Ce qu’un nouveau président de la Fed peut signifier pour les taux d’intérêt
Invités : Gennadiy Goldberg, chef, Stratégie de taux aux États-Unis, Valeurs Mobilières TD, et Scott Smith, directeur général et chef, Ventes spécialisées, Services financiers, Valeurs Mobilières TD
Animation : Jaret Seiberg, directeur général, Groupe de recherche sur Washington – analyste, Services financiers et Politiques, TD Cowen
L’analyste, Services financiers et Politiques de TD Cowen, Jaret Seiberg, anime le balado Notre grain de sel de TD Cowen. Ce mois-ci, il y aborde ce à quoi nous pouvons nous attendre de la part de Kevin Warsh, le choix du président Trump pour remplacer Jerome Powell à la présidence de la Fed. Pour nous aider à évaluer les répercussions sur les taux d’intérêt, nous faisons appel à Gennadiy Goldberg, chef, Stratégie de taux aux États-Unis, Valeurs Mobilières TD. Nous présentons également nos survols des marchés et de la politique et un aperçu de la politique financière pour le mois à venir.
Ce balado a été enregistré le 5 février 2026.
Voix hors champ 1 :
Bienvenue à Insights de TD Cowen. Un balado qui réunit des spécialistes qui offrent leur éclairage et leurs réflexions sur ce qui façonne notre monde. Rejoignez-nous pour écouter les esprits les plus influents de nos secteurs mondiaux.
Jaret Seiberg :
Bienvenue au balado financier Notre grain de sel, de TD Cowen. Je m’appelle Jaret Seiberg et je suis directeur général et analyste, Services financiers et Politiques pour le Groupe de recherche sur Washington, TD Cowen. Aujourd’hui, en compagnie de Gennadiy Goldberg, chef, Stratégie de taux, Valeurs Mobilières TD, on va se plonger dans la nomination de Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale américaine et dans la trajectoire attendue pour les taux d’intérêt au long de 2026. Comme toujours, on va commencer avec Scott Smith, mon partenaire à TD Cowen et notre représentant des ventes spécialisées en services financiers, qui va faire le point sur la situation du marché. Alors, Scott, qu’est-ce qui se passe d’intéressant?
Scott Smith :
Eh bien, merci beaucoup, Jaret. 2026 est devenue l’année des banques, en particulier des banques régionales qui, après une très longue période de sous-performance relative, par rapport aux sociétés à grande capitalisation bien sûr, atteignent actuellement de nouveaux sommets et voient leurs titres continuer de façon générale de se négocier à un cours plus élevé. Cela s’explique en partie par l’accentuation de la courbe des taux, en partie par les fusions et acquisitions, et en partie aussi par les commentaires génériques positifs relatifs aux bénéfices du quatrième trimestre concernant la trajectoire de croissance des prêts, ainsi que par un contexte réglementaire global un peu plus facile, ce dont je sais que vous avez parlé à de nombreuses reprises. Partout ailleurs, les choses sont beaucoup plus complexes. Le secteur de l’assurance a continué d’être un peu difficile. Depuis le début de l’année, c’est le secteur des technologies financières qui a connu le pire; il a souffert du dévissage d’un certain nombre d’actions individuelles, et l’effondrement plus récent dans le domaine des logiciels dans son ensemble a également pesé sur ce secteur. Ce changement s’est aussi répercuté sur certains gestionnaires d’actifs alternatifs. Et on commence maintenant à observer aussi quelques questionnements sur le crédit à la consommation. Donc pour le moment, tout tourne autour des banques américaines.
Jaret Seiberg :
Scott, au sein des banques, est-ce qu’on commence à différencier quels types de banques profitent le plus de la situation? Est-ce que ce sont les plus grandes, les BISM, les banques régionales, les petites banques, ou est-ce que cette montée entraîne toutes les banques dans son sillage?
Scott Smith :
Vous savez, Jaret, c’est vraiment une histoire de différenciation, depuis le début de l’année. On observe généralement les banques régionales par l’entremise du KRE, qui a progressé de 11,5 % sur l’année, tandis que le BKX, qui a tendance à plutôt intégrer les grandes banques, y compris des noms comme Goldman Sachs et Morgan Stanley, n’a progressé que de 4,2 %. Donc les gens sont vraiment à la recherche de ces banques régionales américaines qui profitent de la croissance des prêts et d’une accentuation de la courbe des taux, et cherchent peut-être un peu à délaisser les grandes banques qui profitent davantage de l’activité des marchés de capitaux et d’une vue d’ensemble du marché.
Jaret Seiberg :
Bon, Scott, lors de notre dernière conversation dans ce balado, on a parlé du crédit privé et des préoccupations à son sujet. Où est-ce qu’on en est un mois plus tard : on est moins préoccupés, plus préoccupés, ou ça n’a pas évolué? Quelle est l’ambiance du marché?
Scott Smith :
Disons qu’on a fait des allers-retours. On était moins préoccupés à la fin de 2025 et au début de 2026; un petit peu moins préoccupés. Ensuite, d’autres sociétés de développement des affaires ont subi des dépréciations importantes de leur valeur liquidative. Et à ce moment-là, je pense que ce qui a vraiment frustré les investisseurs, c’est que certains des titres de créance qui, il y a cinq ou six semaines, rapportaient 100 cents le dollar, sont soudainement passés cinq ou six semaines plus tard à un taux nul. Et ce type d’incertitude au sein du groupe fait qu’il est très difficile pour les gens d’avoir confiance dans les évaluations. Donc on n’en est pas au niveau d’hystérie observé au cours de la dernière période de 2025, mais c’est assurément pire que ça ne l’était vers la fin de l’année environ.
Jaret Seiberg :
Excellent. Bon. Eh bien, merci beaucoup d’avoir fait le point, Scott. Comme toujours, j’ai hâte à notre prochaine discussion pour notre balado Notre grain de sel de mars. Il est temps de passer maintenant à l’événement principal. Gennadiy Goldberg est chef, Stratégie de taux pour Valeurs Mobilières TD. C’est vraiment la bonne période pour un gourou des taux d’intérêt, car il semble que la Réserve fédérale ne va pas pouvoir éviter d’être sous les projecteurs. Le président a nommé un nouveau président de la Fed; le département américain de la Justice enquête sur le président actuel de la Fed; le président veut que les taux baissent drastiquement; et le président du Council of Economic Advisors vient de démissionner pour rester au sein de la Fed. Comme je l’ai dit, il se passe beaucoup de choses. Alors, Gennadiy, qu’est-ce qui se passe et qu’est-ce que tout ça signifie?
Gennadiy Goldberg :
Eh bien, merci de m’avoir invité, Jaret. Pour citer le film « Y a-t-il un pilote dans l’avion? », on dirait que j’ai choisi la mauvaise semaine pour arrêter de… Et je vous laisse finir la phrase. Vous avez raison, il se passe beaucoup de choses. En fait, la nomination de Kevin Warsh n’est que la cerise sur le gâteau. Mais vous savez, croyez-le ou non, ce qui compte vraiment pour les marchés, ce sont les paramètres fondamentaux. Il y a encore beaucoup beaucoup de bruit, mais si on examine un à un les paramètres macroéconomiques fondamentaux qui composent ce bruit, ça va bien. On a eu de meilleurs facteurs macroéconomiques que ce à quoi la plupart des gens s’attendaient à mon avis, donc la croissance a sans aucun doute été meilleure cette année qu’on aurait pu s’y attendre; meilleure que l’an dernier, c’est certain; mais il y a trois idées qui sont véhiculées et sur lesquelles je voudrais revenir très rapidement. La première, c’est que l’économie américaine reprend clairement du poil de la bête. Ce n’est pas le cas. Ce n’est vraiment pas ce à quoi on s’attend.
Le troisième et le quatrième trimestre ont été assez bons; la croissance au premier trimestre va être plutôt solide. Ce qu’on pense qu’il va finir par se passer, c’est que la croissance va juste rester correcte pendant au moins un mois ou deux, puis qu’elle va se stabiliser graduellement. Donc on n’est pas dans une situation d’accélération, mais plutôt dans un état qui reste tel qu’il est, ce qui me dit que les marchés ont déjà pas mal compté sur le scénario optimiste. Regardez par exemple les surprises qu’apporte le secteur des données; le premier trimestre s’accompagne d’une forte hausse saisonnière, il y a cette tendance à avoir des hausses saisonnières surprises. On ne pense pas que ça va durer plus que les prochaines semaines puis on devrait commencer à voir cette tendance s’inverser, ce qui signifie que les taux ont probablement suffisamment augmenté pour pouvoir intégrer une grande partie de cette information.
Les points 2 et 3 sur lesquels je vais revenir, c’est tout d’abord l’idée selon laquelle les tendances en matière d’émission aux États-Unis sont complètement insoutenables. Scott Bessent est probablement le meilleur ami qu’un marché obligataire puisse espérer. Il fera tout ce qui est en son pouvoir, et peut-être aussi certaines choses qui ne relèvent pas de son pouvoir, pour faire baisser les taux d’intérêt. Et c’est ça, le point important à retenir. Qu’est-ce qu’ils font? Ils orientent leur schéma d’émission vers le segment à court terme de la courbe. C’est là qu’il y a de la demande. Qu’est-ce qu’ils font? Ils appliquent donc leur propre petite version à eux d’une opération twist en rachetant des titres à environ huit ans et en émettant des titres à environ cinq ans. Et il y a la Fed qui est en fait maintenant un acheteur net, alors qu’elle était un vendeur net l’an dernier quand elle a réduit la taille de son bilan. Donc les tendances en matière d’émission ne sont pas si mauvaises que ça. L’offre nette diminue cette année, en réalité. Donc, malgré toutes les inquiétudes concernant le déficit de 6 % du PIB, ce qui, j’en conviens, est insoutenable à long terme, on peut tout à fait tenir ça au cours des deux prochaines années, et ça devrait être acceptable pour les marchés obligataires.
Le troisième point concerne l’idée d’une absence de demande étrangère. Chaque fois qu’on rajoute une couche d’agitation de la part de Washington ou chaque fois que le président se manifeste, on se retrouve face à de nouveaux questionnements quant à savoir si les États-Unis sont la voie principale vers une sécurité des devises et des actifs. La question des devises demeure sans aucun doute ouverte, mais du côté des taux d’intérêt, au moins, nous n’avons pas vraiment vu d’investisseurs étrangers vendre. J’irais même plus loin; on a en réalité pu voir les investisseurs étrangers tout acheter l’année dernière, dans la foulée du jour de la libération. Je pense qu’ils vont continuer d’acheter. On a vu des investisseurs nationaux, des fonds monétaires, des FNB, des fonds communs de placement, des régimes de retraite et des banques acheter. Tout le monde a acheté des bons du Trésor. La demande est donc en fait très forte. Tout cela rassemblé, on estime encore que les taux baisseront d’ici la fin de l’année. Évidemment, tout dépend de la rapidité à laquelle la Fed réduit ses taux. Selon nous, elle va procéder à trois autres baisses.
On attend d’autres données économiques, qui ont malheureusement encore une fois été retardées par une autre fermeture gouvernementale, mais heureusement, cela n’a pas duré très longtemps cette fois-ci. Donc dans l’ensemble, on pense toujours que les taux d’intérêt vont baisser. En fait, à notre avis, la courbe va aussi s’aplatir un peu au cours de l’année. On pense avoir tout simplement atteint la pente maximum de la courbe; voilà où on en est, je dirais, avant même que Kevin Warsh fasse partie de l’équation.
Jaret Seiberg :
D’accord. Eh bien, si on passait au côté feuilleton de tout cela, maintenant. Ce que je veux dire, c’est que d’habitude, quand on pense à la Fed, ce n’est pas un feuilleton télé qui nous vient à l’esprit; mais on est vraiment dans une sorte de psychodrame. Il y a le président de la Fed qui a dévoilé, dans une vidéo de fin de soirée qu’il a publiée, qu’une enquête du département américain de la Justice était en cours. Il y a des sénateurs qui bloquent tout simplement tous les candidats à la présidence de la Fed jusqu’à ce que cette enquête aboutisse. Il y a le président de la commission sénatoriale des banques qui a déclaré que ce pour quoi Powell faisait l’objet d’une enquête n’était, selon lui, pas un crime. Et en plus de tout cela, il y a la nomination de Kevin Warsh. On ne sait pas vraiment quel siège il va occuper, parce qu’on ne sait pas vraiment si Powell va partir. Que de mélodrames. Qu’est-ce qu’on doit faire de ça? Est-ce que c’est normal?
Gennadiy Goldberg :
Non, ce n’est certainement pas normal, selon moi. On dirait plus un épisode de L’Apprenti qu’autre chose. Mais ce qu’on observe, c’est une politisation de la Réserve fédérale américaine, en quelque sorte. On n’en a pas encore vu les répercussions pour l’instant. En tout cas, pas selon moi. La Fed est encore relativement apolitique. Ou du moins, la prise de décisions n’est pas politisée, pour les personnes qui craignent qu’elle ne soit en train de le devenir. Il n’y a quasiment personne là-bas, et je ne vais pas vous dire qui a une teinte un peu plus politique selon moi, mais il n’y a quasiment personne là-bas qui pense en termes politiques, dont le processus décisionnel est dicté uniquement par la politique. Les membres de la Fed veulent encore faire ce qu’il y a de mieux pour le pays, ce qui signifie, encore une fois, réduire graduellement les taux d’intérêt pour atteindre un niveau neutre, ce qui, à notre avis, correspond dans leur esprit à 3 %. Bon, il reste encore trois réductions possiblement prévues au cours de l’année.
Maintenant, que signifie une attitude relativement plus conciliante, quand on parle de la Fed? Eh bien, est-ce que Kevin Warsh est conciliant? Ce n’est pas clair. Fondamentalement, il a passé tout le reste de sa carrière après le Federal Open Market Committee à critiquer la Réserve fédérale américaine de façon musclée. Il est aussi du genre à préférer un petit bilan. C’est ce qui inquiète les marchés : on ne sait pas quelle version de Kevin Warsh va occuper le poste. Ceci étant, il est entre le marteau et l’enclume. Pour obtenir le poste, il devait être conciliant; excessivement conciliant. Et Trump a indiqué très clairement que Warsh avait été nommé à ce poste pour réduire les taux d’intérêt. À notre avis, il va exercer des pressions en ce sens.
Jaret Seiberg :
Gennadiy, j’ai cru entendre Trump dire qu’il poursuivrait Kevin Warsh si celui-ci ne réduisait pas les taux.
Gennadiy Goldberg :
Eh bien, je crois que le discours initial était : « Je ne vais pas lui dire quoi faire, mais il sait ce qu’il doit faire. » Et ensuite il a promis de le poursuivre. C’est une de ces situations qui constituent à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Comme le gouverneur Miran l’a dit, le côté négatif de faire partie de la Fed, c’est qu’on est une personne parmi 12, ce qui, pour les marchés, constitue le côté positif : Kevin Warsh ou Steven Miran est une personne parmi les 12. Tous les deux doivent convaincre le reste du comité de faire ce qu’ils jugent juste. Et je dirais qu’ils vont partir de loin. Ils doivent acquérir une certaine crédibilité. Ils doivent convaincre le comité qu’il nous faut un bilan plus petit ou des taux d’intérêt nettement plus bas. Je pense que bon nombre des choses qui préoccupent les marchés se dérouleront au fil du temps, pas nécessairement dès le premier jour.
Alors, est-ce que Kevin Warsh va pousser en faveur d’une réduction des taux d’intérêt? Oui, très probablement, de façon raisonnable. Je pense aussi qu’il ne veut pas laisser l’inflation galoper. S’il y a des inquiétudes quant à une possible inflation, il aura des difficultés à convaincre le reste du comité que des réductions de taux sont nécessaires. Le problème avec le bilan et le fait qu’il n’aime pas les grands bilans, c’est que cela va directement à l’encontre de l’objectif de l’administration et de Scott Bessent, qui est de faire baisser les taux d’intérêt. Comment est-ce que ça va se passer? Cela se fera sur une très longue période. On en a déjà parlé tous les deux auparavant. Ils vont devoir réduire la réglementation bancaire, ce qui incitera les banques à conserver une grande quantité de réserves dans leur bilan; cela va prendre au moins quelques années. Et ce n’est qu’à ce moment-là qu’ils pourront réellement essayer de réduire le bilan à hauteur d’une partie du PIB ou des actifs bancaires.
C’est la seule vraie façon de faire. Je doute qu’on observe un revirement massif du bilan. On s’attend toujours à ce que la Fed continue d’acheter à des fins de gestion des réserves. On s’attend à ce qu’elle ralentisse ses achats en avril, mais à ce que les achats restent l’orientation principale pour au moins un an ou deux. On ne pense pas qu’il y aura un grand revirement. Qu’est-ce que tout ça signifie pour les marchés? Il y a quelqu’un d’autre au sein du Federal Open Market Committee qui milite pour plus de réductions de taux, donc il y a quelqu’un d’autre qui est conciliant. Mais si vous regardez la rotation des droits de vote, par exemple Lorie Logans, Beth Hammacks, il y a beaucoup de membres qui entrent dans la rotation des droits de vote, qui sont belliqueux. Il va falloir convaincre le reste du comité; c’est vraiment le comité qui prend les décisions et il va falloir un certain temps pour convaincre ses membres.
Donc, je ne sais pas. Cela va simplement créer plus de flottement sur les marchés. Cela nous ramène vraiment à la façon dont les paramètres fondamentaux se comportent. C’est vraiment ça qui compte. Si c’est mitigé, Kevin Warsh pourra y aller franchement et faire pression en faveur d’une réduction de taux et la faire adopter. S’il est très évident que le marché n’a pas besoin d’une baisse de taux et que l’économie n’en a pas besoin non plus, il va être difficile pour lui de la faire adopter. Et les marchés vont en fait apprécier ça parce qu’ils aiment avoir une banque centrale indépendante et qu’ils aiment que les attentes d’inflation à long terme soient maîtrisées comme elles le sont actuellement.
Jaret Seiberg :
Gennadiy, on va parler de l’une des grandes priorités de Trump, c’est-à-dire les taux hypothécaires. On entend souvent le président ou le secrétaire au Trésor dire à quel point il est important de faire en sorte que les taux hypothécaires commencent à 5,00 % plutôt qu’à 6,00 %. Cela fait certainement partie du discours à l’approche des élections de mi-mandat. Il y a deux choses que Warsh pourrait faire en tant que président de la Réserve fédérale. Il pourrait agir plus rapidement pour réduire les taux sur le segment à court terme de la courbe et espérer que le segment à long terme suive progressivement; il pourrait peut-être même commencer par une réduction de 50 points de base, ce qu’il pourrait faire dès le départ, puis ne plus bouger pendant un certain temps. Il pourrait parler de ce qu’ils vont faire de leurs placements dans des TACH de GSC. Est-ce que vous voyez quelque chose aller dans ce sens? Sinon, comment est-ce qu’on devrait envisager les taux hypothécaires avec Warsh?
Gennadiy Goldberg :
Pour faire baisser les taux d’intérêt, il faut aussi abaisser les taux hypothécaires. Malheureusement, c’est là que l’élaboration des politiques manque en ce moment fortement d’uniformité à la Maison-Blanche. Il y a l’annonce selon laquelle Fannie and Freddie allaient acheter 200 milliards de dollars en prêts hypothécaires, qui a été suivie des menaces contre le Groenland. Et cela a en gros balayé tous les effets bénéfiques liés à cette annonce, qu’on avait observés jusqu’à maintenant sur le marché. Et donc, les écarts de taux des prêts hypothécaires, c’est-à-dire l’écart entre les taux hypothécaires et les taux des obligations du Trésor américain à 10 ans, se sont resserrés après cette annonce, aux alentours de 20 points de base. Ensuite, les menaces à l’encontre du Groenland ont commencé, ce qui a en gros balayé tous les effets bénéfiques. Pour un bref moment, les taux hypothécaires ont été inférieurs à 6 %; ils ont obtenu exactement ce qu’ils voulaient. Une réduction de 50 points de base ne se produira probablement pas, à moins que quelque chose ne tourne très mal. Dans ce cas, le reste du comité devra d’agir. La pente de la courbe va certainement s’accentuer : on observera une forte accentuation de l’écart de taux, ce qui signifie que tous les taux vont baisser et que la pente de la courbe va s’accentuer. Ce ne serait pas le pire des scénarios.
Le problème, c’est qu’actuellement, je vois plutôt Scott Bessent avoir plus d’impact sur les taux d’intérêt que la Fed. Elle peut bien réduire ses taux encore trois fois; deux de ces réductions sont déjà prises en compte. Cela ne fera pas une grande différence. Ce que Scott Bessent peut faire, et ils y ont un peu fait allusion lors de la dernière réunion de refinancement d’hier, c’est de menacer de réduire les options de termes à 20 et 30 ans [inaudible 00:15:49]; ça aiderait. L’une des façons d’aplatir la courbe, d’abaisser les taux d’intérêt à long terme, c’est de réduire la quantité d’émissions de prêts à 20 et 30 ans. Ils peuvent très facilement brandir cette menace.
Ils peuvent aplatir considérablement la courbe des taux. Je pense que la raison pour laquelle Scott Bessent garde ça dans sa manche, je ne cesse de dire que sa dernière carte maîtresse est de réorganiser les émissions de prêts hypothécaires, c’est parce qu’il veut attendre qu’on en ait vraiment, vraiment besoin. Si les taux d’intérêt ont l’air de s’envoler, c’est vraiment ce genre de carte qu’il jouera. Mais il peut brandir cette menace et y faire allusion dans ses interviews avec les médias, par exemple. Je pense donc que Scott Bessent est en ce moment probablement plus en mesure que la Fed de faire baisser les taux d’intérêt, simplement en modifiant la cadence des émissions et en changeant des choses à la marge. Je ne pense pas qu’ils s’orienteront vers un assouplissement quantitatif, mais on a déjà le Trésor qui, comme je l’ai mentionné plus tôt, applique sa propre petite version à lui d’une opération twist. Je ne pense pas que la Fed va faire de même, parce que c’est un sacré coup de pouce pour l’instant… À moins, encore une fois, que quelque chose tourne très mal, ce qui n’est pas notre scénario de base.
Donc, ils sont un peu pris entre le marteau et l’enclume. Vous l’avez déjà dit, l’administration lance tout ce qu’elle peut contre le mur et voit ce qui tient sur le plan de l’abordabilité. Est-ce que c’est ou non une mystification; ils essaient de régler ce problème d’abordabilité et ils essaient de faire en sorte qu’on les voit à la manœuvre. Je pense vraiment que, pour le moment, Scott Bessent dispose de plus d’outils que la Fed pour abaisser les taux d’intérêt et il va essayer de les utiliser.
Jaret Seiberg :
Très bien, Gennadiy, dernière question. À la fin de l’année, quel sera le taux hypothécaire à 30 ans?
Gennadiy Goldberg :
Je pense que d’ici la fin de l’année, on sera juste au-dessus de 5 %, probablement autour de 5,25. Bon, de notre point de vue, il est certain que les taux à 10 ans vont baisser pour atteindre environ 3,5 %. On est bien en deçà du consensus du marché. On examinera ça lorsqu’on se penchera sur nos prévisions à l’égard des décisions de la Fed, quand d’autres données seront disponibles. On pourrait se rapprocher de 5,5. Ce n’est pas beaucoup. 5 %, c’est très bien. En tout cas, selon moi. Je pense que ça encouragera un petit regain d’activité dans le secteur du logement, mais il y a encore 55 % du pays qui a bloqué des taux hypothécaires de 4 % ou moins. C’est donc vraiment une question psychologique pour l’instant. Est-ce que quelqu’un avec un prêt hypothécaire à 3 % est prêt à bouger? Est-ce qu’il est prêt à aller de l’avant dans sa vie avec une augmentation de 250 points de base des taux hypothécaires? Chaque point de base gagné pour réduire cet écart aide. Donc j’espère qu’on atteindra un taux juste au-dessus de 5 %; 5,5 serait encore acceptable, et selon moi, on pourrait se dire que c’est une petite victoire compte tenu du contexte.
Jaret Seiberg :
Excellent. Gennadiy, vous êtes formidable, comme toujours. Merci d’avoir été des nôtres aujourd’hui. J’apprécie beaucoup.
Gennadiy Goldberg :
Merci de l’invitation.
Jaret Seiberg :
On va conclure notre balado d’aujourd’hui en revenant sur l’actualité à Washington en matière de finances et de logement.
Au cours des dernières semaines, le président a réitéré sa demande de mise en place d’un plafond de 10 % sur les taux d’intérêt des cartes de crédit. Il me paraît peu probable qu’une telle loi soit adoptée, mais je surveille si les banques lancent des offres de transfert de solde ou des produits similaires pour offrir une réduction des taux d’intérêt semblable aux emprunteurs qui utilisent des cartes de crédit. Au minimum, c’est quelque chose que le marché surveille et sur quoi on va se pencher à l’avenir.
En ce qui concerne les frais d’interchange des cartes de crédit, le sénateur Roger Marshall a tenté d’ajouter une disposition au projet de loi sur la structure du marché des cryptomonnaies, alors que celui-ci progressait auprès du Comité sénatorial de l’agriculture. Bien que le sénateur ait retiré l’amendement compte tenu de l’opposition républicaine, je pense que cette lutte va se poursuivre et que les sénateurs Marshall et Dick Durbin vont de nouveau essayer de l’intégrer dans à peu près n’importe quel autre projet de loi qui pourrait être adopté par le Sénat.
Enfin, en ce qui concerne le logement, il s’agit toujours d’une question prioritaire à Washington. Le président a ordonné à Fannie Mae and Freddie Mac d’acheter 200 milliards de dollars de leurs propres TACH dans le but de tenter de réduire les taux hypothécaires. Je m’attends à ce que le président insiste pour que des politiques supplémentaires soient mises en place pour stimuler le secteur du logement à l’approche des élections de mi-mandat. Je pense que son discours sur l’état de l’Union à la fin de février nous permettra probablement d’obtenir plus de détails sur ces autres politiques. Selon moi, l’objectif global est d’essayer de réduire les paiements mensuels et, par conséquent, de faire en sorte que les acheteurs moyens puissent davantage se permettre d’acheter une propriété.
Si on se projette dans le calendrier, on peut constater qu’il va rester très chargé sur le plan de la politique financière. Un certain nombre d’audiences de la Chambre sont prévues à la fin de février et seront consacrées au logement et à la surveillance de la SEC. On va particulièrement surveiller une audience du 11 février qui portera sur le marché des prêts hypothécaires secondaires, compte tenu de l’importance de ce sujet dans le domaine du financement du logement. On surveille aussi la cour d’appel des États-Unis concernant une affaire qui met en cause les efforts du président pour mettre fin aux activités du CFPB. Cela pourrait vraiment nous dire à quoi ressemblera l’application des lois sur les crédits à la consommation au niveau fédéral d’ici la fin du mandat du président.
On attend également une possible décision de la Cour suprême dans l’affaire Lisa Cook. La gouverneure Cook siège au conseil d’administration de la Réserve fédérale américaine. Le président a tenté de la révoquer pour un juste motif et la Cour suprême doit décider si le président a précisément ce pouvoir et, dans l’affirmative, s’il a le pouvoir de porter des accusations impliquant une demande de prêt hypothécaire, et ainsi lui permettre de justifier une révocation pour un juste motif.
Enfin, je pense que la Chambre des représentants et le Sénat vont adopter un projet de loi sur le logement, qui devrait stimuler le secteur de la construction de logements préfabriqués. Ils ont aussi des discussions pour favoriser les réformes du zonage. Il semble que la Chambre des représentants va probablement agir en premier et que le Sénat suivra à la fin de février ou en mars. Sur ce, on va conclure l’édition de février de notre balado. Merci beaucoup de nous avoir écoutés et pensez à surveiller la diffusion de l’épisode de mars, à cette période environ, le mois prochain. Merci. Je vous souhaite une bonne journée.
Voix hors champ 1 :
Merci de nous avoir écoutés. Ne manquez pas le prochain épisode du balado Insights de TD Cowen.
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Gennadiy Goldberg
Chef, Stratégie de taux aux États-Unis, Valeurs Mobilières TD
Gennadiy Goldberg
Chef, Stratégie de taux aux États-Unis, Valeurs Mobilières TD
Gennadiy est chef de la Stratégie de taux aux États-Unis. Il commente les taux d’intérêt et l’économie américaine en se concentrant sur les titres du Trésor, les swaps, les obligations indexées sur l’inflation et les titres de créance d’institutions supranationales et d’organismes gouvernementaux. Il s’intéresse également à la dynamique budgétaire américaine, aux problèmes de fonctionnement de la politique monétaire et aux marchés des taux à court terme. Il s’est classé dans le top cinq dans la catégorie de la stratégie relative à la dette d’agences fédérales dans les sondages concernant les meilleures équipes de recherche sur les titres à revenu fixe aux États-Unis du magazine Institutional Investor entre 2017 et 2021.
Directeur général et chef, ventes spécialisées, services financiers, Valeurs Mobilières TD
Scott Smith
Directeur général et chef, ventes spécialisées, services financiers, Valeurs Mobilières TD
Scott Smith
Directeur général et chef, ventes spécialisées, services financiers, Valeurs Mobilières TD
Scott Smith est directeur général et chef, ventes spécialisées, services financiers, Valeurs Mobilières TD, à New York. Il compte plus de 30 ans d’expérience dans les ventes institutionnelles et a dirigé les ventes spécialisées d’institutions financières à Credit Suisse et à BofA pendant 17 ans. Il a également travaillé dans les ventes spécialisées des services financiers à JPM et à Lehman Brothers. Il a commencé sa carrière dans la recherche sur les actions chez Lehman Brothers, où il a couvert le secteur des services d’entreprise, en mettant l’accent sur les sociétés de paiement. Scott est titulaire d’un baccalauréat en psychologie de l’Université Columbia.
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – analyste, Services financiers et Politiques, TD Cowen
Jaret Seiberg
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – analyste, Services financiers et Politiques, TD Cowen
Jaret Seiberg
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – analyste, Services financiers et Politiques, TD Cowen
Jaret Seiberg est un analyste des services financiers et de la politique du logement pour le Groupe de recherche de Washington de TD Cowen, qui a récemment été nommé premier dans la catégorie Institutional Investor Washington Strategy. Le Groupe a toujours été classé parmi les meilleures équipes de macro-politique au cours de la dernière décennie. Avant de se joindre à TD Cowen en août 2016, il a occupé des postes similaires au sein de Guggenheim Securities, de MF Global, de Concept Capital et de Stanford Financial Group. Il a commencé à suivre la politique financière au début des années 1990 en tant que journaliste couvrant les efforts du Congrès pour finaliser les dernières lois résultant de la crise de l’épargne et du crédit. Il a suivi la vague de fusions des années 1990 et l’abrogation de la loi Glass-Steagall en 1999 à titre de chef adjoint du bureau de Washington pour American Banker et chef du bureau de Washington pour The Daily Deal. Son domaine d’expertise à TD Cowen comprend les questions liées aux banques commerciales, au logement, aux paiements, aux services bancaires d’investissement, aux fusions et acquisitions, aux impôts, au Consumer Financial Protection Bureau, à la cryptomonnaie, au cannabis et à Capitol Hill.
M. Seiberg est titulaire d’un baccalauréat de l’American University et d’une maîtrise en administration des affaires de l’Université du Maryland à College Park. Il prend régulièrement la parole dans le cadre d’événements du secteur, est souvent cité dans les médias et fait des apparitions à CNBC et à Bloomberg TV.
Les documents préparés par le Groupe de recherche de Washington de TD Cowen sont des commentaires sur les conditions politiques, économiques ou de marché et ne sont pas des rapports de recherche au sens de la réglementation applicable.