Invités : Frank McKenna, Président suppléant, Valeurs Mobilières TD, et Chris Krueger, Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste en macroéconomie, commerce, fiscalité et politique fiscale, TD Cowen
Animation : Peter Haynes, Directeur général et chef, Recherche, Structure des marchés et indices, Valeurs Mobilières TD
Dans l’épisode 69, Frank invite Chris Krueger, stratège au sein du Groupe de recherche sur Washington de TD Cowen, au balado pour parler de l’évolution rapide de la situation à Washington, y compris la fermeture du gouvernement, les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, et le bilan de la récente rencontre entre le président Trump et le président ukrainien Zelensky, à la Maison-Blanche. Frank décrit les négociations commerciales comme un processus laborieux, étant donné que les deux pays ont des économies incroyablement interreliées ainsi que des relations complexes en matière de commerce et de sécurité. Les pipelines font de nouveau les manchettes et Frank évalue les avantages et les inconvénients de relancer Keystone XL ou de construire un pipeline pour rejoindre la côte nord de la Colombie-Britannique et poursuivre l’expansion de l’infrastructure existante. Chris explique les notions de base du redécoupage électoral partisan et ses répercussions sur les élections de mi-mandat à notre auditoire principalement canadien. Les deux experts géopolitiques terminent la discussion sur le bien-fondé de décerner un prix Nobel de la paix à Trump et la fin potentielle de la guerre en Ukraine.
| Chapitres: | |
|---|---|
| 1:31 | Négociations commerciales laborieuses entre le Canada et les États-Unis |
| 13:39 | M. Carney : trouver l’équilibre avec les premiers ministres du Canada |
| 17:09 | Rétablir les faits sur les revenus des droits de douane |
| 22:20 | Le retour des pipelines dans l’actualité canadienne |
| 29:07 | La fermeture du gouvernement à Washington expliquée |
| 33:53 | La fermeture de l’usine de Stellantis à Brampton est-elle un signal d’alarme? |
| 38:33 | Le redécoupage électoral partisan sans limites |
| 43:41 | Négociations de paix au Moyen-Orient et en Ukraine |
Ce balado a été enregistré le 20 octobre 2025.
[MUSIQUE]
CHRIS KRUEGER : Si les droits de douane de l’IEEPA sont rejetés par la Cour suprême à la fin de l’année, le Trésor américain accusera un manque à gagner d’environ 200 milliards de dollars.
[MUSIQUE]
PETER HAYNES : Bienvenue à l’épisode 69 de Géopolitique, en compagnie de l’honorable Frank McKenna. Je m’appelle Peter Haynes et je suis l’animateur de ce balado dans lequel on va discuter des grands enjeux géopolitiques qui touchent les investisseurs, les négociateurs et les citoyens intéressés de partout dans le monde, d’ailleurs. Ce mois-ci, on accueille de nouveau notre bon ami et collègue Chris Krueger, stratège au sein du Groupe de recherche sur Washington de TD Cowen, pour nous aider à comprendre certains des changements rapides qui se produisent à Washington, où chaque jour réserve son lot de surprises. Chris, bienvenue de nouveau dans le balado.
CHRIS KRUEGER : C’est un plaisir d’être avec vous.
PETER HAYNES : Est-ce que je me trompe quand je dis que chaque jour réserve son lot de surprises?
CHRIS KRUEGER : C’est tout à fait vrai.
PETER HAYNES : Bien. On a du pain sur la planche, mais Frank, vous devez me dire, puisque je sais ce que vous avez fait dernièrement… Comment ça va?
FRANK MCKENNA : Très bien.
PETER HAYNES : Ça ira peut-être encore mieux ce soir selon le résultat des Jays lors du septième match.
FRANK MCKENNA : [RIRES] Si ça continue, je risque de faire une crise cardiaque. C’est pour ça que j’aimerais que ça se termine pour enfin reprendre ma vie normale et ennuyeuse.
PETER HAYNES : Oui. Beaucoup de gens estiment que les Jays ont fait un excellent parcours. On va y revenir à la fin de cet épisode. Ce mois-ci, mon plan d’action consiste à faire des va-et-vient entre le Canada et les États-Unis, mais aussi à consacrer un peu de temps à l’accord de paix au Moyen-Orient et à suivre les préparatifs en vue du prochain sommet Trump-Poutine en Hongrie. Tout d’abord, Frank, j’aimerais qu’on commence par parler des relations entre le Canada et les États-Unis.
La semaine dernière, j’ai assisté à une conférence à Washington, et l’un des conférenciers était le représentant républicain du Michigan, Bill Huizenga. Il venait de s’entretenir avec l’ambassadeur au Canada, Pete Hoekstra, pour qui il a déjà travaillé, j’imagine. Le message que M. Hoekstra a relayé à l’issue de la récente réunion à la Maison-Blanche entre le président Trump et M. Carney était plutôt optimiste, laissant entendre que les deux pays pourraient parvenir à un accord commercial et de sécurité mutuellement bénéfique. Je me demande, Frank, si vos sources vous transmettent le même message? Et que va-t-il advenir des relations entre le Canada et les États-Unis?
FRANK MCKENNA : À vrai dire, on a déjà une relation commerciale et de sécurité avec le NORAD, ainsi que de nombreuses autres formes de coopération en matière de sécurité. On exporte la majeure partie de notre pétrole vers les États-Unis, ainsi que la quasi-totalité de nos ressources naturelles. De plus, il y a l’ACEUM, qui est un accord commercial exécutoire. À priori, tout est déjà en place. C’est même le président lui-même qui a négocié l’ACEUM.
En réalité, les discussions portent sur l’adoption de l’ACEUM et la suppression de certaines de ses dispositions, accordant ainsi des exceptions aux Américains. On se bat bec et ongles pour essayer de trouver une entente, et je dirais que les pourparlers sont constructifs. J’ai parlé à notre négociateur aujourd’hui même. On peut dire que notre engagement est constructif. Je n’utiliserais peut-être pas le terme « optimiste », mais je ne suis certainement pas pessimiste quant à la situation telle qu’elle est actuellement.
PETER HAYNES : En tant que Canadiens… je vais prêcher un instant pour ma paroisse… Qu’est-ce qu’on attend d’un accord? Évidemment, on sait qu’on a déjà le meilleur accord commercial avec les États-Unis en ce qui concerne les droits de douane moyens. Que doit faire Carney pour convaincre le Canada que c’est la meilleure solution pour le pays?
FRANK MCKENNA : Je pense que c’est en goûtant qu’on saura si c’est bon. Il y a quatre ou cinq irritants sur lesquels il faut travailler et qui sont extrêmement préoccupants pour le Canada, et même pour les États-Unis. Ces irritants sont bien connus des Canadiens, et sans doute également des Américains. L’aluminium. Les Américains paient maintenant 50 % de plus pour leur aluminium parce qu’il provient du Canada, et ils n’ont pas vraiment d’autres sources d’aluminium, en tout cas pas chez eux.
On m’a dit qu’il faudrait environ 20 ou 30 barrages Hoover remplis d’eau pour produire la quantité d’électricité nécessaire aux États-Unis. Tout le monde sait que c’est un obstacle majeur. Les États-Unis comptent sur nous, à mon avis, pour se soulager un petit peu. Le secteur de l’acier représente un défi particulièrement complexe et difficile pour nous. Nos producteurs d’acier sont en grande difficulté, et un certain nombre de mesures sont prises à cet égard, mais il faut tout de même trouver un compromis.
L’automobile. L’un des accords tripartites les plus intégrés et les plus efficaces au monde a été totalement rompu, ce qui crée des tensions chez les constructeurs automobiles. On essaie de trouver une solution à ce problème, ainsi qu’à celui du bois d’œuvre résineux, qui a entraîné une augmentation du prix des maisons aux États-Unis pouvant atteindre 11 000 dollars par maison en raison des droits de douane élevés imposés sur le bois d’œuvre canadien. Et maintenant, l’administration américaine les a étendus aux meubles et à d’autres articles comme les armoires de cuisine. Notre famille est directement concernée.
Donc ça fait beaucoup d’irritants. On progresse, mais c’est laborieux. Toutefois, les États-Unis sont fortement dépendants des droits de douane sous la présidence actuelle, et leur marge de manœuvre est limitée, en raison des nombreuses négociations commerciales en cours avec divers pays à travers le monde. Chacun de ces accords doit être signé personnellement par le président. Je dirais donc qu’on progresse, lentement, péniblement, mais sûrement.
PETER HAYNES : Tant mieux. Quelques autres points ont été abordés lors de la présentation de M. Huizenga, à laquelle plusieurs Canadiens ont assisté. Chose quelque peu frustrante pour les Canadiens, il a de nouveau mentionné la nécessité pour nos politiciens de, je cite, « modérer leurs propos » à l’égard des États-Unis et du président Trump. Il a également évoqué la nécessité pour le Canada de s’efforcer de réduire les barrières commerciales interprovinciales, un sujet dont on a déjà discuté dans ce balado.
Cet enjeu a suscité une vive attention au début de la guerre commerciale, mais il s’est peu à peu essoufflé. Frank, pouvez-vous faire le point sur les efforts déployés par le gouvernement canadien, notamment par le premier ministre Carney, pour réduire les obstacles au commerce interprovincial? Pensez-vous que les Canadiens doivent faire davantage d’efforts et atténuer leurs propos?
FRANK MCKENNA : Je pense que le représentant manque de tact en faisant cette déclaration. Le président Trump n’arrête pas de parler d’un 51e État. Si l’on utilisait ce genre de vocabulaire à l’égard des États-Unis, ils seraient consternés. Ils seraient extraordinairement en colère. Le président est même allé plus loin que ça en déclarant clairement que le Canada n’apportait rien à la relation. Qu’on n’avait rien à offrir aux États-Unis.
Ça fait mal. C’est comme être en ménage et dire à son partenaire qu’il n’a rien apporté au mariage en 40 ou 50 ans. C’est très dur à entendre pour nous. Il y a également l’une des mesures les plus préjudiciables qui soient, à savoir l’imposition de droits de douane de 35 % sur nos produits, en raison de la prétendue menace du fentanyl provenant du Canada. C’est tout simplement un mensonge pur et dur.
À l’heure où l’on parle, 10 000 soldats américains sont déployés dans les Caraïbes, faisant sauter des bateaux, soi-disant parce qu’ils transporteraient de la drogue. Il n’y a absolument personne, pas même un boy-scout, à la frontière canado-américaine en ce qui concerne le fentanyl, car il n’y a tout simplement pas de fentanyl. S’il y en a, c’est à dose infinitésimale. Donc il n’y a rien ici, et pourtant on paie des droits de douane de 35 % pour cette fiction selon laquelle notre pays serait un fournisseur de fentanyl.
Enfin, le gouvernement canadien n’a pas grand-chose à dire sur la réaction des citoyens canadiens. Ils réagissent spontanément. Ils sont en colère. Ils sont blessés. Ils se sentent trahis par leur meilleur ami, leur voisin, leur partenaire, et ils en tiennent compte dans leurs choix de consommation. C’est pourquoi le gouvernement ne peut pas faire marche arrière et décider de revenir à l’achat exclusif de produits américains sous prétexte que les Américains ne sont pas contents.
Ce n’est qu’une conséquence des discours incendiaires. Rapidement, en ce qui concerne le commerce interprovincial, le gouvernement du Canada a fait ce qu’il avait dit qu’il ferait, c’est-à-dire présenter une loi pour éliminer les barrières commerciales provinciales résultant des lois fédérales. Les provinces ont conclu de nombreux accords parallèles entre elles afin de réduire les obstacles. À mon avis, elles ne sont pas allées suffisamment loin.
Elles en parlent pour la forme, mais ne vont pas aussi loin qu’elles le pourraient. Il leur faudra subir une pression beaucoup plus forte, qui pourrait venir des électeurs canadiens qui leur demanderaient d’en faire davantage, ou bien le gouvernement du Canada pourrait simplement dire :
« On transfère des dizaines de milliards de dollars chaque année à condition de supprimer les barrières commerciales interprovinciales. » Le chemin est encore long. Même la communication des données de santé n’est pas fluide à l’échelle du pays. On est encore loin d’avoir éliminé les barrières commerciales interprovinciales, malgré ce qu’en disent les premiers ministres.
PETER HAYNES : Il faudrait que cette question demeure une priorité et qu’on ne la laisse pas de côté tant que des progrès n’auront pas été réalisés. Chris, à la suite de la rencontre entre le premier ministre Carney et le président Trump la semaine dernière, le premier ministre a indiqué qu’à l’avenir, tous les aspects du commerce avec les États-Unis ne seraient pas régis par l’accord trilatéral ACEUM auquel Frank faisait référence. Pensez-vous que ça signifie que l’accord ACEUM va être abandonné l’année prochaine au profit d’accords bilatéraux négociés séparément entre les trois pays?
CHRIS KRUEGER : Je pense que l’incertitude demeure. Les négociations commerciales entre les États-Unis et le Canada suivent manifestement deux trajectoires distinctes. La grande question va être de savoir si ces trajectoires vont se rejoindre en juin ou juillet prochains, au moment de la révision obligatoire de l’ACEUM qui est prévue au bout de six ans. Pour être honnête, on s’attendait, en marge des réunions Banque mondiale–FMI de la semaine dernière, à voir émerger la possibilité d’un accord commercial bilatéral entre les États-Unis et le Canada. Il y en a eu sept jusqu’à maintenant. Et je trouve que Frank a très bien mis en lumière les enjeux qui restent à régler.
Pour nous, la situation peut se résumer à trois éléments clés. Le premier concerne les nouveaux droits de douane de base. Comme Frank l’a dit, ils sont de 35 %, les fameux droits de douane de l’IEEPA. On nous a dit qu’ils pourraient descendre jusqu’à 10 %, ce qui correspondrait au taux de base actuel le plus bas de pays comme le Royaume-Uni et l’Australie. L’exemption relative aux biens conformes à l’ACEUM est essentielle.
Il y a aussi les droits de douane de 10 % de l’IEEPA sur l’énergie. On pourrait passer à zéro. Toutes les représailles aux droits de douane canadiens devraient prendre fin conformément aux autres cadres bilatéraux, mais ce premier élément n’est pas aussi délicat que les autres. Le deuxième concerne en grande partie l’investissement direct étranger. Les secteurs de l’énergie et de la défense pourraient être concernés, notamment à travers les acquisitions de F-35, le dôme d’or, la possibilité d’un retour du pipeline Keystone XL, voire la construction d’un autre pipeline qui relie l’Alberta à la côte ouest.
Enfin, le troisième élément, c’est l’allègement des droits de douane en vertu de l’article 232 mentionné par Frank, en premier lieu dans le secteur automobile, puis dans ceux de l’acier et de l’aluminium, car ce sont ceux qui sont en place depuis le plus longtemps. Le secteur de l’automobile est probablement le principal problème. Il pourrait y avoir un mécanisme de quotas sur les véhicules, semblable à celui que les Britanniques appliquent peut-être.
On ne sait pas encore si l’acier, l’aluminium et le cuivre seraient régis par des quotas ou par des droits de douane réduits et plafonnés, le tout intégré à un ensemble de règles relatives au transbordement comprenant probablement des seuils spécifiques quant à la part de contenu chinois autorisée. La question n’est pas de savoir si un cadre sera mis en place, mais plutôt quand. Mais je suppose que ce sera certainement le sujet de notre prochain balado.
PETER HAYNES : Exactement, on va certainement vouloir analyser en détail tout accord qui dépasserait le cadre des modalités dont vous avez mentionné l’arrivée imminente. Frank, pendant ce temps, au Canada, le chef de l’opposition conservatrice, Pierre Poilievre, a critiqué le premier ministre Carney pour avoir suggéré qu’un accord commercial avantageux pour le Canada serait suivi d’investissements pouvant atteindre 1 000 milliards de dollars aux États-Unis au cours des cinq prochaines années. À quoi le premier ministre fait-il référence en annonçant un tel montant? Est-ce que ça inclut les investissements privés habituels des propriétaires d’actifs canadiens?
FRANK MCKENNA : Oui, ça comprend tout ça. La politique, c’est de la politique : tout le monde y va de son tacle, mais on va être en mesure d’atteindre ce montant d’investissements. Je m’occupe maintenant de certains dossiers qui feront une très bonne mise de fonds au cours des prochains jours. Je pense que ce montant est tout à fait atteignable et que le Trésor public canadien n’aura pas à signer un chèque de 1 000 milliards de dollars aux États-Unis.
C’est probablement l’une des choses les plus faciles. C’est un bon moment pour se rappeler qu’on jouit de la relation la plus importante et la plus complexe avec les États-Unis. En théorie, le Mexique est légèrement plus grand, mais ils se contentent de faire transiter de nombreuses marchandises venues d’Asie vers les États-Unis. Notre relation est énorme. Elle est complexe. Les Canadiens représentent la plus grande part des touristes aux États-Unis, autour de 34 à 35 %. Les États-Unis attirent le volume d’investissements étrangers le plus élevé au monde La relation qu’on entretient est immense.
Rien d’étonnant donc à ce que la création d’un cadre soit plus difficile. Les échanges commerciaux du Royaume-Uni sont dérisoires par rapport à ceux du Canada et des États-Unis. Il n’est donc pas surprenant qu’il y ait autant de négociations en vue de conclure l’accord commercial définitif entre ces deux voisins. Je ne suis toutefois pas du tout inquiet au sujet de cet investissement de 1 000 milliards de dollars. Je pense que ça va se faire naturellement.
PETER HAYNES : Frank, lorsqu’on regarde la façon dont le premier ministre gère ses relations avec les électeurs à travers le pays, il semble qu’il ait réussi à obtenir le soutien de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, dans son effort pour établir une relation personnelle avec le président. De plus, il a décidé d’éviter d’ajouter des droits de douane en réponse aux États-Unis. En revanche, dans le cas de l’Ontario, province actuellement touchée de plein fouet par les droits de douane, le premier ministre Ford a souhaité que le Canada riposte avec des contre-mesures.
Quelle approche préférez-vous? Pour revenir à ce que disait Ford, comment le Canada peut-il offrir un soutien financier à des secteurs durement touchés, comme l’acier et le bois d’œuvre, sans les revenus tirés des droits de douane?
FRANK MCKENNA : Les deux s’adressent à des bases électorales différentes. Je pense que le premier ministre gère la situation aussi bien que possible. L’un des arguments en faveur du pipeline Keystone XL, pour lequel on s’est engagés à fournir un soutien accéléré et même un financement, est qu’il permettra, espérons-le, de régler la question des pipelines. Cette question semble être l’épreuve décisive du premier ministre envers le Canada. C’est une bonne chose qu’on examine toutes les options.
Pour ce qui est de l’Ontario, le premier ministre Ford joue un rôle très utile en se montrant intransigeant dans ce débat. Je pense qu’il apporte un certain soutien au premier ministre. Il peut toujours dire au président : « Écoutez, j’ai tout le monde sur le dos en Ontario. J’ai besoin d’aide. » Mais on doit comprendre ce que veut Ford. De son côté, les conséquences sont bien réelles. La mise en place de droits de douane revient à jouer avec l’argent d’autrui.
C’est ce que j’ai constaté quand j’étais à Washington. Il y a eu des problèmes liés au bois d’œuvre, et, en gros, le secteur du bois d’œuvre résineux voulait qu’on restreigne la consommation de pétrole afin de mettre les États-Unis à genoux. Bien entendu, les pétroliers ont répondu : « Pourquoi ne pas plutôt réduire la production de bois d’œuvre résineux? » Tout le monde veut exercer des pressions sur le produit de base de quelqu’un d’autre,
mais je pense que le gouvernement du Canada joue bien ce rôle, et que l’Ontario et Ottawa se comprennent extrêmement bien. Ils se consultent beaucoup. Pour répondre à votre question, le gouvernement du Canada travaille actuellement sur d’autres mesures visant à soutenir les secteurs du bois d’œuvre et de l’acier, notamment en créant un cadre national pour le logement qui pourrait permettre d’augmenter la construction de logements de 250 000 à 500 000 unités supplémentaires, plus modulaires, etc.
Si une telle situation venait à se produire, une bonne partie de ce bois serait utilisée sur le marché intérieur, et les États-Unis se retrouveraient à court de bois d’œuvre. De même, pour l’acier, le gouvernement du Canada ne ménage pas ses efforts. Le ministre a déjà réussi à faire en sorte que le programme des navires de combat de surface à Halifax remplace une grande partie de sa commande par de l’acier fabriqué au Canada. De plus, certains des autres projets sur lesquels le gouvernement canadien travaille utiliseraient de l’acier canadien, ce qui contribuerait également à retirer une partie de cet acier du marché américain.
Beaucoup d’efforts sont consentis. On ne peut pas changer d’approche du jour au lendemain. C’est l’effort le plus sérieux que j’aie jamais vu de la part du Canada pour nous éloigner des États-Unis et renforcer notre position, notamment en créant une certaine rareté dans plusieurs catégories de produits de base.
PETER HAYNES : C’est très encourageant à entendre, parce que vous avez été très exposé à ça pendant si longtemps. Chris, il y a beaucoup de questions sur les revenus que les États-Unis tirent des droits de douane. Pourriez-vous nous éclairer sur l’ampleur des recettes provenant de ces mesures? Faites-vous partie de ces stratèges qui craignent que les futures administrations américaines aient du mal à s’en passer?
CHRIS KRUEGER : Alors… Les recettes tirées des droits de douane sont importantes. Si les droits de douane de l’IEEPA sont rejetés par la Cour suprême à la fin de l’année, le Trésor américain accusera un manque à gagner d’environ 200 milliards de dollars. C’est un paramètre que le marché obligataire apprécie particulièrement et dont il dépend, compte tenu de la situation budgétaire des États-Unis et de certaines répercussions budgétaires de la loi One Big Beautiful adoptée au début de l’été.
Ainsi, si le tribunal invalide l’IEEPA, d’autres lois peuvent être invoquées. Il se posera un problème de remboursement, etc. Mais il ne fait aucun doute que les recettes tirées des droits de douane sont importantes. Les agences de notation l’ont dit. C’est pourquoi la notation financière des États-Unis a été maintenue. En conséquence, si les administrations futures souhaitent supprimer les droits de douane, elles devront les remplacer par une autre source de revenus, par exemple une taxe. Autrement, les marchés obligataires pourraient connaître de véritables sautes d’humeur.
PETER HAYNES : Je pense qu’on est tous d’accord pour dire que les droits de douane sont effectivement une taxe. Ce n’est tout simplement pas le type d’impôt que les contribuables ont l’habitude de payer. Et je suis d’accord, ça va être difficile de s’en débarrasser. Je me permets de vous poser une question très personnelle, car notre famille possède une entreprise de fabrication d’armoires de cuisine, qui est désormais soumise à des droits de douane pouvant atteindre 50 % en vertu de l’article 232, ce qui signifie que les armoires de cuisine et les meubles sont désormais considérés comme une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.
Je trouve ça drôle, mais ça signifie que même le Jeu de puces est passible de droits de douane si le président décidait qu’il représentait une menace pour la sécurité nationale. Y a-t-il une limite à son pouvoir? On a l’impression que ces décisions n’ont pratiquement jamais été contestées, mais est-ce que quelqu’un pourrait le faire et dire : « Pour que quelque chose puisse être considéré comme une menace pour la sécurité nationale, il doit y avoir des fondements solides »?
CHRIS KRUEGER : Les droits de douane de l’IEEPA font l’objet de contestations. Deux tribunaux fédéraux ont estimé que le président Trump avait outrepassé la loi IEEPA, qui est la loi sur les pouvoirs d’urgence économique internationale datant du milieu des années 1970. Des dizaines de cas d’application de l’IEEPA ont été recensés, mais les droits de douane n’ont jamais été intégrés à l’IEEPA auparavant. Les mots « droits de douane » ne figurent pas dans la loi de l’IEEPA. La première semaine de novembre, on entendra les argumentaires dans cette affaire devant les neuf membres du tribunal.
Le tribunal a déclaré qu’il rendrait sa décision d’ici la fin de l’année. L’article 232 a été contesté. George W. Bush a utilisé l’article 232 pour les droits de douane sur l’acier au cours de son premier mandat, puis les droits de douane sur l’acier et l’aluminium du premier mandat du président Trump ont également été contestés. La Cour suprême a confirmé l’article 232 de la Trade Act de 1962. Pour revenir sur ce que vous disiez, Frank, l’acier et l’aluminium ne sont peut-être pas comparables aux meubles rembourrés.
Est-ce qu’une personne ayant qualité pour agir pourrait contester certaines de ces mesures prises en vertu de l’article 232 qui sortent du cadre des considérations fondamentales de sécurité nationale? Ça ne me surprendrait pas. Ça pourrait prendre un peu plus de temps, mais les droits de douane en vertu de l’article 232 ne font actuellement l’objet d’aucune contestation devant les tribunaux.
PETER HAYNES : Si vous étiez sur le marché des prédictions, Chris, car je suis certain qu’on peut créer un marché de ce type sur l’une de ces nouvelles plateformes de négociation, quelle serait votre prévision concernant les droits de douane de l’IEEPA et la décision de la Cour suprême?
CHRIS KRUEGER : Je ne suis pas avocat. Mon analyse juridique stricte de cette question est qu’à mon avis la cour confirmera probablement l’IEEPA, car en fin de compte, on parle de neuf personnes. Je pense que les trois libéraux diront que le président Trump a outrepassé son pouvoir avec l’IEEPA. Je suis convaincu que les juges Thomas, Alito et Gorsuch diront que c’est conforme aux pouvoirs du président en tant que commandant en chef.
En fin de compte, ce sont juge en chef Roberts, la juge Amy Coney Barrett et le juge Kavanaugh qui trancheront. Et j’ai tendance à penser que deux des trois vont se ranger du côté du président Trump. On verra bien. On aura les premiers argumentaires dans environ deux semaines.
PETER HAYNES : Frank, en venez-vous à la même conclusion que Chris?
FRANK MCKENNA : Ma conclusion, c’est que d’un point de vue juridique, les droits de douane de l’IEEPA sont extrêmement abusifs. En ce qui concerne le fonctionnement pratique de la Cour et son profond parti pris en faveur du président, je pense que l’intuition de Chris est juste.
PETER HAYNES : Très bien, on va rester au fait de ce sujet au cours des prochains mois. Vous avez tous les deux parlé des pipelines. Ce sujet a fait les manchettes ce mois-ci. Comme on en a discuté le mois dernier, le gouvernement fédéral n’a pas inclus de pipeline dans sa liste initiale de projets d’infrastructure au sein du nouveau Bureau des grands projets.
Récemment, la première ministre de l’Alberta Danielle Smith a de nouveau plaidé en faveur d’un pipeline vers le nord de la Colombie-Britannique, ce à quoi s’est opposé le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, en partie en raison de l’interdiction des pétroliers dans cette région. Par ailleurs, le premier ministre Carney, comme vous l’avez mentionné plus tôt, a proposé de relancer le pipeline Keystone dans le Midwest américain, un projet que le président Trump pourrait appuyer, compte tenu de la nécessité de remplacer les importations de pétrole lourd du Venezuela.
Je sais que vous avez affirmé le mois dernier, Frank, qu’un pipeline n’était pas nécessaire tant que les pipelines existants n’avaient pas atteint leur capacité maximale, mais est-ce que les discussions récentes, qu’elles portent sur un éventuel pipeline vers la côte ouest ou sur une relance de Keystone, vous amènent-elles à penser qu’un ou plusieurs nouveaux pipelines pourraient voir le jour?
FRANK MCKENNA : Oui, je pense que c’est possible. La construction de pipelines prend beaucoup de temps. Le fait qu’un nouveau pipeline ne soit pas la solution la plus facile par rapport au dégoulottage, qui peut libérer une capacité de plus d’un million de barils, ne signifie pas pour autant que le processus ne doit pas être lancé pour travailler sur cette sortie, qui serait réellement opérationnelle au début des années 2030. C’est donc légitime. C’est à creuser. Il y a deux ou trois possibilités différentes.
Ce que vous avez dit sur le Venezuela est assez intéressant. Chris pourrait me corriger, mais il me semble que le gouvernement des États-Unis fait exploser des bateaux tout autour du Venezuela, sous prétexte qu’ils transportent des trafiquants d’armes. Cependant, ils ont annulé la décision visant à empêcher Chevron d’exploiter sa raffinerie au Venezuela. Comme on a l’habitude de dire, l’argent est le nerf de la guerre. Mais d’une manière générale, le Venezuela n’est pas un important fournisseur de pétrole lourd, même s’il possède des champs pétrolifères.
En résumé, il existe deux points de sortie. On pourrait essayer d’aller dans l’océan Pacifique. Le problème, bien sûr, c’est l’interdiction des pétroliers et la réticence de la Colombie-Britannique à l’égard des pipelines, même si elle est très, très favorable au gaz, au GNL et aux gazoducs. Ou on pourrait aller aux États-Unis. Le projet Keystone XL est probablement plus facile. Le gouvernement du Canada met cette option sur la table. Elle a déjà été soutenue sous le gouvernement Trudeau. Elle l’est désormais sous le gouvernement Carney.
Je crois qu’on nous a demandé et qu’on envisage favorablement d’accorder un financement à des conditions avantageuses. Ce serait facile, je pense, plus facile à faire. Le seul problème, c’est que ça reviendrait à jouer le jeu des États-Unis. À l’heure actuelle, le fossé s’est considérablement réduit en raison du fait qu’on transfère désormais nos marchandises vers les marchés mondiaux. Et si l’on renforce notre dépendance envers les États-Unis, il existe un risque d’élargir cet écart, ce qui serait très coûteux pour le Canada. 70 milliards de dollars au cours des 10 dernières années.
On doit donc faire preuve de vigilance. De plus, les États-Unis se sont révélés être un partenaire commercial peu fiable avec l’ALENA et maintenant avec l’ACEUM. Et ils utilisent en partie l’argument du déséquilibre commercial. Donc, si on envoie un autre million de barils de pétrole par jour, on va déséquilibrer encore plus cette balance commerciale. Il faut donc qu’on réfléchisse à la façon de procéder et qu’on trouve un moyen de conclure un accord avec les États-Unis qui soit réellement exécutoire. Autrement, on va être confrontés à un problème plus important.
Ce que j’aimerais également mentionner, c’est que les pipelines, bien qu’ils soient intéressants, exigent avant tout que les producteurs soient disposés à s’engager à payer les droits pipeliniers. Ils nécessitent des transporteurs, un financement et un processus d’approbation. Et tout ça n’est pas très simple.
PETER HAYNES : Frank, je ne veux absolument pas minimiser les enjeux environnementaux, mais j’entends constamment la question de savoir qui possède la côte du Canada. Parce qu’on a l’impression que c’est la côte de la Colombie-Britannique, alors que c’est celle du pays. Dites-moi, Frank, pourquoi l’interdiction des pétroliers dans le nord de la Colombie-Britannique n’inclut-elle pas le GNL? Parce que vous dites que la Colombie-Britannique aime le gaz ou le carburéacteur. Pourquoi cette interdiction concerne-t-elle que le pétrole? Simple curiosité. La différence entre les problèmes environnementaux potentiels est-elle vraiment si importante?
FRANK MCKENNA : Je suis un grand partisan des pipelines et des sorties pour maximiser les rentes économiques, mais je vais au moins exposer mon point de vue. Cette situation n’est pas si différente de celle du Québec, qui interdit le transit sur son territoire, bien qu’il n’ait probablement pas le droit de le faire d’un point de vue juridique. La Colombie-Britannique reflète la réalité politique de cette province. Là-bas, on estime qu’un déversement provenant d’un transporteur pétrolier serait bien pire qu’un déversement impliquant du gaz. Je suppose qu’il y a des données scientifiques à l’appui.
Certains antécédents étayent cette thèse, notamment l’accident du pétrolier l’Exxon Valdez et les dommages considérables qu’il a causés sur la côte de l’Alaska. Je pense donc que ces traumatismes, même s’ils semblent lointains, sont encore très présents, et le gouvernement de la Colombie-Britannique fait valoir cet argument. On a accepté de devenir un conduit pour le gaz naturel canadien, ce qui améliore les revenus nets du gaz. Un grand terminal de GNL a été construit. On en a quatre ou cinq qui en sont à différentes étapes d’avancement. Tout ça est extrêmement bénéfique au pays.
Toutefois, un engagement politique et social a été établi avec les Premières Nations et d’autres parties prenantes, en particulier le long de la côte de la Colombie-Britannique, selon lequel on peut faire ça, mais sans augmenter la quantité de pétrole susceptible de constituer une menace pour la côte. Il faudrait donc défaire ce soi-disant contrat social, et certainement faire beaucoup de travail préparatoire pour obtenir l’acceptation sociale requise pour un passage en Colombie-Britannique. Ça ne veut pas dire que le gouvernement du Canada ne pourrait pas faire avancer le dossier, comme il l’a fait avec le pipeline Trans Mountain, mais je dis simplement que ce n’est pas simple.
C’est beaucoup plus facile pour la première ministre Smith de dire qu’elle veut un nouveau pipeline que pour le premier ministre Eby de l’approuver. C’est lui qui doit assumer toutes les retombées politiques négatives. Non seulement elle fait de la politique positive, mais elle en tire tous les bénéfices. Il existe donc un certain déséquilibre dans la relation, mais celui-ci pourrait être compensé par d’autres moyens, notamment par un dégoulottage suffisant et la reprise de Keystone XL.
Il se peut que le port de Churchill représente une solution à ce dilemme, mais je pense qu’il existe un consensus croissant au Canada, accompagné d’un enthousiasme grandissant, sur le fait qu’on a besoin d’acheminer tous nos produits de base vers d’autres marchés si l’on veut peser face aux États-Unis et obtenir le maximum d’avantages pour les Canadiens.
PETER HAYNES : Et je le redis, je suis vraiment heureux de vous entendre dire que notre pays n’a jamais été aussi uni, depuis bien longtemps, pour atteindre cet objectif de diversification du commerce. Chris, je vais vous renvoyer la balle et parler de Washington, où vous vous trouvez tous les jours et où se déroule actuellement un autre arrêt des activités majeur au sein du gouvernement. Les auditeurs de ce balado sont probablement à 80 % canadiens.
Ce processus de financement propre aux États-Unis n’est pas très clair pour nous. Pouvez-vous nous expliquer la raison de cet arrêt des activités du gouvernement? Et combien de temps pensez-vous que ça va durer?
CHRIS KRUEGER : Au moment de l’enregistrement de ce balado, le 20 octobre, le gouvernement des États-Unis a cessé ses activités depuis le 1er octobre. Le 1er octobre est la date du nouvel exercice du gouvernement américain. Le Congrès est censé adopter 12 projets de loi de crédits qui financent les divers services du gouvernement : le Pentagone, le département de la Santé et des Services sociaux, le département de l’Éducation, etc. Aucun de ces projets de loi n’a été adopté. Ils sont tous assujettis à un seuil de 60 voix au Sénat.
Le Sénat est composé de 53 républicains et 47 démocrates. La Chambre des représentants est également contrôlée par les républicains, mais ce n’est qu’un vote à la majorité simple. Par définition, le processus doit être bipartite. Le point de politique majeur, celui qu’il n’est pas question de couper ou de défaire, ce sont les marchés d’assurance de l’Obamacare. Il s’agit essentiellement de portails que les Américains peuvent utiliser pour souscrire leur assurance maladie.
Environ 24 millions d’Américains obtiennent leur assurance maladie par l’intermédiaire de ces marchés d’assurance d’État créés par l’Obamacare. Une subvention qui a été augmentée pendant la pandémie de COVID-19 expire à la fin de l’année. Environ 22 des 24 millions utilisent cette subvention bonifiée, et elle expire le 1er novembre Voilà le principal enjeu politique, un certain nombre, voire la plupart des républicains souhaitant réformer ou réduire cette subvention.
On se trouve dans une impasse. Lorsque la période d’inscription à Obamacare s’ouvrira le 1ᵉʳ novembre, ce sera un point de pression majeur. Je sais que vous avez récemment eu l’Action de grâces au Canada, mais la nôtre est à la fin de novembre, habituellement la période la plus intense de l’année pour les voyages. Des 750 000 employés fédéraux qui travaillent actuellement sans rémunération, on compte aussi les contrôleurs aériens, les agents de la TSA.
C’est lorsque les chèques de paie commencent à être retardés, et aucun de ces travailleurs n’est payé actuellement, que la situation atteint généralement son paroxysme. Il y a donc lieu de penser que la situation devrait se dénouer et que le gouvernement devrait rouvrir à tout moment d’ici la mi-novembre.
PETER HAYNES : En raison du seuil des 60 voix au Sénat que vous avez mentionné, les deux partis peuvent se rejeter la responsabilité. Les démocrates peuvent blâmer les républicains d’avoir présenté un projet de loi qu’ils n’aiment pas, et les républicains peuvent blâmer les démocrates d’avoir provoqué l’arrêt des activités du gouvernement parce qu’ils n’ont pas appuyé leur projet de loi. Qui sort vainqueur dans l’opinion publique à l’heure actuelle?
CHRIS KRUEGER : Les deux partis pensent l’être. La bande passante est limitée. Les deux camps écoutent leurs propres chambres d’écho. L’administration a aussi trouvé des façons créatives de retarder une partie des difficultés, qu’il s’agisse du paiement des troupes militaires ou du rapport sur l’inflation publié vendredi. Certains programmes alimentaires destinés aux femmes, aux nourrissons et aux enfants sont en passe d’être revus à la hausse. À l’échelle du pays, on n’a donc pas encore vraiment ressenti de perturbations ou de difficultés importantes liées à l’arrêt des activités du gouvernement.
PETER HAYNES : Je suis heureux que vous ayez parlé de l’armée, parce que je sais que le président Trump cherche des façons de payer les militaires, ce qui est très peu susceptible d’être remis en question, simplement parce que c’est l’armée, mais il parle aussi de trouver des façons de payer des services comme l’ICE et d’autres, des services qui ne sont peut-être pas autant soutenus à l’échelle du pays, compte tenu de leurs actions récentes et de l’image qu’ils ont actuellement Le président Trump a également laissé entendre qu’il pourrait peut-être utiliser les revenus qu’il tire des droits de douane.
Toutefois, le Congrès n’a pas encore approuvé ces dépenses, ce financement. Prévoyez-vous des litiges à ce sujet, étant donné que le président Trump rémunère les fonctionnaires alors que le Congrès n’a pas encore approuvé les fonds nécessaires à cet effet?
CHRIS KRUEGER : Oui, mais l’administration va beaucoup plus vite que les tribunaux. On l’a vu tout au long de l’année. Pour en revenir à ce que vous disiez, qui pourrait dire que les troupes ne devraient pas être payées? Cette situation va être résolue avant d’arriver devant la Cour suprême, tout simplement parce que les procédures judiciaires aux États-Unis prennent du temps.
PETER HAYNES : OK, Frank, je reviens au Canada, en particulier en Ontario. Le constructeur automobile Stellantis a annoncé, il y a quelques semaines, son intention de transférer la production prévue de Jeep de son usine de Brampton vers les États-Unis, dans le cadre d’un investissement de 13 milliards de dollars de la société aux États-Unis. Cette délocalisation va provoquer la perte de 3 000 emplois au Canada, même si certains employés de Brampton pourraient être mutés à l’usine Stellantis de Windsor, à environ quatre heures de route. Cette décision a été rapidement dénoncée par les dirigeants des syndicats du secteur de l’automobile et plusieurs personnalités politiques au Canada.
Le premier ministre Carney a tenté de présenter cette décision sous un jour favorable, en indiquant que le constructeur prévoyait de poursuivre la rénovation du site de Brampton en prévision d’un autre déploiement à venir. Quoi qu’il en soit, cette décision est clairement une réponse aux exigences du président Trump, qui souhaite que les entreprises internationales opérant aux États-Unis investissent principalement sur leur territoire.
Êtes-vous surpris, Frank, de la rapidité avec laquelle certains de ces grands industriels ont répondu aux souhaits du président, d’autant plus que le cycle de vie des grandes entreprises manufacturières est beaucoup plus long que celui de l’administration en place? Selon vous, qu’est-ce que le Canada devrait faire pour protéger le pays contre des pertes d’emplois similaires à l’avenir?
FRANK MCKENNA : On pensait en être protégés, bien sûr. On entretient une relation commerciale de longue date, signée, scellée et mise en œuvre. L’ensemble du secteur de l’automobile a dépensé des dizaines, probablement des centaines de milliards de dollars, sur la base de cet accord exécutoire. Aujourd’hui, tout est en train d’être démantelé. Cette situation comporte de nombreux irritants, surtout pour Stellantis et la collectivité de Brampton. Et on ne sait pas où tout ça va finir.
Notre ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a menacé de poursuivre Stellantis en justice concernant les engagements financiers qu’ils ont pris ou les fonds qu’ils ont reçus. Ce que je peux vous garantir, c’est que si l’entreprise décide d’aller de l’avant sans prendre de mesures d’atténuation, elle sera poursuivie et en justice et devra payer une grosse somme. Le premier ministre Carney, quant à lui, adopte l’attitude du bon policier en déclarant qu’il s’est entretenu avec le chef de la direction de Stellantis et que d’autres idées sont à l’étude.
Par ailleurs, il faut avoir un peu de compassion pour les constructeurs automobiles. Ils ont perdu plus de 10 milliards de dollars depuis que le président Trump a lancé cette guerre tarifaire, et ce n’est pas fini. Le dilemme pour eux est donc de savoir comment réagir. Et je ne pense pas qu’ils sachent comment faire. Dans certains cas, ils communiquent rapidement, mais ils ralentissent probablement la mise en œuvre concrète. Et je sais ce que veut Trump. Il veut que les voitures des Américains soient fabriquées aux États-Unis.
Cependant, il y a un problème : Les États-Unis ne sont pas le seul pays du continent. Il y en a trois autres. Le Canada compte 42 millions d’habitants, des personnes très aisées. On achète deux millions de voitures par année. On va insister pour que certains de ces véhicules arborent des autocollants « Fabriquée au Canada ». Le Mexique compte environ 140 ou 150 millions d’habitants. Ils sont aussi très consommateurs, et ils vont tenir exactement le même discours : « Si vous voulez vendre des voitures au Mexique, on veut que certains emplois soient chez nous, au Mexique. »
Le secteur de l’automobile de trouver une solution à cette équation. Il existe actuellement de nombreux obstacles à Détroit, et un lobby très influent fait pression sur le gouvernement des États-Unis pour obtenir un assouplissement de ces règles, afin de tenter de trouver une solution. Peut-être est-ce juste une question de pragmatisme. Le président veut que la dernière voiture soit assemblée aux États-Unis. Il se peut que seuls 10 % de l’assemblage final du véhicule soient effectués aux États-Unis, alors que 90 % des intrants proviennent de l’étranger.
Peut-être qu’il sera satisfait. Il pourra peut-être ainsi se vanter, comme il semble vouloir le faire, mais c’est une situation compliquée, et tout le monde essaie de trouver une solution. C’est très, très difficile. Soit dit en passant, les syndicats canadiens sont en colère et veulent que des mesures soient prises. Mais ça vous donne une petite idée de la complexité de la situation. Les syndicats américains des travailleurs de l’automobile, les mêmes personnes, les syndicats aux États-Unis, clament qu’ils souhaitent conserver ces emplois. Peu importe si c’est aux dépens des syndicats canadiens.
Si cette situation était facile à résoudre, les syndicats seraient en mesure de le faire entre eux. De même, les deux pays ont des difficultés à résoudre ce problème en raison de la décision du président de rompre un accord automobile qui fonctionnait extrêmement bien et profitait aux trois pays. En passant, le véritable ennemi ici, ce n’est pas le Canada ou le Mexique. Ce sont des véhicules fabriqués à l’étranger de partout dans le monde. On semble avoir perdu ça de vue.
PETER HAYNES : Eh bien, vous avez bien expliqué à quel point ce processus est complexe, et j’espère, comme vous le dites, que le pragmatisme finira par l’emporter. Chris, ça fait près d’un an que l’administration Trump 2.0 est au pouvoir. L’attention se portera bientôt sur les élections de mi-mandat de l’an prochain à la Chambre des représentants et au Sénat. Compte tenu du tourbillon d’actualités à Washington ces derniers mois, un sujet qui, je crois, n’a pas suscité beaucoup d’attention, alors même qu’il pourrait influencer le contrôle de la Chambre en 2026, concerne les efforts des républicains pour redessiner les cartes électorales des États en regroupant les districts acquis aux démocrates.
À ce jour, les gouverneurs républicains du Texas et du Missouri ont approuvé de nouvelles cartes électorales dans ces deux États, et plusieurs autres envisagent de faire de même, notamment la Caroline du Nord, la Floride et l’Ohio, entre autres. Dans le même temps, le gouverneur Newsom, en Californie, tente de faire annuler la législation, renonçant à son propre pouvoir de redécouper la carte électorale de son État, afin d’essayer de contrebalancer l’impact du redécoupage du Texas et de certains autres États. Quelles devraient être les répercussions de ce découpage électoral sur les élections de mi-mandat? Est-ce que ça pourrait réellement faire basculer l’équilibre des pouvoirs en faveur des républicains?
CHRIS KRUEGER : La raison pour laquelle le redécoupage électoral est si important pour les prochaines élections de mi-mandat est liée aux marges. En général, la réorganisation est effectuée après le recensement tous les 10 ans. Chaque État a droit à un représentant, puis le reste est attribué en fonction de la population. C’est quelque chose qui se produit tous les 10 ans. Le redécoupage en dehors du cycle habituel est inhabituel, mais les républicains devraient avoir une majorité de quatre sièges à la Chambre, si celle-ci est au complet, soit 435 sièges.
Une dizaine de sièges peut avoir un impact déterminant sur la majorité. Comme vous l’avez mentionné, les électeurs de la Californie décideront en novembre s’ils veulent ou non redessiner la carte électorale, ce qui pourrait compenser les sièges du Texas. L’autre aspect à surveiller concerne la Cour suprême. Chaque État procède un peu différemment, mais le processus de redécoupage est régi par deux des lois historiques des années 1960, les lois sur les droits civils.
L’une d’elles est contestée. Il s’agit d’une affaire en Louisiane qui concerne le Voting Rights Act, et l’idée d’un district majoritaire-minoritaire est anticonstitutionnelle, ce qui contrevient à la clause de respect de la loi. Si la Cour suprême… Ce ne sera probablement pas décidé à temps pour ces élections de mi-mandat, mais si la Cour suprême invalide le Voting Rights Act, ça pourrait avoir de sérieuses répercussions sur le redécoupage électoral, ce qui donnerait un avantage considérable aux républicains avec un certain nombre de sièges dans le Sud actuellement détenus par des membres du Black Caucus du Congrès des États-Unis. Voilà donc un autre élément à surveiller en ce qui concerne le redécoupage électoral.
PETER HAYNES : Toutefois, c’est peu probable que ces mesures soient mises en place avant les élections de mi-mandat, non?
CHRIS KRUEGER : La Cour a entendu les arguments la semaine dernière. Il y a un monde dans lequel cette décision pourrait être prise d’ici la fin de l’année, ce n’est pas impossible. Je n’ai pas envie de donner aux gens encore plus de choses à suivre, mais c’est pourtant le cas. Il se passe beaucoup de choses.
PETER HAYNES : Pour en revenir à la Chambre haute, les républicains doivent défendre plus de sièges en novembre 2026. Quelles sont vos premières indications sur la course au Sénat?
CHRIS KRUEGER : Alors, le Sénat est un peu ennuyeux cette année. J’ai tendance à penser que les républicains conserveront le Sénat, simplement pour des raisons mathématiques et géographiques. Le Sénat est composé de 53 sénateurs républicains et 47 démocrates, le vice-président Vance étant celui qui tranche en cas d’égalité. Les démocrates doivent gagner quatre sièges nets au Sénat, ce qui signifie qu’ils doivent conserver tous ceux qu’ils détiennent déjà, y compris dans des États comme la Géorgie et le Michigan, où le président Trump l’a emporté.
Par conséquent, même s’ils conservent tous les sièges qu’ils occupent actuellement, ils devront encore en gagner quatre. Peut-être le Maine ou la Caroline du Nord. Cependant, il y a des États comme le Texas et l’Iowa, où le président Trump a remporté trois victoires consécutives avec une marge assez confortable.
On verra bien quand on en discutera au printemps. Si le Texas et l’Iowa deviennent réellement disputés, ça modifierait évidemment toutes les prévisions, mais actuellement, si l’on se base sur les chiffres et la géographie, la tâche s’annonce difficile pour les démocrates au Sénat.
PETER HAYNES : Absolument. Vous reviendrez, c’est certain, parce qu’on va suivre ces élections de près. Comme Frank aime à le dire, les États-Unis sont constamment en période électorale, on a tout juste le sentiment de sortir de la dernière élection que les élections de mi-mandat approchent déjà. Frank, j’aimerais aborder les enjeux mondiaux pour conclure. Vous donnerez évidemment votre avis sur le président Trump, mais vous avez particulièrement salué ses efforts pour rétablir la paix dans diverses régions du monde.
Évidemment, on sait qu’il souhaiterait recevoir le prix Nobel… Il a beaucoup œuvré au Moyen-Orient. Selon vous, Frank, l’accord de paix au Moyen-Orient qu’il a négocié sera-t-il suffisant pour lui permettre d’obtenir le prix Nobel, ou pensez-vous qu’il devra résoudre le conflit en Ukraine avant de pouvoir prétendre à ce prix?
FRANK MCKENNA : Pour commencer, plusieurs raisons entrent en ligne de compte, plusieurs facteurs qui expliquent ce qui se passe au Moyen-Orient. Les États-Unis ont fourni des armes et des financements à Israël, ce qui leur a toujours permis d’influencer l’issue du conflit. Ils devaient donc prendre cette décision. Israël a commis une grave erreur en bombardant le Qatar, provoquant la colère de tous les États arabes, ce qui a conduit les États-Unis, je pense, à se montrer très sévères envers l’État hébreu.
Toujours est-il qu’il convient de reconnaître au président Trump le mérite d’avoir su tirer parti des points de pression dont il disposait, et je pense qu’il mérite d’être reconnu pour son action au Moyen-Orient, si le cessez-le-feu s’avère durable. Bien sûr, l’un des gros points négatifs à son sujet, c’est qu’il procède à des explosions sommaires sur des bateaux sans procès, sans juge ni jury. Il a déployé des troupes armées dans toutes les villes des États-Unis. Ces facteurs pèsent inévitablement sur les décisions d’un comité Nobel.
Cela dit, il mérite d’être félicité pour ce qu’il a fait dans le monde. Il n’y a aucun doute là-dessus. Je pense que l’Ukraine sera le test décisif. À mon avis, il pourrait parvenir à un accord là-bas. Je pense qu’il faut davantage de tension dans la négociation, ce qui implique probablement d’armer l’Ukraine de manière à lui permettre de réellement porter le combat sur le terrain face à la Russie.
Si tel était le cas, je pense qu’on assisterait au type de tension qui aboutirait en fin de compte à un accord. Donc, félicitations au président Trump. S’il y parvient, il mérite toutes les décorations possibles.
PETER HAYNES : Chris, Frank évoquait la tension, la tension nécessaire en Ukraine. Les revirements de Trump concernant le conflit entre la Russie et l’Ukraine ont été particulièrement intéressants à observer. C’est très difficile à suivre et à prévoir, et ça semble toujours être le cas après le déjeuner de vendredi dernier à la Maison-Blanche, que les observateurs ont qualifié de « tendu ».
Que pensez-vous, à l’issue de cette réunion, de la guerre entre l’Ukraine et la Russie et de la position du président Trump? Que pensez-vous de la récente conversation téléphonique avec le président Poutine, puis de la proposition de ce dernier d’organiser un sommet de suivi avec le président Trump?
CHRIS KRUEGER : Alors, Je pense que la question principale est de savoir si l’armée ukrainienne peut actuellement tenir plus longtemps que l’économie russe. Poutine continue de revendiquer Donetsk, qui se trouve au-delà des lignes de défense actuelles de l’Ukraine et pourrait constituer pour la Russie une rampe de lancement pour la prochaine phase du conflit, si un cessez-le-feu venait à être rompu. Le président Trump se rendra en Asie de l’Est à la fin de cette semaine, en Malaisie, au Japon et en Corée du Sud, où il rencontrera Xi Jinping lors du sommet de l’APEC.
On évoque la possibilité de passer par Budapest au retour pour rencontrer Vladimir Poutine, mais je crois que c’est encore très incertain. Ce qui est sûr, c’est que le président Poutine continue de revendiquer Donetsk, ce qui constitue une ligne rouge pour le président Zelensky et la plupart des membres de l’OTAN.
PETER HAYNES : La bonne nouvelle, c’est qu’ils discutent. Et il faut saluer le président Trump pour avoir veillé à maintenir ce dialogue ouvert. Bon, Frank, pour conclure, je sais que ces deux semaines de baseball avec les Blue Jays ont été très plaisantes. Quel est votre sentiment à l’approche du septième match, qui aura lieu ce soir?
FRANK MCKENNA : Je ne sais pas ce qui va se produire lors du dernier match. J’ai assisté à la rencontre hier soir. C’était l’illustration parfaite de la bonne façon de jouer des deux côtés du marbre. J’ai trouvé la défense incroyable. J’ai pris beaucoup de plaisir avec les Jays cette saison.
Et je voudrais dire à tout le monde que j’ai eu tort de critiquer la direction et certains joueurs. Quoi qu’il arrive, qu’on gagne ou qu’on perde ce dernier match, et qu’on gagne ou qu’on perde la Série mondiale, l’année a été magnifique. Ils ont offert un magnifique spectacle à la ville et au pays, et je leur en suis très reconnaissant.
PETER HAYNES : Frank, lors de la même conférence à laquelle j’ai assisté la semaine dernière, un homme de Floride a pris la parole et a déclaré à tous les Canadiens présents dans la salle : « On a votre Coupe Stanley et on ne compte pas vous la rendre. » J’avais envie de lui répondre : « Nous, on va vous rafler votre Série mondiale, et on ne va pas vous la rendre. » Espérons que les Blue Jays vont continuer à nous offrir de belles séries éliminatoires dans les années à venir. Merci à vous et à Chris de vous être joints à nous aujourd’hui.
CHRIS KRUEGER : C’était un plaisir de discuter avec vous deux.
FRANK MCKENNA : Merci, Peter. Merci, Chris.
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Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste en macroéconomie, commerce, fiscalité et politique fiscale, TD Cowen
Chris Krueger
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste en macroéconomie, commerce, fiscalité et politique fiscale, TD Cowen
Chris Krueger
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste en macroéconomie, commerce, fiscalité et politique fiscale, TD Cowen
Chris Krueger s’est joint au Groupe de recherche de Washington de TD Cowen en août 2016 à titre de stratège à Washington. M. Krueger et le Groupe de recherche de Washington de TD Cowen ont récemment été nommés premiers dans la catégorie Institutional Investor Washington Strategy, où le Groupe et lui ont été constamment classés au cours de la dernière décennie. M. Krueger publie le DC Download, un quotidien incontournable pour les gestionnaires de portefeuille de Wall Street qui veulent avoir un aperçu des principaux événements de Washington et de leur impact sur les marchés de capitaux. M. Krueger couvre les politiques macroéconomiques, fiscales et commerciales de Washington D.C.
Il a occupé des postes similaires au sein de Guggenheim Securities, de MF Global, de Concept Capital et de Potomac Research Group. Auparavant, il a travaillé pendant près de quatre ans à titre de haut fonctionnaire à la Chambre des représentants des États-Unis. Il a également participé à plusieurs campagnes politiques locales, étatiques et fédérales partout au pays.
M. Krueger est titulaire d’un baccalauréat de l’Université du Vermont et d’une maîtrise en relations internationales du King’s College London. Il fait des apparitions fréquemment à CNBC et à Bloomberg et est largement cité dans : The Wall Street Journal, FT, Axios, New York Times, Washington Post et POLITICO. Il prend également la parole régulièrement dans le cadre d’événements du secteur et de conférences, notamment la conférence mondiale du Milken Institute, la National Organization of Investment Professionals et la Bourse de New York.
Les documents préparés par le Groupe de recherche de Washington de TD Cowen sont des commentaires sur les conditions politiques, économiques ou de marché et ne sont pas des rapports de recherche au sens de la réglementation applicable.
Frank McKenna
Président suppléant, Valeurs Mobilières TD
Frank McKenna
Président suppléant, Valeurs Mobilières TD
À titre de président suppléant, Frank a pour mandat de soutenir l’expansion soutenue de Valeurs Mobilières TD à l’échelle mondiale. Il est membre de la direction du Groupe Banque TD depuis 2006 et a été premier ministre du Nouveau-Brunswick et ambassadeur du Canada aux États-Unis.
Directeur général et chef, Recherche, Structure des marchés et indices, Valeurs Mobilières TD
Peter Haynes
Directeur général et chef, Recherche, Structure des marchés et indices, Valeurs Mobilières TD
Peter Haynes
Directeur général et chef, Recherche, Structure des marchés et indices, Valeurs Mobilières TD
Peter s’est joint à Valeurs Mobilières TD en juin 1995 et dirige actuellement notre équipe Recherche, Structure des marchés et indices. Il gère également certaines relations clés avec les clients institutionnels dans la salle des marchés et anime deux séries de balados, l’une sur la structure des marchés et l’autre sur la géopolitique. Il a commencé sa carrière à la Bourse de Toronto au sein du service de marketing des indices et des produits dérivés avant de rejoindre Le Crédit Lyonnais (LCL) à Montréal. Membre des comités consultatifs sur les indices américains, canadiens et mondiaux de S&P, Peter a siégé pendant quatre ans au comité consultatif sur la structure du marché de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario.