Bonne année? Aperçu des bénéfices et des politiques des secteurs de l’aérospatiale et de la défense
Invité : Directeur général, Produits industriels de l’aérospatiale et analyste, Défense, électronique et services gouvernementaux, TD Cowen
Animation : Roman Schweizer, directeur général, Groupe de recherche sur Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Dans cet épisode, Gautam Khanna, analyste, Actions, Aérospatiale et Défense pour TD Cowen, se joint à Roman Schweizer pour donner un aperçu de la période de publication des résultats à venir pour les secteurs de l’aérospatiale et de la défense. Ils discutent également des principaux sujets macroéconomiques sur la géopolitique et la défense à Washington, y compris les budgets pour l’exercice 2026/2027 et le projet de loi Reconciliation 2.0. Ils abordent également le rapport Ahead of the Curve® du mois dernier sur la défense, Remaking The Arsenal of Freedom & Military-Tech Fusion.
| Chapitres: | |
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| 2:18 | Aperçu des bénéfices du quatrième trimestre pour l’aérospatiale et la défense |
| 4:50 | Mises à jour sur la politique |
| 9:40 | Discussion sur le rapport Remaking The Arsenal Of Freedom & Military‑Tech Fusion |
| 27:50 | Décret sur le rachat |
Ce balado a été enregistré le 16 janvier 2026.
GAUTAM KHANNA : Pour donner un ordre de grandeur, ces sociétés, les géants du secteur de la défense, réalisent environ 225 à 250 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel au titre de la défense américaine. Elles constituent ce qu’on appelle le complexe militaro-industriel. Mais je tiens à préciser qu’il est très difficile de changer l’organisation de cette chaîne d’approvisionnement.
[MUSIQUE]
ROMAN SCHWEIZER : À l’affût de l’information qui circule du département de la Défense au Congrès et de la Maison-Blanche à Wall Street, le balado « Ce qu’il faut savoir sur la sécurité nationale » présente sans filtre des discussions et des prévisions éclairées sur les principaux enjeux de l’heure en matière de sécurité nationale et de défense. Bienvenue au balado « Ce qu’il faut savoir sur la sécurité nationale ». Merci d’être là. L’invité du jour est un peu spécial puisqu’il s’agit de mon collègue Gautam Khanna, qui est notre analyste financier spécialisé dans les secteurs de l’aérospatiale et de la défense.
On va prendre une trentaine de minutes pour parler des principaux enjeux qui se profilent au premier trimestre de 2026, à mesure que s’approche la saison des résultats. Après un début d’année mouvementé, marqué par des événements géopolitiques et budgétaires, ainsi que par des événements d’entreprise, je vous invite à vous joindre à nous pour aborder certaines des principales questions qui vont retenir notre attention au cours du mois à venir. On y va. Bonjour, merci de vous joindre à nous aujourd’hui et bonne année. Bienvenue au premier balado « Ce qu’il faut savoir sur la sécurité nationale » du mois de janvier.
Cet épisode est un peu spécial, car l’invité n’est autre que mon collègue, Gautam Khanna et je vais simplement parler des grands enjeux qu’on va rencontrer au cours de l’année en ce qui concerne la saison des résultats trimestriels à venir. On va aussi discuter de tous les événements qui se sont succédé à Washington. Et puis, on voulait aussi faire un petit point sur un rapport de la série Ahead of the Curve assez conséquent sur lequel on a travaillé ensemble sorti le 12 décembre dernier et que vous avez peut-être raté avec le temps des Fêtes. On voulait quand même en parler, parce que ça colle bien avec la tendance actuelle.
Selon nous, ce document devrait demeurer d’actualité pendant un bon moment, et on va sûrement revenir dessus au cours de l’année, à mesure que d’autres étapes importantes seront franchies. De ce que je comprends, on a 26 propositions de lois de finances. On parle d’un nouveau budget de défense de 1 500 milliards de dollars, d’un deuxième projet de loi de réconciliation, ainsi que des dépenses et d’autres choses prévues pour le trimestre. Mais avant ça, je vais laisser la parole à mon collègue Gautam pour qu’il nous donne ses prévisions pour le trimestre à venir en ce qui concerne les géants du secteur de la défense et les services gouvernementaux. On va partir de là.
Gautam, c’est à toi. Bonne année mon ami. On va mettre les bouchées doubles en 2026.
GAUTAM KHANNA : Merci Roman. Bonne année à toi aussi. Dans nos perspectives du quatrième trimestre pour l’aéronautique et la défense, on disait essentiellement qu’il fallait suivre la dynamique de confiance améliorée à l’égard du secteur de la défense. Le chiffre de 1 500 milliards de dollars pour 2027 a été mentionné, ce qui est bien plus que le budget inférieur à 1 000 milliards de dollars de 2026. Ces dernières semaines ont vu un bouleversement géopolitique, avec un durcissement de la position des États-Unis à l’égard de l’Amérique du Sud et du Groenland, entre autres.
Qui plus est, c’est une année électorale, donc les dépenses militaires ont tendance à être une bonne chose pour l’emploi aux États-Unis et pour les sièges des membres du Congrès sortants. C’est donc de bon augure pour une augmentation conséquente du budget du ministère de la Guerre. Même si on n’atteint pas les 1 500 milliards de dollars, tous les titres liés au secteur de la défense vont finir par profiter de ces tendances. Lockheed Martin pourrait connaître le retournement de sentiment le plus marqué, étant donné qu’il s’agit du titre le plus important, le plus liquide du groupe et que les investisseurs sont plutôt déçus après une année marquée par des charges et des vents contraires dans certains programmes de chasseurs.
Du côté de l’aérospatiale, c’est du pareil au même. On s’attend à ce que les sociétés fassent preuve d’optimisme dans leurs communications quant à la demande et à l’offre. Les prévisions officielles pour 2026 au sein du groupe pourraient être décevantes, à l’exception peut-être de Boeing. Des entreprises comme GE, Howmet, Hexcel, voire ATI et RTX, devraient probablement s’aligner sur le consensus ou se situer en dessous, c’est-à-dire adopter une approche prudente, comme à leur habitude. On doit donc attendre qu’ils affichent de meilleurs résultats avant que les actions commencent à monter.
La seule exception que j’ai mentionnée pourrait être Boeing et peut-être GE, car cette dernière va dépasser suffisamment ses résultats du quatrième trimestre pour afficher une croissance annuelle de seulement un milliard du BAII. On finit par converger vers le consensus. Boeing avait déjà indiqué qu’elle pourrait viser, à l’horizon 2026, une génération de flux de trésorerie disponible d’au plus 5 %. On s’attend à ce que ce soit le cas, mais ils pourraient peut-être ajouter quelques précisions sur les éléments non récurrents qui vont peser sur les flux de trésorerie en 2026, ce qui permettrait aux gens d’avoir une vision plus claire de la situation de référence à l’approche de 2027 et 2028. Je trouve cette action intéressante, car elle est peu détenue, mais je vais m’arrêter là.
ROMAN SCHWEIZER : Parfait. Merci pour cette réponse Gautam. De mon côté, j’aimerais passer en revue quelques-unes des principales mesures politiques et ce qui a pu se passer. Premièrement, en ce qui concerne l’exercice 2026, la résolution provisoire va prendre fin le 30 janvier. Le Congrès est actuellement à pied d’œuvre : il vote des lois et remplit son rôle. Apparemment, le Sénat va adopter un ensemble de deux projets de loi, et les crédits budgétaires sont sur le point d’être approuvés. Au moment où les auditeurs écouteront ce balado, le Congrès devrait avoir publié la version révisée du projet de loi de financement de la défense pour l’année 2026, ce qui devrait continuer à gâcher mes fins de semaine cette année.
Je vais donc avoir du pain sur la planche avec ma fantastique collègue Liz, et j’espère qu’on pourra proposer quelques clés de lecture. On s’attend à ce que ce montant soit probablement supérieur de 8 milliards de dollars, conformément au National Defense Authorization Act, qui est déjà entré en vigueur. Ce n’est pas impossible que des fonds supplémentaires s’ajoutent aux 8 milliards. Toujours est-il que l’empilement de financements supplémentaires au-delà des 150 milliards de dollars déjà évoqués renforce l’idée, défendue par Gautam, d’un contexte exceptionnellement favorable à la défense.
Comme la plupart des gens le savent déjà, les dépenses pour le trimestre semblent plutôt solides. On suit à la fois les investissements et les ventes dans le cadre du programme Foreign Military Sales, ou FMS. Les investissements ont augmenté de 6 % au cours du trimestre, et les ventes dans le cadre du programme FMS, ont augmenté de 16 %. Une nouvelle fois, cette catégorie affiche une dynamique solide. Ça fait partie de l’histoire. Les services d’exploitation et d’entretien ont toutefois été très faibles, avec une baisse de 12 %. C’est de mauvais augure. On ne sait pas trop pourquoi. Il est possible que ce soit encore lié à la paralysie du gouvernement, mais c’est sans doute davantage dû à un effet de comparaison en glissement annuel lié à l’Ukraine, car il n’y avait pas de dépenses pour l’Ukraine il y a un an Il se peut que ces données comparatives soient le reflet des données non mises à jour de l’année précédente. On va voir comment ça se passe pour les entreprises sensibles à l’exploitation et à l’entretien.
Bien. Voici donc les deux grandes nouvelles de ces dernières semaines. La première est le budget de 1 500 milliards de dollars. Je vais juste préciser deux ou trois choses à ce sujet. Le discours annuel sur l’état de l’Union est prévu pour le 24 février. On espère au minimum un budget minimaliste qui reprendrait les grandes lignes de l’OMB, comme l’année dernière, et qui tiendrait probablement compte d’une demande de budget de 1 500 milliards de dollars. On nous a posé beaucoup de questions sur l’enveloppe finale et sur la façon dont les choses allaient se dérouler. Je ne peux pas confirmer qu’à la fin, l’enveloppe sera de 1 500 milliards. Ça représenterait 4,8 % du PIB. C’est le chiffre magique.
4 % à 5 % du PIB consacré à la défense, c’est l’ordre de grandeur actuel à l’échelle mondiale. Je suis raisonnablement convaincu que la demande de crédit budgétaire sera de 1 500 milliards. Après quoi, il faudra déterminer comment y parvenir. Comme je le dis depuis des mois, il ne faut jamais crier victoire trop tôt. Toutefois, le Republican Study Committee a publié les grandes lignes du deuxième projet de loi de réconciliation. Il n’y était pas question de fonds consacrés à la défense. Mais pas de panique. Le sénateur Lindsey Graham n’est pas encore entré en action.
Je suppose qu’il est sur le coup, pour reprendre le fameux mème. Les fonds destinés à la défense y seront certainement inclus. Mais n’oubliez pas que le seul objectif de ce deuxième projet de loi de réconciliation, que les républicains seraient fous de ne pas présenter, comme je le dis depuis longtemps, est de leur permettre de conserver leurs sièges en novembre. C’est l’occasion pour eux de faire de grandes choses avant de peut-être perdre la Chambre, mais c’est aussi l’occasion pour eux de prendre des mesures durables qui seront difficiles à démanteler.
Ces mesures concernent notamment le logement, les soins de santé et d’autres domaines, et peut-être une augmentation exceptionnelle des dépenses de défense, qui, encore une fois, ne sera qu’une mesure ponctuelle dont l’amortissement s’étalera sur quatre ans. Le 4 juillet marquera le 250e anniversaire des États-Unis. Une annonce d’un budget de 1 500 milliards de dollars à l’occasion des 250 ans du pays aurait un impact symbolique extrêmement fort. Il faut aussi garder en tête que le budget discrétionnaire de la défense tournera encore autour de 850 milliards.
Tout le monde parle de cette augmentation de 500 milliards de dollars, mais il ne faut pas oublier les 150 milliards de dollars qui ont été ajoutés au budget de cette année pour atteindre ce montant. On estime donc que le budget 2027 s’élèvera à environ 850 milliards de dollars en dépenses discrétionnaires et 650 milliards en dépenses obligatoires, ce qui est à peine croyable. C’est une augmentation de plus de 50 %. Il va donc falloir garder un œil sur ce point au cours des prochaines semaines. Évidemment, le projet de loi de réconciliation suit une trajectoire distincte du cycle budgétaire ordinaire.
Je vais mettre tout ça de côté un instant et passer au rapport de la série Ahead of the Curve publié en décembre. On l’a vraiment fait pour comprendre, pour réfléchir de manière approfondie à la direction que prenait l’administration Trump, à ses priorités en matière de dépenses, à ce qu’on pouvait attendre du projet de loi de réconciliation, et surtout, à l’orientation à long terme du ministère. On voulait réfléchir au caractère durable de ces dépenses, car le projet du Dôme d’or ne sera vraisemblablement pas financé par les démocrates au Congrès, ce qui représente un certain risque.
C’est l’une des raisons qui pourraient motiver l’adoption d’un vaste projet de loi de réconciliation, qui permettrait de financer le Dôme d’or et la « Flotte dorée », car les démocrates n’ont pas l’intention de le faire au cours des deux ou trois prochaines années. On a repéré six domaines et on les a divisés en trois catégories différentes. On voulait aussi parler du secteur de la défense traditionnelle, ainsi que des nouveaux acteurs, qu’on appelle les sociétés spécialisées dans l’innovation de défense. Je vais aborder ce point brièvement, avant de passer la parole à Gautam pour qu’il partage sa vision de l’évolution du secteur, ainsi que son analyse de l’impact sur les entreprises au regard de la trajectoire des dépenses sur les dix prochaines années.
Dès le départ, on a organisé l’analyse en grandes catégories. Et quand on regarde les besoins de dépenses à long terme ou les grandes évolutions budgétaires, on voit tout de suite ressortir les forces nucléaires stratégiques et les systèmes télécommandés. La modernisation des forces nucléaires stratégiques, la triade nucléaire, les programmes qui vont avec, et aussi le moment où « le génie est sorti de la lampe », où « le dentifrice est sorti du tube » en ce qui concerne les systèmes télécommandés. Je pense qu’on l’a vu dans les deux cas, et ce sont vraiment deux domaines dans lesquels les dépenses vont continuer à être importantes dans les dix prochaines années. C’est un terrain qui concerne à la fois les géants du secteur et les nouveaux acteurs non traditionnels
Ensuite, on passe à l’espace et à la construction navale. Là encore, on parle de secteurs où les financements ont déjà connu une hausse très importante. Mais les besoins de financement vont rester élevés. Ensuite, il y a la défense antimissile et les munitions. De nouveau, d’importantes dépenses ont été consacrées à ces catégories. Mais la vraie question, c’est : est-ce qu’un président ou un Congrès démocrate financerait le Dôme d’or tel qu’il est prévu? Et sur combien de temps s’inscrit le cycle des munitions? Cinq ans? Sept ans? Dix ans? Tandis que dans d’autres catégories, on voit des forces nucléaires stratégiques, des systèmes télécommandés.
Ces cycles d’investissement s’étendent sur plusieurs décennies. Voilà, c’est juste le résumé que je voulais faire. Je cède la parole à Gautam pour qu’il nous donne son point de vue sur l’évolution de la situation au sein des entreprises.
GAUTAM KHANNA : Merci Roman. Si l’on se réfère à ce qu’on a dit dans ce rapport avec Roman, historiquement, l’initiative du département de la Guerre visant à traiter avec certaines de ces sociétés spécialisées dans l’innovation de défense n’est pas nouvelle. Et je pense que parfois, les gens voient les entreprises du secteur de la défense comme un peu vieux jeu et pas vraiment à la pointe. Alors oui, certaines d’entre elles présentent clairement des traits qui collent à ce cette image, mais en même temps, d’autres dominent et sont à la pointe dans les domaines de la technologie, des chaînes d’approvisionnement et des catégories de produits où elles sont présentes depuis très longtemps.
Quand on pense aux leaders dans le domaine des systèmes télécommandés, c’est Northrop Grumman qui nous vient immédiatement à l’esprit. Certaines divisions de Textron. Lockheed Martin poursuit le développement de plusieurs programmes d’hélicoptères télécommandés, etc. Il y a parfois cette idée, du côté administration et des investisseurs, que les géants du secteur sont très vulnérables. C’est surtout vrai à la marge, et ça veut dire qu’ils vont devoir s’ajuster.
Mais je tiens à préciser que, dans de nombreux cas, ces sociétés sont leaders dans bon nombre de ces technologies émergentes et disposent déjà de chaînes d’approvisionnement et de produits performants. Elles bénéficient donc d’un avantage considérable en tant qu’acteurs établis. C’était le premier point.
Le deuxième est qu’on voit déjà les sociétés à grande capitalisation du secteur de la défense s’associer à bon nombre de ces nouveaux acteurs. On en parle en détail dans le rapport. Je ne vais pas revenir là-dessus aujourd’hui, mais tout ça pour dire qu’elles sont proactives ou réactives. Quoi qu’il en soit, elles s’impliquent.
Elles ressentent la pression et réagissent en conséquence. Alors, encore une fois, lorsqu’on nous demande, rarement, mais ça arrive, si certaines de ces sociétés risquent de devenir obsolètes ou de disparaître d’ici dix ans, la réponse est que c’est très peu probable, car elles collaborent avec certains des principaux acteurs qui favorisent l’adoption de ces technologies.
Enfin, pour revenir à ce qu’a dit Roman, je voulais simplement souligner que la construction navale est une priorité, et qu’il existe très peu de moyens de la mettre en œuvre avec la base industrielle des États-Unis. Notre thèse est que HII, et dans une moindre mesure General Dynamics, sont des acteurs incontournables, dans un contexte d’urgence à déployer rapidement bon nombre de ces systèmes d’armes dans la construction navale, qu’il s’agisse de défense antimissile ou autre. Par conséquent, la seule façon d’y parvenir est de passer par les acteurs établis qui disposent déjà des capacités nécessaires. Il devrait en résulter une augmentation de la demande de la part de HII et de la marine américaine.
Les commandes vont affluer. Bientôt, 15 sous-marins vont être mis en service, dont cinq de classe Columbia et le prochain block de sous-marins de classe Virginia. Ainsi, le département de la Guerre va avoir des occasions de renforcer la chaîne d’approvisionnement. On entend beaucoup parler des constructeurs navals coréens qui pourraient fabriquer des sous-ensembles afin d’améliorer le rendement des principaux chantiers navals, etc. Pour moi, il s’agit davantage d’occasions que de menaces pour les sociétés du secteur de la défense en place.
Pour donner un ordre de grandeur, ces sociétés, les géants du secteur de la défense, réalisent environ 225 à 250 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel au titre de la défense américaine. Elles constituent ce qu’on appelle le complexe militaro-industriel. Mais je tiens à préciser qu’il est très difficile de changer l’organisation de cette chaîne d’approvisionnement. L’une des questions qui nous ont souvent été posées la semaine dernière concerne l’annonce faite par L3Harris à propos d’une structure assez inhabituelle pour son activité de fabrication de missiles, anciennement appelée AJRD. L’entreprise prévoit de scinder une partie de cette activité, de bénéficier d’un financement public et d’attirer de nouveaux actionnaires afin de financer une augmentation considérable de ses dépenses en immobilisations.
Ça va permettre de créer une action reflet, dans laquelle ils conserveront environ 70 % à 80 % de participation dans l’activité de fabrication de missiles. Cette structure était vraiment peu commune. On m’a plusieurs fois demandé si ce cas allait constituer un précédent pour d’autres sociétés à grande capitalisation du secteur de la défense qui pourraient envisager une structure similaire. Je n’ai pas vraiment de réponse à cette question. Cette structure est un peu sortie de nulle part.
Ce qui était inhabituel dans ce cas précis, c’est que le département de la Guerre a demandé à AJRD de consacrer 1,8 milliard de dollars supplémentaires de dépenses en immobilisations au cours des quatre prochaines années, par rapport à ce que LHX prévoyait de dépenser pour AJRD. LHX n’a jamais communiqué ces chiffres, mais on peut en déduire, à partir de certains renseignements divulgués, qu’ils prévoyaient de dépenser environ 1,2 milliard pour les dépenses en immobilisations d’AJRD jusqu’en 2029. À en croire l’annonce faite en début de semaine, ce montant s’élèverait désormais à 3 milliards de dollars.
Rares sont les autres catégories de produits qui nécessitent un investissement aussi important dans un délai aussi court. Il existe des précédents, et j’aimerais connaître le point de vue de Roman à ce sujet, notamment en ce qui concerne l’accord conclu entre Lockheed et Pac 3, qui était, là encore, assez inhabituel. Toutefois, ce contrat n’avait aucune incidence sur les flux de trésorerie, ou du moins constituait un cadre pour un éventuel contrat. L’affaire des missiles d’AJRD semble être un cas isolé.
Je ne sais pas si l’on verra des cas similaires, mais on peut se demander si, lorsque les sociétés de fabrication de missiles se négocient à des ratios très élevés sur le marché public, certains titres à grande capitalisation du secteur de la défense envisagent de scinder certaines de leurs divisions afin d’obtenir des ratios similaires. J’ignore si ça va se faire, mais c’est le sujet de nombreuses discussions entre investisseurs depuis quelques jours.
ROMAN SCHWEIZER : J’aimerais rebondir sur ce point et tirer une conclusion plus générale. Le partenariat entre les géants du secteur et les sociétés spécialisées dans l’innovation de défense va dans les deux sens. Sans pointer du doigt qui que ce soit, ces nouveaux acteurs sont souvent très critiques vis-à-vis des acteurs établis… mais dans le même temps, ils cherchent à s’en rapprocher pour nouer des partenariats. Et si cette société détient 100 % des parts de marché ou une part de marché importante dans un certain domaine, la meilleure façon de se lancer dans cette activité est de s’associer avec elle, que ce soit dans le cadre de programmes existants, de nouveaux projets ou autres.
À mon avis, la relation va être bien plus symbiotique que ce que les gens soupçonnent, car les géants du secteur s’appuient sur les sociétés technologiques du secteur de la défense pour répondre aux exigences actuelles du ministère de la Défense. Le secteur des technologies de défense, ou les sociétés spécialisées dans l’innovation de défense, souhaitent accéder aux parts de marché, aux programmes et aux collaborations des géants du secteur. C’est donc une relation réciproque.
Ce matin, j’ai lu que Lockheed Martin avait investi 50 millions de dollars dans Saildrone. De plus, Northrop se joint à Firefly pour la conception de sa nouvelle fusée qui sera testée cette année. Northrop sera également responsable de l’offre du Valkyrie de Kratos dans le cadre du programme pour le développement de l’appareil collaboratif de combat aérien sans équipage, ou CCA, du Corps des Marines. Là encore, on observe beaucoup de brassage. Je ne dirais pas qu’il s’agit de coentreprises, mais plutôt de travail en équipe ou quelque chose dans ce genre.
Il y a juste un point que je voudrais souligner : il se passe clairement quelque chose autour des munitions. On en a parlé dans la série Ahead of the Curve. Le secrétaire adjoint à la Défense, Steve Feinberg, a mis sur pied un comité baptisé le Conseil d’accélération des munitions. Lors de récentes conférences, notamment celle de Surface Navy à laquelle Liz et moi avons assisté cette semaine, tout le monde s’accorde à dire que le département de la Guerre est en état d’alerte et qu’il y a comme un sentiment d’urgence. J’en ai déjà parlé.
Pour le dire de manière plus triviale, le département de la Guerre se prépare à la guerre contre la Chine. Toutefois, Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, s’est exprimé à ce sujet lors du forum Reagan, en évoquant la dissuasion. Pour dissuader la Chine, il faudrait donc se doter de ces munitions, de ces navires et de ces avions, ce qui me semble légitime, conformément au précepte « pour avoir la paix, il faut se préparer à la guerre ». J’aimerais revenir un peu en arrière, car je me rends compte que j’ai oublié un élément important qui, je pense, a suscité de nombreuses réactions de la part de Gautam et moi-même concernant le décret sur le rachat d’actions. Je vais élargir le compas de cette réflexion.
De ce que je comprends, le secrétaire adjoint à la Défense tente de négocier des contrats pluriannuels avec Lockheed et RTX depuis mars de l’année dernière, mais n’a pas encore été en mesure de parvenir à un accord. Et puis il y a la montée en cadence des munitions, qui est censée quasiment tripler. On parle d’une douzaine de types de munitions différentes, essentielles soit pour un conflit avec la Chine, soit aux fins de dissuasion. Or, pour le moment, cet objectif n’a pas été atteint. Tout est une question de signal de demande. De garanties. De rendement du capital investi. C’est un tout.
Et puis, il y a eu les commentaires du président Trump à Mar-a-Lago avant Noël au sujet du potentiel décret sur le rachat d’actions. Je n’en sais rien, mais je soupçonne que des négociations ou des discussions assez actives ont eu lieu. Il s’est passé trois choses. Lockheed a accepté les termes d’un contrat-cadre, et non d’un contrat, pour la production de missiles Pac 3 MSE sur sept ans. Il reste à obtenir l’approbation du Congrès, et ça pourrait prendre un certain temps. Apparemment, RTX n’a rien fait ou a suscité la colère du président Trump ou du secrétaire adjoint à la Défense, et a été la cible de tweets virulents. J’ai l’impression que beaucoup de choses se passent en coulisses à ce sujet.
Et puis, une semaine plus tard, LHX a conclu l’accord portant sur les systèmes de missiles. Une fois encore, les moteurs de fusée à propergol solide sont au cœur de cet accord. J’ai la conviction que département de la Guerre y pense sérieusement. Ça m’intrigue. L’autre entreprise concernée est Northrop. Comment doit-elle réagir? C’est un fabricant de moteurs de fusée à propergol solide, et peut-être aussi un futur fabricant de missiles de premier ordre. Encore une fois, tout le monde doit se mobiliser sur la question des missiles.
Et puis, je voudrais dire une dernière chose. Gautam, je te laisse y réfléchir, mais je pense qu’il existe un autre secteur qui est propice aux investissements, tant publics que privés. Un secteur où la demande est forte et où la capacité ou l’exécution est insuffisante : La construction navale. On a l’impression que des investissements considérables vont être faits dans ce secteur. Ce prochain contrat portant sur 15 sous-marins représente probablement une valeur de 90 milliards de dollars.
Je suis sûr que les entreprises sont probablement invitées à s’impliquer financièrement, et je ne serais pas surpris que ce soit le premier domaine dans lequel le décret sur le rachat d’actions pourrait s’appliquer. Gautam, je te redonne la parole pour connaître ton avis à ce sujet.
GAUTAM KHANNA : Oui, c’est une très bonne remarque, Roman. Tu as raison. Le secteur de la construction navale est soumis à des contraintes de capacité, la demande est considérable et la visibilité est également importante. On est clairement sur un horizon de plusieurs années. Il faut aussi tenir compte du fait que des entreprises comme HII viennent de remporter de nouveau, ou de remporter pour la première fois, le programme de frégates de Fincantieri. C’était donc une petite fierté pour eux. De plus, il est question que le destroyer de la flotte dorée soit potentiellement livré à General Dynamics et à HII, qui fabriquent des destroyers ensemble.
Une incitation a clairement été mise sur la table. Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est que lorsqu’on se penche sur HII, on constate qu’ils ont considérablement augmenté leurs dépenses en immobilisations en pourcentage de leur chiffre d’affaires au cours des deux dernières années. Et ils semblent avoir déjà négocié des compensations pour ces dépenses en immobilisations au moyen d’avances dans leurs contrats. De ce fait, malgré l’augmentation des dépenses en immobilisations en proportion du chiffre d’affaires, il n’y a pas eu d’effondrement des flux de trésorerie disponibles
Ce qui est intéressant dans ce contexte, c’est qu’on a déjà vu des précédents de la part du ministère de la Guerre sur la façon dont il aborde le secteur pour alléger le fardeau financier lié à l’augmentation des capacités. Cette logique pourrait rester valable. Peut-être que ça rejoint ce que tu disais. Comme tu l’as dit, ce sur quoi tu t’es penché et que tu as longuement documenté, c’est la participation, d’une manière ou d’une autre, des chantiers navals coréens au secteur de la construction navale américain.
À ce stade, on est moins face à un concurrent direct que face à un acteur qui pourrait intervenir en sous-traitance, sur des sous-ensembles, pour accélérer la production en dessous du niveau de l’intégrateur principal. J’imagine qu’on verra davantage de contrats de ce type dans un avenir proche, des contrats qui permettent à ces entreprises de ne pas avoir à investir d’argent pour augmenter leur capacité, en particulier dans des endroits comme Newport News ou Electric Boat, où les contraintes de capacité sont plus importantes.
Sur les chantiers navals Ingalls et Bath, la capacité est moins contraignante. Sur le plan des capacités physiques, il est vrai que tout le monde doit faire face à un défi en matière de main-d’œuvre, mais les capacités physiques existent. C’est donc un problème moins grave que celui qui se pose avec les centrales nucléaires, pour ce que ça vaut.
ROMAN SCHWEIZER : Pour compléter ce qui vient d’être dit, j’aimerais ajouter quelques éléments. Premièrement, d’après ce que j’ai compris, les taux de production en Virginie se maintiennent autour de 1,1 par an. Le taux cible est 2. L’US Navy en achète deux par an. Comme l’a indiqué le chef des opérations navales, il est nécessaire de doubler les taux de production en Virginie pour atteindre 2, autrement dit, passer de 1,1 à 2. Et encore une fois, si je comprends bien, les nouveaux Block V des sous-marins de classe Virginia sont plus volumineux, notamment à cause du module de charge utile. Et ensuite, la classe Columbia va absorber l’essentiel des capacités industrielles
Voilà pour le premier élément. Deuxièmement, on était à Surface Navy cette semaine. Et Gautam, je me permets de te corriger avec toute la bienveillance possible : n’oublie pas qu’il s’agit de cuirassés, et non de destroyers, ou de ce que le président et les hauts responsables de la marine appellent des navires de guerre. Ils pèsent 35 000 tonnes, selon les estimations ou les prévisions, soit 2,5 à 3 fois, mais probablement plutôt 3 fois, la taille d’un destroyer DDG. Dans le même temps, on construit des DDG, parce que je crois que le plan consiste à tout mener de front : les cuirassés, les destroyers DDG, les frégates ou FF, et non plus les FFG, car elles ne seront pas équipées de systèmes de lancement vertical. C’est un sujet à part entière,
Mais l’US Navy envisage d’en construire 50, ou plutôt, selon la fourchette qui a été rendue publique, entre 50 et 65. Entre 50 et 65 frégates. Je pense que la première unité devrait faire l’objet d’un contrat à Huntington dans le courant de l’année, mais elles seront construites ou devraient être construites à l’échelle nationale. D’autres chantiers navals devraient logiquement être associés à cet effort. Il pourrait s’agir de chantiers coréens. Il pourrait s’agir de différents chantiers navals, etc., mais il faudra attendre le prochain budget pour en savoir plus. J’espère qu’on l’aura d’ici fin février ou début mars.
Pour conclure, je dirais qu’il y a un sentiment palpable que les chantiers navals sud-coréens vont commencer à construire des navires pour l’US Navy. Pas forcément des combattants de surface complexes, mais plutôt les auxiliaires, les navires de soutien, etc. Il ne reste plus qu’à attendre de voir ce que ça donne. Là encore, je n’ai eu vent de rien. Tout ce que j’ai à dire, c’est que certaines possibilités nous échappent parfois, notamment l’apport potentiel de la Corée du Sud dans la construction de sous-marins nucléaires aux États-Unis. Il ne faut pas oublier. C’était dans les tuyaux pendant un certain temps. Mais on dirait qu’on a vécu un million de vies au cours de la dernière année et demie.
Pour conclure sur un point, le décret sur le rachat d’actions, rien n’a été fait à ce sujet. On continue de voir beaucoup de rachats d’actions à l’approche de la saison des résultats. Je ne pense pas que les directions se prononceront à ce sujet. J’ai hâte d’entendre ce qu’elles ont à dire, à moins qu’elles aient fait appel à des avocats et qu’il y ait des risques juridiques évidents. J’ai l’impression que l’administration perçoit les rachats d’actions différemment des dividendes. On verra si ça débouche vraiment sur quelque chose, ou si c’était surtout un signal envoyé pour pousser certaines entreprises à revenir autour de la table et à se montrer plus réactives.
Gautam, est-ce que tu veux terminer là-dessus, ou ajouter autre chose?
GAUTAM KHANNA : Non, et je te remercie pour ces précisions et corrections. Tu avais tout à fait raison concernant les constructeurs navals coréens qui, au fil du temps, ont pris une place de plus en plus importante dans les bases industrielles américaines, peut-être en tant que constructeurs de navires, à terme. À court terme, je vois plutôt ça comme une occasion pour les entreprises américaines d’améliorer leur flux de production, ce qui est une bonne chose, car c’est leur principal problème.
En ce qui concerne le décret sur le rachat d’actions, certaines entreprises ont davantage recours à cette pratique que d’autres. Comme tu le sais, Lockheed a généralement dépensé environ 3 milliards de dollars par an pour maintenir le nombre d’actions stable. Je pense, comme tu l’as dit, que la plupart de ces entreprises ne vont tout simplement pas aborder la question des rachats d’actions ni donner d’indications à ce sujet. Je ne pense pas que l’une d’entre elles envisage de réduire ses dividendes. On nous a posé cette question. N’oubliez pas que le décret laisse clairement entendre qu’il pourrait être appliqué en cas de coopération jugée insuffisante ou de mauvais résultats des programmes.
De toute évidence, ça incite chacune de ces entreprises à faire en sorte de livrer dans les délais, avec une qualité irréprochable, etc. En d’autres termes, il n’est pas question de l’appliquer de manière uniforme à toutes les entreprises pour limiter les rachats d’actions ou les dividendes. C’est une mesure coercitive en cas de non-conformité. L’autre élément que j’ai trouvé remarquable est que ce décret abordait également la question de la rémunération des dirigeants. Il y a quelques jours, on a publié un article qui démontrait que tous les chefs de la direction et chefs des finances des sociétés à grande capitalisation du secteur de la défense gagnent plus que le plafond de 5 millions de dollars qu’évoque le président Trump dans son tweet sur Truth Social.
Cette mesure a ensuite été codifiée dans un décret-loi. Les conseils d’administration ont-ils réagi, et de quelle manière? En effet, l’un des éléments contenus dans ce décret-loi consistait à lier la rémunération des dirigeants non pas aux résultats financiers, mais aux résultats des programmes. La question est de savoir si les prochains indicateurs intégreront des changements dans la rémunération des dirigeants, afin de l’aligner davantage sur les objectifs du décret plutôt que sur des mesures purement financières. Ça reste à déterminer, mais ça va être intéressant à suivre.
ROMAN SCHWEIZER : On a abordé beaucoup de sujets, et les prochains mois s’annoncent chargés. Merci de vous être joints à nous. Cet épisode spécial pourrait assez vite perdre son caractère exceptionnel pour devenir quelque chose de plus régulier. Prenez soin de vous et passez un bon moment. Merci beaucoup d’avoir été avec nous, et à bientôt.
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Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer s’est joint au Groupe de recherche de Washington de TD Cowen en août 2016 pour s’occuper des questions de politique de défense. Il a auparavant occupé des postes chez Guggenheim Securities et MF Global. Le Groupe de recherche de Washington de TD Cowen a récemment été nommé premier dans la catégorie Institutional Investor Washington Strategy. Le Groupe a toujours été classé parmi les meilleures équipes de macro-politique au cours de la dernière décennie. M. Schweizer compte plus de 15 ans d’expérience à Washington (D.C.), où il a occupé les postes de représentant officiel des acquisitions gouvernementales, de consultant sectoriel et de journaliste.
Avant de se joindre au Groupe de recherche de Washington, il était un professionnel en acquisition dans le cadre du programme Littoral Combat Ship de la U.S. Navy. Auparavant, il dirigeait une équipe qui fournissait un soutien stratégique en matière de communications au Congrès et dans les médias aux hauts dirigeants de la Navy dans le cadre de programmes d’acquisition de navires de grande envergure. M. Schweizer a également offert des conseils sur les secteurs de la défense, de l’aérospatiale, de la sécurité intérieure et des marchés technologiques aux clients de Fortune 100 au nom de DFI International et de Fathom Dynamics LLC.
Il a été publié dans Inside the Navy, Inside the Pentagon, Armed Forces Journal, Defense News, ISR Journals, Training and Simulation Journal, Naval Institute’s Proceedings et Navy League’s Seapower.
M. Schweizer est titulaire d’un baccalauréat en histoire de l’American University de Washington (D.C.).
Directeur général, Produits industriels de l’aérospatiale – Analyste de recherche en aérospatiale, électronique de défense et services gouvernementaux, TD Cowen
Gautam Khanna
Directeur général, Produits industriels de l’aérospatiale – Analyste de recherche en aérospatiale, électronique de défense et services gouvernementaux, TD Cowen
Gautam Khanna
Directeur général, Produits industriels de l’aérospatiale – Analyste de recherche en aérospatiale, électronique de défense et services gouvernementaux, TD Cowen
Avant de se joindre à TD Cowen en 2006, Gautam Khanna était analyste au sein de Citadel Investment Group. Il a également travaillé au cabinet Charles River Associates à titre de conseiller en gestion dans les secteurs de l’aérospatiale et de la défense. M. Khanna est titulaire d’un baccalauréat ès sciences en service extérieur de l’Université de Georgetown et d’une maîtrise en administration des affaires de MIT.