Locuteur 1 :
Bienvenue à Insights de TD Cowen. Ce balado réunit des penseurs de premier plan qui offrent leur point de vue sur ce qui façonne le monde qui nous entoure. Soyez des nôtres pour cette conversation avec les esprits les plus influents de nos secteurs mondiaux.
David Deckelbaum :
Bienvenue à notre deuxième série de balados de la Conférence annuelle sur l’énergie de TD Cowan. Je m’appelle David Deckelbaum. Je suis en compagnie d’Omar Hayat, chef de l’exploitation de la California Resource Corporation (CRC). Merci, Omar, de vous joindre à nous pour parler de CRC. C’est une période très intéressante pour la société en ce moment. Il y a eu beaucoup de changements réglementaires; on parle maintenant du retour du pétrole californien. Pouvez-vous nous expliquer ce que cela signifie pour l’entreprise et en quoi le changement dans le contexte réglementaire a créé beaucoup d’occasions pour CRC?
Omar Hayat :
Merci, David. Je suis heureux d’avoir l’occasion de me joindre à vous aujourd’hui. C’est une période très intéressante pour CRC. Il s’agit d’un changement énorme dans le contexte réglementaire en Californie par rapport à ce que nous avions dans le passé. Jusqu’à récemment, il n’y avait pas de processus d’octroi de permis pour l’ouverture de nouveaux puits. Le projet de loi du Sénat 237 vient justement mettre en place un processus d’autorisation. Le texte prévoit essentiellement que l’État va délivrer 2 000 permis par année pour les dix prochaines années dans le comté de Kern. Et nous opérons essentiellement dans le comté de Kern, où nous menons 80 % à 90 % de nos activités.
Il s’agit donc d’un changement majeur pour CRC, en matière de mise en valeur de ses actifs et de développement des ressources selon les modalités qu’elle privilégie. Nous sommes donc très reconnaissants pour le changement ainsi que du soutien que nous témoigne Sacramento afin de régler un problème énergétique potentiel auquel la Californie pourrait être confrontée si la production intérieure continue de diminuer. L’État intervient de manière proactive et prend des mesures pour remédier à la situation, et nous travaillons en partenariat avec lui pour résoudre cette question.
David Deckelbaum :
Dans la foulée de ce commentaire sur le fait de simplement répondre aux exigences de production en Californie et sur les baisses que nous avons constatées dans cet État, votre propre portefeuille a également connu des baisses en raison des restrictions en matière d’octroi de permis. Les perspectives pour 2026 sont très différentes. Peut-être pourriez-vous nous parler de l’évolution de ce que vous observez seulement pour la baisse de base, ainsi que la baisse cible pour l’an prochain, qui devrait, je crois, s’établir à 2 % d’une fin d’exercice à l’autre, ce qui est extrêmement significatif par rapport à ce que nous avons vu par le passé.
Omar Hayat :
C’est exact. Si vous regardez l’esprit du projet de loi du Sénat 237, ce que l’État essaie vraiment de faire, c’est de soutenir la production intérieure afin de préserver, à tout le moins, sa part actuelle du marché global. Aujourd’hui, la production intérieure représente environ 23 % du marché total. La Californie consomme environ 1,4 million de barils et la production intérieure est d’un peu moins de 300 000 barils. Et CRC, à titre de plus grand producteur, représente une part significative de cette production.
Notre plan est d’accroître l’activité. Nous exploitions deux appareils de forage avant l’adoption de cette mesure législative. Deux autres appareils seront mis en service à compter de 2026, pour un total de quatre en exploitation sur l’année. Cela devrait permettre de freiner notre baisse, qui passerait de 6 % en 2025 à 2 % en 2026. Nous continuerons d’évaluer les occasions d’ajuster et d’optimiser ce nombre en fonction des prix des produits de base, et nous nous y adapterons en conséquence.
David Deckelbaum :
Pouvez-vous parler brièvement de l’environnement des fusions et acquisitions? Vous avez annoncé l’acquisition de Berry Corporation. Avant cela, vous avez procédé à l’acquisition d’Aera sur le marché privé. Comment envisagez-vous de créer de la valeur avec ces acquisitions complémentaires, en particulier avec le changement de contexte réglementaire?
Omar Hayat :
Oui. L’an dernier, nous avons annoncé l’acquisition d’Aera et avons intégré ses activités avec succès. C’était une grosse opération pour nous. Cette acquisition a pratiquement doublé notre taille et nous a permis de générer 235 millions de dollars en synergies, ce qui, comparativement à la taille de l’opération, a tendance à être très élevé pour des transactions comparables dans le secteur. L’acquisition de Berry est une répétition de ce que nous avons fait avec Aera avec beaucoup de succès. Il s’agit d’actifs très complémentaires. Nous visons entre 80 à 90 millions de dollars en synergies liées à Berry, et il est logique que CRC exploite ces actifs.
Grâce à notre taille, à nos processus et à la façon dont nous avons intégré Aera, la prochaine étape consiste à intégrer Berry et nous créerons une valeur importante pour les actionnaires grâce à ces deux acquisitions. Nous continuons à examiner d’autres occasions. Je pense que les chiffres que nous avons vus sont très encourageants. Je suis convaincu que nous allons faire encore mieux.
David Deckelbaum :
CRC possède de nombreuses caractéristiques uniques, non seulement en tant que société pétrolière et gazière en Californie, mais aussi grâce à Carbon TerraVault, une initiative complémentaire de captage et stockage du carbone. Pouvez-vous nous parler du premier projet, qui concerne l’installation de gaz cryogénique d’Elk Hills, de ce que cela signifiera pour la société et de la perspective plus générale de Carbon TerraVault au cours des prochaines années?
Omar Hayat :
Oui. L’une des particularités de CRC est qu’il ne s’agit pas d’une société d’exploration et de production comme les autres. Si nous bénéficions d’un tel alignement et d’une place à la table des décideurs à Sacramento pour contribuer à l’élaboration des politiques en matière de pétrole, de gaz et d’énergie en général, c’est parce que nous croyons non seulement à la production de pétrole et de gaz aujourd’hui, mais aussi à la recherche d’une énergie plus propre pour l’avenir. C’est pourquoi nous avons lancé l’activité Carbon TerraVault, qui vise essentiellement à capter le carbone des secteurs industriels difficiles à décarboner, puis à le stocker dans des réservoirs de pétrole et de gaz épuisés.
Nous travaillons beaucoup à ce projet. Nous avons essentiellement contribué à structurer ce marché en Californie, étant la première entreprise à obtenir un permis de classe VI délivré par l’Environmental Protection Agency (EPA). Nous avons des demandes de permis en cours auprès de l’EPA couvrant une capacité totale de 300 millions de tonnes. Nous sommes, de fait, la principale entreprise positionnée en Californie pour ce type d’activité. Ce qui est emballant, c’est tout le changement que nous observons autour de la demande d’électricité liée à l’IA. Nous allons tirer parti du travail que nous avons déjà réalisé en matière d’électricité plus propre pour les centrales au gaz de la région, puis assurer la séquestration du carbone au moyen de nos activités liées au carbone.
Là où nous exerçons nos activités, notre premier permis de Carbon TerraVault à Elk Hills est situé dans un secteur où l’on a environ 2,4 gigawatts de capacité électrique dans un rayon de 20 milles. Et nous signons des protocoles d’entente avec les sociétés qui exploitent ces centrales. C’est une période très intéressante. Nous en sommes aux premières étapes de la définition de la structure commerciale, mais nous disposons déjà de l’envergure nécessaire et de l’ensemble des éléments clés. Au cours des prochains mois et des prochaines années, nous allons nous pencher sur la question et explorer les possibilités de monétisation, ce qui profitera non seulement à nos actionnaires, mais aussi à l’État.
David Deckelbaum :
Il me semble, sauf erreur de ma part, que la société a évolué au cours des dernières années, d’un profil davantage axé sur la valeur, principalement centré sur le retour de capital aux actionnaires, l’optimisation et le rachat d’actions, vers un positionnement qui pourrait s’apparenter progressivement à celui d’une entreprise de croissance. Avez-vous le sentiment que l’entreprise se trouve aujourd’hui à l’aube de ce point d’inflexion?
Omar Hayat :
Je pense que ce n’est pas éloigné de la réalité. J’ajouterais que notre priorité demeurera toujours le rendement pour les actionnaires. Ils investissent en nous et nous font confiance pour leurs placements; leur rendement et leur intérêt seront en tout temps notre priorité absolue. Nous optimiserons autour de ça, voyez-vous? Mais vous avez raison. Ce qui a changé, toutefois, c’est que nous avons maintenant davantage de possibilités de générer plus de valeur pour nos actionnaires.
Nous avons mis l’accent sur le versement de dividendes et de rachats d’actions parce que c’était très logique dans un contexte marqué par l’absence de permis et d’autres catalyseurs. Nous croyons qu’une partie de cette approche se poursuivra. Nous maintenons notre engagement à cet égard, mais une partie de ces flux de liquidités peut maintenant être investie dans l’avenir afin de générer plus de valeur pour nos actionnaires par l’intermédiaire de Carbon TerraVault, en investissant de nouveau dans les activités d’exploration et de production. Dans tous les cas, l’objectif restera toujours l’optimisation du rendement pour les actionnaires.
David Deckelbaum :
Omar, ce fut un réel plaisir de vous recevoir aujourd’hui dans ce balado. Nous étions à Elk Hills avec vous pour voir la première initiative de captage et stockage du carbone, soit le projet CTV1. J’ai vu plusieurs représentants des collectivités locales du comté de Kern se déplacer, et on pouvait sentir l’énergie palpable qui était là. Il y avait beaucoup d’enthousiasme. Pouvez-vous nous parler du climat actuel dans le comté de Kern depuis l’adoption du projet de loi du Sénat 237, et du niveau de motivation que l’on ressent quant à la relance de l’industrie?
Omar Hayat :
Il y a beaucoup d’optimisme dans le comté. CRC a été invitée à une conférence de presse. Le comté avait organisé une conférence de presse. Nous étions la seule société pétrolière et gazière à avoir été invitée à prendre la parole aux côtés du comté pour discuter du projet de loi du Sénat 237 et de ses retombées potentielles pour la région. Nous avons donc beaucoup de soutien. Nous avons beaucoup de partenaires solides qui nous ont appuyés à Sacramento et qui continuent de nous soutenir, et nous demeurons également un citoyen corporatif responsable au sein du comté. Nous sommes l’un des plus importants employeurs et l’un des plus importants contribuables de la région. De ce fait, nous occupons une place toute particulière au sein de cet écosystème, et nous sommes très reconnaissants du soutien que nous recevons de nos partenaires.
David Deckelbaum :
Tous nos vœux de succès à vous et à CRC. Merci d’avoir été des nôtres. Merci beaucoup.
Omar Hayat :
Merci de votre temps. Ce fut un plaisir.
Locuteur 1 :
Merci d’avoir été des nôtres. Ne manquez pas le prochain épisode du balado Insights de TD Cowen.