Click Therapeutics et thérapies médicamenteuses assistées par logiciel
Invité : Randall Stanicky, chef des finances, Click Therapeutics
Animation : Charles Rhyee, directeur général, Soins de santé – Analyste de recherche en technologies de soins de santé, TD Cowen
Pour discuter du rôle des traitements numériques dans la personnalisation continue des soins de santé, Randall Stanicky, chef des finances de Click Therapeutics, se joint à nous. Nous discutons de l’évolution du marché des thérapies numériques, des partenariats de Click avec Otsuka et la société d’appareils technologiques portables Ultrahuman, ainsi que du rôle potentiel de Click dans la personnalisation continue des soins de santé.
Ce balado a été enregistré le 3 mars 2026.
Locuteur 1 :
Bienvenue à Insights de TD Cowen. Un balado qui réunit des spécialistes qui offrent leur éclairage et leurs réflexions sur ce qui façonne notre monde. Joignez-nous pour écouter les esprits les plus influents de nos secteurs mondiaux.
Charles Rhyee :
Bonjour, ici Charles Rhyee, analyste en distribution et technologies de soins de santé chez TD Cowen. Bienvenue à notre balado La santé au futur. On est aujourd’hui en direct de la 46e conférence annuelle sur les soins de santé de TD Cowen à Boston. Ce balado proposé par TD Cowen fait partie de notre série régulière qui rassemble leaders d’opinion, innovateurs et investisseurs pour explorer comment la convergence entre soins de santé, technologies, consommation et politiques change notre perception de la santé, des soins et du système de santé. Dans cet épisode, on va discuter du rôle que les produits thérapeutiques numériques peuvent jouer dans la personnalisation des soins de santé. Pour explorer ce sujet, je suis en compagnie de Randall Stanicky, chef des finances de Click Therapeutics, qui redéfinit la médecine moderne avec des traitements numériques centrés sur le patient. Merci d’avoir accepté l’invitation, Randall.
Randall Stanicky :
Ravi de vous retrouver, Charles.
Charles Rhyee :
Pour commencer, quand Click est arrivé sur le marché il y a plus de 10 ans, l’idée était d’utiliser la technologie numérique pour améliorer la physiologie, et beaucoup de choses ont changé sur le marché au cours de cette période. Pouvez-vous nous parler un peu de l’évolution de Click à partir de ce moment-là?
Randall Stanicky :
Le marché a beaucoup évolué. La seule chose qui n’a pas changé, c’est notre stratégie. Contrairement à d’autres sociétés qui ont mis au point un seul produit et qui ont tenté de le commercialiser, notre objectif et notre stratégie depuis le début, c’est de créer une plateforme. Je parle de l’élaboration de mécanismes d’action numériques, c’est-à-dire des protocoles d’actions et des outils numériques. Si on compare ça à l’industrie pharmaceutique traditionnelle, on pense à une API pour médicaments, ingrédients et à la technologie d’administration de médicaments. Dans cette plateforme, on a accumulé au cours des dix dernières années un certain nombre de protocoles d’actions et d’outils qui sont validés par la FDA et qui fonctionnent. Et, on a maintenant trois essais cliniques randomisés (ECR) approuvés par la FDA.
De notre point de vue, ça nous donne de la souplesse. Comme vous le savez, notre stratégie consistait à établir un partenariat avec le secteur pharmaceutique pour des produits thérapeutiques numériques sur ordonnance. La situation a évolué au cours des quatre ou cinq dernières années. L’an dernier, nous avons annoncé un partenariat avec Medidata. Nous offrons maintenant des solutions d’essais cliniques, grâce à notre partenariat avec Medidata, qui vont au-delà des produits thérapeutiques numériques sur ordonnance. Plus récemment, et je suis certain qu’on va en parler, on s’est associés à Ultrahuman pour les dispositifs portables. Tout ça à partir de la même plateforme qu’on a élaborée au cours des dix dernières années, comme vous l’avez dit.
Charles Rhyee :
On va prendre du recul et d’abord parler du modèle de partenariat. Vous avez trois ECR qui ont été approuvés par la FDA. L’un de vos premiers partenariats a été conclu avec Otsuka pour les troubles dépressifs majeurs. Plus récemment, la FDA a publié une ébauche de lignes directrices sur les PDURS. Il me semble que cela pourrait donner encore plus d’occasions de partenariat avec les sociétés pharmaceutiques. Tout d’abord, pouvez-vous nous parler des PDURS, de ce qu’ils font et de la façon dont Click SE s’inscrit dans tout ça?
Randall Stanicky :
Oui. Les lignes directrices relatives aux logiciels liés aux médicaments sur ordonnance (PDURS) ont été publiées en 2023. En bref, elles ont fourni une feuille de route pour combiner les médicaments traditionnels aux médicaments numériques. Un ou plusieurs ECR contre monothérapie ont porté leurs fruits. Vous avez maintenant une nouvelle indication, un nouveau médicament avec un produit qui pourrait sans doute être plus efficace s’il améliore le critère d’évaluation principal, ou dans bien des cas, s’il ajoute des critères d’évaluation secondaires à l’indication, ce qui pourraient offrir de nombreux avantages cliniques au patient. Lorsque ces lignes directrices ont été publiées, nous avons vu ça comme une occasion en or. Nous avons donc pris du recul et nous nous sommes dit que c’était l’avenir. La FDA a fourni la feuille de route et il y a un certain nombre de médicaments qui fonctionnent, mais pas parfaitement. Ils ne fonctionnent pas aussi bien qu’ils pourraient. La migraine est un excellent exemple. L’importance statistique a été confirmée avec un programme sur la migraine où, si on le combine à un CGRP ou à un autre médicament contre la migraine, on obtient la même réduction du critère d’évaluation principal qui est le nombre de jours de migraine par mois. Les mécanismes d’action sont différents.
Et la réduction est plus importante lorsque les solutions sont combinées. Suite à la publication de ces lignes directrices, on a créé un terme et une marque de commerce. C’est la notion de thérapies médicamenteuses assistées par logiciel avec le terme SE pour « software-enhanced ». On a déjà tous entendu parler d’Adderall XR, XR faisant référence à la libération prolongée. Dans notre jargon, SE veut dire « assisté par logiciel », le composant de Click Therapeutics, de ce médicament. C’est un concept qui a eu beaucoup de succès auprès des sociétés pharmaceutiques et sur lequel on se concentre maintenant. C’est une superbe occasion et je pense qu’au cours des trois à cinq prochaines années, cela va devenir beaucoup plus courant dans de nombreux domaines thérapeutiques différents.
Charles Rhyee :
Oui, c’est très intéressant. Plus tôt, vous avez aussi parlé d’un partenariat avec Medidata, l’une des principales plateformes logicielles utilisées pour mener des essais cliniques. Pouvez-vous nous en dire un peu plus? Sur quoi travaillez-vous avec Medidata?
Randall Stanicky :
C’est un partenariat très intéressant. Ils ont donc investi dans notre série C l’an dernier. Toute la série C nous apporte la validation et le capital, mais au-delà de ça, il y a ce partenariat que l’on a signé et qu’on peut qualifier de vente croisée, mais c’est beaucoup plus que ça. Ils ont 150 représentants dans le monde. Ils ont 1 300 clients du secteur des sciences de la vie. Ils vendent donc maintenant notre offre à leur clientèle, mais nous offrons aussi des solutions numériques dans leur offre de logiciels d’essais cliniques. On ajoute donc à leur offre, selon moi, un avantage et une valeur significatifs pour leurs clients. On peut faire beaucoup de choses ensemble. On est donc très heureux de travailler avec Medidata. C’est un partenariat mondial qui fonctionne très bien.
Charles Rhyee :
En plus du partenariat avec les sociétés pharmaceutiques que vous avez mentionné plus tôt, vous avez parlé de la migraine. Vous avez déjà obtenu l’autorisation de la FDA pour quelques-uns de vos traitements numériques sur ordonnance, l’un pour la migraine épisodique et l’autre pour le diabète de type 2. Pour la migraine, vous avez parlé de la possibilité de faire approuver une version en vente libre. Pouvez-vous nous parler un peu de la réflexion stratégique derrière tout ça?
Randall Stanicky :
Oui. Nous offrons le tout premier traitement numérique pour les migraines épisodiques à avoir été approuvé par la FDA. Nous sommes très contents des résultats de notre étude pivot. On a montré une réduction d’un peu plus de trois jours de migraine par mois, mais on a aussi montré d’excellents résultats pour les critères d’évaluation secondaires sur le plan de l’invalidité et de la qualité de vie. Ces résultats sont importants et entrent en ligne de compte pour les payeurs, car ce sont des questionnaires où l’on demande expressément aux patients : « Combien de jours de travail avez-vous manqués au cours des deux dernières semaines? » Que vous soyez payeur ou employeur, c’est important pour vous du point de vue pharmacoéconomique, etc. Ce sont donc des données très intéressantes. On a obtenu l’autorisation en avril dernier avec une version sur ordonnance et on a maintenant déposé une demande auprès de la FDA pour une version en vente libre.
Et c’est le premier médicament que l’on a développé en partenariat avec Ultrahuman pour les dispositifs portables. Cette entente a été annoncée en janvier de cette année. On pense que c’est une occasion en or. C’est un partenariat mondial, non exclusif. On en voit de plus en plus, et la migraine est sans doute la cible idéale pour la commercialisation de produits en vente libre. Quand on y pense, on va traiter le patient avant qu’il ne devienne patient. On accède à l’utilisateur avant qu’il n’entre dans le système de soins de santé. Bien entendu, notre plateforme permet cela avec les activités de vente libre qu’on va développer. On a d’un côté le secteur des essais cliniques avec les métadonnées, et de l’autre côté le secteur des médicaments sur ordonnance et les partenariats SE avec les sociétés pharmaceutiques. Notre plateforme Click peut aider le patient sur l’ensemble de son parcours. C’est formidable d’avoir cette vision complète.
Charles Rhyee :
Que vous apporte le partenariat avec une société comme Ultrahuman? Vous avez dit que ce partenariat n’est pas exclusif et que l’on peut donc s’attendre à plus de partenariats comme celui-ci. Parlez-nous un peu plus de l’intégration de Click, en particulier dans le domaine la migraine. En quoi cela aide-t-il un patient avant qu’il ne devienne patient? Quels sont les paramètres qui sont surveillés et comment cela s’inscrit-il dans ce que Click fait ici?
Randall Stanicky :
Oui. C’est assez simple. Regardez autour de vous et vous verrez le nombre de personnes qui portent des anneaux, des montres et des bracelets pour comprendre que le secteur des dispositifs portables est en plein essor. D’une certaine façon, toutes ces sociétés font la même chose. Elles fournissent des données biométriques identiques ou semblables. Bien sûr, les montres et les bracelets sont différents, et c’est là que la différenciation se fait. Les données biométriques sont sans doute un produit de base qu’on peut obtenir d’un certain nombre d’acteurs différents. Bien que ce soit intéressant et utile, personne ne vous dit vraiment quoi faire de ces données. Votre score de sommeil est de tant, vos constantes sont de tant. Mais l’occasion en or que nous avons vue ici, c’est que nous pouvions devenir l’entreprise qui prend ces données et traite les patients. En ce qui concerne le partenariat avec Ultrahuman, on sait, d’après notre étude pivot, que notre programme sur la migraine peut réduire leur nombre à trois jours par mois d’après nos données. On peut donc déjà traiter des patients.
Charles Rhyee :
Puis-je vous demander rapidement quelle est la différence avec les CGRP? Comment le résultat de trois jours se compare-t-il au traitement traditionnel en ce moment?
Randall Stanicky :
Ils sont tous un peu différents. Les études sont difficiles à comparer. Elles sont toutes structurées un peu différemment, mais en mettant l’accent sur la réduction des jours de migraine par mois, regardez l’écart par rapport au placebo. L’important pour nous, c’est d’être statistiquement significatif par rapport au placebo. Il faut vraiment examiner la conception de l’étude et tout le reste pour obtenir une comparaison précise. Mais en réalité, on a atteint ce critère d’évaluation principal. Et donc, si l’on peut traiter les personnes migraineuses… On parle d’un très grand nombre de personnes à l’échelle mondiale, soit 14 % à 15 % de la population, principalement des femmes. Plus de 80 % d’entre elles souffrent de migraines. Notre capacité à traiter les migraines… et même si vous suivez un traitement par CGRP ou un traitement contre la migraine, vous avez probablement encore des migraines. Pour la plupart des personnes, les médicaments contre la migraine ne suppriment pas toutes les migraines. Donc, avoir un autre traitement utilisant un mécanisme différent peut améliorer la situation.
En établissant ce partenariat avec une société qui fabrique des dispositifs portables, Ultrahuman ou une autre, l’occasion est de traiter ces utilisateurs qui souffrent de migraine, mais aussi de récupérer leurs données biométriques qui sont personnelles et, en les superposant à leurs antécédents de migraine et à leur parcours de migraineux et en les personnalisant pour pouvoir comprendre comment combiner certaines de ces données biométriques importantes, comme le sommeil, la fréquence cardiaque et d’autres, d’intervenir dans le parcours de traitement. C’est comme une prévision météorologique. Si vous allez dans l’appli et que vous regardez la résilience, vous pouvez avoir une idée du moment où vous êtes probablement plus à risque d’avoir une migraine. Si on peut aider les patients à comprendre ça et à intervenir avant que la migraine ne se déclenche, en plus de les traiter, c’est très utile pour les patients.
Charles Rhyee :
Très bien. Dernière question : quelles sont les prochaines étapes? Que devons-nous avoir à l’œil cette année?
Randall Stanicky :
Je dirais trois choses. Premièrement, en ce qui concerne les trois domaines différents dont on a parlé, les produits thérapeutiques numériques sur ordonnance, le partenariat avec les métadonnées et les dispositifs portables et les produits en vente libre, je dirais qu’il faut surveiller l’augmentation de l’activité, le développement des affaires. C’est la première chose. On travaille sur certains projets qui sont très intéressants et dont on espère pouvoir parler bientôt. Deuxièmement, et c’est peut-être davantage la réponse du chef des finances que je suis, j’ai passé la dernière partie de l’année dernière à aider l’entreprise à passer à un modèle de revenus de type logiciels-services. Alors qu’on commence à penser à la comptabilisation des produits pour 2026, nous avons hâte de commencer à transférer une partie de ces produits aux logiciels-services.
Troisièmement, on n’en a pas parlé, mais c’est probablement l’une de nos activités les plus intéressantes en ce moment. On s’attend à ce que notre médicament contre la schizophrénie, le CT-155, soit autorisé pour les symptômes négatifs. C’est un partenariat avec Boehringer Ingelheim, et ce médicament a atteint l’importance statistique. Nous offrons le premier médicament, toutes modalités confondues, à traiter les symptômes négatifs. Ça a toujours été un échec pour les médicaments traditionnels qui tentent d’atteindre ce critère d’évaluation. J’espère que vous verrez ça cette année, littéralement, dans les mains des patients. Cela pourrait être formidable. Je pense qu’il faut réfléchir à deux choses. Premièrement, ce sera un exemple parfait de ce que le numérique peut faire que les médicaments traditionnels ne peuvent pas faire, c’est-à-dire améliorer la vie des patients atteints de schizophrénie qui présentent des symptômes négatifs. Mais deuxièmement, je pense, Charles, que c’est le seul analogue dont vous allez vraiment vouloir parler lorsque vous penserez aux produits thérapeutiques numériques à l’avenir.
Charles Rhyee :
Nous avons hâte de découvrir tout cela.
Randall Stanicky :
Oui.
Charles Rhyee :
Très bien. Randall, merci de vous joindre à nous aujourd’hui.
Randall Stanicky :
Merci de m’avoir invité.
Locuteur 1 :
Merci de nous avoir écoutés. Ne manquez pas le prochain épisode du balado Insights de TD Cowen.
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Directeur général, Soins de santé – Analyste de recherche en technologies de soins de santé, TD Cowen
Charles Rhyee
Directeur général, Soins de santé – Analyste de recherche en technologies de soins de santé, TD Cowen
Charles Rhyee
Directeur général, Soins de santé – Analyste de recherche en technologies de soins de santé, TD Cowen
Charles Rhyee est directeur général et analyste de recherche principal en distribution et technologies de soins de santé. M. Rhyee a été reconnu dans les sondages menés par le Wall Street Journal et le Financial Times. En 2023, il s’est classé au troisième rang du sondage All-America dans le segment de la distribution et des technologies de soins de santé du magazine Institutional Investor et a été nommé Best Up & Coming Analyst en 2008 et en 2009.
Avant de se joindre à TD Cowen en février 2011, il a occupé le poste de directeur général de la distribution et des technologies de soins de santé pour Oppenheimer & Co. M. Rhyee a commencé sa carrière en recherche sur les actions à Salomon Smith Barney en 1999.
Il est titulaire d’un baccalauréat en économie de l’Université Columbia.