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Bienvenue à Insights de TD Cowen. Un balado qui réunit des spécialistes qui offrent leur éclairage et leurs réflexions sur ce qui façonne notre monde. Soyez des nôtres pour cette conversation avec les esprits les plus influents de nos secteurs mondiaux.
Ritu Baral :
Je suis Ritu Baral, l’une des analystes principales en biotechnologie à TD Cowen. On est en direct à la 46e Conférence annuelle sur les soins de santé de TD Cowen. Je suis avec Kabir Nath, chef de la direction de Compass Pathways.
Bienvenue, Kabir. Merci de vous joindre à nous.
Kabir Nath :
Merci beaucoup, Ritu! C’est un plaisir.
Ritu Baral :
J’aimerais que vous nous parliez de votre principal composé, Comp360, qui doit être approuvé et lancé commercialement très bientôt, et du contexte plus général dans lequel il va arriver. Tout d’abord, vous allez passer devant la FDA très bientôt. Comment la FDA et ses principaux organismes de réglementation voient-ils le développement de médicaments psychédéliques? Comment décririez-vous les interactions et la collaboration?
Kabir Nath :
Je pense que ce qu’on voit en ce moment, c’est une division de psychiatrie au sein de la FDA qui est extrêmement active sur les psychédéliques. On en voit plusieurs signes.
Déjà, il y a, je crois, sept ou huit composés qui ont été désignés comme révolutionnaires; ça montre que, même avec de petits ensembles de données initiaux, ils sont très prometteurs.
Ensuite, la division elle-même a reconnu publiquement que les psychédéliques comptent désormais pour une grande partie son travail. En fait, entre un tiers et la moitié des nouveaux médicaments de recherche qu’ils examinent sont des psychédéliques.
Et puis, troisièmement, regardez le contexte psychiatrique général en ce moment. On sait tous que la question de la reproductibilité est le fléau des essais psychiatriques. Depuis un an, ou plutôt depuis un an et demi, on a vu beaucoup d’approches plus traditionnelles, disons, de la part de grandes entreprises, qui ont encore une fois complètement échoué devant cet obstacle. Mais dans le même temps, plusieurs entreprises de psychédéliques ont produit de très bonnes données. Pour ce qui est de Compass, je crois que nous avons dépassé cette difficulté très efficacement : trois réussites en trois essais, avec des résultats très cohérents.
Ritu Baral :
Et normalisés. Des résultats normalisés.
Kabir Nath :
Tout à fait. Et pour la dépression résistante au traitement, qui est une indication notoirement difficile à étudier.
Pour toutes ces raisons, pour la FDA, ça correspond à leur mandat d’offrir le plus rapidement possible des médicaments novateurs aux patients qui en ont grandement besoin. Je pense qu’il est clair maintenant que, en psychiatrie, les psychédéliques pourraient jouer un rôle important. Je dirais que la FDA est très engagée, très collaborative et très disposée à collaborer pour résoudre les problèmes.
Il y a clairement des difficultés dans la conception et l’interprétation des études sur les psychédéliques, mais je dirais que ces dernières années, on a une relation très collaborative et active.
Ritu Baral :
Dans quelle mesure Spravato a-t-il préparé la communauté psychiatrique à la disponibilité commerciale des psychédéliques? Du point de vue du paradigme, de la logistique et aussi du remboursement?
Kabir Nath :
De toute évidence, le succès – et je pense qu’on peut maintenant dire que Spravato est un succès, même si ce n’était pas évident au début – le succès de Spravato est clairement un indicateur précurseur très important pour le secteur.
Je dirais que, du point de vue du traitement, même si c’est considéré comme un psychédélique avec ses possibles propriétés de dissociation, en un sens, ce n’est pas vraiment une avancée majeure rapport aux traitements oraux quotidiens. Ça reste un traitement chronique. C’est toujours un médicament qu’on prend pour toujours, mais à une fréquence différente. Mais de toute évidence, l’infrastructure nécessaire pour offrir ce produit en milieu clinique a été profondément transformatrice.
Lorsque Spravato est arrivé, il y avait quelques centaines d’endroits qui pouvaient offrir une substance comme l’eskétamine ou les psychédéliques [inaudible 00:03:58]. Maintenant, on le sait bien, il y en a 7 000 ou plus, et ce chiffre augmente très rapidement. Ce type de croissance de l’infrastructure de psychiatrie interventionnelle, la gestion de la stratégie d’évaluation et d’atténuation des risques, la gestion de la possibilité d’effets secondaires qui doivent être surveillés pendant un certain temps… je pense que tout ça a été très utile.
Du point de vue des payeurs, je pense que c’est plus spécifique à la dépression résistante, honnêtement, parce qu’évidemment, pour la dépression résistante, il n’y avait qu’un autre médicament, qui est bien plus vieux. Généralement, on a juste essayé des médicaments qui ne sont approuvés que pour la dépression majeure, avec des résultats mitigés. En fait, je pense que du point de vue du remboursement, comme c’est une nouveauté pour la dépression résistante, c’est évidemment utile pour nous, Compass et d’autres entreprises de ce domaine. Je ne suis pas certain qu’on puisse encore généraliser ça aux médicaments psychédéliques.
Ritu Baral :
Selon vous, comment l’espace psychiatrique va-t-il évoluer avec plusieurs traitements psychédéliques qui pourraient être approuvés et avec l’émergence de traitements de nouvelle génération?
Kabir Nath :
Je pense qu’il est important que chacun d’entre nous présente une autre option dans les domaines précis où nous travaillons.
Du point de vue de Compass, je suis vraiment heureux de voir d’autres entreprises de psychédéliques produire de très bonnes données. N’oublions pas que les besoins sont immenses. Pour la dépression résistante, c’est quatre millions de personnes. Pour le TSPT, 13 millions de personnes. Pour la dépression majeure, comme on le sait, les gens n’ont pas de bons résultats, c’est peut-être 50 % à 60 % de cette population de patients. Il y aura clairement de la place pour plusieurs approches différentes.
L’autre chose à dire, c’est que nous menons tous des études cliniques très robustes et rigoureuses selon certains protocoles, mais on s’attend à ce qu’avec le temps, la pratique médicale et clinique nous renseignera sur la façon dont ces médicaments sont réellement utilisés dans la pratique. On peut imaginer qu’il y aura une utilisation séquentielle et toutes sortes de choses. Probablement pas des associations au sens strict, pas deux médicaments en même temps, mais on voit clairement émerger l’utilisation séquentielle et différents paradigmes. Je pense que c’est comme ça que la psychiatrie a toujours évolué.
Ritu Baral :
Merci, Kabir. Merci pour votre éclairage.
Kabir Nath :
Merci beaucoup.
Voix hors champ 1 :
Merci de nous avoir écoutés. Ne manquez pas le prochain épisode du balado Insights de TD Cowen.