent les utilisateurs de l’indice. Est-ce qu’il est temps de songer à appliquer un plafond sectoriel au S&P 500?
Louis Bellucci :
En un mot, la réponse est non. Et on ne reçoit pas beaucoup de commentaires qui réclament l’imposition de plafonds dans le S&P 500. Pour en revenir à ce que vous disiez, il est vrai qu’on n’a pas observé de tels niveaux de concentration, et on le sait grâce à la longue histoire de l’indice S&P 500, depuis les années 1960. Ça fait donc très longtemps qu’on n’a pas vu ce genre de dynamique du marché du point de vue de la concentration. Mais je vais vous donner très rapidement trois raisons pour lesquelles je pense que c’est un point de discussion intéressant plutôt qu’une véritable demande de changement de l’indice S&P 500. Premièrement, il y a des options. Il existe un indice S&P 500 équipondéré, un indice S&P 500 plafonné à 3 %, et ces options permettent aux investisseurs qui s’inquiètent du risque de concentration d’évaluer ou d’utiliser ces outils si elles pensent qu’il peut y avoir un retour à la moyenne ou pour pondérer les occasions et les risques. D’accord?
Donc, d’abord, il y a des options. La deuxième raison est d’ordre réglementaire. Les produits cotés aux États-Unis sont assujettis à des exigences de diversification, selon lesquelles, essentiellement, les pondérations supérieures à 5 % ne peuvent pas représenter plus de 50 % du produit. Si on applique cette règle, le chiffre actuel pour l’indice S&P 500 est de 27 %, je crois. On est donc très loin du plafond et il n’y a vraiment aucune pression de ce côté-là. Troisièmement, c’est une question de participation, de pleine participation aux rendements globaux de ces sociétés à mégacapitalisation qui ont poussé les niveaux de concentration du marché à leurs niveaux actuels.
Peter Haynes :
Ça, c’est le point de vue du fournisseur de l’indice sur le terrain. Quand vous discutez directement avec les clients, est-ce qu’ils s’inquiètent de la concentration des Sept Magnifiques? Ou est-ce que certains de vos clients vous demandent-ils des solutions prévoyant un plafonnement, même si c’est personnalisé?
Emiliano Rabinovich :
Personnellement, je n’ai pas constaté de demande de plafonnement pour l’indice S&P 500. Par contre, on a observé une forte demande de produits qui tentent de diversifier cette concentration au moyen de différents types d’expositions sur le marché américain. Par exemple, pour le produit le plus diversifié qui existe, vous avez fait allusion à l’égalité des pondérations. Et avec les produits équipondérés, par définition, plus l’exposition est diversifiée, plus le risque actif est important. Pour ceux qui ne veulent pas prendre autant de risque, je pense que la demande s’est essentiellement concentrée sur deux méthodes. D’abord, selon une méthode systématique, comme les approches multifactorielles, l’exposition à des facteurs, des facteurs bien connus. Et ensuite, l’autre domaine à l’égard duquel l’intérêt a explosé ces 15 dernières années, c’est celui des solutions quantitatives améliorées à gestion active, qui permettent aux clients de personnaliser leur exposition et de prendre le niveau de risque actif qui leur convient, tout en apportant une certaine diversification dans le peloton de tête concentré de l’indice. Je pense que les investisseurs prennent des mesures et diversifient leurs placements chaque fois qu’ils le peuvent, mais je n’ai pas constaté de demande particulière de plafonnement pour l’indice S&P 500.
Peter Haynes :
D’accord. J’aimerais passer à un problème technique pour les fournisseurs d’indices. Il est à l’ordre du jour de la réunion de S&P la semaine prochaine et MSCI a déjà lancé un sondage sur la question. Au début du siècle, comme l’a mentionné Mike Whistle, une société de je ne sais quel secteur ajoute « point com » à la fin et le cours de l’action double ou triple. On observe une tendance semblable ces derniers temps. Des sociétés ajoutent des placements en cryptomonnaies à leur trésorerie et, dans certains cas, élargissent leur actif au moyen de placements en actions à un cours supérieur à la valeur liquidative, puis s’en servent pour acheter des bitcoins ou d’autres cryptomonnaies. On parle maintenant de sociétés de trésorerie en actifs numériques. Toutes, ou la plupart d’entre elles, exercent des activités normales, mais ensuite elles prennent tous leurs produits et la majeure partie de leurs activités se retrouvent liées à la détention de cryptomonnaies. JM, pouvez-vous expliquer comment les préoccupations liées aux indices ont évolué à l’égard de ce groupe et ce que vous ont dit les utilisateurs que vous avez interrogés?
Jean-Maurice Ladure :
Je vais revenir un peu en arrière. En règle générale, les indices boursiers comprennent des titres qui représentent des sociétés normales exerçant ses activités normales, alors que les fonds en sont exclus. Ici, on a des sociétés qui ont récemment changé d’activités d’exploitation et sont avant tout devenues des détentrices d’actifs numériques. Si on prend l’exemple de cette société hôtelière japonaise, Metaplanet, elle s’occupe à peine de la gestion hôtelière maintenant. Elle a fait un appel public à l’épargne massif, je crois que c’était en septembre, qui représente les deux tiers du flottant. En lançant l’opération, elle a déclaré que 95 % de la somme serait directement utilisée pour acheter des bitcoins. Je pense que c’est un bon exemple de ce qui se passe. Et pour un fournisseur d’indices boursiers, ça présente deux défis. Premièrement, il faut déterminer l’identité économique du titre. Est-ce que c’est vraiment une société d’exploitation normale ou est-ce que c’est purement une structure permettant d’avoir une exposition aux cryptomonnaies?
Et quand vous dites que bon nombre d’entre elles exercent toujours des activités, c’est peut-être vrai dans une petite mesure, mais quand on se penche sur leurs actifs, on constate bien souvent que 80 à 90 % sont des cryptomonnaies ou des actifs numériques. C’est le premier défi. Le deuxième, c’est que grâce à ces capitaux mobilisés, elles peuvent changer d’activités ultra rapidement. Cette société, qui était peut-être classée dans le secteur hôtelier selon la classification GICS, pourrait complètement changer en un ou deux trimestres. C’est pour ça que je pense qu’on doit réagir rapidement. On a donc commencé par lancer une consultation en se demandant si on était les seuls à s’en inquiéter et la réaction sur le marché nous a montré que non. Les gens nous ont remerciés de nous pencher sur la question si rapidement. Je pense qu’il faut faire vite, parce que ça peut rapidement avoir un effet boule de neige, et plus la boule de neige est grosse, plus il est difficile de l’arrêter.
Et dans ce contexte, on a proposé d’exclure éventuellement ces sociétés si plus de 50 % de l’actif total est…
Peter Haynes :
Vous avez mis la barre à 50 %.
Jean-Maurice Ladure :
Dans le cadre de la consultation.
Peter Haynes :
D’accord.
Jean-Maurice Ladure :
C’est ce qu’on propose. La consultation se termine à la fin de l’année, en décembre. Les résultats seront publiés d’ici janvier et on compte les mettre en œuvre d’ici le rééquilibrage de février.
Peter Haynes :
Pour clarifier, la société Metaplanet dont vous avez pris l’exemple, ou [inaudible 00:35:13] stratégie, les sociétés qui font ça, elles peuvent actuellement figurer dans les indices. Est-ce que vous les avez laissées dans le secteur où elles étaient à l’origine ou… Vous n’avez pas décidé de changer de secteur à cause de [inaudible 00:35:24]
Jean-Maurice Ladure :
Non, mais ce qu’on a fait... On a stoppé ou gelé certaines choses pendant la consultation. On empêche toute augmentation du nombre d’actions dans le changement de notre facteur d’inclusion. Et on a aussi empêché toute migration [inaudible 00:35:42]. Bref, pour une société à petite capitalisation, si on faisait tous nos calculs normaux et l’intégration à nos indices standards, tout est gelé pour le moment. Et on a publié sur notre site Web une liste préliminaire des actions qui sont dans cette situation, selon nous. Tout le monde peut la consulter. Mais comme je l’ai dit, c’est préliminaire; on n’a pris aucune décision. Mais je pense qu’il faut agir vite.
Peter Haynes :
Emiliano, est-ce que c’est un problème émergent auquel vous avez commencé à réfléchir chez State Street? Ce sera à l’ordre du jour de la réunion de S&P la semaine prochaine. Est-ce que votre société a décidé à quel niveau tirer un trait? Est-ce que vous validez ce que fait MSCI?
Emiliano Rabinovich :
On nous a consultés. On réfléchit, mais on n’a pas encore répondu.
Peter Haynes :
Ce sera un sujet qui, selon moi, et évidemment pour le FTSE.
Emiliano Rabinovich :
Oui. Ça n’est pas…
Peter Haynes :
Vous n’allez pas faire figure d’exception, Arne. Je suis certain que vous allez suivre l’évolution de la situation et ce que le secteur vous dit à ce propos. En parlant d’Arne, aucune discussion sur les indices mondiaux ne serait complète si on ne parlait pas de la Corée du Sud. C’est à l’ordre du jour tous les ans. L’année a été intéressante pour la Corée du Sud. Pendant un certain temps, elle a interdit les ventes à découvert, et on sait bien que FTSE et MSCI ont des positions différentes à l’égard du pays. Vous la considérez comme un marché développé et MSCI, comme un marché émergent. Et récemment, vous avez ajouté ou vous allez ajouter le Vietnam, qui passe du statut de marché frontière à celui de marché émergent en développement ou…
Arne Noack :
Secondaire.
Peter Haynes :
On parle de marchés émergents secondaires. Qu’est-ce qui vous laisse penser que le Vietnam peut aller de l’avant et passer d’un marché frontière à un marché émergent secondaire, alors que certains participants du secteur s’y opposeraient encore et diraient que les problèmes liés aux comptes omnibus, entre autres, font en sorte qu’il reste difficile d’investir sur ce marché?
Arne Noack :
Tout d’abord, le Vietnam en tant qu’économie, en tant que marché, est en fait très important, à l’échelle régionale aussi bien que mondiale. On peut dire que ça a fait les manchettes politiques aux États-Unis pour diverses raisons, surtout depuis l’entrée en fonction du président Trump. Mais disons que l’importance de l’économie vietnamienne fait consensus. C’est reconnu.
Cela dit, l’un des éléments clés qu’on a observés, c’est essentiellement un changement législatif qui permet aux courtiers locaux d’offrir un soutien lors des opérations de préfinancement; auparavant, ça leur était interdit, ce qui rendait l’accès au marché extrêmement difficile. Mais l’interdiction a été levée et ils peuvent le faire, maintenant. Donc, il y a des progrès. Essentiellement, les autorités vietnamiennes invitent les investisseurs internationaux à soutenir l’activité économique locale.
Si vous avez lu l’annonce récente, comme vous l’avez dit, Peter, on ouvre clairement la voie pour que le marché boursier vietnamien se hisse dans la catégorie des marchés émergents secondaires en octobre prochain. Mais c’est sous conditions, parce que des participants au marché, de grands gestionnaires d’actifs, nous ont clairement indiqué, par l’intermédiaire de nos conseils consultatifs, qu’il y avait encore certains points de friction lors de la négociation sur le marché. À savoir, essentiellement, la nécessité de recourir à un courtier local pour exécuter des ordres au Vietnam. Les autorités vietnamiennes nous ont donné l’assurance que des mesures étaient prises pour éliminer cette contrainte, ce qui permettrait aux courtiers mondiaux d’accéder au marché. Les investisseurs auraient accès au marché de façon plus traditionnelle.
Peter Haynes :
Est-ce qu’il s’agit d’une exigence pour que le marché soit inclus ou d’un point qui vous rassure quant à l’orientation du pays?
Arne Noack :
Pour le courtier mondial, ce n’est pas une exigence explicite. Par contre, il est indispensable que les investisseurs mondiaux puissent reproduire l’indice. Essentiellement, ce qu’on déduit des commentaires, c’est que s’il est rigoureusement obligatoire de passer par des courtiers locaux pour accéder au marché, c’est trop contraignant. Par conséquent, on considère que cette condition n’est pas remplie. Un examen intermédiaire est prévu en mars. Si tout se passe comme prévu, le Vietnam changera de statut au cours des mois suivants, en 2026. Mais c’est une condition importante à respecter.
Peter Haynes :
Et JM, je vais vous laisser aborder l’autre côté de la médaille. Chez MSCI, vous êtes plus réservés à l’égard de la Corée du Sud et du Vietnam. Pouvez-vous expliquer pourquoi vous êtes un peu plus réticent que FTSE à les hisser dans la catégorie supérieure?
Jean-Maurice Ladure :
Oui. Disons que, pour la Corée du Sud, c’est une longue histoire. Elle était sous les radars de 2008 à 2014 en vue d’une montée en grade, puis on a décidé que c’était trop tôt. Je l’ai donc retirée de la liste de surveillance. Aujourd’hui, 10 ou 11 ans plus tard, une partie du problème persiste, en particulier la convertibilité du won à l’étranger, qui reste un problème important. Il y a eu des améliorations, mais d’après ce que nous disent nos clients, ça n’est pas encore suffisant. Certes, ils ont autorisé certaines institutions internationales à fonctionner dans le pays sur le marché interbancaire des opérations de change; on voit aussi que les heures d’ouverture ont été rallongées. Je suis certain qu’il y a quelques personnes d’astreinte la nuit à Séoul en cas de besoin.
Mais soyons clairs, pour adhérer au club des marchés développés… Et je tiens à préciser, et je pense que la même chose pour FTSE, notre rôle n’est pas de classer un pays ou une économie. On classifie le marché et son accessibilité. On n’en est pas encore là. On verra ça l’an prochain. Pour nous, et c’est peut-être un peu différent, il faut trois éléments pour qu’on envisage une reclassification. D’abord, évidemment, on sait que les réformes doivent être annoncées; ce qui a été fait en Corée et récemment en partie aussi au Vietnam. Ensuite, il faut qu’elles soient mises en œuvre, ce qui n’est pas nécessairement encore fait. Ensuite, il faut qu’elles soient bien testées par nos clients. Et je pense qu’il faut qu’on fasse extrêmement attention à ça, surtout vu l’actif géré qui suit nos indices.
Peter Haynes :
Et, rapidement, pour le Vietnam?
Jean-Maurice Ladure :
Pour le Vietnam, on a un examen annuel. On a maintenu son statut de marché frontière en juin 2025; il y avait toujours certains problèmes d’accessibilité liés à la limite de propriété étrangère sur le marché des changes et d’autres restrictions touchant l’inscription et d’autres éléments plus techniques. Et l’expérience nous a appris, et je ne nommerai aucun marché, qu’un pays peut faire des promesses, nous supplier de le hisser d’une catégorie à une autre en promettant de faire ci ou ça. Or, non, ça ne fonctionne pas comme ça. Ça fonctionne dans le sens inverse. Ce n’est pas parce que MSCI a décidé de faire preuve de fermeté, mais parce que nos clients ont besoin de voir que les changements sont en place. Si on va trop vite et que tout n’est pas fait correctement, on va tout droit au désastre. Et la dernière chose qu’on veut, c’est revenir sur une décision. Quand on active vraiment la machine ou qu’on lance une consultation en vue d’un reclassement, on est déjà assez convaincus qu’ils font du bon travail. Et ce sera une décision irréversible.
Peter Haynes :
Ça n’est pas une erreur qu’on veut faire. JM, j’aimerais juste poursuivre avec vous pour conclure, avant la table ronde sur les FNB. Lors des cinq ou six dernières conférences, on parlait énormément de l’utilisation des indices alignés sur les facteurs ESG, on parlait énormément de la Chine et de quand vous alliez lui faire une plus grande place. On n’en entend plus parler, et je me demande si c’est à cause de l’administration américaine. Qu’est-ce que vous en pensez? Il me semble que le nombre de requêtes que vous recevez au sujet des indices de type ESG a diminué. Est-ce que je me trompe?
Jean-Maurice Ladure :
Disons qu’il y a les facteurs ESG, la durabilité, les enjeux climatiques sous différentes formes. Est-ce que c’est exclusif? Ça dépend vraiment de la région et du segment de clientèle. De toute évidence, aux États-Unis, les choses se sont considérablement calmées. Mais il y a d’autres endroits en Europe, en Asie, où la demande reste forte, soit parmi les gens qui n’ont pas encore fait le premier pas vers un indice de référence, qui intègre ces critères tout en respectant évidemment l’obligation fiduciaire des investisseurs. C’est une chose. Mais on voit aussi beaucoup de portefeuilles sur le climat en ce moment, qui modifient légèrement nos indices de référence actuels liés aux facteurs ESG ou aux enjeux climatiques. Qui ne sont donc pas complètement pondérés selon la capitalisation boursière. On observe, surtout en Europe, un retour sur ces éléments et une amélioration ou une modification en particulier au chapitre de l’erreur de réplication de certains de ces indices. C’est donc…
Peter Haynes :
Autrement dit, ils veulent réduire l’erreur de réplication, ce qui signifie qu’ils réduisent leurs contraintes, pour ainsi dire…
Jean-Maurice Ladure :
Exactement. Ils réfléchissent à nouveau et se rendent compte qu’ils sont peut-être allés un peu trop loin. Dans le domaine de l’armement, par exemple. Ils se disent qu’il y a toujours des armes controversées et qu’ils en ont discuté. En grande majorité, ils ne veulent pas toucher aux armes controversées. Mais en ce qui concerne l’armement nucléaire en Occident, les gens se disent que, bon, surtout en Europe, c’est un secteur qui reste utile et qui doit être financé. Donc, ils y réfléchissent à nouveau et je pense que c’est naturel. Ça ne fait pas longtemps que le marché commence à intégrer ces critères. Les gens, nos clients, s’adaptent et on est là pour les aider. Et ça…
Peter Haynes :
Et la Chine? Est-ce que vous les gens sont plus nombreux à vouloir augmenter leur exposition aux actions de catégorie A ou est-ce qu’ils n’en parlent pas tellement?
Jean-Maurice Ladure :
En Chine, évidemment, la grosse question qui se pose concerne les conséquences des sanctions sur les actions chinoises ou le non-financement de ces actions. C’est clair. En termes d’indices de référence stratégiques, on a observé une demande massive d’indices hors Chine, ou hors Chine et hors Hong Kong, comme l’indice Monde hors…, ou l’indice Monde tous pays hors Chine… On a constaté ça.
Peter Haynes :
Des mandats concentrés géographiquement aux États-Unis?
Jean-Maurice Ladure :
Oui, on voit ça, mais on a d’autres clients à travers le monde; on l’a fait. Pas nécessairement parce qu’ils n’investissent plus en Chine, mais ils ont décidé de diviser l’indice de référence stratégique initial pour avoir séparément l’indice MSCI Monde tous pays hors Chine et la Chine. Ça leur permet de jouer sur leurs pondérations respectives.
Peter Haynes :
Est-ce qu’on vous demande de sortir la Chine des marchés émergents et de la traiter séparément, pour la simple raison que c’est un marché tellement gros et émergent et que les gens misent directement sur la Chine?
Jean-Maurice Ladure :
En fait, les investisseurs ne veulent pas seulement qu’elle sorte des marchés émergents, mais ça les intéresse de plus en plus d’avoir au moins ce choix particulier; les clients veulent pouvoir investir, au moyen de FNB par pays, en Chine, en Inde, dans d’autres marchés émergents. Pour en revenir à ce que disait Louis, il s’agit de donner le choix aux investisseurs et de bien préparer les choses pour eux.
Peter Haynes :
On retourne directement à la question du pays, mais j’ai une autre question. Arne, est-ce que ce que vous entendez ou observez parmi vos clients à propos de la Chine ou des critères ESG cadre avec ça?
Arne Noack :
Je dirais que ça correspond très bien à ce que disait JM. En particulier à propos des Amériques, ma zone de compétence. Le thème de la durabilité, du climat, comme l’a mentionné JM aux États-Unis, a donc été largement relégué à l’arrière-plan et s’est estompé.
Peter Haynes :
Oui. Emiliano, sur le terrain, avec vos clients, est-ce que ce que vous entendez correspond-il à ce que vous observez sur le terrain?
Emiliano Rabinovich :
Tout à fait. On a lancé cette année une série de fiducies amalgamées de style Monde hors, Monde tous pays hors Chine et hors Chine hors Hong Kong. Les clients se trouvent, je pense que vous pouvez vous en douter… Ils sont très concentrés dans quelques États américains, mais la demande est forte. Absolument.
Peter Haynes :
Dernière question pour vous, Louis. On passe à la négociation 24 heures sur 24. C’est inévitable. Le jour de bourse pourrait disparaître. C’est ma théorie, du moins à long terme. Quelles sont vos réflexions initiales sur la question? Je sais que c’est aussi à l’ordre du jour chez vous la semaine prochaine. Comment commencez-vous à réfléchir aux répercussions sur vos critères d’inclusion dans les indices, etc.?
Louis Bellucci :
On assiste assurément à une transformation des marchés financiers grâce à certaines nouvelles technologies. J’aimerais avoir les réponses, mais ce n’est pas le cas. C’est à l’ordre du jour de notre comité consultatif la semaine prochaine. Ce sera une séance exploratoire pour discuter avec le marché des éléments clés qu’on devrait prendre en compte. Mais on s’est déjà retroussé les manches à ce sujet; on se pose un certain nombre de questions et on essaie d’obtenir des commentaires à ce sujet. Du point de vue de la méthodologie, pour la négociation décentralisée, est-ce qu’on doit réfléchir à notre façon de mesurer la liquidité et l’admissibilité à nos indices? Est-ce que les mesures traditionnelles vont continuer à restituer la liquidité réelle de ces titres? Et d’un point de vue plus opérationnel, dans un monde où on négocie 24 heures sur 24, comment ou quand est-ce qu’on diffuse nos annonces sur les événements importants qui se produisent habituellement pendant la fermeture des marchés?
Peter Haynes :
Quand est-ce que vous rajustez les diviseurs des indices? Personne ne parle de ça.
Louis Bellucci :
Tout à fait. Et à ce sujet, est-ce qu’on doit repenser le concept de clôture officielle? Et le report au lendemain.
Peter Haynes :
C’est vrai.
Louis Bellucci :
Comment est-ce que cet aspect, un peu plus théorique du point de vue des indices, peut être transposé en pratique?
Peter Haynes :
Est-ce que l’indice à cinq heures va refléter l’indice qu’on avait à quatre heures, alors qu’il a changé à quatre heures, mais qu’on n’a pas eu l’occasion de changer le diviseur? On réfléchit aussi à ça.
Louis Bellucci :
Tout à fait. Absolument.
Peter Haynes :
Oui.
Louis Bellucci :
Et S&P réfléchit à la question en s’interrogeant sur les ressources opérationnelles dont on a besoin. Quel type d’infrastructure technologique pourrait être nécessaire pour continuer à soutenir nos clients et faire tourner les marchés en général? Mais on n’a pas encore tout à fait les réponses. On continue à y réfléchir pour garder une longueur d’avance, puis innover au fur et à mesure.
Peter Haynes :
À vous écouter aujourd’hui, une chose est sûre : les trois fournisseurs d’indices sont tous disposés à écouter le secteur et nos commentaires à tous, en tant qu’utilisateurs. J’encourage fortement tout le monde à répondre aux enquêtes. On vient d’entendre à quel point c’est important pour la prise de décisions. C’est le point de vue du marché. Merci à vous trois de vous être joints à nous et à Emiliano de nous avoir fait part du point de vue de State Street. C’était une excellente discussion! Merci beaucoup.
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Directeur général et chef, Recherche, Structure des marchés et indices, Valeurs Mobilières TD
Peter Haynes
Directeur général et chef, Recherche, Structure des marchés et indices, Valeurs Mobilières TD
Peter Haynes
Directeur général et chef, Recherche, Structure des marchés et indices, Valeurs Mobilières TD
Peter s’est joint à Valeurs Mobilières TD en juin 1995 et dirige actuellement notre équipe Recherche, Structure des marchés et indices. Il gère également certaines relations clés avec les clients institutionnels dans la salle des marchés et anime deux séries de balados, l’une sur la structure des marchés et l’autre sur la géopolitique. Il a commencé sa carrière à la Bourse de Toronto au sein du service de marketing des indices et des produits dérivés avant de rejoindre Le Crédit Lyonnais (LCL) à Montréal. Membre des comités consultatifs sur les indices américains, canadiens et mondiaux de S&P, Peter a siégé pendant quatre ans au comité consultatif sur la structure du marché de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario.