Quelles sont les prochaines étapes pour Charles River?
Invitée : Birgit Girshick, première vice-présidente et cheffe de l’exploitation, Charles River Labs
Animation : Charles Rhyee, directeur général, Soins de santé – Analyste de recherche en technologies de soins de santé, TD Cowen
À l’heure actuelle, les débats ne manquent pas dans le domaine de l’organisation de recherche contractuelle : les répercussions des changements réglementaires, la possibilité de l’amélioration du contexte macroéconomique et, plus récemment, les conséquences de l’IA. Birgit Girshick, actuelle vice-présidente à la direction, cheffe de l’exploitation et nouvelle cheffe de la direction de Charles River Labs, se joint à nous. Nous discutons de sa vision et de ses principales priorités pour l’entreprise, des plus récents changements qu’elle a observés dans le secteur, de l’impact potentiel de l’IA et des occasions stratégiques les plus importantes qu’elle entrevoit.
Ce balado a été enregistré le 3 mars 2026.
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Bienvenue à Insights de TD Cowen. Ce balado réunit des penseurs de premier plan qui offrent leur point de vue sur ce qui façonne le monde qui nous entoure. Soyez des nôtres pour cette conversation avec les esprits les plus influents de nos secteurs mondiaux.
Charles Rhyee :
Bonjour, ici Charles Rhyee, analyste en distribution des technologies de soins de santé chez TD Cowen. Bienvenue à notre série de balados La santé au futur. On est aujourd’hui à la 46e conférence annuelle sur les soins de santé de TD Cowen à Boston. L’épisode d’aujourd’hui proposé par TD Cowen fait partie de notre série régulière de balados qui rassemblent leaders d’opinion, innovateurs et investisseurs pour explorer comment la convergence entre soins de santé, technologies, consommation et politiques change notre perception de la santé, des soins et du système de santé. Dans cet épisode, j’ai le plaisir d’accueillir Birgit Girshick, vice-présidente à la direction et cheffe de l’exploitation de Charles River Laboratories, qui sera également la nouvelle cheffe de la direction en mai. Birgit, merci de votre présence aujourd’hui.
Birgit Girshick :
Merci, Charles. Merci de m’avoir invitée pour ce balado. Je suis vraiment ravie d’être là.
Charles Rhyee :
Merci. De toute évidence, on assiste à des changements importants chez Charles River avec le départ à la retraite de Jim Foster après plus de 30 ans au poste de chef de la direction. Alors que vous vous préparez à prendre les fonctions de cheffe de la direction, vous pouvez peut-être nous en dire un peu plus sur votre vision pour l’avenir de la société.
Birgit Girshick :
Bien sûr, avec plaisir. Tout d’abord, je tiens à remercier Jim Foster pour son mentorat et son coaching au fil des annés et pour m’avoir préparée à lui succéder. Je remercie aussi les membres du conseil d’administration pour leur soutien à l’égard de ma reprise de ces fonctions. Jim a fait de Charles River une entreprise exceptionnelle. Nous sommes le chef de file du secteur pour bon nombre de nos services, en particulier dans le domaine de l’évaluation de l’innocuité. Nous travaillons depuis plusieurs années sur plus de 80 % des médicaments approuvés par la FDA, et je suis très honorée de reprendre cette fonction. L’an dernier, on a effectué un examen stratégique approfondi, on l’a présenté à notre portefeuille et on a obtenu une approbation complète. J’ai mené cet examen avec Jim et la haute direction, et on a commencé à mettre en œuvre un grand nombre des initiatives qui ont été présentées dans cet examen et dont on a parlé à nos actionnaires et à nos analystes au cours des dernières conférences téléphoniques sur les résultats.
Vous avez déjà vu quelques acquisitions plus tôt cette année, et on vient d’annoncer qu’on a signé des ententes définitives pour la cession de deux de nos unités fonctionnelles au cours des prochains mois. Je suis tout à fait en accord avec ces initiatives, et je vais m’assurer qu’on mette en œuvre bon nombre de celles-ci. Et je vais également me concentrer sur des pistes comme d’autres fusions et acquisitions pour peaufiner notre portefeuille. On va examiner la localisation des activités de Charles River. Il est généralement très avantageux d’exercer des activités au moins dans le même pays que nos clients. On va donc réévaluer régulièrement où se situent nos activités et peut-être faire quelques changements dans ce domaine. On va aussi monderniser notre façon de travailler. On a entamé une transformation numérique il y a quelques années. On a ensuite mis en œuvre de nombreux efforts de modernisation, allant de l’automatisation à l’introduction de plateformes et d’outils assistés par l’IA, et on entend bien poursuivre dans cette voie.
Ce que nous voulons, c’est être le partenaire le plus efficace pour nos clients, pour les aider à mettre leurs médicaments à la disposition des patients qui en ont besoin. Il ne s’agit là que de quelques exemples de nos axes de progression pour la suite. Je me réjouis de guider la société vers une croissance future et de créer de la valeur pour les actionnaires.
Charles Rhyee :
Ces perspectives sont très enthousiasmantes. De façon plus générale, quels sont les plus grands changements que vous avez pu observer dans le secteur au cours des cinq dernières années? Comment la société y a-t-elle réagi?
Birgit Girshick :
C’est vraiment une bonne question. Force est de constater que le secteur a connu des changements importants au cours des dernières années. Le secteur de la biotechnologie a reçu des financements considérables au cours de la période de la COVID. Puis, le ralentissement du financement de la biotechnologie après la pandémie a touché un très grand nombre de nos clients. De même dans le secteur pharmaceutique. Ils ont donc dû surmonter de nombreux défis en raison des prix en vertu de la clause de la nation la plus favorisée, des terroristes et de l’expiration des brevets à venir. On a aussi assisté à un grand nombre de programmes de restructuration et de redéfinition des priorités. On est convaincu qu’on entre à présent dans une période plus stable avec ces deux clientèles et qu’on peut vraiment se recentrer sur le retour à la croissance et sur la mise à disposition des médicaments aux patients. Je pense que deux tendances ont emergé à la suite de cette période difficile. Premièrement, chacun de nos clients cherche des moyens d’accélérer la mise à disposition des médicaments aux patients et la mise en marché des médicaments.
Comment pouvons-nous réduire les délais de développement des médicaments? Voilà exactement le sujet de chacune de mes réunions avec des clients. Chez Charles River, on essaie de trouver des façons de gagner des jours, voire des semaines, en matière de développement des médicaments. Par exemple, nous avons agrandi nos laboratoires et nous les avons installés à proximité de nos installations in vivo, ce qui nous a permis d’accroître notre envergure et notre capacité. Les clients peuvent donc non seulement effectuer leurs analyses biologiques précliniques, mais peuvent aussi procéder avec nous à leurs tests cliniques. Ils n’ont pas à remettre en place des analyses, ni à expédier des échantillons. Voilà le type d’exemples que nous examinons. Certains de nos clients ont à présent un accès direct à leurs données, avec un flux de données directement lié aux lacs de données. On a également passé beaucoup de temps à créer des plateformes de collaboration. L’une de celles-ci s’appelle Apollo.
On a développé cela au cours des dernières années, et on pense que ça nous permet de mieux communiquer avec le client et de lui donner des renseignements plus rapidement. La seconde tendance est l’octroi de licences sur des actifs provenant de Chine. Je pense que cela va se normaliser. Il semble qu’on entende parler d’un peu plus d’octroi de licences aux États-Unis, ce qui serait une bonne chose pour nous. Et je pense que ça serait bénéfique pour notre secteur de la biotechnologie aux États-Unis. Mais je pense que ce sont deux tendances qui redéfinissent le secteur et la situation actuelle.
Charles Rhyee :
Alors que vous êtes parvenus à sortir de cette période plus difficile, les besoins des clients ont-ils changé du fait de celle-ci? Y a-t-il une différence entre... Quels sont les besoins des clients de la biotechnologie aujourd’hui qui peuvent être différents de leurs besoins précédemment? Quels sont les besoins des grandes sociétés pharmaceutiques aujourd’hui qui peuvent être différents de leurs besoins précédemment?
Birgit Girshick :
Oui, merci Charles. La façon dont vous posez la question est très intéressante. Quand on étudie notre clientèle, on regarde les profils, qui prend les décisions, quels sont leurs objectifs? Et on constate que les objectifs globaux sont les mêmes. Donc tous nos clients, peu importe qu’il s’agisse d’une société pharmaceutique ou de biotechnologie, veulent mettre au point un programme pharmaceutique dans les plus brefs délais et avec le meilleur budget, et passer à la phase suivante d’octroi de licence et de financement, ou évidemment parvenir à rendre leur produit accessible aux patients, en passant par les essais cliniques. La différence réside dans leur façon de travailler et dans leurs besoins en matière de collaboration. C’est là que l’orientation client, la souplesse et la personnalisation de notre façon de travailler avec chacun des segments de clientèle entrent en jeu. Ce sont des points sur lesquels nous avons beaucoup travaillé.
On dispose de différentes organisations qui aident les clients, les petits clients, par exemple avec les aspects réglementaires. Et on dispose aussi de grandes organisations de planification qui peuvent aider à former nos clients à redéfinir constamment les priorités de leurs programmes lorsqu’ils reçoivent des données et qu’ils doivent y apporter des changements. Donc en réalité cela dépend surtout de leur façon de travailler, mais pas nécessairement de leurs objectifs.
Charles Rhyee :
Absolument. C’est tout à fait logique. Il y a deux grandes tendances, je dirais qu’à certains égards, elles sont interreliées, et tout le monde y prête attention, en particulier pour Charles River. Je dirais d’abord l’IA, mais aussi les nouvelles approches méthodologiques. Peut-être pourriez-vous nous parler un peu de la façon dont vous voyez la société évoluer pour suivre ces deux tendances.
Birgit Girshick :
Je pourrais parler pendant des heures de l’IA dans le cadre des nouvelles approches méthodologiques. J’attache personnellement une grande importance à la mise en place de plus de nouvelles méthodes au sein de notre entreprise, en les intégrant et en les utilisant comme approche hybride pour nos études in vivo. Cela permet d’obtenir de meilleures résultats et de réduire les études chez l’animal pour nos clients. L’IA est un excellent outil. Je pense qu’elle peut beaucoup apporter. Il s’agit d’une nouvelle avancée technologique dont on va tous profiter. Mais pour le moment on en est encore aux premiers pas. Il serait plus juste de parler d’évolution que de révolution. Chez Charles River, on utilise l’IA de différentes façons, principalement sur le plan opérationnel, pour être plus efficaces pour nos clients, mais on a également choisi quelques questions scientifiques auxquelles on peut répondre, et peut-être réduire le nombre d’animaux dans le cadre d’une étude. Le secteur en est également aux premières étapes. Il y a beaucoup d’investissements dans la phase initiale de recherche, consistant à examiner cette molécule optimisée, la structure optimisée, à trouver la meilleure cible.
Et je pense que ça finira par produire un rendement des investissements, surtout lorsqu’on arrivera au terme ce processus de 10 à 12 ans. Mais on est encore au tout début. Il n’y a que 150 médicaments environ dont le développement est assisté par l’IA qui sont actuellement en phase d’essais cliniques, et il est trop tôt pour dire si cela réduit réellement les délais. Ce que ça signifierait pour nous, j’espère vraiment que ça sera le cas, parce que pour nous, une fois que nous avons de meilleures molécules, de meilleurs programmes pharmaceutiques qui arrivent pour l’évaluation préclinique de l’innocuité et le travail réglementaire, cela signifierait plus de travail pour nous, une diminution des taux d’échec et plus de budget pour le client. De cette façon ils peuvent parvenir à mettre plus de médicaments sur le marché plutôt que d’avoir des taux d’échec élevés. J’ai hâte de voir ce que le secteur va parvenir à accomplir, mais je veux aussi rappeler que nous n’en sommes qu’aux premiers pas, que la biologie est très, très complexe et qu’il faut simplement apprendre au fur et à mesure.
Charles Rhyee :
Je pense que beaucoup de personnes sont inquiètes car cela pourrait mener à une réduction du travail, mais j’imagine que si les sociétés pharmaceutiques peuvent faire passer plus de médicaments par un processus accéléré, il s’agit plutôt d’un concept du type plus de tirs atteignent la cible, et elles peuvent ainsi se demander, pourquoi devrais-je consacrer moins au budget de recherche et développement? Je peux faire plus. Est-ce qu’on peut dire ça?
Birgit Girshick :
Oui, je dirais qu’il est tout à fait juste de dire que plus le rendement du capital investi est élevé et plus vous avez de tirs qui atteignent la cible, plus les sociétés y seront favorables. Il y a encore tant de mystères concernant la biologie des maladies et elles s’engageront dans cette voie. Elles veulent traiter plus de patients et en apprendre davantage sur toutes les maladies que l’on ne sait pas encore bien soigner.
Charles Rhyee :
Oui, tout à fait. Si l’on se tourne vers l’avenir, pouvez-vous nous citer quelques unes des occasions majeures qui se dessinent selon vous pour Charles River pour les prochaines années?
Birgit Girshick :
La plus grande occasion qui s’offre à nous est notre relation avec nos clients. On est passé du statut de fournisseur de modèles de recherche à celui de fournisseur de services, et on est maintenant un partenaire absolument essentiel pour nos clients; ils ne font plus eux-mêmes le travail que nous faisons pour eux. Donc, quand je vais voir un client, nos discussions ne portent pas nécessairement sur le service qu’on peut offrir. Il s’agit plutôt de savoir comment on les aide à atteindre leurs objectifs. Donc, les discussions portent de plus en plus sur les modes de collaboration. Pouvez-vous nous fournir un système plus automatisé? Pouvons-nous vous transmettre une plateforme? Pouvons-nous transférer vos données dans notre lac de données? Pouvons-nous collaborer en matière de perspectives? Et je vois de plus en plus de progrès, et que nous renforçons nos avantages concurrentiels dans le secteur de manière exceptionnelle. Pour moi, cette relation avec les clients, l’orientation client, ainsi que le fait de rester à la pointe des progrès technologiques et de l’automatisation, constituent notre principal objectif et notre principal avantage.
Charles Rhyee :
Très bien. Et peut-être une dernière question : quelles sont, selon vous, vos priorités clés pour votre première année en tant que cheffe de la direction, au cours des quelque 12 prochains mois? Et, quels sont les indicateurs de réussite pour les investisseurs? Naturellement.
Birgit Girshick :
Tout d’abord, je vais continuer à mettre en œuvre les initiatives stratégiques que nous avons décrites. Elles créent de la valeur pour les actionnaires et un grand nombre de celles-ci assureront de la croissance pour nous. Pour moi, l’un des aspects les plus importants pour cette année est de remettre Charles River en mode croissance et de poursuivre la mise en œuvre des initiatives, tout en continuant à accroître l’efficacité, la modernisation et l’évolutivité de Charles River, nous préparant ainsi pour l’avenir. Et je me réjouis de travailler en ce sens.
Charles Rhyee :
Je suis sûr que tout le monde partage votre détermination. Birgit, merci beaucoup d’avoir été des nôtres aujourd’hui. C’était un échange très intéressant.
Birgit Girshick :
Merci, Charles.
Voix hors champ 1 :
Merci de nous avoir écoutés. Ne manquez pas le prochain épisode du balado Insights de TD Cowen.
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Directeur général, Soins de santé – Analyste de recherche en technologies de soins de santé, TD Cowen
Charles Rhyee
Directeur général, Soins de santé – Analyste de recherche en technologies de soins de santé, TD Cowen
Charles Rhyee
Directeur général, Soins de santé – Analyste de recherche en technologies de soins de santé, TD Cowen
Charles Rhyee est directeur général et analyste de recherche principal en distribution et technologies de soins de santé. M. Rhyee a été reconnu dans les sondages menés par le Wall Street Journal et le Financial Times. En 2023, il s’est classé au troisième rang du sondage All-America dans le segment de la distribution et des technologies de soins de santé du magazine Institutional Investor et a été nommé Best Up & Coming Analyst en 2008 et en 2009.
Avant de se joindre à TD Cowen en février 2011, il a occupé le poste de directeur général de la distribution et des technologies de soins de santé pour Oppenheimer & Co. M. Rhyee a commencé sa carrière en recherche sur les actions à Salomon Smith Barney en 1999.
Il est titulaire d’un baccalauréat en économie de l’Université Columbia.