Voix hors champ :
Bienvenue à Insights de TD Cowen. Ce balado réunit des penseurs de premier plan qui offrent leur point de vue sur ce qui façonne le monde qui nous entoure. Soyez des nôtres pour cette conversation avec les esprits les plus influents de nos secteurs mondiaux.
Yaron Werber :
Bonjour, je suis Yaron Werber, analyste principal en biotechnologie à TD Cowen. On est en direct à la 46e Conférence annuelle sur les soins de santé de TD Cowen. On accueille aujourd’hui Amy Burroughs, cheffe de la direction de Terns Pharma. C’est un plaisir de vous rencontrer. Merci de vous joindre à nous.
Amy Burroughs :
Merci beaucoup de m’avoir invitée. Je suis ravie d’être ici.
Yaron Werber :
On a beaucoup de sujets à aborder concernant Terns. Votre carrière en biotechnologie est impressionnante. Vous avez travaillé au sein de grandes sociétés comme Genentech Roche, mais aussi dans de petites entreprises en démarrage comme Cleve Therapeutics. Vous êtes désormais à la tête de Terns, l’une des sociétés les plus novatrices du secteur. En tant que femme dirigeante qui a occupé plusieurs postes de direction, quelles expériences ont le plus influencé le leader que vous êtes aujourd’hui?
Amy Burroughs :
On m’a dit que ma carrière n’était pas linéaire, et je pense que beaucoup de choses m’ont préparée à occuper ce poste que j’adore. J’ai commencé ma carrière dans une grande entreprise, Procter & Gamble, puis j’ai travaillé pour Genentech. J’ai le sentiment qu’avoir fair partie d’une entreprise de premier plan au début de ma carrière m’a offert la possibilité d’apprendre énormément auprès de personnes exceptionnelles. Je conseille souvent aux jeunes d’aller travailler pour une grande entreprise et de cottoyer des personnes compétentes.
J’ai aussi passé beaucoup de temps dans de plus petites entreprises. J’ai commencé dans les secteurs des services et des technologies avant de me tourner vers les biotechnologies. J’ai ainsi acquis une grande diversité d’expériences, tant du côté des soins de santé que de celui du développement de médicaments, en collaborant avec différents types d’investisseurs, en relevant les défis liés à la mobilisation de capitaux et en apprenant à m’adapter à un environnement restreint où l’on ne dispose pas des mêmes ressources qu’une grande entreprise pourrait avoir.
Fait très inhabituel, j’ai passé trois ans dans une grande agence de recrutement à constituer des équipes, des conseils d’administration de sociétés ouvertes et privées, des équipes de direction et à recruter des chefs de la direction. Quand je suis arrivée chez Terns, j’avais beaucoup de travail en ce qui avait trait aux équipes. On a élargi notre conseil d’administration. Par conséquent, le fait d’avoir moi-même vécu cette expérience m’a été extrêmement précieux.
Yaron Werber :
Une expérience vraiment formidable à tous points de vue.
Amy Burroughs :
Oui.
Yaron Werber :
Le nom de Terns est inspiré de la Sterne arctique, ou Arctic Tern en anglais. J’ai dû faire des recherches et en apprendre un peu plus sur cet oiseau. Il est connu pour son agilité et sa capacité d’adaptation. Comment ces qualités façonnent-elles l’approche de l’entreprise en matière de développement de médicaments?
Amy Burroughs :
Eh bien, Terns a été fondée en 2017. Comme beaucoup de grandes entreprises de biotechnologie, je pense qu’elle a connu de multiples transformations et changements d’orientation. Tout ce qu’on découvre et développe en biotechnologie ne donne pas forcément les résultats escomptés, et je pense que la capacité d’adaptation et la persévérance sont vraiment essentielles dans ce secteur, tout comme le travail d’équipe. Je pense que notre nom reflète bien notre résilience. Les sternes sont également connues pour parcourir de longues distances. Aujourd’hui, on en est au TERN-701. On a travaillé sur plusieurs programmes, mais on se concentre désormais sur l’oncologie, et je pense que ça a grandement contribué à notre réussite actuelle.
Yaron Werber :
Lorsque vous vous êtes jointe à Terns, l’entreprise traversait une période difficile, avec le décès d’un ancien chef de la direction et fondateur remarquable. Une restructuration s’imposait. Comment avez-vous réussi à définir la bonne stratégie et le ton adéquat pour en arriver là où vous en êtes aujourd’hui?
Amy Burroughs :
Oui. Quand je suis arrivée chez Terns, l’entreprise avait connu beaucoup de difficultés en raison du décès prématuré de notre ancien chef de la direction, et beaucoup de gens avaient le cœur brisé. Du point de vue des affaires, on avait aussi un programme métabolique en cours, ainsi qu’un programme en oncologie. On lançait tout juste le TERN-701. À l’époque, on ne savait rien de son efficacité, et il en allait de même pour notre programme métabolique. On a donc fait plusieurs tentatives. On a complètement remanié l’équipe. Je pense qu’il a fallu constituer la bonne équipe pour décider cette année de mettre l’accent sur l’oncologie. D’un point de vue stratégique, l’un des aspects les plus importants consiste à déterminer ce qu’on va laisser de côté. Par conséquent, on a décidé de laisser tomber certaines activités pour se concentrer pleinement sur les licences de nos programmes métaboliques et sur le TERN-701. Quand on a vu les résultats du 701, cette décision a été, à vrai dire, assez facile à prendre.
Yaron Werber :
Votre programme principal porte sur la leucémie myéloïde chronique, ou LMC. Selon vous, quel est le besoin non satisfait dans cette indication et qu’est-ce qui permettrait véritablement à un nouveau médicament de se démarquer dans ce domaine?
Amy Burroughs :
Comme on l’a dit plus tôt aujourd’hui à la conférence, le principal besoin non satisfait est de guérir cette maladie chronique. Le Saint Graal dans le traitement de la LMC consiste à trouver davantage de guérisons fonctionnelles, et certaines données montrent que des réponses plus rapides et plus profondes, en particulier chez les patients en première ligne, peuvent conduire à un taux de guérison fonctionnelle plus élevé. C’est un objectif ambitieux, et d’après les essais menés jusqu’à présent, on constate une augmentation du nombre de réponses, ainsi qu’une rapidité accrue de celles-ci. C’est pourquoi on a hâte de voir comment les choses vont évoluer. Au-delà des données sur l’efficacité, on constate également un profil de sécurité et de tolérance sans précédent dans le traitement de la LMC. Pour qu’un patient réagisse positivement et puisse éventuellement parvenir à cette guérison fonctionnelle, il doit être en mesure poursuivre son traitement. Il existe de nombreux autres traitements qui causent des effets secondaires assez effrayants, comme l’épanchement pleural ou l’occlusion artérielle.
Yaron Werber :
En ce qui concerne les prochaines étapes du TERN-701, vous avez évoqué son activité et son profil prometteurs observés jusqu’à présent en phase 1. Quelles sont les prochaines étapes de son développement en vue de sa mise sur le marché?
Amy Burroughs :
En effet, on a hâte de commencer cette étude pivot. D’ici la fin de l’année, et au plus tard au début de l’année prochaine, on espère pouvoir lancer rapidement cette étude et proposer ce traitement aux patients dès que possible.
Yaron Werber :
On va conclure avec ma partie préférée de chaque balado, celle où l’on apprend vraiment à connaître la personne que l’on invite. Chaque grand leader a un super-pouvoir secret. Quel est le vôtre et en quoi vous a-t-il aidé à vous créer des occasions et à les saisir?
Amy Burroughs :
Je suis contente d’avoir été informée à l’avance de cette question, car je pense que les plus à même d’y répondre sont les personnes avec lesquelles je travaille étroitement. J’ai donc posé la question à certains de mes collègues, et je pense que la réponse qu’ils m’ont donnée correspond à un « super-pouvoir » dont je n’ai pas hérité à la naissance, mais que j’ai véritablement acquis au fil de mes expériences : en tant que cheffe de la direction, il ne faut pas chercher à se mettre en avant. On n’a pas à tout savoir. Il faut savoir reconnaître ses lacunes et tirer pleinement parti des personnes qui vous entourent. J’admets ne pas être capable de remplir les fonctions de mon équipe de direction comme pourrait le faire n’importe lequel de ses membres. En général, j’essaie de leur demander conseil, d’être là pour eux et de ne pas leur mettre des bâtons dans les roues.
J’essaie aussi de le faire dans la vie de tous les jours, en écoutant les gens qui me donnent des conseils. En plus de mon équipe de direction, je peux compter sur les précieux conseils de mon conseil d’administration. Je peux également m’appuyer sur ce que j’appelle un « conseil d’administration personnel », composé de personnes expérimentées au sein de conseils d’administration, que je peux contacter et avec lesquelles j’ai même conclu un accord de non-divulgation avec mon entreprise afin de solliciter leurs conseils, ainsi qu’un groupe plus large de chefs de la direction que j’ai constitué au fil de ma carrière. Ainsi, j’ai appris que savoir écouter et reconnaître que l’on n’est pas toujours spécialiste du domaine est aussi un super-pouvoir.
Yaron Werber :
Bon, je vais vous mettre un peu sur la sellette. Si je demandais à votre famille quel était votre super-pouvoir, quelle serait la réponse?
Amy Burroughs :
C’est une excellente question. Vous ne m’aviez pas prévenue pour celle-ci.
Yaron Werber :
Je viens tout juste d’y penser.
Amy Burroughs :
Je pense que ma famille dirait la même chose. Je viens d’une famille où l’on est assez têtus, et je pense que l’écoute n’est pas une qualité naturelle chez nous. Alors je pense qu’ils diraient la même chose. Je pense aussi à ma capacité à faire un million de choses à la fois.
Yaron Werber :
Super. Amy, ça m’a fait plaisir de parler avec vous. Merci d’avoir été des nôtres.
Amy Burroughs :
Merci Yaron.
Voix hors champ :
Merci d’avoir été des nôtres. Ne manquez pas le prochain épisode du balado Insights de TD Cowen.