Principaux points à retenir de la conférence sur les instruments médicaux de 2025
Animateurs : Dan Brennan, analyste, Sciences de la vie, Instruments et diagnostic, TD Cowen et Brendan Smith, analyste, Sciences de la vie, Instruments et diagnostic, TD Cowen
Dan et Brendan soulignent les principaux points à retenir de la 14e conférence annuelle sur les instruments médicaux de TD Cowen. L’équipe a accueilli 10 leaders d’opinion clés dans le cadre de quatre tables rondes, avec plus de 100 investisseurs sur place, pour discuter de quatre principaux sujets : l’ère de l’IA axée sur les instruments et le diagnostic, l’avenir de la biotransformation, les tendances en matière de dépenses liées à la recherche et au développement dans le secteur pharmaceutique et les tests de dépistage précoce de cancers multiples. La discussion porte notamment sur la façon de contextualiser les principaux moteurs de croissance dans le secteur aujourd’hui, les attentes pour 2026 et la façon dont l’innovation dans l’ensemble du secteur perturbe les paradigmes de dépenses en instruments établis depuis longtemps.
Ce balado a été enregistré le 10 octobre 2025.
Locutrice 1 :
Bienvenue à Insights de TD Cowen. Ce balado réunit des penseurs de premier plan qui offrent leur point de vue sur ce qui façonne le monde qui nous entoure. Soyez des nôtres pour cette conversation avec les esprits les plus influents de nos secteurs mondiaux.
Dan Brennan :
Bienvenue à un autre épisode du balado « L’avenir, c’est maintenant », qui résume les conférences organisées par TD Cowen dans le secteur Instruments et diagnostic. Bonjour, ici Dan Brennan. Je suis en compagnie de mon collègue, Brendan Smith. En tant qu’analystes de recherche en soins de santé pour TD Cowen, on couvre le secteur sciences de la vie, instruments et diagnostic. Si vous découvrez tout juste notre balado, Brendan et moi discutons des principaux points de vue sectoriels abordés lors de nos conférences à l’intention des investisseurs tout au long de l’année. On souligne aussi les retombées pour les entreprises et les investisseurs dans le domaine. Aujourd’hui, on parle de ce qu’il faut retenir de la 14e conférence annuelle MedTools de TD Cowen, qui a eu lieu à Boston et qui réunissait des leaders d’opinion de quatre domaines de grand intérêt pour les investisseurs. On va d’abord faire un état des lieux, puis enchaîner avec les quatre tables rondes pour ensuite débattre de quelques idées qui nous ont marqués tout au long de la journée. Brendan?
Brendan Smith :
Oui. Merci, Dan. De fait, on a reçu dix experts à nos tables rondes. Il y avait près d’une centaine d’investisseurs sur place pour discuter de nos quatre principaux sujets, nommément les instruments et le diagnostic à l’ère de l’IA, l’avenir de la biotransformation, les tendances liées aux dépenses en R-D et les tests de dépistage précoce de plusieurs cancers, ou MCED. Les tables rondes ont permis de faire le point sur le secteur avec nos experts dans le contexte de 2025, de discuter des attentes pour 2026 et au-delà, et de voir comment l’innovation renverse les balises des dépenses pour les instruments établis de longue date.
Dan, j’ai une question d’abord pour vous. On est en octobre 2025. Tout le monde prépare l’annonce des bénéfices du troisième trimestre et songe à ses chiffres pour 2026. En prenant du recul, comment avez-vous perçu la confiance globale des investisseurs à la conférence et quels sont les grands thèmes qui retiennent l’attention en ce moment?
Dan Brennan :
Brendan, le débat en coulisse cherchait surtout à faire réfléchir aux conséquences pour les dépenses et les stocks d’instruments de l’entente relative à la nation la plus favorisée (NPF) conclue entre Pfizer et la Maison-Blanche, et aussi à quantifier et à anticiper si les fournisseurs du secteur de la biotransformation profiteront des investissements au pays d’environ 400 milliards annoncés par les géants biopharmaceutiques mondiaux. Par ailleurs, le diagnostic en oncologie, notamment en ce qui a trait à la maladie résiduelle minime, suscite encore beaucoup l’attention. À votre avis, y a-t-il dans le secteur Instruments et diagnostic des domaines ou des segments qui soulèvent plus d’optimisme?
Brendan Smith :
Oui, bien sûr. Sans surprise, l’IA a été évoquée à presque toutes les tables rondes organisées. On a parfois l’impression qu’il y a beaucoup de bruit autour de l’IA, des cas d’utilisation et des applications, sans parler de tout l’argent investi dans ces outils. Mais, en fait, l’un des panélistes a décrit l’adoption généralisée de l’IA comme un « outil de survie essentiel pour la biotechnologie américaine », surtout que de plus en plus de marques occidentales font face à la concurrence du marché chinois de la biotechnologie. La tendance ne va pas disparaître de sitôt. On a aussi beaucoup entendu parler de l’importance de l’automatisation, surtout en ce qui concerne les nouvelles usines aux États-Unis et celles qui seront construites à l’avenir. On met l’accent sur l’efficacité de la bioproduction en laboratoire expérimental et sur les résultats de base en R-D.
Dan Brennan :
Très bien, Brendan. Ça me permet d’enchaîner sur certains points à retenir de ces tables rondes. D’abord, les instruments et le diagnostic à l’ère de l’IA. Comme vous l’avez souligné, la plupart des participants à toutes nos séances ont parlé de l’intégration de l’IA à l’ensemble des flux de travail dans leurs domaines respectifs. Mais cette table ronde s’est intéressée en particulier aux différentes applications liées à la découverte de médicaments et au diagnostic pour certains de ces instruments. Comment résumeriez-vous les principaux points à retenir de cette discussion?
Brendan Smith :
On a invité à cette table ronde deux chercheurs de premier plan en IA/apprentissage automatique, le Dr Shantanu Singh, chercheur principal et chef de groupe principal au Broad Institute of Harvard et au MIT, ainsi que le Dr Michael Hughes, professeur adjoint en informatique à l’université Tufts. Ces deux leaders d’opinion possèdent une vaste expérience en matière de capacités d’imagerie et d’applications d’apprentissage automatique liées à la découverte de médicaments et au diagnostic. On a aussi sondé en direct les investisseurs présents dans la salle sur quelques sujets clés. Premièrement, on a voulu savoir quel domaine des soins de santé est le plus propice aux perturbations liées à l’IA. Les participants ont convenu avec les investisseurs sondés que la découverte de médicaments est le premier choix, même si le diagnostic et les tâches administratives des hôpitaux se classent tout près en deuxième place.
En ce qui concerne la découverte de médicaments, les leaders d’opinion ont souligné que l’utilisation de l’IA pour améliorer le profil toxicologique des médicaments en clinique est une priorité pour les sociétés biopharmaceutiques actuellement. Tous deux s’attendent à ce que les logiciels de biosimulation prédisent la toxicité sur la cible ou hors cible, et les modèles animaux virtuels vont être essentiels pour infléchir la courbe. C’est un catalyseur clé à surveiller. Ils s’attendent à ce que d’ici deux ans, il faille plus de preuves concrètes et probablement plus de publications comparant les données d’essais sur les animaux avec les données de biosimulation non animale pour mesurer réellement la qualité de ces modèles. Ils soupçonnent aussi que ce soit un motif important des récentes collaborations liées à l’IA avec les sociétés pharmaceutiques, qui donnent accès à leurs précieuses données. Le Dr Singh estime que le partage des données est maintenant capital pour tirer le maximum de ces outils.
On lui a également demandé qui, selon lui, étaient parmi les principaux innovateurs dans la découverte de médicaments axée sur l’IA. Il s’est empressé de souligner que J&J, Roche, Genentech, Recursion et Insitro venaient en tête de liste. Il a également indiqué que son expérience de la programmation agentique et de l’analyse à l’aide du modèle Claude 2 développé par Anthropic avait largement dépassé ses attentes et l’avait fortement impressionné. Il l’a répété à quelques reprises sur scène. Le Dr Hughes a aussi confirmé que les récentes initiatives du département HHS (Santé et Services sociaux) s’intègrent progressivement aux flux de travail. Notamment, les NIH stipulent maintenant dans leurs subventions que les données non exclusives générées par les bénéficiaires de subvention doivent être accessibles à l’organisme pour l’entraînement des modèles et au grand public.
Enfin, les investisseurs nous posent constamment des questions concernant les conséquences de l’adoption généralisée de l’IA sur les dépenses traditionnelles liées aux outils. Les investisseurs sondés dans l’auditoire avaient des opinions très contrastées sur l’incidence nette, mais s’attendent à une réduction de 1 % à 10 % des dépenses consacrées aux outils traditionnels dans les prochaines années. Nos panélistes ne partageaient cependant pas cet avis et estimaient que ça pourrait favoriser une hausse des dépenses liées aux outils traditionnels. Le Dr Singh a souligné que les laboratoires expérimentaux seraient toujours nécessaires pour valider les prédictions de l’IA et que plus d’outils automatisés et de travaux étaient appelés à produire de grandes quantités de données utilisables grâce à l’adoption généralisée de l’IA. Il a expressément parlé de la protéomique et s’est montré très optimiste à l’égard de la technique Perturb-seq, qu’il juge particulièrement bien adaptée aux applications de ce type. Selon lui, l’IA peut vraiment contribuer à éliminer les barrières traditionnelles à l’accès aux ensembles de données approfondies à grande échelle, qui sont nécessaires pour innover rapidement en séquençage. Dan, avez-vous entendu autre chose qui vous a frappé à cette table ronde?
Dan Brennan :
Le Dr Singh a insisté sur la technologie de peinture cellulaire et l’utilisation de l’IA, qui, selon lui, devrait trouver un signal biologique utile à partir de la masse de données générée. Ça m’a interpellé, compte tenu de l’intérêt suscité par le sujet, qui est très en vogue dans le contexte des plateformes de transcriptomique spatiale, dont TenX est le chef de file, suivi par Bruker depuis l’acquisition de NanoString. Quand on lui a posé la question, le Dr Singh a répondu que le coût et la rapidité de ces plateformes étaient des facteurs clés. C’était encourageant d’entendre son optimisme à l’égard de l’utilité probable de l’IA pour les données spatiales.
Brendan Smith :
Oui. Très bien, Dan. J’aborde maintenant la table ronde suivante sur l’avenir de la biotransformation. J’ai ressorti quelques points, mais je voudrais d’abord vous poser une question. Qu’avez-vous surtout retenu de la conversation sur la biotransformation?
Dan Brennan :
La table ronde sur la biotransformation accueillait Claus Tollnick, qui dirige BIOperate Consulting. Il a également été membre de la direction des opérations biopharmaceutiques à Sanofi, à Ferring et à Recipharm. Brandon Razooky, ancien directeur principal à Resilience, s’est joint à lui sur scène. Les participants ont abordé un certain nombre de sujets qui, selon moi, sont pertinents, comme les anticorps monoclonaux, la thérapie cellulaire et génique et d’autres modalités. On a cherché à connaître d’un point de vue descendant l’état de la demande pour les outils à l’approche de 2026, puis le lien avec la récente entente tarifaire de Pfizer dans le cadre de la nation la plus favorisée et, enfin, toutes les annonces d’investissements en cours concernant le rapatriement des activités. Selon M. Tollnick, les clients demeurent réticents à l’égard de ces investissements et, malgré les récents progrès concernant les politiques, ils restent inquiets.
L’auditoire sondé à ce sujet était plus optimiste que le consultant. Près de 50 % de l’auditoire s’attendait à une croissance d’environ 10 % des revenus tirés des équipements de biotransformation en 2026 et, dans l’ensemble, 80 % croyaient à une amélioration des revenus à ce chapitre en 2026 ou 2027. En ce qui concerne le potentiel de reprise des investissements découlant du rapatriement des activités, 95 % de l’auditoire s’attendaient à ce que les outils en bénéficient. La plupart prévoyaient en 2027, plutôt qu’à plus court terme. Ensuite, du point de vue des consommables, les experts ont estimé que les taux de croissance en 2026 seraient légèrement meilleurs qu’en 2025. Je pense que cet avis était partagé par les investisseurs et les intervenants du secteur dans l’auditoire, qui voyaient Danaher comme un exemple de société de biotransformation susceptible de connaître une croissance d’environ 8 % en 2026.
On a aussi exploré l’intensification du flux de travail, notamment les processus comme « N – 1 », qui augmentent l’efficacité et le rendement. Nos experts en connaissent clairement les mérites, mais c’est très difficile de convaincre les fabricants de modifier leur processus traditionnel à écoulement discontinu, qui fonctionne très bien. Résultat : l’intensification devrait se limiter à 10 % ou 15 % des processus en amont dans les prochaines années. En aval, l’adoption devrait être encore plus modeste. Mais c’est là que les leaders d’opinion voient un plus grand avantage dans la mise en œuvre, à savoir l’utilisation réduite de résine A. La part de marché de Sartorius et de Danaher augmente parmi les fournisseurs du secteur de la biotransformation. Brendan, qu’avez-vous retenu de la discussion sur la biotransformation?
Brendan Smith :
Comme vous l’avez mentionné, on a beaucoup parlé du moment où les vents favorables aux essais et aux projets de fabrication annoncés par les sociétés pharmaceutiques cette année pourraient soutenir la biotransformation. Comme vous l’avez souligné, nos deux panélistes ont déploré la lenteur de la mise en œuvre de certains des principaux changements en matière de bioproduction. Ils pensent qu’il faudra probablement attendre trois ou quatre ans avant que certains effets se fassent pleinement sentir. Ils ont également convenu que les produits de contrôle qualité sont particulièrement prêts au remplacement et à l’innovation en raison de la désuétude d’une bonne partie des infrastructures. De ce point de vue, nos leaders d’opinion pensent que les outils d’automatisation de prochaine génération et même les capacités d’IA peuvent réellement surfer sur la prochaine vague associée à la bioproduction. Il faut noter que tout outil d’apprentissage automatique qui peut aider à prédire la facilité d’utilisation et à réduire la variabilité viendrait transformer en profondeur les processus en amont et en aval.
On a également demandé aux panélistes et aux investisseurs quelles modalités médicamenteuses, à part les anticorps monoclonaux, sont susceptibles d’être le principal vecteur de croissance pour le segment. Probablement sans surprise, les conjugués anticorps-médicaments, ou CAM, ont fait l’unanimité dans la salle, même si les leaders d’opinion ont souligné que les traitements cellulaires continuent de se développer, en particulier sur le marché chinois de la biotechnologie. Dans le cas des CAM, la technologie n’est pas entièrement nouvelle et comporte relativement moins de risques; le processus de fabrication est assez simple et plutôt bien compris. Les essais cliniques sur les CAM se multiplient, tout comme les cas d’utilisation dans divers domaines thérapeutiques, ce qui devrait maintenir cette catégorie de médicaments parmi les fers de lance de la biotransformation à court terme.
J’enchaîne avec la table ronde sur les tendances de dépenses en R-D pharmaceutique. J’ai quelques points sur lesquels je voudrais revenir, mais je vous laisse commencer, Dan. Que retenez-vous surtout de la conversation sur les dépenses en R-D pharmaceutique?
Dan Brennan :
Merci, Brendan. La table ronde sur la R-D pharmaceutique accueillait Rajat Gupta, directeur, Protéomique à Arena BioWorks. Il a également été cadre supérieur en protéomique chez Pfizer. On avait aussi invité Zhinan Xia, fondateur et chef de la direction d’Abimmune, une société de découverte de médicaments axée sur l’IA. Zhinan était auparavant scientifique principal en protéomique chez Pfizer. La discussion s’articulait selon un ordre descendant pour certains sujets, comme les budgets et les dépenses, et selon un ordre ascendant pour d’autres, comme la technologie et les tendances de recherche. Il y a plusieurs points à retenir. Premièrement, comme pour la table ronde sur la biotransformation, on a demandé aux leaders d’opinion comment le tarif NPF a peut-être ralenti les dépenses et s’il y avait eu une amélioration au fil des ententes conclues. Nos experts étaient d’avis que les tarifs freinent les dépenses, tout comme le prix des médicaments et la pression financière exercée sur les jeunes sociétés de biotechnologie.
Compte tenu de l’entente de Pfizer relative à la NPF, ils estiment qu’il s’agit pour l’industrie du médicament d’une bonne nouvelle qui atténue le risque de baisse. Même si les prix diminuent, les volumes vont compenser. Fait intéressant, ils estimaient que les géants biopharmaceutiques vont chercher à réduire de quelques points de pourcentage leurs dépenses en R-D, compte tenu de la pression exercée sur le prix des médicaments. L’auditoire s’attendait également à ce que la R-D diminue de 2 % en moyenne, compte tenu des ententes relatives à la NPF. Deuxièmement, malgré la perspective d’un léger recul en R-D, l’auditoire s’attendait à ce que les dépenses des sociétés pharmaceutiques pour les outils augmentent légèrement en 2026, de l’ordre de 50 points de base, vu la clarté apportée par la conclusion d’une entente. Les leaders d’opinion étaient plus préoccupés par une hausse des dépenses liées aux outils, mais notre point de vue diverge de celui du marché, compte tenu de la réaction positive des actions.
Troisièmement, on a aussi voulu déterminer quelles technologies sont les mieux placées pour profiter de l’augmentation des dépenses de recherche en protéomique. La spectrométrie de masse est et demeure un pilier fiable, et des améliorations importantes à la vitesse et au débit viennent multiplier les usages. M. Gupta a estimé que les outils spatiaux monocellulaires en profiteraient largement. Il était aussi très optimiste quant à l’adoption des outils d’affinité par les sociétés pharmaceutiques. Thermo et Bruker dominent en spectrométrie de masse pour la découverte de médicaments et devraient maintenir leur hégémonie. Notre leader d’opinion était plus favorable à Bruker, vu son service de qualité supérieure. Enfin, l’auditoire et nos experts ont estimé que la spectrométrie de masse et l’IA obtiendraient la part du lion des budgets en protéomique. Brendan, qu’avez-vous retenu de la conversation sur la R-D pharmaceutique?
Brendan Smith :
Pour reprendre votre dernier point, lors de cette table ronde, les deux leaders d’opinion ont spontanément mentionné que l’IA/l’apprentissage automatique était l’un des outils les plus transformateurs de la R-D pharmaceutique. On a demandé à l’auditoire quel pourcentage de l’ensemble des budgets de la R-D pharmaceutique sera consacré aux outils d’IA dans la prochaine année. Dan, dans le sondage qu’on a réalisé vous et moi sur la R-D biopharmaceutique à la fin de l’an dernier, on constate que 9 % à 10 % des dépenses totales en R-D ont financé des outils de biosimulation axés sur l’IA en 2024. Selon notre sondage en direct mené auprès des investisseurs lors de cette conférence, plus de 15 % à 16 % des budgets totaux de R-D seront consacrés à l’IA d’ici l’an prochain, une opinion résolument partagée par les participants à la table ronde. Mais j’ai voulu approfondir la question pour mieux comprendre où va cet argent.
Tous deux ont indiqué clairement qu’il ne s’agit pas d’une tendance lourde pour intégrer du personnel d’IA. En fait, ils escomptent une réduction marquée du nombre de travailleurs moins expérimentés en laboratoire et des dépenses de main-d’œuvre au fil de la progression de l’IA. Ils s’attendent plutôt à ce que les licences de logiciel de biosimulation, comme celles de Certara et de Simulations Plus, intègrent davantage les flux de travail liés à la découverte de médicaments. Ils précisent également que l’IA ne va pas nécessairement chasser les outils des laboratoires expérimentaux. Ils voient plutôt ce changement comme une dépense plus judicieuse dans les budgets consacrés aux outils traditionnels. Les entreprises se concentrent de plus en plus sur les outils capables de fournir le plus de données de grande qualité le plus rapidement possible et soulignent que les consommables de base seront tout de même nécessaires pour valider les résultats de l’IA.
J’arrive à la dernière table ronde, qui porte sur les tests de dépistage précoce de plusieurs cancers, ou MCED. Il s’agit, je sais, d’un domaine de plus en plus important pour votre équipe et pour les investisseurs qui s’intéressent au secteur Instruments et diagnostic. Dan, comment résumeriez-vous l’essentiel de cette discussion?
Dan Brennan :
Merci, Brendan. Il y avait beaucoup à retenir. C’était une excellente table ronde, comme les autres. Pour les tests MCED, on avait invité Kevann Simms, d’Ochsner Health, plus important système hospitalier de la Louisiane. Il y avait aussi Anil Saldanha, de Rush Health, à Chicago, et Scott Ramsey, du Fred Hutch Cancer Center. Ce centre dirige l’étude de faisabilité Vanguard commandée par le NCI sur les tests MCED. On a retenu de la discussion de nombreux points de vue en ce qui concerne l’adoption précoce du test MCED Galleri développé par Grail. La décision des systèmes de santé d’offrir le test repose surtout sur l’intérêt suscité dans la collectivité plutôt que sur une analyse risques-avantages approfondie.
Étant donné qu’Ochsner appuie seulement l’administration du test Galleri aux patients payants prestataires de services médicaux personnalisés, la décision de l’offrir n’était pas fondée sur son efficacité, dont Ochsner ne fait pas vraiment le suivi. Le système ne voulait pas que la population locale se procure le test ailleurs et l’a écarté. Rush Health a évalué le test pendant un certain temps avant de le lancer. La décision était fondée sur l’avantage escompté du dépistage d’un grand nombre de cancers, pour la plupart desquels il n’existe pas d’autres options. Mais l’efficacité et le coût ne semblaient pas être des enjeux majeurs dans ce cas.
On a été surpris de constater l’absence d’analyse rigoureuse du rendement et des avantages comparés aux coûts, ce que les investisseurs ont également souligné. Deuxièmement, de nombreux facteurs ont été mentionnés quant à la voie à suivre pour un déploiement plus large des tests MCED; entre autres, l’utilité clinique avérée. L’étude menée par le NHS, le réseau de la santé britannique, cherche à montrer que le test Galleri peut ramener le dépistage d’un nombre important de cancers du stade 4 au stade 3. On considère cette étude comme étant beaucoup plus significative que l’étude PATHFINDER 2, davantage axée sur la valeur prédictive positive. Cela dit, le passage au stade 3 ne suffira probablement pas à généraliser l’adoption du test, et on s’intéresse vivement à un taux de dépistage élevé pour les cancers de stade 1 et 2.
L’auditoire estimait qu’un test MCED nécessite en moyenne une sensibilité précoce au cancer de 50 %, de sorte qu’il faudra des tests globalement supérieurs pour faire progresser le domaine. La baisse des prix aux alentours de 200 $ est aussi considérée comme étant un aspect important. Le rendement lié aux tumeurs d’origine est également essentiel. Un flux de travail clair pour les tests et le suivi, ainsi que l’éducation des patients et des médecins sont également déterminants. Enfin, les experts sont ouverts aux tests multiples, allant de tests d’envergure comme Galleri à des versions plus ciblées; par exemple, les tests pour trois cancers ou plus, comme celui de Shield. Deux des leaders d’opinion s’attendaient à ce que le test Galleri demeure le test MCED de choix, l’auditoire estimant qu’il s’en ferait plus de 700 000 d’ici 2028.
Brendan Smith :
Très bien, Dan. On a abordé pas mal de sujets dans cet épisode. De toute évidence, les choses vont continuer d’évoluer. Une discussion plus large doit avoir lieu. Il y aura beaucoup d’autres sujets à discuter lors de notre événement « Diagnosing Tomorrow », à New York, en décembre. Je pense aussi à notre conférence sur les soins de santé à Boston, en mars, et à notre rendez-vous « Tools/Dx Revolution » en Californie du Sud en juin. On aura très bientôt bien d’autres choses à se dire. J’ai hâte de poursuivre la conversation et de voir comment les choses vont évoluer dans le secteur.
Locutrice 1 :
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Directeur général et analyste de recherche, Recherche, Soins de santé, Sciences de la vie et Outils de diagnostic, TD Cowen
Daniel Brennan
Directeur général et analyste de recherche, Recherche, Soins de santé, Sciences de la vie et Outils de diagnostic, TD Cowen
Daniel Brennan
Directeur général et analyste de recherche, Recherche, Soins de santé, Sciences de la vie et Outils de diagnostic, TD Cowen
À TD Cowen, Dan est responsable de la recherche relativement à un groupe diversifié de sociétés du secteur des outils de diagnostic et des sciences de la vie. Son travail comprend l’identification des principaux débats sur les placements, l’élaboration de modèles financiers, la production de rapports de recherche, y compris des analyses approfondies de pointe, la formulation de recommandations d’actions et la communication avec les clients et les représentants de TD Cowen.
Il est analyste principal chargé du secteur des outils de diagnostic et des sciences de la vie. Avant de se joindre à TD Cowen, il était directeur général et analyste principal du secteur des outils de diagnostic et des sciences de la vie chez UBS. Avant d’entrer au service d’UBS, il était analyste principal du secteur des soins de santé chez Columbus Circle Investors. Dan a également travaillé 19 ans chez Morgan Stanley, où il a notamment été spécialiste des ventes d’actions dans le secteur des soins de santé et, plus tard, analyste principal du secteur des outils diagnostiques et des sciences de la vie.
Dan est titulaire d’un baccalauréat en économie de l’Université Georgetown et d’une maîtrise en administration des affaires de l’Université Harvard. Il détient en outre le titre de CFA.
Directeur, Outils de diagnostic et des sciences de la vie et analyste, Biotechnologie, TD Cowen
Brendan Smith
Directeur, Outils de diagnostic et des sciences de la vie et analyste, Biotechnologie, TD Cowen
Brendan Smith
Directeur, Outils de diagnostic et des sciences de la vie et analyste, Biotechnologie, TD Cowen
Arrivé à TD Cowen en 2019, Brendan Smith couvre les outils de diagnostic et des sciences de la vie et le secteur de la biotechnologie. Il est titulaire d’une maîtrise ès arts, d’une maîtrise en philosophie et d’un doctorat en philosophie de l’Université Columbia.