Lancement de la plateforme de négociation parallèle d’actions segmentées en unités de la Bourse de New York
Par : Reid Noch
févr. 23, 2026 - 4 minutes
Ce que vous devez savoir
- La Bourse de New York prévoit lancer dès le deuxième trimestre un système de négociation parallèle d’actions segmentées en unités, qui sera autorisé en vertu d’un avis de non-intervention de la Securities and Exchange Commission (SEC) permettant la Depository Trust & Clearing Corporation (DTCC) à segmenter en unités les principales actions et les principaux fonds négociés en bourse (FNB).
- Le système prend en charge la négociation en tout temps avec règlement immédiat, en tirant parti du moteur d’appariement existant et de la capacité de production de rapports sur la chaîne de blocs de la Bourse de New York.
- La fongibilité est préservée entre les actions segmentées en unités et les actions traditionnelles afin de réduire la fragmentation de la liquidité.
- La négociation est prévue au meilleur cours acheteur ou vendeur national (NBBO) pendant les heures d’ouverture du marché, mais en fonctionnant comme un marché parallèle non protégé.
- Les premières activités de négociation devraient être dominées par les investisseurs particuliers, les demandes de cotes soutenant une liquidité initiale limitée.
- Une participation précoce est stratégique pour accumuler des données, une expertise et des options avant l’adoption à grande échelle.
La Bourse de New York (NYSE) a récemment annoncé son intention de lancer un système de négociation parallèle d’actions segmentées en unités dès le deuxième trimestre de cette année, en s’appuyant directement sur l’avis de non-intervention de la SEC récemment accordé à la Depository Trust & Clearing Corporation (DTCC). Cette dispense permet à la DTCC de segmenter en unités tous les titres de l’indice Russell 1000 ainsi que les principaux fonds négociés en bourse (FNB), quelle que soit la préférence de l’émetteur. La NYSE a également l’intention de permettre la négociation sur cette plateforme des titres des sociétés en dehors de l’indice Russell 1000 et des actions segmentées en unités émises de façon autonome. La segmentation en unités est ainsi présentée comme un changement d’infrastructure à l’échelle du marché plutôt que comme une expérience facultative.
La conception de la NYSE se rapproche d’un changement de structure du marché « 2.0 » : un système de négociation parallèle autonome où la garde et le règlement demeurent centralisés à la DTCC (bien que cela puisse être modifié), avec une négociation en tout temps conforme au meilleur cours acheteurs ou vendeur national (NBBO) pendant les heures d’ouverture du marché (mais non protégée), y compris les fins de semaine et les jours fériés, et comprenant un règlement immédiat dès le premier jour. Les opérations seront exécutées au moyen de la technologie de moteur d’appariement existant de la NYSE, tandis que la production de rapports se produit sur une chaîne de blocs publique. Les ordres seront donc toujours exécutés selon la priorité cours-temps, en s’appuyant sur la structure actuelle du marché, tout en évitant les risques liés aux opérations en avance sur le marché inhérentes à la négociation en bloc sur les chaînes de blocs publiques.
Bien que la plateforme introduise de nouvelles limites et une complexité opérationnelle, elle préserve délibérément la fongibilité entre les actions segmentées en unités et les actions non segmentées. Cela sacrifie de la souplesse dans une certaine mesure, au profit d’une véritable réduction du risque de fragmentation de la liquidité et de multiples versions segmentées en unités du même titre avec des profils d’exposition différents. Au fil du temps, cette fongibilité pourrait être essentielle pour éviter la fragmentation de l’écosystème des actions segmentées en unités.
Actuellement, nous nous attendons à ce que les bourses américaines passent à une négociation 23 heures sur 24, 5 jours sur 7 (fermeture à 20 h ou 21 h [HE] pour les opérations stratégiques sur le capital et les mises à jour du système) d’ici la fin de 2026, ou de manière plus réaliste, en 2027. Même les systèmes de négociation parallèle de nuit actuellement en place demeurent fermés les vendredis et les samedis en raison des exigences de production de rapports à l’intention de l’agence centralisée de traitement de l’information (SIP) le jour suivant. La plateforme de la NYSE contourne efficacement ces contraintes, en créant un tout nouveau contexte de négociation.
La NYSE prévoit d’introduire plusieurs fonctionnalités au fil du temps. Étant donné que la liquidité sera limitée dans un premier temps, le système proposera une fonctionnalité de demande de cote en plus d’un carnet d’ordres standard. Ces demandes de cote proviendront probablement des investisseurs particuliers, tandis que les institutions et les teneurs de marché agiront en tant que fournisseurs de liquidité. Un barème de frais preneur-teneur peut être adopté dans ce modèle pour reproduire la direction préférentielle des ordres contre paiement monétaire.
Les négociateurs du côté acheteur ont généralement peu d’intérêt pour le règlement immédiat, en raison des exigences de préfinancement et du faible attrait de la négociation la fin de semaine ou les jours fériés. Par conséquent, les investisseurs particuliers devraient être les premiers utilisateurs principaux du système de négociation parallèle d’actions segmentées en unités. Au fil du temps, les sociétés du côté acheteur pourraient plutôt rechercher des courtiers en valeurs mobilières prêts à financer à court terme ces opérations avec règlement immédiat, plutôt que d’exercer leurs activités sur une base entièrement préfinancée. Cette dynamique est particulièrement importante pour les courtiers de détail : les cycles de règlement plus longs augmentent considérablement les exigences de marge de compensation, comme l’a montré l’affaire GameStop, lors duquel les appels de marge ont atteint des milliards de dollars. Un mécanisme de règlement immédiat comprenant une négociation en tout temps peut donc leur sembler très intéressant.
L’activité des investisseurs particuliers représente déjà environ 20 % du volume total d’actions américaines. Toutefois, elle peut atteindre 40 % à 60 % pour certains titres un jour donné et dépasser 90 % pour les actions-mèmes. Si la liquidité fournie par les investisseurs particuliers passe de plus en plus vers des plateformes de négociation d’actions segmentées en unités et en vient à représenter une part significative de la liquidité disponible, la participation des investisseurs institutionnels finira par devenir moins facultative. Voilà pourquoi nous avons l’intention de faire partie des premiers utilisateurs de la plateforme, non pas car la plupart des acteurs du côté acheteur la rejoindront immédiatement, mais pour accumuler des données, une expertise et des options avant une potentielle adoption plus étendue.
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