Renseignements tirés des appareils : la croissance de Cellebrite
Invités : David Barter, chef des finances, Cellebrite et Andrew Kramer, vice-président, Relations avec les investisseurs, Cellebrite
Animateur : Shaul Eyal, directeur général et analyste de recherche, Communications, Sécurité et Logiciels d’infrastructure, TD Cowen
Dans ce balado, nous discutons de l’évolution de la plateforme de Cellebrite et de sa position sur le marché de l’intelligence numérique à la 54e Conférence annuelle de sur les technologies, les médias et les télécommunications TD Cowen. Nous explorons la stratégie de croissance de la société, l’expansion de son portefeuille de plateformes, l’innovation axée sur l’intelligence artificielle et le rôle croissant des preuves numériques dans les domaines de la sécurité publique et des entreprises.
Ce balado a été enregistré le 27 mai 2026.
Locuteur 1 :
Bienvenue à Insights de Cowen. Ce balado réunit des penseurs de premier plan qui offrent leur éclairage et leurs réflexions sur ce qui façonne notre monde. Soyez des nôtres pour cette conversation avec les esprits les plus influents de nos secteurs mondiaux.
Shaul Eyal :
Merci. Bonjour. Nous avons le plaisir d’accueillir la direction de Cellebrite. Nous accueillons Dave Barter, chef des finances. Nous accueillons aussi Andy Kramer, vice-président, Relations avec les investisseurs. Merci beaucoup de vous être joints à nous ce matin.
David Barter :
Merci beaucoup de nous avoir invités. On est très heureux d’être ici.
Shaul Eyal :
Pour l’auditoire qui connaît un peu moins l’histoire de Cellebrite, pouvez-vous nous décrire ce que vous faites réellement comme travail?
David Barter :
On a le plaisir incroyable de consacrer tout notre temps et toute notre énergie à la sécurité publique. On se soucie des nations. On se soucie des collectivités. On se soucie de toutes ces personnes extraordinaires qui composent chaque collectivité, qu’il s’agisse des écoles ou des entreprises. Notre objectif est simplement de faire en sorte que la vie soit sécuritaire. Notre priorité est donc d’établir des partenariats avec les organismes d’application de la loi à l’échelle locale et nationale pour nous assurer de rendre les collectivités aussi sûres que possible.
Shaul Eyal :
Quels seraient les moteurs de la thèse et du thème de Cellebrite?
David Barter :
On peut revenir en arrière et penser à ce qui se passe depuis des milliers d’années dans les sociétés. Mais si on pense à ce qui est différent, dans les 15 dernières années, c’est la quantité de données numériques qui sont maintenant liées à la criminalité. Quand je pense à notre superpouvoir, c’est cette capacité de prendre une solution matérielle, une solution infonuagique, une solution isolée, et de collaborer avec les organismes d’application de la loi pour accélérer le cycle d’enquête.
Pour mettre les choses un peu plus en contexte, je pense qu’il y a des efforts incroyables pour que les renseignements soient aussi localisés que possible, et on essaie de réduire la durée des cycles d’enquête. Qu’il s’agisse d’une ville ou d’une municipalité, qu’il s’agisse d’une personne qui se trouve aux douanes et aux frontières pour protéger les frontières ou le périmètre d’un pays, ou peut-être même d’un agent qui est loin de chez lui, l’objectif est toujours de recueillir des renseignements et, en fin de compte, de réduire la durée du cycle d’enquête afin de pouvoir prendre des mesures réfléchies et opportunes.
Shaul Eyal :
L’un des principaux sujets dont on a parlé dans le cadre de notre recherche, c’est l’adoption de plateformes de bout en bout. Pouvez-vous nous parler de la plateforme de Cellebrite, qui a pris de l’expansion au cours des dernières années?
David Barter :
C’est probablement le domaine qui nous enthousiasme le plus, car nos clients nous guident à cet égard. Quand on pense à ce qu’on fait très bien… On peut commencer presque au début d’un processus d’enquête; qu’on ait un téléphone cellulaire, une carte SIM, une carte flash, un ordinateur ou un autre type d’appareil…
On excelle à avoir une solution matérielle robuste et une solution logicielle qui, ensemble, permettent d’extraire de l’information. On peut déchiffrer des informations qui ont subi divers niveaux de chiffrement. On peut les décoder, puis les prendre et les transformer en renseignements structurés. C’est donc la première partie de ce qu’on fait très bien pour vous aider à recueillir des données. Il faut ensuite commencer à traiter ces données et à les transformer en preuves.
C’est là qu’on travaille avec un détective, un enquêteur ou un procureur de district, par exemple. Puis, on a divers produits d’analyse et de renseignement. C’est là qu’on peut recueillir des preuves et commencer à aider les gens à accélérer le processus d’enquête. Il y a donc plusieurs étapes à franchir, et on peut vraiment changer les choses à long terme.
Shaul Eyal :
Compte tenu des résultats que vous avez publiés il y a deux semaines, de solides résultats, de la réaffirmation des objectifs et des orientations pour 2026, pouvez-vous nous décrire comment vous envisagez le déroulement de 2026 à l’approche du deuxième trimestre et en vue du deuxième semestre de l’année?
David Barter :
C’est une excellente question. Ce qui nous a enthousiasmés, c’est qu’au premier trimestre, et je pense qu’on l’avait même annoncé l’an dernier, la croissance s’est vraiment accélérée pour des raisons structurelles. Il y a eu beaucoup d’innovation. En ce qui concerne notre feuille de route avec notre équipe des produits, il y a près de 12 lancements importants cette année.
Il y a donc beaucoup d’innovation dans cette plateforme dont on vient de parler. Ça nous enthousiasme, car ça débloque nos clients de façon fondamentale. Le deuxième point qui est grandement ressorti lors de l’appel trimestriel avec les investisseurs, c’est la tendance qu’on observe dans le domaine de la défense et du renseignement. Pour certains pays, ce sont les douanes et les frontières. Pour d’autres, c’est le personnel sur le terrain.
La défense et la façon dont les pays se protègent demeurent un domaine prioritaire sur le plan des budgets et des dépenses globales. On est heureux de collaborer dans ce domaine pour réduire la durée du cycle d’enquête afin de pouvoir transformer tout le bruit en veille automatique de grande qualité. Je dirais que l’innovation en matière de produits et ce qu’on observe chez nos clients commencent vraiment à propulser l’entreprise.
Shaul Eyal :
L’IA générative a été le principal sujet cette année et l’an dernier, et devrait dominer les discussions au cours des prochaines années. Parlez-nous de votre produit d’IA Genesis que vous avez lancé il y a moins de deux mois. Et je [inaudible 00:05:24]…
David Barter :
On ne l’a pas encore lancé. C’est ce qui est formidable.
Shaul Eyal :
Oui. Il n’a pas été lancé à grande échelle, mais il a été présenté et on a commencé à laisser certains clients l’essayer un peu. Parlez-nous des niveaux d’acceptation et de ce que vous avez vu et entendu de la part des clients jusqu’à présent.
David Barter :
Je pense qu’on avait de modestes aspirations quand on l’a présenté. On allait passer par une phase d’adoption préliminaire simplement pour présenter le produit aux partenaires de conception client et commencer à recueillir des commentaires. On pensait que ce serait environ une dizaine de clients. Il y en a maintenant des centaines. Pour nous, c’est la partie intéressante. Beaucoup de gens ont expérimenté des modèles de pointe, mais maintenant on fournit une solution logicielle réellement adaptée au domaine de l’application de la loi.
Et c’est peut-être la partie qui m’a le plus surpris. Comme vous le savez, parce que vous êtes si près de la société, on crée des nuages souverains pour les preuves et pour aider les gouvernements partout dans le monde. Tout à coup, il y a un nuage souverain, qui n’a pas été très important, où les gens voient un outil qui aide vraiment à accélérer le travail. On transforme des semaines en minutes, ou même en une heure. Il y a un cas au pays où quelqu’un a dit : « Wow! C’est un travail de deux semaines qui s’est fait en quelques minutes. »
Ça permet de réduire la durée des cycles d’enquête tout en offrant la fidélité dont un organisme d’application de la loi a besoin à l’égard des données; parce que 95 % d’exactitude, ce n’est tout simplement pas suffisant. Il faut vraiment que ce soit intégré et parfait, puis il faut que ce soit conforme au niveau d’excellence de la chaîne de responsabilité que tout le monde exige.
Shaul Eyal :
C’est exactement ce qu’on affirme à propos de la cybersécurité en général. Suffisant, ce n’est pas assez. Les taux d’efficacité doivent être aussi élevés que possible, près de 100 %.
David Barter :
Sur ce point, ce que l’on observe chez nos clients, et c’est peut-être l’un des points les plus touchants, c’est qu’il y a eu un certain nombre de situations où les gens ont dit : « J’ai résolu un crime. » Mais un cas qui m’a vraiment touché, c’est un jeune qui avait été reconnu coupable d’un crime très grave, et l’IA a été en mesure de l’exonérer. C’était une situation qui aurait changé sa vie.
Pour en revenir à ce que vous disiez sur l’exactitude, 99 % des gens ont dit : « Cette personne était là quand ça s’est produit, et il y avait un lien de causalité. » Tout reposait sur des corrélations. Mais Genesis a permis d’établir que ce n’était pas la bonne personne. Ce n’était pas la personne qu’on recherchait. Pour nous, ce qui était tout aussi important que de trouver la personne coupable, c’était d’exonérer les innocents. Et ça nous permet d’atteindre le degré de précision qu’il nous faut dans nos outils. Être proche, ce n’est pas assez en ce qui a trait à la sécurité publique.
Shaul Eyal :
Absolument. Pour en rester au sujet de l’IA générative, à la fin de février, Anthropic a publié le code Claude. Le marché a fortement réagi, mais les choses se sont bien redressées depuis. Selon vous, les capacités d’analyse améliorées de Claude pourraient-elles être un obstacle ou un facteur favorable à ce que vous offrez?
David Barter :
Je vais parler de façon plus générale. Je pense qu’on considère l’IA comme un élément qui change la donne, et c’est pourquoi notre équipe de recherche tire parti de l’IA. C’est sans doute la raison pour laquelle on a intégré l’IA à nos produits, tant pour nos extractions que pour notre produit d’analyse judiciaire, Guardian. Même aujourd’hui, avec notre produit comme Genesis… On croit fondamentalement que l’IA est un pilier du bien, en ce sens qu’elle accélère notre façon de travailler. On pense qu’elle accélère le cycle de vie des enquêtes. On pense simplement que c’est une bonne chose.
On est une société qui encourage l’utilisation de l’IA pour être prête à tout; on cherche à apprendre à l’utiliser pour transformer nos recherches, transformer nos activités et l’intégrer aux produits qui, selon nous, sont très précieux pour nos clients. En ce qui concerne Mythos, comme vous le savez, ce n’est qu’un très petit sous-groupe de personnes qui l’ont vu. On a même communiqué avec les fabricants d’équipement d’origine. J’ai parlé à quelqu’un de très haut niveau d’une très grande société à mégacapitalisation, une personne qui connaissait très bien le secteur. Ce qui a vraiment attiré mon attention, c’est la réponse que j’ai obtenue.
J’ai cherché à comprendre ce qu’il avait vu dans Mythos, quels défauts ils décelaient relativement au code. Ce qui a attiré mon attention, c’est que ses observations étaient semblables à celles de notre équipe de recherche. Quand on regarde Mythos et ce qu’il trouve, puis qu’on regarde le fonctionnement de la technologie Cellebrite, où il y a des éléments dans le code, qu’on appelle des vulnérabilités, qui se transforment en exploits… ils existent parce que les logiciels et le matériel ont été conçus d’une certaine façon pour assurer le rendement d’une application, une expérience utilisateur, ce qu’on qualifierait de convivialité dans l’ensemble.
Cette personne m’a dit : « Je pense que tu vas suivre le même cadre que tu as toujours suivi. Ce n’est pas là que Mythos est vraiment positionné. » Je pense qu’on regarde Mythos probablement avec enthousiasme. On le regarde en faisant preuve d’humilité, en ce sens qu’il a des capacités qui changent la donne. Mais avec une solution matérielle, notre solution logicielle, je pense qu’on reste enthousiastes à l’égard du monde.
Andy Kramer :
Ce qu’il vaudrait peut-être la peine d’ajouter, c’est qu’on ne considère pas les développements et les innovations comme Mythos comme une menace existentielle pour ce qu’on fait. Il s’agit d’une avancée supplémentaire relative à la façon dont les vulnérabilités pourraient être repérées, et il pourrait y avoir des exploits ou des correctifs apportés au code. Mais dans l’ensemble, qu’il s’agisse du code base d’un téléphone cellulaire ou du nombre d’applications offertes par Apple Store ou Google Play, la croissance de ces codes bases, la croissance dans le nombre d’applications se traduit également par plus de vulnérabilités informatiques, plus de défauts de sécurité.
Et cela dépend en partie de l’utilisation de l’IA pour générer du code. À certains égards, ces nouveaux outils, comme Mythos, contribueront à maintenir un certain équilibre. Je pense que ça crée un certain défi pour notre entreprise. Ça nous donnera également l’occasion d’utiliser des outils comme Mythos dans notre travail pour découvrir les vulnérabilités. Et je pense qu’en fin de compte, les obstacles pour une entreprise comme la nôtre continuent d’augmenter. Les coûts nécessaires pour suivre le rythme des changements des fabricants d’équipement d’origine dans le secteur des téléphones continuent d’augmenter, et la valeur que nous offrons augmente également.
Shaul Eyal :
Bon point sur les obstacles, ce qui m’amène à ma prochaine question. Cellebrite a effectué de petites acquisitions pour élargir ses capacités. Parlez-nous, par exemple, de Corellium. Aussi, en ce qui a trait à votre expansion, par exemple, dans la catégorie à émergence ultrarapide des drones, comment est-ce que ça va se dérouler, selon vous, au cours des prochaines années?
David Barter :
En ce qui concerne les fusions et les acquisitions, j’ai tendance à laisser mes clients me guider, surtout dans le cadre d’une approche axée sur les plateformes qui nous permet d’innover aussi rapidement. Fondamentalement, dans notre approche, on peut développer beaucoup de produits. Je pense que vous avez vu à quelle vitesse notre produit d’enquête est entré sur le marché, ou quelque chose comme Genesis, mais nous estimons que les acquisitions sont également un élément très logique de notre stratégie de plateforme. Je pense qu’on va continuer à laisser nos clients nous guider et nous dire… Encore une fois, vous parlez de l’acquisition liée aux drones.
Je pense que 99 % de leurs clients, voire 100 %, étaient des clients de Cellebrite. C’était l’une des meilleures affaires. C’était si facile de voir comment ça cadrait logiquement avec le portefeuille. Je pense qu’on va continuer d’utiliser ce type de recette pour déterminer comment acquérir des actifs qui croissent très, très rapidement. Mais, dans certains cas, des clients disent : « Eh bien, c’est un actif mature. Ce serait formidable s’il faisait partie de votre plateforme; vous pourriez continuer à utiliser vos talents d’innovation pour l’aider à prendre de l’expansion et à rester à l’avant-garde de l’innovation. » On va donc continuer à utiliser ce cadre.
Shaul Eyal :
Du point de vue de la valeur, il semble, du moins de notre côté, que l’évaluation était très raisonnable. Au cours des dernières années, en particulier dans le domaine de la cybersécurité, on a vu des montants élevés, de gros chèques émis pour de nombreux actifs de premier ordre. Messieurs, avez-vous un mot de la fin?
David Barter :
Merci beaucoup de nous avoir invités. C’est un plaisir d’être ici. Nous vous sommes très reconnaissants de vos recherches. Merci pour toutes les observations que vous avez sur Cellebrite et où nous en sommes, mais aussi sur le Cellebrite que nous construisons et le Cellebrite que nous cherchons à livrer à nos clients et à nos investisseurs au cours des prochains trimestres.
Shaul Eyal :
Merci beaucoup. Continuez votre excellent travail.
Locuteur 1 :
Merci de nous avoir écoutés. Ne manquez pas le prochain épisode du balado Insights de TD Cowen.
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Directeur général et analyste de recherche, Communications, Sécurité et Logiciels d’infrastructure, TD Cowen
Shaul Eyal
Directeur général et analyste de recherche, Communications, Sécurité et Logiciels d’infrastructure, TD Cowen
Shaul Eyal
Directeur général et analyste de recherche, Communications, Sécurité et Logiciels d’infrastructure, TD Cowen
Shaul est directeur général et analyste principal chargé des secteurs des logiciels de communication, de sécurité et d’infrastructure. Il est l’un des principaux experts de Wall Street dans ces domaines. Il a commencé sa carrière de recherche sur les actions chez Oppenheimer & Co. en couvrant les actions israéliennes liées à la technologie. Puis, il a élargi ses activités de recherche pour couvrir les secteurs des logiciels de sécurité et de communication.
Il est titulaire d’une maîtrise en administration des affaires de l’Université Fordham et d’un baccalauréat en droit avec distinction de l’Université Oxford Brookes. Il a servi pendant cinq ans dans les forces spéciales des forces de défense israéliennes, où il a été lieutenant.