Dépréciation monétaire et demande font grimper les produits de base

janv. 29, 2026 - 9 minutes
Gros plan sur l’affichage numérique du mot « Commodities » parmi les prix sur les marchés financiers.

Ce que vous devez savoir :

  • Les prix des métaux et du GNL augmentent plus que prévu en raison des tensions géopolitiques accrues, de l’incertitude politique et de la demande des banques centrales.
  • L’or pourrait atteindre de nouveaux sommets en début d’année et reculer plus tard, à mesure que les pressions économiques et inflationnistes diminuent.
  • Malgré un marché tendu, l’argent pourrait chuter par rapport à ses sommets records en 2026.
  • Les prix du platine et du palladium sont élevés en raison d’une offre restreinte et des risques tarifaires, mais ils devraient baisser.
  • L’accumulation des stocks et le déficit croissant entre l’offre et la demande de cuivre entraînent un resserrement particulièrement marqué à court terme qui ne devrait s’atténuer qu’une fois que l’offre aura augmenté plus tard dans l’année.
  • Le pétrole brut et le gaz naturel sont confrontés à un resserrement de l’offre et de la demande en raison des contraintes de production et des risques élevés.

L’équipe Stratégie, Valeurs Mobilières TD a considérablement revu à la hausse ses perspectives pour l’or, l’argent, le platine, le palladium, le cuivre, l’aluminium et le gaz naturel, malgré nos projections précédentes déjà optimistes. Les prévisions concernant le pétrole brut demeurent inchangées, car elles reflètent déjà notre vision positive du marché, qui s’écarte du consensus. Les perspectives de prix annuels moyens pour 2026 à l’égard du segment des métaux précieux ont été revues nettement à la hausse dans tous les domaines.

La projection pour l’or a été portée à une moyenne annuelle de 4 831 $/oz, la prévision pour l’argent grimpant à 65,50 $/oz. Le prix du platine a été relevé à 2 063 $/oz, tandis que la projection pour le palladium a bondi à 1 819 $/oz. La prévision pour 2027 pour les métaux précieux a également été revue à la hausse.

Le prix du cuivre pour 2026 a été relevé à une moyenne de 13 000 $/t et celui de l’aluminium a augmenté à 2 988 $/t. Le prix du gaz naturel NYMEX a augmenté à 4,09 $/MBTU. Les prix du pétrole brut WTI et Brent demeurent à 63 $/b et à 66 $/b, respectivement.

Nous prévoyons des sommets de 5 400 $/oz pour l’or au premier semestre de 2026, de 118 $/oz pour l’argent, de 3 000 $/oz pour le platine, de 2 250 $/oz pour le palladium et de près de 15 000 $ pour le cuivre. Le prix du pétrole brut WTI devrait atteindre un sommet d’un peu plus de 65 $ le baril dans la deuxième moitié de l’année, tandis que le prix du gaz naturel NYMEX pourrait encore grimper en raison des conditions météorologiques hivernales.

Rapport complet publié à l’origine le 26 janvier 2026.

Changements par rapport aux prévisions précédentes

Les prévisions pour le segment des métaux ont été revues à la hausse en raison de leur récente remontée, des tensions croissantes et persistantes au sujet du Groenland, des préoccupations quant à l’indépendance de la Fed et du fait que l’on s’attend à ce que les banques centrales poursuivent leurs achats massifs. Le désordre croissant qui règne au sein de la politique américaine amène le marché à craindre que les Européens limitent leur appétit pour les titres du Trésor alors que nous pourrions assister à la mise en place de nouveaux droits de douane, à un ralentissement de l’économie, et à une Fed qui privilégie un objectif de plein emploi. Bref, il s’agit d’une dynamique de marché basé sur la dépréciation, soutenue par une très forte participation des investisseurs particuliers, ce qui stimule les métaux précieux.

Or

Les marchés devraient évoluer dans une certaine fourchette en 2026 et présenter un risque de hausse en début d’année. Les réductions du coût de portage et l’expansion du bilan soutenus par la Fed – sans oublier l’accentuation prévue de la courbe des taux et les préoccupations à l’égard de l’indépendance de la Fed – nous portent à conclure que le métal jaune atteindra un nouveau record trimestriel moyen au cours des six premiers mois de 2026.

Nous pensons que la tendance haussière de l’or persistera pendant un certain temps. Des inquiétudes persistent quant à la possibilité que les futurs dirigeants de la Fed puissent suivre une cible d’inflation à 2 %. De plus, certains pensent que la Maison-Blanche pourrait exercer de fortes pressions sur la banque centrale des États-Unis pour qu’elle abaisse les taux, alors que la dette américaine franchit un sommet record et continue de croître.

Ces facteurs continueront d’alimenter les discours à l’égard de la dépréciation du dollar américain (et des monnaies fiduciaires en général), la dédollarisation et la démondialisation, ce qui, selon nous, devrait maintenir la vigueur des achats du secteur officiel, pendant que les banques centrales poursuivent la diversification de leurs réserves de change.

Par ailleurs, l’émergence d’un vaste mouvement s’éloignant de la structure classique de portefeuille 60-40 au profit d’une pondération en produits de base pouvant atteindre 25 %, combinée à des taux plus faibles, devrait accroître l’appétit des investisseurs pour le métal jaune. Toutefois, un ralentissement économique, la diminution des pressions inflationnistes et la fin du cycle d’assouplissement devraient également ramener le métal jaune sous les sommets atteints à la fin de l’année.

Les achats physiques massifs des banques centrales ajoutent aux achats positifs et aux perspectives favorables à long terme pour l’or

La faiblesse du dollar américain favorise le prix de l’or

Argent

Les achats importants d’argent par l’intermédiaire de fonds négociés en bourse (FNB) et d’options d’achat, combinés aux stocks historiquement modestes et relativement peu liquides de la London Bullion Market Association (LBMA) et à la nécessité d’une couverture par les teneurs de marché, ont propulsé l’argent vers un nouveau record à la fin de janvier. La flambée des prix sur 12 mois survient malgré les attentes d’une légère baisse de la demande industrielle en 2026 et d’une hausse importante des stocks de la LBMA. Ce métal a réintégré le système mondial, à la suite des craintes suscitées par les droits de douane américains et la contraction qui en a résulté quelques mois auparavant.

Comme il est peu probable que les droits de douane se matérialisent cette année, le métal blanc – qui se trouve fortement surévalué – devrait chuter fortement en 2026 une fois que les incertitudes liées aux droits de douane auront été levées et que l’élan aura ralenti. Comme les droits de douane américains ne posent plus de problème, les surplus de métaux aux États-Unis devraient continuer à réintégrer le système de la LBMA, fournissant ainsi des liquidités et éliminant en grande partie les prix élevés actuels. La faible demande physique et le ralentissement de l’intérêt des investisseurs pourraient bien déclencher la correction prévue. Toutefois, on ne s’attend pas à un décrochage profond et durable.

Le marché de l’argent devrait encore afficher un déficit, mais moins élevé que les années précédentes. Cela signifie que des stocks extraits plus importants seront nécessaires pour atteindre l’équilibre. Si on ajoute la demande des investisseurs particuliers pour les lingots/pièces d’argent et les FNB, qui devrait rester forte cette année, le marché de l’argent va demeurer très serré. Comme le marché de l’argent devra être équilibré par les stocks des investisseurs, les prix vont dépasser largement la courbe des coûts.

Platine

La fabrication de convertisseurs catalytiques, son utilisation dans d’autres secteurs industriels et la faible croissance de l’offre assurent une demande relativement stable. Cela s’explique par la baisse de production sud-africaine et par une offre plus faible que prévu issue du recyclage, ce qui devrait resserrer les paramètres fondamentaux entre l’offre et la demande au cours des prochaines années. De plus, l’intérêt des investisseurs lié à la dépréciation du dollar américain et aux produits de base en tant qu’actifs financiers, ainsi que la crainte persistante de voir les dispositions de l’article 232 limiter la libre circulation des métaux dans le monde et diminuer les stocks des bourses de marchandises créent des conditions très serrées à court terme. Ainsi, les prix ont monté en flèche à la fin de janvier.

Notre hypothèse de base suppose que les autorités américaines choisiront de ne pas imposer de droits de douane ou de quotas commerciaux sur les éléments du groupe du platine (ÉGP). Toutefois, nous estimons que la recommandation d’un seuil en vertu de l’article 232 affirmant une menace à la sécurité nationale nous semble relativement faible. Cela signifie que les droits de douane ou les quotas d’importation imposés sur les ÉGP représentent toujours un risque important, ce qui continuera de réduire la disponibilité de ces métaux dans l’ensemble du système logistique, limitant ainsi la capacité du marché à atténuer les tensions et à réduire les taux de location élevés. Toutefois, en dernière analyse, le prix du métal devrait chuter par rapport aux sommets atteints à la fin de l’année, car les stocks extraits sont abondants, une fois que le marché aura cessé de se préoccuper des conséquences liées aux dispositions de l’article 232.

Le platine en mode compression

Palladium

Alors que les gouvernements réduisent les subventions et que les enjeux environnementaux ou le resserrement des normes en la matière suscitent moins d’intérêt auprès du public, l’émergence des véhicules hybrides comme une solution viable aux véhicules électriques (VE) a une fois de plus convaincu les marchés que la demande de convertisseurs catalytiques va augmenter au cours des deux prochaines années. Cette situation, conjuguée à la croissance anémique de l’offre minière à cause de divers problèmes allant de la fermeture de mines en Afrique du Sud à la faiblesse du marché du nickel, en passant par les sanctions imposées à Moscou, laisse entrevoir un déficit primaire en 2027. Nous soupçonnons également que les quantités de métaux recyclés seront décevantes, car les Américains conservent leur ancien véhicule même après l’achat d’un neuf.

Ces facteurs fondamentaux, combinés aux craintes soulevées par l’article 232, ont entraîné un resserrement du marché, ce qui a fait grimper le prix du palladium à des sommets pluriannuels à la fin de janvier 2026. Tout comme pour notre évaluation du marché du platine, nous ne croyons pas que les dispositions de l’article 232 affecteront le palladium. Mais le risque est très réel. Par conséquent, les prix devraient être excessivement élevés jusqu’à ce que ce problème soit réglé. On prévoit ensuite une baisse. Nous estimons que les stocks extraits sont largement suffisants pour combler l’écart entre l’offre et la demande primaires. Ainsi, les prix devraient reculer par rapport aux sommets enregistrés à la fin de janvier.

Cuivre

Les prévisions pour le cuivre ont été revues fortement à la hausse. La principale raison est le manque de liquidité sur le marché, l’accumulation de stocks causée par les craintes liées à la mondialisation/l’imposition de droits de douane en vertu de l’article 232 et le déficit croissant entre l’offre et la demande. Le marché va dépendre de plus en plus des stocks extraits, qui sont de moins en moins accessibles en raison de l’accumulation.

Dans le nouveau régime commercial mondial, la gestion des stocks juste à temps est plus difficile, ce qui donne à penser que les réserves locales sont plus élevées. Il s’ensuit un resserrement à court terme, car un marché déficitaire doit fournir du matériel pour répondre à la demande liée aux stocks et à la fabrication. Ce resserrement devrait s’atténuer plus tard dans l’année, ce qui fera baisser les prix par rapport à leurs niveaux records.

La fin des perturbations à la mine de Grasberg et la nouvelle production provenant d’autres installations devraient soutenir les paramètres fondamentaux de l’offre et de la demande de cuivre. Cette situation, conjuguée à un ralentissement de l’accumulation des stocks, devrait atténuer le resserrement à court terme et faire diminuer les prix, qui demeureront toutefois à des niveaux très élevés.

Déficits croissants et frénésie spéculative soutiennent la remontée du cuivre

Pétrole brut

Le pétrole est encore soutenu par la récente panne de courant au Kazakhstan, qui a retranché environ 900 000 b/j de production (de 7 à 9 jours), les perturbations au terminal CPC en Russie causées par les attaques de drones ukrainiens et la menace croissante d’une attaque américaine en Iran. De plus, les livraisons de l’OPEP devraient rester inférieures au quota de production accru (cibles ratées).

La probabilité que la production de pétrole de schiste aux États-Unis diminue d’au plus 350 000 b/j à la fin de l’année et que la production hors OPEP se contracte au cours de la même période soutiendra également le prix du pétrole cette année. Ce phénomène, combiné à l’accumulation continue des stocks en Chine, donne à penser que l’offre excédentaire pourrait être moins importante, compte tenu de la croissance prévue de la demande de 1,2 million de b/j. Si on ajoute le risque géopolitique associé à l’Iran et au Venezuela, le prix du pétrole devrait afficher une tendance plus élevée que ce que les prévisions consensuelles actuelles laissent entrevoir.

La faible capacité de réserve de l’OPEP conjuguée au risque de guerre en Iran, qui pourrait interrompre le flux de 17 à 19 millions de b/j dans le détroit d’Ormuz, représentent un risque de hausse important pour le pétrole, car le marché demeure fortement à court.

Gaz naturel

Les paramètres fondamentaux pointent vers un resserrement cette année, car la croissance des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) et des exportations mexicaines devrait largement surpasser la hausse de la production. Cela suggère que les prix devront inciter à accroître de la production, avec le bassin de Haynesville, dont les coûts d’exploitation sont plus élevés, agissant comme producteur d’appoint. Cette production devrait se concrétiser, mais nous anticipons des périodes au cours desquelles les prix dépasseront nos prévisions, ce qui constituera un incitatif.

Si les conditions météo demeurent dans la moyenne tout au long de l’année, le prix du gaz naturel Henry Hub devrait favoriser des gains de production plus importants. Si les conditions météo soutiennent la consommation, le marché pourrait bien subir des hausses de prix exceptionnelles, comme nous l’avons constaté au début de décembre et à la fin de janvier. En l’absence de conditions météo défavorables au cours des trois prochaines saisons (hiver 2025/2026, été 2026 et hiver 2026/2027), nous prévoyons une baisse des stocks comprise entre -200 Gpi3 et -600 Gpi3 par rapport à la moyenne sur cinq ans, ce qui, historiquement, se traduit par une volatilité accrue.

Les clients abonnés peuvent lire le rapport complet du 26 janvier 2026, Debasement Trade & Supply Side Issues Send Commodities Roaring Higher, sur le Portail unique de VMTD.


Portrait of Bart Melek

Chef mondial, Stratégie relative aux produits de base, Valeurs Mobilières TD

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