Le nouveau budget est arrivé! Le nouveau budget est arrivé!
Animation : Roman Schweizer, directeur général, Groupe de recherche sur Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Dans cet épisode, Roman Schweizer, analyste, Géopolitique et Défense, Groupe de recherche sur Washington de TD Cowen, est accompagné du major général à la retraite, Arnold Punaro, pour discuter du nouveau budget fédéral de l’exercice 2027 et de la demande de 1 500 milliards de dollars du département de la Guerre. Ils discutent des perspectives d’adoption, de fonds supplémentaires destinés à l’opération « Epic Fury », ainsi que des principales surprises et composantes du budget.
| Chapitres: | |
|---|---|
| 1:30 | Premières impressions sur le budget et perspectives d’adoption |
| 13:08 | Surprises budgétaires |
| 20:05 | Scénarios de probabilité d’une résolution provisoire et calendrier |
Ce balado a été enregistré le 6 avril 2026.
Major général Arnold Punaro :
L’administration demande essentiellement, pour l’année civile 2026, 1 700 milliards de dollars pour le département de la Guerre. Assurément, le calendrier n’est pas réaliste. Il n’est pas possible de mettre tout ça en œuvre en 70 jours de législature.
Roman Schweizer :
À l’affût de l’information qui circule du département de la Défense au Congrès et de la Maison-Blanche à Wall Street, le balado « Ce qu’il faut savoir sur la sécurité nationale » présente sans filtre des discussions et des prévisions éclairées sur les principaux enjeux de l’heure en matière de sécurité nationale et de défense. Bienvenue au balado « Ce qu’il faut savoir sur la sécurité nationale ». Je suis en compagnie du major-général à la retraite Arnold Punaro, du Punaro Group. On va parler de la demande budgétaire de 1 500 milliards de dollars pour le département de la Guerre qui vient d’être publiée pour l’exercice 2027. C’est une demande historique et il y a une multitude d’obstacles à surmonter pour obtenir le financement. On va approfondir cette question et plus encore. Allons-y.
Arnold, c’est un plaisir de vous revoir. Merci beaucoup d’être là. C’est officiellement la saison budgétaire. On a eu le coup d’envoi. Le budget vient d’être publié. L’Office of Management and Budget, ou l’OMB, a présenté un budget préliminaire, mais c’est plutôt un budget global. De nombreux tableaux ont également été publiés. Étonnamment, le département de la Guerre a également publié les demandes de type « Dash-1 », ce à quoi je ne m’attendais pas. Tout le monde ici l’examine intensément depuis quelques jours. C’est bien une trajectoire budgétaire de 1 500 milliards de dollars à laquelle beaucoup s’attendaient, dont vous, alors bravo. Quelle est votre première impression générale sur l’état actuel des choses et peut-être même votre perspective sur le budget ou votre premier point de vue à ce sujet?
Major général Arnold Punaro :
Roman, c’est toujours un privilège de me joindre à vous. Je dirais que ce sur quoi on doit se concentrer en ce moment, ce sont les simples calculs arithmétiques. Et les voici : Il ne reste que 70 jours de législature une fois que le Congrès reprend ses travaux après une suspension de deux semaines, la semaine qui suit celle qui vient, après la semaine de Pâques. Le budget est en retard de deux mois. C’est arrivé sous de nombreuses administrations maintenant. Les membres du Congrès ne commencent pas les travaux le 1er février comme ils sont censés le faire. Alors pendant deux mois, et plus, on ne sait pas ce que contient le budget, ce qui va être demandé. Et maintenant, il ne leur reste que 70 jours de législature pour mettre en œuvre quoi que ce soit avant le 1er octobre. On sait qu’on va commencer l’exercice financier en fonctionnant grâce à une résolution provisoire. C’est aussi une année électorale avec les élections de mi-mandat. Ils vont certainement rentrer chez eux le 1er octobre. Rien ne va les retenir dans la capitale.
Dans le cas de la Chambre des représentants, les élections de mi-mandat présentent toujours un risque. Certains experts politiques, dont je ne fais pas partie, laissent maintenant entendre que le Sénat pourrait être en jeu. Le niveau de stress sur le plan des élections est donc réel. Ils seront loin d’ici, c’est certain, et il y a seulement 70 jours de législature. Ils seront à l’extérieur pendant la majeure partie du mois d’août. Au cours de ces 70 jours de législature, ils devront essentiellement se pencher sur ce qui suit, et ce sont de simples calculs arithmétiques : tout d’abord, un montant de 1 100 milliards de dollars, qui est demandé pour le budget de base, un montant de 350 milliards, qu’ils souhaitent voir adopter dans le cadre du processus de réconciliation. Je dois mentionner que le budget de base doit suivre le processus normal d’affectation de crédits. Ça veut dire que l’obtention de 60 votes au Sénat des États-Unis est requise pour tout projet de loi de crédits. Le projet de loi de réconciliation, une demande d’un montant de 350 milliards, peut être adopté via des procédures de vote selon la ligne du parti, mais c’est un processus complexe pour en arriver au vote final.
Il y a aussi une demande de crédits supplémentaires en marge. Le département de la Défense a envoyé une demande de crédits supplémentaires à l’OMB. Cette demande est là-bas depuis un certain temps maintenant. Même si les médias parlent de 200 milliards de dollars, selon mes sources, la demande était initialement d’environ 220 milliards de dollars et s’élève maintenant à environ 240 milliards de dollars. La guerre a duré plus longtemps que ce qui était prévu au moment où la demande a été envoyée. Si l’on additionne tout ça, dans le cas de notre département de la Défense, l’administration demande essentiellement, pour l’année civile 2026, 1 700 milliards de dollars pour le département de la Guerre. Voilà les simples calculs arithmétiques. Vous pouvez demander à n’importe qui : « Est-ce que le calendrier est réaliste? ». Assurément, le calendrier n’est pas réaliste. Il n’est pas possible de mettre tout ça en œuvre en 70 jours de législature. Ensuite, il y a le problème du canard boiteux. La plupart des canards boiteux des dernières années ont vraiment été lamentables. Ils ne voulaient rien mettre en œuvre.
Si la Chambre des représentants bascule, les démocrates ne vont conclure aucune entente d’affectation de crédits avec l’administration sous un canard boiteux, car ils vont attendre. M. Trump l’a fait à deux reprises lorsqu’il a été porté au pouvoir et lorsque les républicains l’ont emporté, ils ont attendu jusqu’à l’année civile suivante, une fois au pouvoir. Je pense donc qu’il y a encore plus de chance d’assister au maintien de la résolution provisoire, même si elle se termine juste après les élections, elle va être maintenue jusqu’à la nouvelle année. Il y a un autre élément qui, selon moi, est à prendre en compte dans les calculs arithmétiques. Habituellement, dans le cadre d’une résolution provisoire, le niveau de dépenses est fixé à ce qu’on appelle les services actuels. Ça veut dire que le niveau est établi à partir du projet de loi de crédits de l’année précédente. Eh bien, devinez quoi? Comme les crédits de 156 milliards de dollars ont été versés au département de la Guerre dans le cadre du processus de réconciliation l’an dernier, cette somme ne figurait pas dans le projet de loi de crédits de défense.
Le projet de loi de crédits de défense, qui a été adopté et promulgué, était d’environ 858 milliards. Donc, si vous fixez la résolution provisoire à 858 milliards, ce qui serait la façon normale de faire, on perd une grande partie du pouvoir d’achat par rapport aux niveaux actuels des dépenses d’environ 1 000 milliards de dollars. Des gens comme moi soutiennent que, si on commence à fonctionner grâce à une résolution provisoire, et on sait que ça va être le cas, on devrait la fixer au niveau actuel des dépenses, qui est d’environ 1 000 milliards de dollars. Il y a une autre raison à ces calculs arithmétiques, Roman. Supposons que la Chambre bascule. Supposons que le processus d’affectation de crédits est reporté jusqu’en 2027. Supposons que l’administration Trump n’est pas disposée à augmenter les dépenses discrétionnaires intérieures, qui ont été réduites dans le budget 2027. L’administration prétend que la réduction est de 10 % ou de quelque 70 milliards de dollars.
Mais si vous regardez les différents organismes, on parle dans certains cas de réductions de 35 %, de 40 % ou de 50 %. Ces réductions n’ont même pas été adoptées par le Comité des crédits de la Chambre des représentants contrôlée par les républicains l’an dernier. Donc, si la Maison-Blanche n’est pas disposée à faire de compromis en matière de dépenses, on pourrait se retrouver à fonctionner, pas seulement grâce à une résolution provisoire de quatre ou cinq mois, mais possiblement grâce à une résolution provisoire de plusieurs années. Pour protéger notre département de la Défense, le Pentagone, contre ça, on aimerait voir les dépenses à un niveau d’au moins 1 000 milliards de dollars. Tout ça, ce sont de simples calculs arithmétiques avant même d’en arriver au contenu réel de la demande de budget. Sur ce, je vais m’arrêter, après un long détour pour répondre ici à votre question, et voir quelles pourraient être vos questions précises.
Roman Schweizer :
C’est une énigme, et ce sont les questions qu’on m’a posées au cours des derniers jours. Encore une fois, les gens adorent passer directement à la phase finale, mais il y a une demande de budget de base. Encore une fois, elle est établie à 1 100 milliards, selon la politique actuelle, et non à 850 milliards, pour arriver comme par magie jusqu’à ce nouveau chiffre. On a un montant de 350 milliards dans un projet de loi de réconciliation. On a quelque chose comme une demande de crédits supplémentaires pour le département de la Guerre de 200 milliards de dollars, ou qui sait de combien? Pour ce qui est du calendrier, comment est-ce que tout ça se passe? Je vais vous expliquer mon raisonnement et vous me direz ensuite ce que vous en pensez. Le processus d’affectation de crédits va se dérouler comme d’habitude, mais dans le cas du processus de rapprochement, ça va être très rapide.
Dès que le Congrès reprend ses travaux, probablement d’ici la fin d’avril, on a besoin de voir quels sont les plans des comités du budget de la Chambre des représentants et du Sénat en matière de projet de loi de réconciliation. Est-ce qu’il va s’agir d’un ou de deux projets de loi, un soumis rapidement au vote d’ici le 1er juin, puis un autre après, et comment ça va se passer? Quelles sont vos réflexions sur le calendrier de l’année et le moment où on pourrait voir ces signes?
Major général Arnold Punaro :
Eh bien, Roman, avant l’impasse sur la question du financement du département de la Sécurité intérieure, si vous aviez parlé aux figures de proue de longue date du Congrès des deux côtés de l’échiquier, mais surtout, du côté républicain, ceux qui vont devoir présenter un projet de loi de réconciliation, tout le monde était d’avis que ça allait être deux projets de loi cette année. Il n’allait pas y avoir de processus de réconciliation. Même le président avait dit : « On n’a pas besoin de processus de réconciliation. » Maintenant, quand il s’avère que la seule façon d’obtenir du financement pour le département de la Sécurité intérieure est par le processus de réconciliation, ça exerce des pressions pour rouvrir la possibilité d’un projet de loi de réconciliation, puis de tenter d’ajouter les 350 milliards de dollars pour le Pentagone en suivant ce processus. Mais regardez combien de temps ça a pris pour présenter un projet de loi de réconciliation la dernière fois. Les comités du budget doivent amorcer le processus d’étude article par article d’un projet de loi de réconciliation. Le projet de loi de réconciliation contient des lignes directrices à l’intention des comités d’autorisation. Les comités d’autorisation doivent ensuite amorcer leur propre processus d’étude article par article du projet de loi et en faire rapport.
Ce document doit être combiné à un projet de loi plus volumineux qui doit être adopté par les deux corps législatifs, et qui, en fin de compte, doit être identique. Il pourrait donc être nécessaire de réunir une commission mixte, selon la façon dont le projet de loi est présenté. C’est un défi de mettre tout ça en œuvre d’ici le 1er juin et, si on se fie à l’histoire, il n’a jamais été possible d’avancer aussi rapidement par le passé. Encore une fois, rien n’est impossible avec le processus législatif, mais je doute de la possibilité d’avancer si rapidement. Si c’était seulement la question du financement du département de la Sécurité intérieure, ça serait différent. Je crois, en réalité, que l’obtention et le financement de la très petite somme d’argent dont le département de la Sécurité intérieure a encore besoin, c’est quelque chose qui peut aller assez vite, car c’est un processus assez simple.
On parle de la participation d’un comité. Mais il y a autre chose. Qu’est-ce que les républicains vont vouloir faire concernant l’attribution d’un trop grand nombre d’objectifs au projet de loi de réconciliation? Il va y avoir ceux qui vont vouloir parler de réductions d’impôt. Il va y avoir les membres du Freedom Caucus qui vont dire : « Attendez, qui va payer pour les 350 milliards de dollars attribué au Pentagone. Est-ce que ce n’est pas nécessaire de compenser? » Et, bien sûr, il y a la règle de Byrd. Certains disent d’ajouter la loi SAVE. La marge de manœuvre pour adopter un projet de loi en suivant la ligne de parti, à la Chambre des représentants et au Sénat, est extrêmement étroite. Encore une fois, on n’en est qu’au début du processus. De toute évidence, en raison de l’obligation de financer le département de la Sécurité intérieure, la possibilité, même infime, de présenter un projet de loi de réconciliation existe maintenant. Mais, encore une fois, je m’interroge sur la possibilité d’y arriver très rapidement, car ça n’a certainement pas été le cas des projets de loi de réconciliation passés.
Roman Schweizer :
Je dirais que c’est une énigme. Je pense qu’on va probablement savoir quelle est la probabilité plus tôt, en avril ou en mai. Comme vous l’avez dit, les membres du Congrès vont certainement vouloir quitter la capitale, en raison de la suspension des travaux en août, puis, en théorie, revenir rapidement pour mettre en place une résolution provisoire.
Major général Arnold Punaro :
Je pense qu’il faut aussi comprendre que les membres des deux partis, mais aussi la direction, vont examiner tout projet de loi pour voir s’il est avantageux ou désavantageux pour eux dans le cadre des élections de mi-mandat. Ceux d’entre nous qui sont en faveur d’une solide défense militaire et qui pensent qu’il y a eu un sous-financement au cours des dernières années sont heureux de voir ces augmentations, en particulier celles destinées à la reconstitution de nos stocks de munitions et essentiellement à la modernisation tant attendue, sont très enthousiastes. Mais il y a certainement des membres des deux partis qui ne voient pas ça comme un avantage dans le contexte des élections de mi-mandat.
Tout va dépendre, peu importe ce que veut la direction, des membres de la base qui doivent voter. Il y a des républicains à la Chambre des représentants qui sont candidats dans des districts à tendance démocrate. Il n’y en a pas beaucoup, mais leur point de vue sur ce pour quoi ils veulent voter en faveur ou contre sera très différent de celui d’un républicain qui se présente dans un district où les électeurs ont massivement voté pour M. Trump. Bien sûr, il y a la question du redécoupage qui va avoir lieu dans quelques autres États, y compris en Virginie, qui peut avoir un effet réel sur la façon dont les gens votent. Que le vote passe ou non, peu importe si l’on pense qu’il devrait se faire sur le bien-fondé, va essentiellement dépendre du point de vue des dirigeants, à savoir si le vote va les aider ou leur nuire dans le contexte des élections de mi-mandat.
Roman Schweizer :
Oui, je pense que c’est exact. Encore une fois, comme vous l’avez mentionné. Un vote en faveur d’un projet de loi de réconciliation est un vote complexe pour les républicains. On va voir ce sur quoi les comités du budget peuvent trancher ou ce qui est au centre du diagramme de Venn, le juste équilibre... En fait, à la Chambre des représentants, c’est pratiquement un vote à l’unanimité qui est requis. Au Sénat, comme vous le savez bien, il y a une petite marge de manœuvre, mais ce n’est pas grand-chose. En ce qui concerne le budget et les priorités : on a vu les demandes de type « Dash-1 », de type « P-1 » et de type « R-1 » et je suppose qu’on s’attend toujours à la publication d’une demande plus complète du département de la Guerre le 21 avril. On va peut-être voir un plan de financement. Encore une fois, en tant que [inaudible 00:13:27] passionné de la matière, je suis déprimé sans plan de financement. J’aimerais voir un plan de financement et voir à quoi ça ressemble. Est-ce que vous vous attendez à des surprises concernant ce qui va être inclus ou exclu, ce sur quoi le département semble se concentrer?
Major général Arnold Punaro :
Je dirais que, dans l’exercice de ses fonctions, le contrôleur J. Hurst espérait être en mesure de fournir plus de renseignements lorsque le budget préliminaire allait être publié. Je l’en félicite, car ça a été le cas. On a les demandes de type « Dash-1 », qui permettent d’y voir un plus clair. Plus, les renseignements initiaux présentent certaines des priorités, des renseignements qu’on n’avait pas vus avant la fin du printemps ou le début de l’été l’an dernier. Je dirais aussi de regarder les graphiques. Dans les documents de l’OMB qui ont été publiés un peu plus tard dans la journée, certains chiffres [inaudible 00:14:14] ont effectivement été fournis, aucune précision, mais des chiffres globaux. Donc, si vous regardez les dépenses obligatoires et discrétionnaires pour 2027, comme vous l’avez dit, ça fait 1 500 milliards de dollars. Pour 2028, ça tombe à 1 200 milliards de dollars. Pour 2029, ça donne 1 300 milliards de dollars. Ça indique des augmentations dans des proportions limitées qui, à mon avis, sont vraiment plus le signe d’un plan de financement plutôt stable.
Évidemment, c’est relatif quand on commence à ces niveaux de hausse importants. Dans les graphiques budgétaires qui ont été publiés figurent les chiffres de 339 milliards de dollars. Vous pouvez consulter ces tableaux et voir. On n’en connaît pas le contenu. On sait aussi que les dernières années de la période de planification apparaissent vraiment comme de la poudre aux yeux. On se concentre uniquement sur les prochaines années. Je dirais aussi qu’obtenir l’approbation pour une demande de crédits supplémentaires, qu’il s’agisse de 200 milliards, de 240 milliards de dollars ou de moins de 200 milliards de dollars, va être un défi de taille quand on essaie d’obtenir 1 500 milliards de dollars. J’ai entendu des républicains dire qu’ils étaient sceptiques par rapport à ce montant. C’est à peu près ce qui se faisait dans le cadre de ce qu’on appelait les fonds d’opération de contingence à l’étranger pour l’Irak et l’Afghanistan. 40 % de ces fonds d’opération de contingence à l’étranger étaient des dépenses de base.
Je dirais donc que c’est assez cohérent. De toute évidence, beaucoup d’argent est affecté au département de la Marine. C’est le département militaire qui semble recevoir un très bon coup de pouce à la fois dans le budget de base et le projet de loi de réconciliation pour la construction de navires. L’armée de l’air connaît une hausse appréciable parce qu’il y a le F-47, la modernisation du nucléaire, qui bénéficie généralement d’un solide appui des deux partis, le Columbia, le Sentinel, le bombardier B-21, le commandement et le contrôle. Beaucoup d’argent est affecté aux systèmes sans équipage. De l’argent a été mis de côté pour le Golden Dome, bien que la plupart des fonds pour le Golden Dome me semblent figurer dans la partie projet de loi de réconciliation de la demande. Fait intéressant, vous avez aussi d’importantes sommes d’argent affectées à l’Office of Strategic Capital et à la Defense Production Act. C’est pour moi une indication que l’administration est encore très impatiente de faire ces investissements en capitaux, comme ça avait été le cas dans L3 pour les moteurs de fusée. Ces investissements laissent certains membres du Congrès sceptiques.
Honnêtement, avec la visite de mes 12 petits-enfants en fin de semaine et à Pâques, je n’ai pas vraiment eu le temps d’examiner en détail les demandes de type « Dash-1 ». Je suis content qu’ils aient été publiés et qu’ils donnent accès à des renseignements généraux, mais vous n’obtenez pas les détails des programmes qui sont d’un intérêt pour vous et moi. L’autre bonne nouvelle, mais je n’ai pas fait le calcul, c’est que les colonnes qui ont été présentées, il y a le [inaudible 00:17:00], montrent les dépenses de 2025, de 2026, la demande de budget pour les dépenses de 2027, la demande de dépenses pour les dépenses obligatoires de 2027. Elles montrent, ce qui a été fait trop tard l’an dernier, où les 113 milliards des 156 milliards allaient être inclus dans le budget. Je n’ai pas fait le calcul pour voir si tout ça totalisait 350 milliards.
Roman Schweizer :
En tant qu’ancien responsable de la répartition du travail du secteur de la santé, je dois vous poser la question, je l’ai marquée en partie dans mes notes, mais je dois y revenir et peut-être faire une mise à jour. Donc, pour l’approvisionnement, dans le cadre des demandes de type « P-1 », il y a un 30,7 milliards de dollars affectés à l’équipement majeur de l’Office of the Secretary of Defense, 30,4 milliards de dollars affectés aux achats en vertu de la Defense Production Actm et 20 milliards de dollars affectés à l’Office of Strategic Capital, un programme de prêts. Ensuite, quand vous allez effectivement aux demandes de type « R-1 », il y a 55 milliards de dollars, affectés au Defense Autonomous Warfare Group, et 41,8 milliards de dollars, affectés au soutien de l’Industrial Base Analysis and Sustainment. Je ne sais pas ce qu’il y a dans ces postes comptables, mais ça semble être quelque chose que les membres de la commission des crédits vont détester. C’est 81 milliards de dollars au poste comptable de l’approvisionnement et c’est 96 milliards de dollars au poste comptable de la recherche et développement. Ce sont de grosses sommes d’argent que les membres de la commission des crédits détestent distribuer juste comme ça.
Major général Arnold Punaro :
En effet. Je pense qu’on va regarder ça de très près. L’autre chose qui m’a sauté aux yeux concernant les tendances macroéconomiques, c’est l’énorme somme d’argent affectée à la défense dans l’ensemble. Quand je regarde ça, ça me dit « caisse noire », mais je ne vais pas utiliser ce terme. D’habitude, les dépenses pour le secteur de la défense dans l’ensemble ne comportent pas le poste comptable PPA, pour Program Project and Activity ou activité et projet du programme, que vous voyez dans le budget militaire. Je crois que vous avez raison. On parle du mouvement d’énormes sommes d’argent. Mais qu’on ne se méprenne pas, je pense que Emil Michael, Mike Duffey, Tony Teta sont des sous-secrétaires très solides qui maîtrisent leur domaine.
Mais on parle du mouvement d’énormes sommes d’argent consacrées au budget de la défense dans l’ensemble. À l’heure actuelle, je pense que le budget de la défense dans l’ensemble, en pourcentage, est le même que pour celui des départements militaires, si l’on ajoute les transferts de l’armée de l’air. Ça avait déjà beaucoup trop augmenté. Auparavant, ça représentait environ de 2 % à 5 % du budget. L’administration l’admet, c’est maintenant 17 % du budget, mais selon moi, c’est plus près de 30 % du budget. Je pense que vous avez raison, on va regarder ça de très près. Des preuves vont être réclamées si la réponse à la question sur l’affectation de la somme est : « On ne peut pas vous dire. On ne le sait pas avec certitude. On pense simplement qu’on va en avoir besoin. »
Roman Schweizer :
Oui. C’est ça que je soupçonne, mais encore une fois, je n’en suis pas certain. Une partie de cette somme pourrait être affectée dans le réapprovisionnement des ressources en lien avec l’opération Fureur épique ou d’autres opérations du genre, s’il y a une certaine marge de manœuvre, car c’est un beau chiffre rond qui pourrait être utilisé à d’autres fins. Plus concrètement, on a parlé du processus et de la mise en place d’une résolution provisoire au moment des élections de mi-mandat qui va probablement être maintenue jusqu’à l’année prochaine [inaudible 00:20:19]. Supposons simplement comme scénario standard, car tout le monde prévoit que les républicains vont perdre la Chambre des représentants et conserver le Sénat, qu’on se retrouve avec un Congrès divisé, on va alors savoir à quoi ressemblent vraiment les crédits discrétionnaires seulement l’année prochaine. Est-ce que c’est, selon vous, le scénario pour l’instant?
Major général Arnold Punaro :
Je dirais que c’est ce qui est couramment admis, mais cette idée peut être très fausse. En revanche, on sait qu’on va commencer l’année en fonctionnant grâce à une résolution provisoire. Il n’y a aucun moyen de pouvoir adopter les 12 projets de loi de crédits d’ici le 1er octobre. On va donc commencer l’année en fonctionnant grâce à une résolution provisoire. Elle va probablement être mise en place un peu avant l’Action de grâces ou juste après. Ensuite, selon qui remporte les élections, si la Chambre des représentants bascule, ça va être prolongé jusqu’à l’année prochaine et recommencer en février ou en mars. Si les républicains conservent la Chambre des représentants et le Sénat, il y a tout intérêt à tout mettre en œuvre au cours de l’année civile 2026. Mais je pense qu’on doit s’attendre à fonctionner grâce à une résolution provisoire. Voilà pourquoi la question de l’établissement du niveau est si importante. En fait, dans le cas des dépenses discrétionnaires intérieures, c’est plus avantageux que l’établissement se fasse selon le maintien des services actuels dont le niveau est fixé selon les projets de loi de crédits nationaux de l’an dernier.
Une somme plus importante est attribuée si l’on fonctionne grâce à une résolution provisoire que si la demande de budget du président est adoptée par les membres de la commission des crédits. Dans le cas de la défense, c’est inverse, à moins que les services actuels ne soient établis de manière à inclure une partie des fonds de la loi de réconciliation, qui sont des dépenses obligatoires et non des dépenses discrétionnaires. Voilà pourquoi, à mon avis, les calculs arithmétiques ne jouent pas en notre faveur en ce moment. Même dans le cas de 1 100 milliards et de 350 milliards, ce sont des chiffres très importants. Je m’attends à ce que Mike Rogers et Roger Wicker agissent intelligemment pour que les comités d’autorisation fassent leur part du travail le plus rapidement possible. Ça va probablement être autour de juin. Ceux-ci ne convoquent pas le secrétaire à la Défense ni le président. La Chambre des représentants les convoque pour une journée en avril et le Sénat en fait de même le lendemain. Je crois que c’est les 28 avril et 29 avril.
Les membres de la commission des crédits peuvent maintenant amorcer la tenue de certaines de leurs audiences. Mais il va y avoir le processus d’étude article par article du projet de loi. Tom Cole va pousser les membres de la commission des crédits à passer au processus d’étude article par article des projets de loi et à en faire rapport. Mais, encore une fois, le Sénat ne va pas agir aussi rapidement. Il y a bon nombre de votes que les gens ne veulent pas tenir au Sénat, c’est certain. En passant, dans le cadre de la réconciliation, si un projet de loi de réconciliation est déposé au Sénat, et c’est certainement le plan actuel, ça donne lieu à un marathon législatif qu’on appelle « vote-a-rama ». Les démocrates, la minorité au Sénat, vont faire en sorte que les républicains au Sénat tiennent beaucoup de votes qui, selon les démocrates, vont être mal accueillis dans les États respectifs des républicains.
Roman Schweizer :
Je pense que la saison législative qui va commencer la semaine prochaine, lorsque le Congrès va reprendre ses travaux, s’annonce plutôt mouvementée. Encore une fois, comme vous l’avez dit, et je le rappelle pour les personnes qui nous écoutent, c’est vraiment deux pistes à surveiller. La première, c’est le processus normal d’affectation des crédits et la deuxième, c’est ce que contiennent les projets de loi de réconciliation.
Major général Arnold Punaro :
L’engagement des crédits de 2026, tant ceux provenant du processus habituel d’affectation des crédits que ceux provenant du processus de réconciliation, a été lent. Maintenant, l’engagement des crédits doit se faire en vertu de réglementation fédérale en matière d’acquisitions, qui a été radicalement modifiée. On parle de la SPEED Act à la Chambre des représentants, de la FoRGED Act au Sénat, de la directive interne d’attribution de contrats pour la Défense et les forces armées à Mike Duffey dans le cadre d’un système d’exigences et d’un processus d’acquisition fondamentalement modifiés. Les prises de décisions et l’attribution de contrats se font selon un processus très différent, où la rapidité, l’innovation et la volonté des sous-traitants, traditionnels et non traditionnels, d’être partie prenante et de prendre des risques sont de très grandes priorités. Donc, c’est non seulement une question de lenteur dans l’engagement des 1 100 milliards de dollars déjà financés, c’est maintenant aussi une question d’augmentation énorme de crédits, d’environ 40 % à 1 500 milliards de dollars, sans parler de la demande de crédits suppléments, et de leur attribution dans le cadre d’un processus décisionnel radicalement différent. Tout ça nécessite beaucoup d’ajustements et rend les choses essentiellement un peu plus lentes que ce qui serait normalement souhaité.
Roman Schweizer :
Je pense que j’ai aussi relevé un certain mécontentement au sein du Congrès. Cette somme de 150 milliards et des poussières qui a été approuvée dans le cadre du processus de réconciliation est dans les coffres du Pentagone depuis juillet, et il reste encore une série de gros contrats importants à attribuer. On va voir comment ça se passe, car je pense vraiment que cet argent doit être consacré à des contrats. Je pense qu’on va commencer à le voir avec certains de ces contrats de munitions et peut-être aussi certains des programmes pour l’armée de l’air.
Major général Arnold Punaro :
Je pense que l’enjeu va être de taille pour les secrétaires des forces armées et le secrétaire à la Défense. Combien de crédits est-ce qu’on a réellement engagés?
Roman Schweizer :
Oui, exactement. Avant d’en recevoir plus.
Major général Arnold Punaro :
Exactement.
Roman Schweizer :
Oui. Arnold, on a abordé beaucoup de sujets. Je pense qu’on a parlé de ce qu’on sait. Je sens qu’il y a encore beaucoup de choses qu’on ne sait pas et qu’on va découvrir très bientôt. On va peut-être se revoir dans peu de temps. C’est un plaisir de vous entendre, comme toujours vos points de vue sont appréciés et on se reparle bientôt.
Major général Arnold Punaro :
Quand vous voulez. Merci beaucoup!
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Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer s’est joint au Groupe de recherche de Washington de TD Cowen en août 2016 pour s’occuper des questions de politique de défense. Il a auparavant occupé des postes chez Guggenheim Securities et MF Global. Le Groupe de recherche de Washington de TD Cowen a récemment été nommé premier dans la catégorie Institutional Investor Washington Strategy. Le Groupe a toujours été classé parmi les meilleures équipes de macro-politique au cours de la dernière décennie. M. Schweizer compte plus de 15 ans d’expérience à Washington (D.C.), où il a occupé les postes de représentant officiel des acquisitions gouvernementales, de consultant sectoriel et de journaliste.
Avant de se joindre au Groupe de recherche de Washington, il était un professionnel en acquisition dans le cadre du programme Littoral Combat Ship de la U.S. Navy. Auparavant, il dirigeait une équipe qui fournissait un soutien stratégique en matière de communications au Congrès et dans les médias aux hauts dirigeants de la Navy dans le cadre de programmes d’acquisition de navires de grande envergure. M. Schweizer a également offert des conseils sur les secteurs de la défense, de l’aérospatiale, de la sécurité intérieure et des marchés technologiques aux clients de Fortune 100 au nom de DFI International et de Fathom Dynamics LLC.
Il a été publié dans Inside the Navy, Inside the Pentagon, Armed Forces Journal, Defense News, ISR Journals, Training and Simulation Journal, Naval Institute’s Proceedings et Navy League’s Seapower.
M. Schweizer est titulaire d’un baccalauréat en histoire de l’American University de Washington (D.C.).