Qu’est-ce qui rend les banques de taille moyenne si intéressantes?
Invités : Janet Lee, directrice et analyste, Banques américaines à moyenne capitalisation, Valeurs Mobilières TD et Scott Smith, directeur général et chef, Ventes spécialisées, Services financiers, Valeurs Mobilières TD
Animation : Jaret Seiberg, directeur général, Groupe de recherche sur Washington – analyste, Services financiers et Politiques, TD Cowen
L’analyste des politiques financières à TD Cowen Jaret Seiberg anime le balado Notre grain de sel de TD Cowen, qui présente ce mois-ci une conversation sur les banques de taille moyenne avec Janet Lee, analyste des actions à TD Cowen, qui suit ces sociétés. Scott Smith, vendeur spécialisé à TD Cowen, fait aussi le point sur les marchés après la période de publication des résultats.
Ce balado a été enregistré le 5 mai 2026.
Voix hors champ 1 :
Bienvenue à Insights de TD Cowen. Un balado qui réunit des spécialistes qui offrent leur éclairage et leurs réflexions sur ce qui façonne notre monde. Rejoignez-nous pour écouter les esprits les plus influents de nos secteurs mondiaux.
Jaret Seiberg :
Bienvenue au balado financier Notre grain de sel, de TD Cowen. Ici Jaret Seiberg, directeur général et analyste, Services financiers et Politiques pour le Groupe de recherche de Washington, TD Cowen. Aujourd’hui, on discute des banques de taille moyenne avec Janet Lee, analyste des actions de TD Cowen. Comme toujours, je suis en compagnie de Scott Smith, représentant spécialisé en services financiers à TD Cowen. Scott, qu’est-ce qui se passe sur le marché ces jours-ci? Une chose est sûre : ça semble assez chaotique.
Scott Smith :
Jaret, comme vous le savez, avril a été un mois de publication de bénéfices. À ce stade, on n’attend plus les rapports que de 10 % du secteur des services financiers, représenté par le XLF. Donc on a déjà un tableau assez clair. En avril, quand la publication des résultats battait son plein, le XLF était en hausse de 5,6 %; mais ça masquait de réelles divergences des sous-secteurs financiers. Les banques à grande capitalisation représentées par le BKX avaient gagné plus de 10 %, principalement en raison de la vigueur des marchés de capitaux, ce qui était très légèrement inférieur à l’indice S&P 500, en hausse de 10,4 %. Les banques régionales, représentées par le KRE, avaient progressé de 7,2 %, mais les révisions des bénéfices étaient assez variables parmi elles. On va revenir là-dessus dans un instant.
De tous les sous-secteurs des services financiers, c’est celui de l’assurance qui a s’en est le moins bien sorti, avec une hausse d’à peine 90 points de base. Les commentaires dans le segment de l’assurance de dommages ont pesé sur le secteur, certains dirigeants allant jusqu’à dire franchement que les tarifs étaient absurdes. Il faut savoir que les positions vendeur sont en grande partie à l’origine des bons résultats des services financiers au cours du trimestre; quand on regarde le rendement de la liste suivi par la TD, les titres qui ont gagné le plus au cours du mois sont en grande majorité ceux qui ont le plus fait l’objet de ventes à découvert.
Les gestionnaires d’actifs alternatifs ont obtenu de meilleurs résultats durant la période des bénéfices. Et bien que le FNB des logiciels ait repris plus de 12 % depuis le creux de la mi-avril, ce qui a aidé ce secteur, ça soulève encore des questions. L’IA reste au cœur de l’actualité, mais on a l’impression que les entreprises peuvent maintenant mettre en avant un peu plus les avantages du déploiement de l’IA, alors qu’avant, elles se défendaient contre le risque désintermédiation associé. En tout cas, pour le moment.
J’ai trouvé deux ou trois autres choses intéressantes. Sur les 76 titres du XLF, 45 ont révisé à la hausse leur BPA pour 2026. Les révisions les plus importantes ont été apportées par les banques de fiducie, les bourses et les grandes banques. Les plus grosses révisions à la baisse ont été variées; mais certains gestionnaires d’actifs alternatifs et certains gestionnaires d’actifs traditionnels pour les placements alternatifs ont été concernés. Je pense que c’est parce qu’on commence à tenir compte de la rémunération à base d’actions. De façon plus générale, parmi l’ensemble des titres suivis par la TD, environ 34 % seulement des sociétés ont révisé à la hausse leur BPA.
Et ce, malgré les belles perspectives globales de l’économie et du crédit au cours du trimestre. Les révisions à la baisse ont été… En fait, un paquet de banques à moyenne capitalisation étaient dans ce groupe, mais les révisions à la baisse ont été très disparates. Janet va certainement revenir là-dessus dans un instant. Je dirais qu’en ce moment, les investisseurs ont les yeux rivés sur l’Iran, évidemment, et les répercussions potentielles du conflit sur l’inflation. Mais pour l’instant, on pense que l’économie reste solide. Les conditions de crédit sont généralement favorables. Donc, ça va.
Jaret Seiberg :
Merci, Scott. Je dois absolument vous poser deux ou trois questions, là. Vous avez parlé de l’Iran. Est-ce que l’incertitude géopolitique a plus d’impact sur les services financiers que sur l’ensemble du marché? Moins d’impact? Ou est-ce que c’est pareil? Vous en pensez quoi?
Scott Smith :
Ça dépend des secteurs, dans une certaine mesure. C’est sûr qu’on bouge pas mal les actions des banques au gré des nouvelles sur l’Iran, car ça fait fluctuer les taux d’intérêt. C’est un peu plus stable du côté des gestionnaires d’actifs alternatifs; et dans le secteur de l’assurance de dommages, il y a un certain mouvement essentiellement à la hausse sur les bourses à mesure que la volatilité s’intensifie ou s’apaise. Je dirais qu’il y a probablement d’autres secteurs du marché qui sont un peu plus touchés, mais que, dans le secteur des services financiers, les investisseurs s’intéressent avant tout aux banques quand ils lisent les nouvelles.
Jaret Seiberg :
Très intéressant. Parlons de l’autre sujet à propos duquel les banques ont fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps : l’exposition au crédit privé. On en a parlé dans nos derniers balados. Où en est-on au chapitre du crédit privé et de ses répercussions à plus grande échelle?
Scott Smith :
Janet va évidemment pouvoir vous en dire beaucoup plus en ce qui concerne les banques elles-mêmes, mais du point de vue de la négociation, ça n’a plus vraiment l’air d’inquiéter le monde. Comme je l’ai dit, en voyant que l’IGV avait repris environ 12 % par rapport à son creux, les gens s’inquiètent un peu moins des répercussions sur le secteur en ce moment. Il y a eu quelques histoires très précises à propos du crédit. Mais globalement, la période de publication des résultats s’est terminée sans que l’exposition au crédit privé se révèle problématique.
Jaret Seiberg :
D’après vous, est-ce que ça signifie que l’affaire est close ou est-ce que ça va nous revenir dessus toutes voiles dehors à un moment ou un autre cette année?
Scott Smith :
Je dirais qu’on a levé l’ancre, que le navire est prêt à appareiller, mais qu’on n’est pas encore sûrs d’avoir quitté la jetée.
Jaret Seiberg :
Je vois. Fort bien, Capitaine. Je pense qu’on va s’en tenir à ça pour nos analogies marines. Scott, comme toujours, merci de votre participation au podcast. Passons maintenant au clou du balado : ma collègue Janet Lee, qui est notre analyste des actions des banques de taille moyenne. Janet, bienvenue au balado. C’est parti!
Janet Lee
C’est parfait. Je suis ravie d’être ici.
Jaret Seiberg :
Formidable. Commençons par la base. Qu’est-ce qu’une banque de taille moyenne et à quoi servent ces banques?
Janet Lee
D’accord. Globalement, quand on parle de taille moyenne, on parle habituellement de banques d’environ 10 milliards à 100 millions d’actifs. En incluant les superrégionales, on pourrait certainement aller jusqu’à 250 milliards d’actifs. Mais ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas tant le chiffre exact ou la taille de l’actif qui compte, mais plutôt ce qu’elles font.
Ce sont les banques qui sont suffisamment grandes pour offrir un éventail complet de produits, des prêts aux services de trésorerie en passant par des marchés de capitaux financiers dans une certaine mesure, mais qui fonctionnent selon des modèles régionaux axés sur les relations. Leur raison d’être est assez simple.
Elles comblent un vide. Les banques de taille moyenne sont bien souvent des sociétés du marché intermédiaire. Les mégabanques n’ont pas nécessairement toujours le même souci du client; quant aux petites banques communautaires et aux caisses populaires, elles sont très locales, mais n’ont pas forcément la technologie ou les produits voulus. Mes banques de taille moyenne sont pile au milieu. Elles allient service et envergure.
Jaret Seiberg :
Très intéressant. Les personnes qui écoutent le balado ne sont pas toutes expertes en services financiers. Pouvez-vous nous donner des exemples de banques de taille moyenne aux États-Unis? Des marques?
Janet Lee
Bien sûr. Du côté des superrégionales, on a des banques comme Fifth Third, Citizens, M&T, Key et Huntington. Ce sont des superrégionales classiques qui œuvrent un peu plus à l’échelle nationale.
Mais si on descend un peu vers les banques à moyenne capitalisation dont l’actif est inférieur à 100 milliards de dollars, on trouve des banques comme East Western California, Wintrust à Chicago, Value National dans le Nord-Est, Colin Frost au Texas, Pinnacle et SouthState et la Western Alliance Customers Bank dans le Sud-Ouest.
Je pourrais sans doute passer la journée à les énumérer, mais chacune a tendance à être axée sur une région ou un secteur. Elles ne se distinguent donc pas seulement par la taille, mais aussi par l’endroit où elles exercent leurs activités et leur mode de concurrence.
Jaret Seiberg :
Comment peuvent-elles faire concurrence à des mégabanques, aux JPMorgan et Banque of America de la planète?
Janet Lee
Bien sûr. C’est vraiment leur avantage fondamental. Face aux mégabanques, elles ont tendance à l’emporter sur le plan des relations, de la rapidité et du service. Dans ces banques à moyenne capitalisation, les décisions sont habituellement prises localement et les clients ont tendance à recevoir plus d’attention de la part de leurs banquiers.
Par rapport aux petites banques, elles l’emportent sur le plan des capacités et parfois de la technologie; elles offrent souvent une plus grande gamme de produits et ont davantage de capacités de prêt et au chapitre des frais. Elles frappent dans le mile en étant assez grandes pour compter et assez petites pour se soucier des clients, ce qui est assez important aux yeux de ceux du marché intermédiaire. Je dirais que c’est en quelque sorte leur principal atout par rapport aux concurrentes de plus grande et de plus petite taille.
Jaret Seiberg :
Vous avez mentionné qu’elles sont assez grandes pour offrir des services complets à certains de ces clients. Dans quelle mesure ces banques de taille moyenne se spécialisent-elles? Pouvez-vous nous donner un exemple de spécialisation?
Janet Lee
On pourrait presque répartir ces banques régionales ou de taille moyenne par orientation régionale et spécialisation. Pour ce qui est de la spécialisation, on a, comme je l’ai mentionné, des banques comme Western Alliance, Customers Bancorp et First Citizens. Prenons l’exemple de First Citizens. Avec 200 milliards d’actifs, c’est probablement la plus grande banque que je suis.
Elle a acheté la Silicon Valley Bank, qui était et qui reste axée sur l’économie de l’innovation. Elle offre des services bancaires aux entreprises en démarrage, aux sociétés de capital-risque et à l’économie de l’innovation. Elle est réputée dans ce domaine précis. La SVB offre peut-être un meilleur service à ces clients particuliers, qui sont sa principale source de revenus.
En ce qui concerne Western Alliance ou Customer Bank, les banquiers sont experts dans certains domaines, comme les soins de santé, l’entreposage de prêts hypothécaires ou d’autres domaines, ou les prêts hôteliers, alors que les banques régionales ou même les banques de plus grandes tailles ne sont pas des expertes, pour ainsi dire. Donc, ça dépend. Et je pense que la spécialisation est vraiment l’une des caractéristiques qui vont permettre au modèle d’affaires des banques régionales de continuer à prospérer.
Jaret Seiberg :
Vous qui suivez ce secteur, qu’est-ce que vous considérez comme les plus grands défis actuels des banques régionales?
Janet Lee
Le financement a toujours été l’un des plus gros défis des banques régionales. Elles n’ont pas nécessairement la même assiette de dépôts à faible coût que les mégabanques. Je vais vous donner quelques chiffres. Pour les banques à grande capitalisation, le coût des dépôts portant intérêt est d’environ 2 % ou 2,1 % au premier trimestre. Pour nos banques, en moyenne, c’est de l’ordre de 2,7 %, ça frôle 3 %. Elles ne peuvent donc pas compter sur les dépôts peu coûteux d’une multitude de consommateurs.
Du coup, beaucoup d’entre elles essaient constamment d’obtenir la meilleure combinaison de financement, ce qui a toujours été leur plus gros défi. Et puis, je dirais qu’il y a l’IA. On prévoit de grandes divergences entre des banques de taille moyenne au niveau du déploiement de l’IA et de l’état de préparation à l’IA. Et à mon avis, celles qui sont à la traîne ne vont pas pouvoir soutenir la concurrence sur le plan opérationnel ni offrir leurs produits à des prix concurrentiels par rapport à celles qui ont une bonne longueur d’avance.
Jaret Seiberg :
Je vois. Si elles ne peuvent pas rester en lice, cela m’amène à la prochaine question. Il me semble que les fusions et acquisitions ont toujours été une caractéristique du segment des banques de taille moyenne. Est-ce qu’on s’attend à une augmentation des fusions et acquisitions? J’ai l’impression qu’elles ont été moins nombreuses ces dix dernières années qu’au cours des deux décennies précédentes. Et pouvez-vous nous parler de certains obstacles aux regroupements bancaires dans votre secteur?
Janet Lee
Je pense effectivement que ça va s’accélérer. Disons qu’en 2025, au total, environ 180 opérations de fusions et acquisitions bancaires ont été annoncées, ce qui représente une augmentation de près de 50 % sur 12 mois. Ça s’est donc accéléré. Depuis le début de l’année, on a eu une cinquantaine d’opérations.
La tendance est en marche, donc. Même si ça a un peu ralenti, évidemment, vu l’incertitude géopolitique actuelle qui joue certainement là-dessus. Mais sur le plan de la réglementation – et je sais, Jaret, vous avez beaucoup à dire à ce propos –, le cadre réglementaire ne pourrait pas être plus favorable aux banques dans leur ensemble, y compris au chapitre des fusions et acquisitions. Je pense donc qu’il y aura d’autres fusions et acquisitions bancaires tant que la période est propice sur le plan de la réglementation.
On s’attend donc à ce que le volume des fusions et acquisitions augmente au cours des prochains trimestres. Et outre l’incertitude géopolitique qui règne à l’heure actuelle, l’écart d’évaluation entre les grandes banques et les banques de taille moyenne n’est pas assez large pour rendre les paramètres des opérations très relutifs aux yeux des investisseurs bancaires.
C’est un autre obstacle. Mais une fois que ces évaluations auront regagné du terrain dans le secteur bancaire en général, je pense que les fusions et acquisitions bancaires vont continuer à s’accélérer au cours des prochains trimestres. Probablement pas ce trimestre, simplement parce qu’on reste aux prises avec cette incertitude. Quand elle va se dissiper un peu et qu’on aura une période un peu calme, je pense que les fusions et acquisitions vont reprendre en général.
Jaret Seiberg :
Est-ce que vous pensez qu’en matière de fusions et acquisitions on va voir plus de fusions entre banques d’envergures comparables, ou est-ce que ça va être des banques régionales ciblant des banques communautaires, des banques supercommunautaires, des banques qui pourraient être actives dans une seule ville ou une petite région? À quoi ça pourrait ressembler?
Janet Lee
Je penche plutôt pour la deuxième option, celle des acquisitions par des banques à moyenne capitalisation. Disons que certaines banques superrégionales vont certainement s’intéresser à mes banques, aux banques de taille moyenne. Mais je vois plutôt les banques de taille moyenne acquérir des banques régionales de plus petite taille, pas tellement de fusions entre banques d’envergures comparables.
On a vu l’exemple de la fusion entre Pinnacle et Synovus et la réaction du marché à la fusion entre sociétés de mêmes envergures. C’est très compliqué. La barre va donc être beaucoup plus haute pour les fusions et acquisitions d’entités de même envergure, pour que ça fonctionne et que ça soit bien accueilli par les investisseurs. Bref, je penche plutôt pour la deuxième option.
Jaret Seiberg :
D’accord. Vous avez mentionné l’un des termes que j’affectionne le plus il y a un instant : la réglementation. Étant à Washington, j’ai eu affaire avec tous les organismes de réglementation, qui ont assurément été actifs, comme vous l’avez laissé entendre. En particulier, en ce qui concerne la refonte des règles sur les fonds propres des banques. Ça n’est encore qu’une proposition et on attend d’autres changements, mais, a priori, quelles répercussions ça pourrait avoir sur les banques régionales ou de taille moyenne, selon vous?
Janet Lee
C’est positif, sans aucun doute. Au début, je me suis dit : « Oh, c’est certainement aussi favorable pour mes banques, pour les banques de taille moyenne. » Mais je pensais que ça le serait modérément.
Mais quand bon nombre de banques ont publié leurs résultats du premier trimestre, on a vu que pour un paquet des nôtres, dans le secteur à moyenne capitalisation, ces estimations préliminaires du scénario final de Bâle III entraînent une augmentation d’environ 60 à 100 points de base des fonds propres de catégorie 1. C’est en fait mieux que ce que je croyais.
On pense donc que ça offre de belles conditions pour qu’elles continuent à rembourser du capital sous forme de rachats d’actions pendant encore de nombreux trimestres; et ça leur procure aussi plus de capitaux à affecter à la croissance des prêts et aux activités de prêt. Je considère donc que ce qui s’en vient, sur le plan des règles relatives aux fonds propres des banques, est bénéfique pour l’ensemble du secteur, y compris nos banques à moyenne capitalisation.
Jaret Seiberg :
Ce projet obligerait notamment davantage de banques à comptabiliser à l’égard du capital les pertes et les gains non réalisés sur les titres non disponibles à la vente. Est-ce que les banques de taille moyenne sont-elles prêtes pour ça, et qu’est-ce que ça signifierait pour elles?
Janet Lee
Je tiens à dire que c’est probablement la chose à laquelle s’attendent en grande partie les dirigeants des banques : la comptabilisation des pertes et des gains non réalisés sur les titres non disponibles à la vente. Je pense donc que bon nombre de nos banques sont très bien placées pour embrasser ce changement.
Les fonds propres de catégorie 1 déclarés pour mes banques sont de l’ordre de 11,5 %. Si l’on exclut les rajustements au titre du cumul des autres éléments du résultat global, ça donne un taux de 10,8 %, ce qui reste élevé… bien au-dessus du seuil de ce qu’on considère comme bien capitalisé. Je pense que c’est un problème que les dirigeants de nos banques sauront gérer, globalement, dans le secteur des banques à moyenne capitalisation.
Jaret Seiberg :
Merci, Janet. J’aimerais conclure. Dans les grandes lignes, dans dix ans, à quoi va ressembler le secteur des banques de taille moyenne, selon vous?
Janet Lee
Je suis convaincue qu’il y aura moins de banques. Sincèrement, je ne pense pas qu’il devrait y avoir 4 000 banques aux États-Unis. Je pense donc que le secteur bancaire, dans son ensemble, va connaître une vague continue de regroupements. Et honnêtement, vu les possibilités qu’offre l’IA, je crois vraiment que les retardataires à cet égard vont être absorbées par celles qui sont à l’avant-garde des technologies, y compris de l’IA, parce qu’elles ne seront tout simplement pas en mesure de soutenir la concurrence dans cinq ou dix ans.
Il faut donc s’attendre à d’autres regroupements. Je pense qu’il y aura plus de banques de taille moyenne, mais aussi plus de spécialisation et de concentration régionale, par opposition à une banque de taille moyenne unique qui desservirait l’ensemble du pays, mais à plus petite échelle. Ça n’a pas beaucoup d’intérêt, à mon avis. Le secteur des banques de taille moyenne va continuer à prospérer, mais les regroupements vont se multiplier; et ce seront les banques à la pointe de la technologie ou qui misent sur le service pour élargir leur part de marché et leur chiffre d’affaires qui vont survivre en définitive.
Jaret Seiberg :
Je vois. Janet, je crois qu’on va s’arrêter là. Merci beaucoup d’avoir participé au balado Notre grain de sel ce mois-ci. On reviendra vers vous dans quelques mois pour savoir où en sont les banques régionales.
Janet Lee
Merci beaucoup.
Jaret Seiberg :
Bon. Ce qui nous amène au dernier segment, sur les principaux enjeux de politiques financières des dernières semaines et ce qui nous attend dans les prochains mois. Qu’est-ce qui s’est passé le mois dernier? Les derniers efforts pour faire adopter la loi Clarity Act sur la structure du marché des cryptomonnaies. Les sénateurs Alsobrooke et Tillis proposent une formulation de compromis sur le rendement ou les récompenses des cryptomonnaies stables. Comme les banques n’aiment pas cette formulation, le bras de fer continue.
On pense que la fenêtre d’action se ferme à la pause parlementaire d’août, qui commence traditionnellement à la fin de juillet. Nos amis du Capitole ont donc encore deux mois pour faire adopter la structure du marché des cryptomonnaies. Il y a aussi eu une audience intéressante au comité des services financiers de la Chambre des représentants sur le projet touchant les fonds propres des banques dont on a discuté il y a un instant avec Janet. Ce qui m’a le plus surpris, c’est l’absence de ferme opposition des démocrates aux réformes du capital. Ça confirme avant tout, selon moi, que ce projet sur les fonds propres est viable.
Et ce que je veux dire, par là, c’est que même en cas de changement de parti à la Maison-Blanche en 2028, ces règles sur les fonds propres devraient demeurer en vigueur. Ce qui est essentiel, à mon sens, car ça permet aux banques de planifier l’avenir. Cette audience m’a donc paru particulièrement positive pour le secteur. Ensuite. Kevin Warsh va devenir président de la Réserve fédérale américaine. Il devrait être nommé d’ici la mi-mai, mais Jerome Powell, le président actuel, reste gouverneur de la Fed.
L’autre grande nouvelle qu’on attend à propos de la Fed, c’est que la Cour suprême décide si Lisa Cook reste gouverneure de la Fed en attendant que les tribunaux décident si le président a le pouvoir de la révoquer pour un juste motif. Enfin, l’un des plus récents développements est peut-être le renouveau de la loi sur le logement. Ce projet de loi prévoit la suppression de l’exigence de châssis permanent pour les logements préfabriqués. Ce serait très positif pour ce secteur. Il prévoit aussi certaines réformes recommandées du zonage local, qui pourraient soutenir la construction.
Le projet de loi a été bloqué par des désaccords à la Chambre des représentants et au Sénat au sujet des maisons unifamiliales à louer et de la question de savoir si les investisseurs institutionnels seraient autorisés à la fois à construire ces propriétés et à les conserver. Un compromis a l’air de se dessiner, ce qui permettrait éventuellement de faire adopter ce projet de loi cet été. En ce qui concerne les autres mesures et événements à venir au cours des prochaines semaines, j’aimerais juste en mentionner deux ou trois. Le 20 mai, le comité des services financiers de la Chambre des représentants va tenir une audience sur les marchés boursiers.
Ça fait un bout de temps qu’il n’y a pas eu d’audience approfondie au Congrès sur ce sujet; ça devrait être intéressant. Et on attend une allocution du président de la SEC, Paul Atkins, à la même date à Washington. À mon avis, il va aussi mettre l’accent sur la structure du marché boursier et les cryptomonnaies. En parlant de cryptomonnaies, on attend toujours d’autres mesures de la SEC à propos de la segmentation en unités. Nos amis du Capitole travaillent sur un projet de loi de réconciliation pour financer l’exécution de la loi en matière d’immigration. Il faut que ça passe. La date limite auto-imposée est le 1er juin.
Enfin, à la fin de juin, on attend les résultats de la simulation de crise de 2026 des grandes banques. Le rythme ne ralentit donc assurément pas ici à Washington; ce qui signifie qu’on aura beaucoup de choses à dire au moment d’enregistrer le balado Notre grain de sel de TD Cowen de juin. Sur ce, je tiens à remercier Janet et Scott d’avoir été nos invités ce mois-ci. Voilà qui conclut le balado Notre grain de sel de TD Cowen de mai. J’espère que vous serez tous à l’écoute le mois prochain. C’était Jaret Seiberg, de TD Cowen. Merci à tous.
Voix hors champ 1 :
Merci de nous avoir écoutés. Ne manquez pas le prochain épisode du balado Insights de TD Cowen.
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Directrice et analyste, Banques américaines à moyenne capitalisation, Valeurs Mobilières TD
Janet Lee
Directrice et analyste, Banques américaines à moyenne capitalisation, Valeurs Mobilières TD
Janet Lee
Directrice et analyste, Banques américaines à moyenne capitalisation, Valeurs Mobilières TD
Janet Lee est directrice et analyste, Banques américaines à moyenne capitalisation, et couvre le secteur des banques américaines à moyenne capitalisation à TD Cowen. Avant de se joindre à TD Cowen en janvier 2025, Mme Lee a travaillé sept ans chez JP Morgan, où elle était vice-présidente du secteur des banques américaines à moyenne et à petite capitalisation. Avant cela, elle était associée de recherche sur les actions dans les secteurs des banques américaines à moyenne capitalisation et des FPI hypothécaires/initiateurs de prêts hypothécaires. Elle est titulaire d’un baccalauréat ès sciences en relations internationales avec une majeure en économie internationale de l’Université Georgetown.
Directeur général et chef, ventes spécialisées, services financiers, Valeurs Mobilières TD
Scott Smith
Directeur général et chef, ventes spécialisées, services financiers, Valeurs Mobilières TD
Scott Smith
Directeur général et chef, ventes spécialisées, services financiers, Valeurs Mobilières TD
Scott Smith est directeur général et chef, ventes spécialisées, services financiers, Valeurs Mobilières TD, à New York. Il compte plus de 30 ans d’expérience dans les ventes institutionnelles et a dirigé les ventes spécialisées d’institutions financières à Credit Suisse et à BofA pendant 17 ans. Il a également travaillé dans les ventes spécialisées des services financiers à JPM et à Lehman Brothers. Il a commencé sa carrière dans la recherche sur les actions chez Lehman Brothers, où il a couvert le secteur des services d’entreprise, en mettant l’accent sur les sociétés de paiement. Scott est titulaire d’un baccalauréat en psychologie de l’Université Columbia.
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – analyste, Services financiers et Politiques, TD Cowen
Jaret Seiberg
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – analyste, Services financiers et Politiques, TD Cowen
Jaret Seiberg
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – analyste, Services financiers et Politiques, TD Cowen
Jaret Seiberg est un analyste des services financiers et de la politique du logement pour le Groupe de recherche de Washington de TD Cowen, qui a récemment été nommé premier dans la catégorie Institutional Investor Washington Strategy. Le Groupe a toujours été classé parmi les meilleures équipes de macro-politique au cours de la dernière décennie. Avant de se joindre à TD Cowen en août 2016, il a occupé des postes similaires au sein de Guggenheim Securities, de MF Global, de Concept Capital et de Stanford Financial Group. Il a commencé à suivre la politique financière au début des années 1990 en tant que journaliste couvrant les efforts du Congrès pour finaliser les dernières lois résultant de la crise de l’épargne et du crédit. Il a suivi la vague de fusions des années 1990 et l’abrogation de la loi Glass-Steagall en 1999 à titre de chef adjoint du bureau de Washington pour American Banker et chef du bureau de Washington pour The Daily Deal. Son domaine d’expertise à TD Cowen comprend les questions liées aux banques commerciales, au logement, aux paiements, aux services bancaires d’investissement, aux fusions et acquisitions, aux impôts, au Consumer Financial Protection Bureau, à la cryptomonnaie, au cannabis et à Capitol Hill.
M. Seiberg est titulaire d’un baccalauréat de l’American University et d’une maîtrise en administration des affaires de l’Université du Maryland à College Park. Il prend régulièrement la parole dans le cadre d’événements du secteur, est souvent cité dans les médias et fait des apparitions à CNBC et à Bloomberg TV.
Les documents préparés par le Groupe de recherche de Washington de TD Cowen sont des commentaires sur les conditions politiques, économiques ou de marché et ne sont pas des rapports de recherche au sens de la réglementation applicable.