Deux semaines de « Furie épique »
Animation : Roman Schweizer, directeur général, Groupe de recherche sur Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Dans cet épisode, Roman Schweizer, analyste géopolitique et de défense du Groupe de recherche sur Washington de TD Cowen, est accompagné d’un duo dynamique de journalistes pour discuter des deux premières semaines de l’opération Furie épique. Ils discutent également des perspectives d’un supplément de guerre de l’opération pour les munitions et d’autres coûts, ainsi que de la demande de budget du département de la Guerre pour l’exercice 2027 et de la possibilité d’une deuxième loi de réconciliation du parti républicain.
| Chapitres: | |
|---|---|
| 1:10 | Observations de l’opération Furie épique et autres perspectives |
| 17:15 | Détroit d’Hormuz |
| 22:30 | Budget de l’exercice 2027 et loi de réconciliation 2.0 |
Ce balado a été enregistré le 13 mars 2026.
Marcus Weisgerber :
Voilà ce sur quoi repose l’armée américaine : une flotte de pétroliers construite à l’époque d’Eisenhower. J’ai vérifié les chiffres hier soir, et d’après la fiche d’information de l’armée de l’air, je crois qu’il y a encore environ 400 KC-135 en service au total dans la flotte. C’est incroyable qu’on ait encore tous ces avions.
Roman Schweizer :
À l’affût de l’information qui circule du département de la Défense au Congrès et de la Maison-Blanche à Wall Street, le balado « Ce qu’il faut savoir sur la sécurité nationale » présente sans filtre des discussions et des prévisions éclairées sur les principaux enjeux de l’heure en matière de sécurité nationale et de défense. Bienvenue au balado « Ce qu’il faut savoir sur la sécurité nationale ».
C’est une édition spéciale qu’on vous propose cette semaine. Deux journalistes vont discuter de l’opération Fureur épique et du prochain budget du département de la Défense. On va discuter des principaux enjeux de sécurité nationale à Washington et dans le monde, et voir à quoi s’attendre au cours des prochaines semaines. Pour m’accompagner, deux rédacteurs et journalistes de renom : Tony Bertuca d’InsideDefense et Marcus Weisgerber du Wall Street Journal. Ils couvrent Washington et le Pentagone depuis des décennies et leurs sources d’information sont solides. Merci à vous deux d’être des nôtres. C’est parti!
Merci beaucoup d’être là. Il s’agit du premier enregistrement de balado depuis le début de l’opération Fureur épique. On en est déjà au 13e jour. Le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, et le président des chefs d’état-major interarmées, le général Dan Caine, viennent de terminer une nouvelle conférence de presse au Pentagone pour faire le point sur la situation du conflit. Déferlement de manchettes, problèmes en pagaille.
Qui veut commencer par nous faire part de ses observations sur la situation à ce jour, puis nous dire où tout ça va nous mener d’ici la deuxième semaine? Et comment l’administration a-t-elle géré la situation jusqu’à présent?
Tony Bertuca :
Je vais commencer par quelques observations. Quand on s’intéresse à l’évolution du discours, du moins de la part de l’administration Trump, on peut voir que la rhétorique de départ, celle utilisée dans de nombreux rapports, évoquait clairement un changement de régime. On a entendu le président dire au peuple iranien que l’heure de la liberté était proche et qu’il devait se soulever pour renverser le gouvernement, pendant que les États-Unis poursuivent leurs bombardements.
On a ensuite vu le gouvernement, en particulier le secrétaire à la Guerre Hegseth derrière le pupitre du Pentagone, changer de cap, en affirmant qu’il s’agissait désormais d’une opération d’une portée bien plus limitée. L’objectif serait de neutraliser les capacités balistiques de l’Iran, en particulier sa capacité à lancer et à produire des missiles au sein de son complexe militaro-industriel, d’où les frappes contre les rampes de lancement et les usines. Il s’agirait aussi d’anéantir la marine iranienne. C’est ce que l’administration n’a eu de cesse de répéter ces derniers jours.
Le secrétaire d’État, Marco Rubio, a fait de même. Et ce matin, lors de la dernière conférence de presse, le secrétaire Hegseth est revenu une nouvelle fois sur ces arguments et a déclaré : « Voilà l’objectif. La mission est très précise. » Mais ce dont on n’a pas eu vent au début de l’opération, c’est des nombreuses inquiétudes concernant les perturbations que pourrait subir le détroit d’Ormuz. Le fait que 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole risquait d’être perturbé.
La réaction des marchés a été très violente. On a vu l’administration se livrer à des manœuvres assez inhabituelles, du type « brouillard de guerre » ou « machine à brouillard de guerre ». Le secrétaire à l’Énergie a publié un message sur X indiquant que la marine américaine avait escorté un pétrolier avant de le supprimer. La marine n’a pas escorté de pétroliers. Les États-Unis ont frappé des navires miniers iraniens, mais tout un tas de problèmes persiste dans le détroit d’Ormuz.
Si vous avez entendu le secrétaire à la Défense Hegseth aujourd’hui, il a déclaré : « On y travaille. Pas d’inquiétude. » Je paraphrase, mais pas tant que ça. En gros, il disait : « La situation est sous contrôle, ne vous inquiétez pas. » Voilà où l’on en est actuellement.
Marcus Weisgerber :
On a utilisé une quantité astronomique de munitions dans cette opération. Vous avez peut-être remarqué que le commandement central a cessé de communiquer le nombre exact de munitions utilisées, mais il faut savoir que plus de 5 500 cibles ont été frappées. On sait donc qu’il a fallu beaucoup plus de 5 500 munitions. Je ne sais pas quelle estimation prudente on pourrait avancer, mais même en doublant ce chiffre, on resterait probablement encore en dessous de la réalité.
Des tragédies se sont produites. Des Américains ont perdu la vie dans cette histoire. On a clairement assisté à du brouillard de guerre entre les Américains et leurs alliés, avec cet incident où les Koweïtiens ont abattu trois F-15 avec un F-18. Une telle chose semble tout simplement inimaginable, surtout quand on voit certaines des vidéos qui ont été diffusées et qui montrent que les avions semblaient être dans leur portée visuelle respective. Je ne suis pas sûr que ce soit déjà sorti, donc je préfère ne pas entrer dans les détails.
On a aussi entendu dire que l’armée, ou plutôt les forces armées alliées abattaient d’autres cibles à l’aide de systèmes de type Patriot américains, notamment des systèmes Patriot et des systèmes sans pilote. Comme ils l’ont indiqué, les opérations continuent de s’intensifier. Il me semble qu’ils ont annoncé tout à l’heure que ce serait l’une des journées les plus mouvementées, voire la plus mouvementée jusqu’à présent, et on le voit bien. Hier soir, les choses ont atteint leur paroxysme avec la perte tragique d’un avion ravitailleur KC-135.
On ne sait pas ce que faisait ce ravitailleur ni les détails de… Je sais qu’on a appris hier soir qu’il s’agissait de deux KC-135 qui se sont percuté. Je ne sais pas s’ils étaient vraiment en train de faire le plein quand ça s’est passé, mais un rédacteur m’a demandé : « Cet avion a-t-il vraiment 60 ans? » Oui. Voilà ce sur quoi repose l’armée américaine : une flotte de pétroliers construite à l’époque d’Eisenhower.
J’ai vérifié les chiffres hier soir, et d’après la fiche d’information de l’armée de l’air, je crois qu’il y a encore environ 400 KC-135 en service au total dans la flotte. C’est incroyable qu’on ait encore tous ces avions. Je sais qu’on va parler du budget, mais je me demande dans quelle mesure tout ça se recoupe à la fois avec la demande de crédits supplémentaires et avec ce budget hallucinant de 1 500 milliards, dont tout le monde dit qu’il est réaliste et qu’il va être adopté. Je pense que ce sera simplement un mélange entre ce qui relèvera du budget de base et ce qui passera par la procédure de réconciliation. Mais je vais m’arrêter ici.
Roman Schweizer :
Le premier élément surprenant, au risque de paraître un peu chauvin, c’est que, d’un point de vue historique… La portée et l’ampleur de cette campagne, du point de vue de l’histoire militaire, sont folles. Ça fait maintenant 13 jours qu’on mène une opération militaire contre ce que j’ai qualifié de l’un des membres fondateurs de l’axe du mal. C’est un adversaire redoutable.
L’armée américaine et les États-Unis et Israël mènent une opération de combat ou une guerre majeure, peu importe comment vous voulez l’appeler, contre un ennemi de premier plan. Le fait qu’ils n’aient abattu aucun avion ou n’aient heurté aucun navire américain ou, encore une fois, aucun des scénarios apocalyptiques envisagés est tout simplement invraisemblable, à mon avis. La façon dont les États-Unis mènent la guerre, et les résultats qu’ils obtiennent sont plutôt impressionnants à mon avis.
Le secrétaire Hegseth s’est exprimé avec vigueur, comme à son habitude. C’est son rôle, aujourd’hui comme lors de toutes ses conférences de presse, mais je pense malgré tout que c’est un point qui mérite d’être relevé. Je dirais que, du point de vue des munitions, l’une des choses que je… D’après les statistiques que le secrétaire, ou peut-être était-ce le président, a mentionnées, les lancements de missiles balistiques ont baissé de 90 % et ceux de drones d’attaque à sens unique de 95 % hier. On dirait bien que les États-Unis, ou plutôt les États-Unis et Israël, passent méthodiquement en revue ces cibles.
Pour en venir à la question du détroit d’Ormuz… Le secrétaire a vigoureusement réfuté certaines informations diffusées par CBS selon lesquelles le département n’avait pas envisagé la possibilité d’une fermeture du détroit. Pour être honnête, j’ai du mal à l’imaginer. Je pense que le général Caine est un homme sérieux. Je suis sûr que tous les planificateurs militaires ayant travaillé au Commandement central des États-Unis ont envisagé cette idée au cours des 40 dernières années.
Par contre, j’ai trouvé intéressant qu’ils disent ne pas avoir de preuves solides que l’Iran a posé des mines dans le détroit. Je sais qu’il y a eu des rapports contradictoires à ce sujet. C’est ça qui me laisse perplexe. Les navires de transport chinois ou les pétroliers sous pavillon chinois parviennent à passer, mais on nous dit qu’il y a des mines dans l’eau. Ça n’a aucun sens. Mais j’ai aussi trouvé intéressant que le président ait indiqué que les attaques contre les navires avaient été perpétrées à l’aide de missiles sol-sol, et non par des navires de surface sans équipage ou des mines.
C’est aussi intéressant, je trouve. Si la marine décidait de passer à l’action, ce sont clairement ces cibles-là qu’elle viserait. Le problème, c’est que je pense que les objectifs militaires sont atteints. L’objectif stratégique, je pense, celui auquel vous faites référence Tony, à savoir le changement de régime, a toujours été un objectif ambitieux. Le scénario vénézuélien, etc. Et il y a certainement d’autres objectifs de nature davantage militaire. Comme on le sait tous, au fil de l’histoire, les États-Unis ont eu tendance à exceller dans la réalisation des objectifs militaires, mais pas toujours dans celle des objectifs stratégiques, qu’ils soient diplomatiques ou autres.
Il y a une multitude de récits, d’histoires et tout ça, mais ce qui me semble le plus fou, Marcus, c’est le point que vous avez soulevé. Un pilote koweïtien aux commandes d’un Hornet a abattu trois F-15, et comme vous l’avez mentionné, les avions étaient dans sa portée visuelle. Soit ce pilote est le pire pilote de chasse au monde, soit il y avait autre chose. Je pense vraiment que c’est l’un des sujets majeurs qui, selon moi, pourrait s’avérer préoccupant quant à la façon dont les choses vont se dérouler.
Et Tony, il faut que je vous tire mon chapeau. Je m’excuse. Je fais ce métier depuis longtemps et je n’ai jamais entendu parler de la « machine à brouillard de guerre ».
Tony Bertuca :
Lorsqu’un membre du gouvernement fait une annonce puis se rétracte, provoquant ainsi une réaction violente des marchés, je trouve que l’expression « machine à brouillard de guerre » est tout à fait appropriée.
Roman Schweizer :
C’est une expression géniale. Est-ce qu’elle est signée Tony Bertuca?
Tony Bertuca :
Je pense l’avoir entendue ailleurs. Je ne pense pas que ça vienne de moi.
Roman Schweizer :
Vous n’allez pas revendiquer la propriété intellectuelle. D’accord. Très bien.
Tony Bertuca :
On ne sait jamais. Peut-être que ça l’était. Peut-être que ça l’est. Beaucoup de gens disent que ça l’est. Beaucoup de gens.
Roman Schweizer :
C’est ce que les gens disent, Tony!
Marcus Weisgerber :
Une autre chose que je trouve très frappante, c’est l’exemple que tout le monde reprend. On abat des drones bon marché avec des Patriots et des munitions qui coûtent très, très cher. C’est la seule chose qui soit vraiment, vraiment, vraiment ressortie.
Tony Bertuca :
Le contrôleur par intérim Hurst a dit quelque chose d’intéressant à ce sujet hier, lors du Reagan Innovation Summit. Il a notamment dit que lorsqu’ils envisageront cette demande de crédits supplémentaires – et encore une fois, ils ne donneront aucune indication sur son montant ni sur le moment où ils le feront – on parle de 50 milliards de dollars, mais j’ai entendu beaucoup plus que ça. J’ai entendu que ça pouvait atteindre 200 milliards, ce qui pourrait être énorme.
Il a notamment dit, je cite : « L’idée n’est pas seulement de remplacer l’existant, mais d’ouvrir la porte à de nouveaux acteurs et à des solutions innovantes. » Il faut s’attendre à ce qu’une partie des nouvelles dépenses soit consacrée à ce que ces nouveaux acteurs sont en train de mettre au point, des solutions moins chères et plus économiques que ce qu’ils utilisent actuellement pour abattre ces drones.
Marcus Weisgerber :
On se demandait s’ils allaient… L’Ukraine est prête à apporter sa contribution, mais la dépendance à des pièces chinoises pose un vrai problème. Il faut aussi garder en tête qu’il existe déjà des solutions comme le Roadrunner d’Anduril.
Tony Bertuca :
RTX fabrique le Coyote.
Marcus Weisgerber :
Le Coyote.
Roman Schweizer :
Je doute qu’on utilise des THAAD ou des PAC-3 contre ce type de cibles. Peut-être plutôt des PAC-2 GEM-T, qui sont des versions à explosion-fragmentation. On a vu des images où, je ne sais pas, c’était peut-être des hélicoptères qatariens ou saoudiens, des Apaches, qui les abattaient. Au début, les Ukrainiens utilisaient des gars dans des Cessna avec des fusils de chasse sortis par la fenêtre. Si on utilise des missiles à 10 millions de dollars contre ce type de cibles, c’est vraiment problématique. Mais oui, je suis bien d’accord.
J’ai été parmi les premiers à avancer une estimation autour de 50 milliards, et j’ai été rassuré de voir que des experts sérieux allaient dans le même sens. En fait, les membres du Congrès et les représentants du département parlent de 50 milliards. Pour être honnête, j’ai calculé ce montant en reprenant la demande de crédits supplémentaires d’urgence que le ministère de la Défense avait présentée l’année dernière et en y ajoutant quelques éléments, mais je pense que le montant final sera bien plus élevé.
Encore une fois, je sais que les républicains se posent la question de savoir s’ils vont l’intégrer à l’aide aux sinistrés de Californie, aux victimes des incendies de forêt et à certaines subventions agricoles pour le faire passer par la procédure habituelle, ou si ça va devenir la nouvelle procédure de réconciliation.
Tony Bertuca :
Si la procédure de réconciliation s’avère trop difficile, il faudra alors convaincre les démocrates de voter cette demande de crédits supplémentaires. C’est ce qu’il va se passer. Je pense que les deux partis sont favorables à une allonge budgétaire. Je pense que ça passe beaucoup mieux au Congrès que de proposer un simple projet de loi de réconciliation.
On regarde surtout comment ce financement, au départ centré sur la guerre en Iran, est en train de s’élargir. Un budget d’urgence présenté comme tel, mais comprenant des montants significatifs alloués à la défense.
Marcus Weisgerber :
Les gars, c’est incroyable. On en a parlé tout à l’heure : en une semaine, on est passé de 50 milliards à… comme l’a dit Tony, 200 milliards cette semaine. Au début, c’était juste 50 milliards, puis 100, et maintenant 200. Ça double chaque semaine.
Tony Bertuca :
Des volets de la réconciliation vont y être ajoutés. Comme ça, plus besoin de s’en soucier.
Marcus Weisgerber :
On utilise beaucoup de ressources. Semaine après semaine, le rythme s’accélère : il y a une semaine, on était autour de 2 000 frappes, et ce chiffre a plus que doublé depuis.
Tony Bertuca :
Ça soulève également la question du coût de la guerre. Le chiffre dont on dispose actuellement n’est pas à jour, mais une estimation publiée très tôt et confirmée officiellement hier par le contrôleur Hurst situe le coût des six premiers jours autour de 11,3 milliards à 11,6 milliards, quelque chose de cet ordre-là. Par contre, il n’y a pas d’actualisation des coûts.
Par conséquent, si c’est le double, voire plus, et si les bombardements se sont intensifiés de manière exponentielle chaque jour, comme l’affirme le ministre de la Défense, le coût dépasse largement l’estimation approximative, c’est-à-dire les quelque 11 milliards dont parlait hier le contrôleur.
Marcus Weisgerber :
Pour info, j’avais mentionné vendredi dernier, dans un article, un coût assez élevé de 11,7 milliards selon une estimation indépendante. Le fait que ce chiffre provienne du contrôleur en fait une référence particulièrement crédible.
Tony Bertuca :
Environ. Environ.
Marcus Weisgerber :
Dan Caine m’a confié hier lors de la table ronde que j’animais à l’occasion du Reagan Innovation Summit qu’il s’agissait d’environ – je crois qu’il a dit quelque chose comme 800 millions par jour – mais on dirait bien que c’est probablement encore plus que ça au moment où on parle.
Roman Schweizer :
Je pense que le bon chiffre est d’au moins un milliard par jour. Mais là encore, ça va dépendre du remplacement des trois F-15 et de l’achat d’un autre KC-46A pour remplacer le 135. Des activités d’exploitation et d’entretien, et évidemment de tous les rapports.
D’autres informations me laissent perplexe – je ne sais plus si ça venait de TMZ ou d’un autre média – qui affirmaient que Pete Hegseth dépensait 30 millions en steak et homard. Comme on le sait quand on couvre le Pentagone, c’est totalement absurde. C’est la nourriture des gars sur le terrain, c’est la soirée « terre et mer » des fins de semaine, mais peu importe.
Marcus Weisgerber :
J’ai vu ça, mais je ne me suis pas encore penché dessus et je ne devrais probablement pas m’exprimer là-dessus, mais je vais me tourner vers vous, Roman, parce que vous êtes super pour fournir les relevés de dépenses et tout le reste. Lorsqu’on approuve le budget sur le tard, septembre est toujours un mois où les dépenses sont importantes. C’est le dernier mois de l’exercice, et si vous n’avez pas de budget approuvé, c’est là que vous devez dépenser l’argent. Les crédits sont expirés. Et les crédits de l’année précédente commencent aussi à expirer.
Tony Bertuca :
Cette histoire de steak et de homard remonte à plusieurs années. Je me souviens des manchettes à ce sujet, que ce soit sous l’administration Biden ou sous l’administration Obama. Ça revient régulièrement. Ils fournissent ces repas aux troupes déployées sur le terrain. La belle affaire…
Marcus Weisgerber :
Oui, comme vous dites.
Roman Schweizer :
Il y a juste une chose. J’ai oublié le montant, mais c’était peut-être 90 000 dollars pour un piano Steinway destiné à la résidence privée du chef d’état-major de l’armée de l’air, ou quelque chose comme ça.
Marcus Weisgerber :
Je pense qu’il y avait un violon sur cette liste. Il y avait un violon à 21 000 dollars sur cette liste que j’ai consultée et qui…
Roman Schweizer :
L’armée de l’air et le quartet de jazz avaient besoin de nouveau matériel, j’imagine.
Tony Bertuca :
Voilà.
Roman Schweizer :
On s’excuse auprès des adeptes du quartet de jazz de l’armée de l’air et des auditeurs.
Marcus Weisgerber :
Les corps de musique de l’armée sont formidables. Ils sont excellents.
Roman Schweizer :
Oh oui, ils assurent, c’est sûr. Bien. Mais plus sérieusement, c’est un vrai sujet de fond. C’est intéressant pour moi d’un point de vue extérieur. La première semaine, les munitions commençaient à manquer. D’ailleurs, s’il faut s’inquiéter pour la Chine, Taïwan, les taux d’utilisation et tout ça, je pense que – et c’est à vous de juger – les quantités demandées dans la demande de crédits supplémentaires pourraient être confidentielles.
Ça ne m’étonnerait pas que, pour des raisons de sécurité opérationnelle, le nombre de THAAD, de PAC-3, etc., soit gardé secret. Il va falloir attendre. La semaine dernière, la première semaine, on était à court de munitions. Cette semaine, c’est le détroit d’Ormuz. Je me demande ce que ça va être la semaine prochaine. Les investisseurs, inquiets, me demandent souvent pourquoi le détroit d’Ormuz n’est pas ouvert et pourquoi la marine ne peut pas remédier à cette situation.
Je le dis depuis le début, même quand le président Trump a tweeté pour la première fois à ce sujet : le meilleur conseil militaire que peuvent donner le général Caine et l’amiral Cooper, c’est de ne pas forcer les choses. Il ne faut pas précipiter les choses. Oui, la marine américaine pourrait forcer l’ouverture du détroit, mais les conséquences seraient énormes : le risque pour les marins, pour les navires, le risque qu’un destroyer soit touché par une mine, un missile de croisière ou un bateau-suicide serait désastreux à bien des égards.
Sans parler du coût humain, bien évidemment, mais ce serait aussi une victoire offerte aux Iraniens. Sur le plan politique, les démocrates s’en saisiraient immédiatement contre le président. Il y a énormément de choses en jeu. À mon sens, si on a des B-1 et des B-52 qui volent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et qui larguent des dizaines de milliers de kilos de « haine » chaque jour, ça va forcément créer un effet cumulatif et on va progressivement épuiser la liste des cibles.
Comme vous l’avez dit, on se concentre sur les dirigeants, sur la menace des missiles et des drones, sur le commandement et le contrôle, sur les gardiens de la révolution et le Bassidj, et on va finir par en venir au détroit. On frappe la base navale de Bandar Abbas, les poseurs de mines et tout ça, mais pourquoi se précipiter? C’est ça le truc.
Et pour moi, c’est le point intéressant. Du point de vue de Wall Street, il faut rouvrir le détroit. Mais du point de vue militaire, je pense que la logique est plutôt d’attendre de pouvoir le faire sans avoir à employer la force. Plutôt que de combattre pour passer, créer les conditions pour pouvoir simplement le traverser sans encombre.
Tony Bertuca :
Oui. Je pense que c’est probablement le message que le secrétaire à la Défense essayait de faire passer aujourd’hui au pupitre. En gros : « On gère, ne vous inquiétez pas. On y travaille. » Il y a probablement une raison si la marine n’a pas encore escorté de navires. Apparemment, les conditions de sécurité ne sont pas encore réunies pour qu’elle puisse le faire. Imaginez un navire américain coulé. Rien que ça. Et a fortiori par l’Iran.
Politiquement, ça mettrait probablement fin au conflit le soir même. Si ce n’est pas un risque que vous êtes prêt à prendre, alors vous ne le prenez pas. On voit bien la position du président qui est de dire aux navires de tenter le coup, de montrer un peu de courage et d’y aller. Mais je pense que les navires ne se bousculeront pas pour le faire. Et je ne pense pas que les assureurs soient très enthousiastes non plus.
Il va donc falloir attendre de voir où on en est dans la liste des cibles et quand le détroit pourra être rouvert. J’ai dû me renseigner sur les guerres de pétroliers cette semaine, mais Roman doit sûrement en savoir plus. Je crois qu’au plus fort des guerres des pétroliers, si on regarde le rythme auquel la marine américaine faisait passer les navires dans le détroit, avec l’embouteillage actuel, on en aurait pour deux ans, non? Donc le débit va devoir augmenter très fortement quand ils s’y mettront, simplement vu le niveau d’arriéré actuel.
Roman Schweizer :
D’ailleurs, l’un des officiers généraux pour lesquels j’ai travaillé quand j’étais jeune officier était là pendant… mon Dieu, j’ai oublié le nom… la mission d’escorte des pétroliers, l’opération Earnest Will.
Tony Bertuca :
Oui, Earnest Will.
Roman Schweizer :
Quand le Bridgeton a touché une mine. Et franchement, il avait des histoires à raconter là-dessus. Si la marine américaine escorte les navires à travers le détroit, ou les fait passer en convoi, ça va prendre beaucoup de temps. Si le détroit est libre et ouvert, et qu’ils le maintiennent ouvert, alors c’est différent. Mais la reprise des activités normales va prendre un certain temps. À mon avis, une partie de la question, c’est de savoir s’il faut se battre pour se frayer un chemin ou si ce chemin est purement est simplement ouvert.
Encore une fois, c’est là que la stratégie diffère des objectifs militaires. C’est stratégie contre objectifs militaires. Il y a deux enjeux pour l’Iran. Premièrement, le régime doit survivre. Et c’est plutôt facile, sauf si on part sur une campagne terrestre, ou s’il y a une pression interne, une dissidence, ou des mouvements chez les Kurdes, les Azéris ou d’autres.
Deuxièmement, il y a la guerre économique. Je vais vous dire une chose : admettons que les États-Unis parviennent à rouvrir le détroit d’Ormuz en deux semaines – je pense même qu’ils pourraient le faire en une semaine – ils auront peut-être déjà posé les conditions. Encore une fois, on essaie de les forcer, ou certaines personnes essaient de les pousser à précipiter l’opération. Mais s’ils attendent deux semaines et rouvrent le détroit sans l’accord de l’Iran, sans cessez-le-feu, cette guerre pourrait durer indéfiniment.
Pour l’instant, la seule vraie contrainte, c’est la pression économique sur les marchés de l’énergie, les marchés pétroliers, les prix, etc. C’est la seule contrainte. Trump dit souvent, comme on le sait, que Zelensky et les Ukrainiens n’ont pas les cartes en main, mais les Iraniens, eux, ont une carte très puissante à jouer. Et ils la jouent. Selon moi, si on leur retire cette carte, les règles du jeu vont complètement changer.
Encore une fois, c’est extrêmement difficile, mais je pense que c’est pour ça que le Commandement central des États-Unis et la marine américaine sont très méthodiques dans leurs opérations préparatoires.
Parlons un peu budget. On parle de 1 500 milliards d’après le contrôleur lui-même. Tout ce que j’ai entendu jusqu’ici indique que ce chiffre est correct. Bizarrement, on dirait qu’il y aurait environ 1 100 milliards dans la demande de base, puis quelques centaines de milliards, 350 environ, dans des mémorandums de décision de programme ajoutés par-dessus. Trois catégories pourraient être confidentielles; personne ne sait vraiment ce qu’il y a dans cette liste.
Et ce qui est étrange pour moi, et je suis curieux de savoir si vous avez entendu quelque chose, c’est que ces 1 100 milliards sont en quelque sorte un tour de passe-passe budgétaire. Parce que je sais que ça va être présenté comme la base de la politique actuelle, ou en tout cas c’est comme ça que l’administration va essayer de le vendre. Mais le budget discrétionnaire du département de la Défence était encore autour de 856 milliards, ou quelque chose comme ça. Ensuite, il y a eu l’ajout des 150 milliards obligatoires. Donc même si le département de la Défense obtenait 1 100 milliards, ce serait déjà un très gros montant, même sans tous les suppléments. Mais donnez-nous vos dernières réflexions sur le budget.
Marcus Weisgerber :
J’ai entendu des chiffres similaires aux vôtres, avec une ventilation assez proche de ce que vous venez de décrire pour arriver aux 1 500 milliards, y compris les dépenses nucléaires du département de l’Énergie. Je suis d’accord. Je sais qu’il y a des articles qui font état de désaccords sur les priorités de dépenses. Mais pour moi, la vraie question, c’est : comment diable peut-on dépenser cet argent aussi vite? Même s’il s’agit d’argent de la procédure de réconciliation, ce qui laisse, je crois, cinq ans, et puis, j’imagine, le texte actuel prévoyait cinq ans, la loi One Big Beautiful Bill était cinq ans, puis encore cinq ans.
On ne peut pas construire tout ça assez vite. On ne peut pas acheter 100 navires, même si ce serait formidable. Je disais à quelqu’un ici que toute hausse de ce budget correspondrait à l’intégralité du programme d’acquisition du F-35. L’intégralité. Pensez-y : environ 2 700 avions, et avec l’augmentation de ce budget, on pourrait acheter tout ça et avoir encore de quoi financer quelques dizaines de navires.
Roman Schweizer :
Tony, je suis sûr que vous voulez intervenir, mais j’ai quelque chose pour vous, messieurs. J’ai entendu dire – sans toutefois pouvoir le confirmer, bien sûr – que si la version du budget à 1 500 milliards était présentée en l’état, il n’y aurait pas de liste de priorités non financées. Imaginez. De toute ma carrière, et je suis sûr que c’est pareil pour vous, on n’a jamais vu le Pentagone obtenir l’intégralité de l’argent qu’il voulait. Avec 1 500 milliards, en gros, il n’y aurait plus rien d’autre à financer.
Marcus Weisgerber :
C’est une excellente perche que vous venez de me tendre. J’ai un article sur le budget qui est écrit depuis des semaines, mais il ne cesse de changer et d’être rattrapé par les événements, donc il est sans arrêt repoussé. Ça pourrait être une bonne entrée en matière. Mais l’administration est quand même tenue par la loi d’envoyer une liste non? Ne sont-ils pas obligés de l’envoyer parce que c’était dans la NDAA?
Tony Bertuca :
Ils peuvent l’envoyer vide. TRANSCOM envoie une liste blanche tous les ans. Il suffit d’envoyer une liste vide.
Marcus Weisgerber :
Oui. Un mot de remerciement Juste un message de remerciement.
Tony Bertuca :
Oui, c’est ça. TRANSCOM envoie une liste vide chaque année.
Roman Schweizer :
Merci de l’intérêt que vous portez à la sécurité nationale.
Tony Bertuca :
Oui. Merci de l’intérêt que vous y portez. Je pense que cette saison budgétaire va être vraiment fascinante. On n’a encore rien d’officiel, mais ce que j’ai entendu allait dans ce sens. L’autre chose que j’ai entendue, c’est que la souplesse compte énormément pour le département cette année, d’une manière qui n’était pas aussi vraie par le passé. Je parle des seuils de reprogrammation et de la capacité de ces nouveaux responsables d’acquisition de programmes à déplacer l’argent sans autorisation préalable du Congrès.
En gros : « Sur la fin, on vous enverra les documents, mais au départ, laissez-nous faire. » Ce qu’il faudra surveiller, ce n’est pas seulement le montant du budget, mais aussi la question de savoir s’ils peuvent le dépenser quand ils veulent et comme ils veulent. Et là, ce sera vraiment une affaire pour le Congrès, en particulier les membres de la commission des crédits. C’est comme si le Pentagone devait cette année se montrer plus conciliant envers les membres de la commission des crédits qu’il ne l’a jamais été par le passé, car ces derniers se montrent extrêmement réticents à accorder une marge de manœuvre budgétaire à l’exécutif.
Pour eux, sur une base annuelle, ça ressemble à une caisse noire. Je n’ai pas vraiment vu de résultats. Ils ont obtenu certains contrats pluriannuels. On a vu qu’ils en ont eu huit sur treize cette année pour les munitions essentielles, et le département de la Défense a approuvé ces accords-cadres, mais ils n’ont pas obtenu tout ce qu’ils voulaient. Une partie a été bloquée. Ça va être intéressant de voir comment les membres de la commission des crédits réagissent cette année.
Le contrôleur a aussi dit qu’on allait recevoir le budget beaucoup plus tôt cette année par rapport à l’an dernier. L’an dernier, je crois qu’il n’est vraiment arrivé aux membres de la commission des crédits qu’en juin, alors qu’ils avaient déjà marqué leurs textes, ce qui a suscité pas mal de tensions par la suite. Tout le monde était agacé. Ensuite, l’administration n’est revenue qu’à l’automne pour demander ces fonds d’urgence pour les munitions. Les membres de la commission des crédits étaient stupéfaits, à en croire ce qu’ils disent.
Par conséquent, cette saison budgétaire va être beaucoup plus intéressante, parce que l’administration arrive avec un plan structuré, quelque chose qu’elle veut accomplir, un montant qu’elle veut obtenir, mais aussi une marge de manœuvre dont elle va avoir besoin. Reste à voir si elle va l’obtenir.
Marcus Weisgerber :
Beaucoup plus tôt. Peut-être en mai, mais je ne sais pas. Pour ce que ça vaut, j’entends toujours parler de fin mars.
Tony Bertuca :
Avant juin j’imagine.
Marcus Weisgerber :
Oui. On parle d’un budget sommaire fin mars, mais…
Roman Schweizer :
Il me faut le plan de financement quoiqu’il en soit.
Tony Bertuca :
Est-ce qu’on va l’avoir? Je ne sais pas. Le département est légalement tenu d’en soumettre une, et voilà qu’il commence à dire : « Oui, on verra. » Beaucoup de choses n’ont pas encore été validées. Tout ça doit encore passer par les circuits d’approbation. Si le contrôleur lui-même est nerveux au point de dire : « Peut-être qu’il y aura une ventilation du budget », c’est qu’il reste beaucoup de choses à finaliser.
Roman Schweizer :
Après avoir confirmé les 1 500 milliards, il a quand même peut-être reçu un appel de Russ Vought du genre…
Tony Bertuca :
Peut-être bien. Peut-être bien. J’aurais adoré participer à cet appel.
Marcus Weisgerber :
Je me souviens que Gates l’avait retenu une année, quand ils avaient fait tout ce… C’était le mardi noir, ou je ne sais plus comment on l’a appelé au Pentagone, cette séance où 330 milliards de dollars de programmes avaient été coupés, avant de revenir progressivement dans les années suivantes. Je me souviens qu’il n’y avait pas eu de ventilation une de ces années-là.
Roman Schweizer :
Et peut-être un dernier point sur le budget, plutôt côté Capitol Hill. Je continue de penser que les républicains vont essayer de faire une réconciliation. Je pense que c’est pour eux un moyen de faire passer certaines choses, peut-être des subventions de santé au titre de l’ACA, des mesures liées au logement, aux prêts immobiliers, à l’énergie. Je crois que Johnson a dit qu’ils voulaient réduire le diagramme de Venn aux aspects les plus simples.
Mais pour moi, il s’agit surtout de mesures qui vont les aider à se faire réélire. Répondre à la question de l’abordabilité avant novembre, puis greffer quelques centaines de milliards, peu importe le montant, pour l’opération Fureur épique et les 1 500 milliards là-dessus. Je ne pense pas que la défense soit un énorme moteur électoral, mais c’est un élément qui rend le paquet plus attractif pour le faire passer. Tout le monde dit : « Écoutez, la majorité est trop étroite à la Chambre, et peut-être même au Sénat, pour faire passer ce budget. »
Je sais qu’il y a des départs à la retraite, mais je dirais que le 4 juillet reste le cadre probable. Je pense toujours que l’idée, c’est le 4 juillet, le cadeau d’anniversaire de Donald Trump à l’Amérique pour les 250 ans du pays. On sait comment ça va être présenté. C’est le moyen de se faire réélire, ou au moins d’obtenir beaucoup d’argent pour la défense et d’autres priorités, de l’argent qu’ils savent qu’ils n’obtiendront jamais si les démocrates reprennent la Chambre ou le Sénat. Donc je pense que c’est ce qui se dessine. Juste par curiosité, avez-vous entendu quelque chose à ce sujet ou avez-vous un avis?
Tony Bertuca :
Non, rien à ajouter. Je pense que ce serait très intéressant de voir comment les choses vont évoluer, mais non, je ne sais pas. Pas encore.
Marcus Weisgerber :
Je pense que les Américains n’apprécient toujours pas de voir le prix de l’essence augmenter comme c’est le cas. Et je sais qu’ils n’aiment pas non plus voir les taux hypothécaires repartir à la hausse, ce qui s’est encore produit cette semaine après une légère baisse. J’étais à l’émission Reagan Defense Forum il y a quelques années, il me semble que c’était l’année avant la pandémie de COVID, donc en 2019. J’ai participé à un dîner avec plusieurs personnes, et quelqu’un avait fait une présentation qui expliquait en gros que, si le Pentagone finançait réellement les missions qui lui sont assignées, son budget devrait être beaucoup plus élevé.
Cette personne disait déjà à l’époque que le budget devrait être autour de 1 200 ou 1 300 milliards. Je me souviens avoir presque ri, parce qu’à l’époque, le budget était à peu près moitié moins élevé. Il y avait un membre du Congrès et un sénateur dans la salle, et les deux ont dit quelque chose du genre : « Je ne suis pas en désaccord avec votre estimation, mais mes électeurs se soucient du prix des œufs et de l’essence. » Pour eux, le principal sujet électoral, c’est l’abordabilité.
Roman Schweizer :
Ce que je dirais, c’est que les gens parlent du chiffre de 1 500 milliards, et si on y parvenait, ça représenterait environ 4,8 % du PIB. Tout le monde se dit : « Ils ont sorti ce chiffre de nulle part. » Mais l’administration a malmené ses alliés en Europe et en Asie à ce sujet. On vit dans un monde où le budget de la défense doit être de 5 % du PIB. Aussi absurde que cela puisse paraître, et même si les États-Unis ont déjà dépensé plus de 5 % de leur PIB pour la défense par le passé donc bon.
Marcus Weisgerber :
Vous savez ce que quelqu’un m’a fait remarquer? Tout le matériel issu du réarmement de l’époque Reagan. On parlait cette semaine de la flotte de bombardiers de l’Air Force et de la manière dont elle semble fonctionner par rotations tous les soirs. Un soir, c’est au tour des B-52. Le lendemain, au tour des B-1. Même si, depuis le début, je ne crois pas qu’on ait beaucoup vu les B-2. Mais cette personne expliquait que c’est parce que les flottes sont tellement petites que, pour générer suffisamment d’avions pour le nombre de cibles chaque nuit, il faut quasiment tous les mobiliser.
En gros, tout le matériel issu du réarmement de l’époque Reagan, les F-16, F-15, AWACS, KC-135, tous ces avions des années 1950 et 1960 dont on disait tout à l’heure qu’ils étaient vieux, c’est dépassé. C’est peut-être le moment d’obtenir enfin du nouveau matériel. Elle soulignait également que le budget de Reagan avait augmenté, avant de se stabiliser.
Donc, qui plus est si le rapport de force change au Congrès, c’est peut-être ce qui va se passer : on augmente, puis on stabilise. Même si je ne vois pas comment on pourrait maintenir durablement un niveau de 1 500 milliards.
Roman Schweizer :
Tout à fait. On va voir ce qu’il va se passer. Bien. Messieurs, on a fait plus qu’une petite mise au point rapide. On a tout de même réussi à discuter longuement de deux sujets les plus importants. Comme toujours, je vous remercie de votre temps. Ça a été génial de discuter avec vous. Je pense qu’on va devoir refaire ça bientôt, parce qu’il se passe énormément de choses. Merci beaucoup, Tony et Marcus. Ravi de vous avoir vus, et à très bientôt.
Ce balado ne doit pas être copié, distribué, publié ou reproduit, en tout ou en partie. Les renseignements contenus dans cet enregistrement ont été obtenus de sources accessibles au public, n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante de la part de Valeurs Mobilières TD, pourraient ne pas être à jour, et Valeurs Mobilières TD n’est pas tenue de fournir des mises à jour ou des changements. Toutes les références aux cours et les prévisions du marché sont en date de l’enregistrement. Les points de vue et les opinions exprimés dans ce balado ne sont pas nécessairement ceux de Valeurs Mobilières TD et peuvent différer de ceux d’autres services ou divisions de Valeurs Mobilières TD et de ses sociétés affiliées. Valeurs Mobilières TD ne fournit aucun conseil financier, économique, juridique, comptable ou fiscal ou de recommandations dans ce balado. Les renseignements contenus dans ce balado ne constituent pas des conseils de placement ni une offre d’achat ou de vente de titres ou de tout autre produit et ne doivent pas être utilisés pour évaluer une opération potentielle. Valeurs Mobilières TD et ses sociétés affiliées ne font aucune déclaration ou ne donnent aucune garantie, expresse ou implicite, quant à l’exactitude ou à l’exhaustivité des déclarations ou des renseignements contenus dans le présent balado et, par conséquent, déclinent expressément toute responsabilité (y compris en cas de perte ou de dommage direct, indirect ou consécutif).
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer s’est joint au Groupe de recherche de Washington de TD Cowen en août 2016 pour s’occuper des questions de politique de défense. Il a auparavant occupé des postes chez Guggenheim Securities et MF Global. Le Groupe de recherche de Washington de TD Cowen a récemment été nommé premier dans la catégorie Institutional Investor Washington Strategy. Le Groupe a toujours été classé parmi les meilleures équipes de macro-politique au cours de la dernière décennie. M. Schweizer compte plus de 15 ans d’expérience à Washington (D.C.), où il a occupé les postes de représentant officiel des acquisitions gouvernementales, de consultant sectoriel et de journaliste.
Avant de se joindre au Groupe de recherche de Washington, il était un professionnel en acquisition dans le cadre du programme Littoral Combat Ship de la U.S. Navy. Auparavant, il dirigeait une équipe qui fournissait un soutien stratégique en matière de communications au Congrès et dans les médias aux hauts dirigeants de la Navy dans le cadre de programmes d’acquisition de navires de grande envergure. M. Schweizer a également offert des conseils sur les secteurs de la défense, de l’aérospatiale, de la sécurité intérieure et des marchés technologiques aux clients de Fortune 100 au nom de DFI International et de Fathom Dynamics LLC.
Il a été publié dans Inside the Navy, Inside the Pentagon, Armed Forces Journal, Defense News, ISR Journals, Training and Simulation Journal, Naval Institute’s Proceedings et Navy League’s Seapower.
M. Schweizer est titulaire d’un baccalauréat en histoire de l’American University de Washington (D.C.).