NARRATION : Bienvenue à Insights de TD Cowen. Ce balado réunit des penseurs de premier plan qui offrent leur éclairage et leurs réflexions sur ce qui façonne notre monde. Soyez des nôtres pour cette conversation avec les esprits les plus influents de nos secteurs mondiaux.
[MUSIQUE]
DAN BRENNAN : Je suis Dan Brennan, et j’assure le suivi des outils et des diagnostics, ici à TD Cowen. On est ici à notre conférence Longevity as a Luxury et je suis en compagnie de David Medvedev, le chef de la direction de Radence. David, parlez-moi de Radence, qui est, à mon avis, une entreprise fascinante dans le milieu de la médecine de précision.
DAVID MEDVEDEV : Oui, bien sûr. Radence est un cabinet spécialisé en médecine de précision, tout comme il y a d’autres spécialités comme la cardiologie ou la néphrologie. La médecine de précision est vraiment née de l’idée qu’on veut prendre plus de décisions fondées sur les données et qu’on a besoin de ces données pour comprendre la progression des maladies, qu’il s’agisse du cancer, des maladies neurodégénératives ou des troubles métaboliques cardiovasculaires. C’est presque impossible pour un médecin de famille d’essayer de faire ça en plus de ses activités habituelles.
Quand on y pense, il y a 3 000 à 5 000 nouvelles citations à propos de recherches cliniques, qui sont publiées chaque jour : comment est-ce qu’on peut les synthétiser pour en faire ressortir un véritable signal? Ce qu’on a construit, c’est une équipe d’experts qui recherchent le meilleur de la médecine et relaient constamment cette information; on appelle ça l’accompagnement scientifique personnalisé, ou concierge science. Comment est-ce qu’on peut arriver à détecter des maladies de façon précoce et à les bloquer le plus rapidement possible pour éviter des conséquences en aval qui nous obligent à réaliser des prouesses dans le système de soins de santé? Eh bien, ce cabinet de médecine de précision que nous avons créé cherche à réunir des marqueurs biologiques sanguins, de la génomique et différents protocoles d’imagerie pour vraiment regarder et comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur de quelqu’un afin d’éviter les maladies le plus tôt possible.
DAN BRENNAN : Formidable. Radence parle de trois étapes : l’évaluation, l’analyse et l’activation. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus là-dessus?
DAVID MEDVEDEV : Oui, bien sûr. L’évaluation commence par l’idée qu’on doit en savoir le plus possible sur une personne donnée, du point de vue clinique. Donc il faut commencer par recueillir tous ses antécédents médicaux, parler à ses anciens médecins, examiner son dossier médical, récupérer toutes ses analyses de laboratoire et ses précédentes images médicales, et établir une hypothèse initiale concernant là où il faut commencer pour élaborer ces protocoles pour elle. Deuxièmement, il s’agit de recueillir les données dont on a besoin pour examiner des choses comme le volume du cerveau, les marqueurs biologiques sanguins en lien avec la neurodégénérescence, et comprendre ce qui change dans le corps de la personne. Il faut savoir où se situe la ligne de base. Donc l’évaluation sert à recueillir celle-ci.
Une fois qu’on a toutes ces données grâce à la génomique, au sang et à l’imagerie, on passe à l’analyse : qu’est-ce qu’on commence à voir? Où sont les signaux, pas seulement maintenant, mais aussi où se situe le premier signe qui indique un changement? Et ça nous amène à l’action. Quand on voit quelque chose, on doit agir le plus rapidement possible. Tout d’abord, il faut qu’on réagisse et qu’on fasse remonter la façon la moins invasive possible de voir s’il y a vraiment quelque chose, et qu’on réduise au minimum l’anxiété liée au processus. Et s’il y a quelque chose, il faut qu’on ait un plan pour faire entrer la personne dans le système médical afin d’intervenir le plus rapidement possible.
DAN BRENNAN : La technologie et les progrès scientifiques jouent un rôle énorme dans le modèle d’affaires de Radence. Et, à ce titre, vos relations étroites avec RA Capital sont essentielles. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur cette relation et nous donner des exemples de ce que fait Radence pour tirer parti des meilleures avancées thérapeutiques et en matière de diagnostic pour le compte de ses clients?
DAVID MEDVEDEV : Oui, bien sûr. RA Capital est une société essentielle à nos activités. Le concept lui-même a germé à RA Capital, un fonds de couverture de 13 milliards de dollars spécialisé en biotechnologie. Leur équipe passe l’intégralité de toutes ses journées à rencontrer des spécialistes en recherche clinique et à comprendre où auront lieu les percées et les avancées en matière de thérapeutique et de diagnostic. Après avoir vu ce que pouvait être la médecine, ils ont décidé qu’ils voulaient mettre ça sur pied pour eux-mêmes et pour leur famille, et, en fin de compte, pour les personnes qu’ils servaient.
Ils ont donc véritablement créé l’essence de Radence. Et aujourd’hui, on entretient une relation très étroite avec eux. Ce ne sont pas seulement nos promoteurs sur le plan financier, ce sont nos partenaires intellectuels. On fait appel à leur équipe d’experts pour comprendre où les percées se produisent, comment on peut avoir accès à ces percées le plus rapidement possible, et ils nous aident à rédiger et à décrire les protocoles cliniques que, à la fin, on mettra en œuvre pour le compte de nos membres.
DAN BRENNAN : David, est-ce que vous pouvez nous parler du décalage qui existe dans notre système de soins de santé en ce qui concerne le moment des soins et de l’intervention, ainsi que des incitatifs qui existent; il me semble que ce sont tous des sujets que Radence cherche à traiter grâce à ses offres et à sa stratégie. Et est-ce qu’il y a des occasions d’améliorer le système actuel aux États-Unis?
DAVID MEDVEDEV : Le système actuel aux États-Unis est très performant en ce qui concerne les types de soins qui relèvent de la prouesse. On attend que la maladie s’installe vraiment, puis on commence à intervenir à l’aide d’innovations qui tentent de modifier le cours des maladies à un stade avancé. Selon nous, il y a une réelle occasion d’intervenir beaucoup plus en amont, de repérer les maladies à des stades plus précoces où on peut vraiment avoir un effet sur elles. Et c’est là-dessus qu’on place nos efforts, sur le fait de vraiment compresser le calendrier.
Il y a 25 ans cette année, l’Institute of Medicine a publié Crossing the Quality Chasm et a déterminé qu’il fallait 17 ans pour qu’une percée scientifique dans le domaine clinique devienne la norme en matière de soins. On pense qu’il devrait y avoir une norme différente; pas 17 ans. Notre objectif est de 1,7 an ou même moins que ça. On se responsabilise vis-à-vis de l’idée que la science évolue très rapidement.
Si on bâtit cette plateforme d’accompagnement scientifique personnalisé, on doit avoir accès à ces percées le plus rapidement possible, et pour y arriver, on doit donc travailler en dehors du système actuel de soins de santé fondé sur des organismes payeurs. Mais on tire parti de l’infrastructure existante, parce qu’elle est excellente. Il faut juste la réorienter.
DAN BRENNAN : Quels sont les points de friction auxquels vous faites face avec vos clients qui cherchent à rejoindre ce parcours de médecine de précision?
DAVID MEDVEDEV : Je dirais que les deux principaux points de friction sont l’idée qu’il faut du temps pour recueillir ces données. Il ne s’agit pas de quelques heures, une fois par an, passées avec un docteur ou un programme-santé des cadres, et une fois que c’est fait, c’est réglé. C’est vraiment un investissement en temps pour avoir ce niveau d’information à propos de son corps. Entre la collecte de sang, les différents types d’actes qu’on effectue en matière d’imagerie et le temps passé avec nos cliniciens, il faut investir plusieurs heures chaque trimestre dans ce type de travail.
Deuxièmement, je dirais qu’il y a l’anxiété que ça pourrait créer : j’aime bien dire que nos membres doivent être aussi prêts à faire ce travail sur le plan biologique que sur le plan psychologique. Quand vous regardez à l’intérieur de votre corps pour la première fois, vous allez trouver des choses, et ça peut être effrayant. Ce ne sont pas nécessairement de mauvaises choses. Ça signifie simplement que vous êtes qui vous êtes. Notre objectif est d’atténuer cette anxiété le plus rapidement possible, de réagir et de faire remonter les constatations le plus rapidement possible et d’obtenir une véritable certitude. Et ça nécessite de choisir les bons tests au bon moment et de comprendre la sensibilité et la spécificité de ces tests.
DAN BRENNAN : Quelle est la position de Radence, ses priorités ou sa stratégie à l’égard des maladies neurodégénératives et du cancer? Comment est-ce que vous essayez d’aider les patients à vivre plus longtemps et en meilleure santé et à éviter ces deux maladies?
DAVID MEDVEDEV : Oui, bien sûr. On vit dans un monde où il y a beaucoup de battage autour de la longévité. Notre point de vue sur la longévité, c’est qu’il ne s’agit pas de remonter le temps ou de trouver la fontaine de Jouvence. Il s’agit simplement d’aider les gens à éviter de mourir à cause de choses qui sont tout à fait évitables; le cancer en fait partie parce que quand on peut le détecter à un stade précoce, toutes les statistiques montrent qu’on peut beaucoup plus facilement survivre à un cancer de stade 1 ou 2 qu’à un cancer de stade 3 ou 4. Et donc on doit tirer parti d’excellentes nouvelles technologies comme les méthodes de dépistage précoce de plusieurs cancers ou le dépistage d’autres types de cancer visant très spécifiquement des choses comme la prostate, le poumon ou le pancréas, par exemple.
Du côté neurodégénératif, c’est une affaire très semblable. Quand je parle avec les gens, ils pensent que la maladie d’Alzheimer est une condamnation à mort. En réalité, on peut la détecter, on peut établir une ligne de base, on peut la détecter beaucoup plus tôt. Et dès les premiers signes de changement, on peut maintenir le plus de capacité cognitive possible. Pourquoi perdre des points de QI si on sait qu’on vient d’observer un signal? Aujourd’hui, certains médicaments permettent de ralentir la progression de 60 %. Donc allons-y, ralentissons cette progression, parce qu’il y a un traitement curatif qui se profile à l’horizon, et on devrait maintenir le plus possible notre capacité cognitive.
DAN BRENNAN : Pour conclure, si vous le voulez bien, David, si on regarde disons les dix prochaines années, à quoi ressemblera le système de santé à ce moment-là, du point de vue du parcours de médecine de précision?
DAVID MEDVEDEV : Je suis assez optimiste pour ce qui est de l’horizon à dix ans. Le travail préliminaire qu’on est en train d’accomplir, celui que de nombreuses autres entreprises dans le domaine font, des entreprises qui sont profondément fondées sur la science, sur des preuves, et pas sur du battage médiatique et de la poudre de perlimpinpin, mais qui s’appuient sur de véritables données scientifiques, va éclairer la prochaine génération sur la manière de façonner le système de remboursement des soins de santé. Et je crois qu’il y aura des changements réglementaires qui permettront aux gens d’investir davantage de leur argent dans des soins proactifs.
J’ai bon espoir qu’on trouve un autre modèle de régime de soins de santé dans lequel, si vous vous y inscrivez, vous investissez votre temps et vos émotions, pour faire preuve de proactivité à l’égard de vos soins de santé et, en retour, dans lequel vous vous inscrivez à plus long terme, si vous le voulez bien. Ce travail recevra l’approbation des organismes parce qu’ils reconnaîtront que la détection précoce des maladies est en fait un avantage pour eux sur le plan des coûts, car ils maintiendront une relation avec les personnes concernées pendant longtemps.
DAN BRENNAN : Eh bien, voilà une excellente et inspirante façon de finir cette conversation. David, merci beaucoup de votre présence.
DAVID MEDVEDEV : Merci, Dan.
NARRATION : Merci de nous avoir écoutés. Ne manquez pas le prochain épisode du balado Insights de TD Cowen.