Solutions à la paralysie du gouvernement, voyage de Trump en Asie et contrats pour le Dôme d’or
Animation : Roman Schweizer, directeur général, Groupe de recherche sur Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Dans cet épisode, Roman Schweizer, analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, Groupe de recherche sur Washington, TD Cowen, discute des dernières nouvelles en matière défense nationale avec une table ronde de journalistes étoiles. Ils réfléchissent ensemble aux façons de mettre fin à la plus longue paralysie de l’histoire du gouvernement américain. Ils discutent également de certains extraits du grand voyage du président Trump en Asie, de l’importante rencontre du secrétaire à la Guerre avec des chefs de la direction du secteur de la défense à Washington, ainsi que d’un contrat potentiel avec SpaceX pour les satellites du Dôme d’or.
Table ronde de journalistes
| Chapitres: | |
|---|---|
| 1:30 | Le point sur la paralysie du gouvernement et les répercussions sur le département de la Défense |
| 11:00 | Voyage de Trump en Asie |
| 23:55 | Rencontre entre Pete Hegseth et les dirigeants du secteur |
| 35:00 | Contrat potentiel avec SpaceX pour le Dôme d’or |
| 42:15 | Transparence budgétaire |
Ce balado a été enregistré le 31 octobre 2025.
Joe Gould :
La Chine avait annoncé des contrôles sur l’exportation de 12 éléments utilisés dans la fabrication des missiles, radars et moteurs à réaction. Trump a au moins obtenu un répit d’un an, mais tout cela montre bien que la Chine dispose d’un levier qu’elle peut actionner à tout moment.
Roman Schweizer :
À l’affût de l’information qui circule du département de la Défense au Congrès et de la Maison-Blanche à Wall Street, le balado « Ce qu’il faut savoir sur la sécurité nationale » présente sans filtre des discussions et des prévisions éclairées sur les principaux enjeux de l’heure en matière de sécurité nationale et de défense. Bienvenue au balado « Ce qu’il faut savoir sur la sécurité nationale ». Nous avons une table ronde de journalistes pour discuter des principaux enjeux de sécurité nationale à Washington et dans le monde, et voir à quoi s’attendre au cours des prochaines semaines. Je suis en compagnie d’une brochette aussi étincelante que chevronnée de commentateurs et de journalistes : Tony Bertuca d’Inside Defense, Joe Gould de Politico et Aaron Mehta de Breaking Defense. Ils couvrent Washington et le Pentagone depuis des décennies et leurs sources d’information sont solides. Merci de vous joindre à nous. C’est parti!
Messieurs, merci beaucoup de vous joindre à moi pour ce nouvel épisode du balado « Ce qu’il faut savoir sur la sécurité nationale ». Les deux dernières semaines ont encore été particulièrement mouvementées ici à Washington. Le président Trump vient de revenir de son voyage en Asie, qui pourrait s’avérer historique. Il l’a lui-même noté « 10 sur 10, à refaire », selon sa propre évaluation de ses échanges avec le président chinois Xi, ainsi que d’une série de rencontres avec le gouvernement japonais, sud-coréen et d’autres instances. On va y revenir dans un instant. Mais le président rentre dans un pays où le gouvernement est toujours paralysé. On a entendu parler, et je suis sûr que vous pourrez nous éclairer là-dessus, des dernières évolutions concernant cette paralysie. Il semble y avoir eu une certaine activité bipartite, mais le président est bien sûr intervenu hier soir en encourageant le chef de la majorité au Sénat, John Thune, à recourir à l’option nucléaire et à supprimer l’obstruction parlementaire.
Alors commençons par là et voyons quelles sont les prochaines étapes concernant la paralysie budgétaire. Qui veut commencer?
Tony Bertuca :
Pour moi, le point le plus important de cette paralysie budgétaire, celui sur lequel je travaille et passe le plus de temps, c’est d’essayer de comprendre comment le Pentagone trouve les fonds nécessaires pour payer les militaires pendant cette période. La Maison-Blanche est restée très discrète sur ce point et le Congrès n’a pas particulièrement cherché à obtenir ces informations. Cette question est très politisée, car de nombreux observateurs, analystes et juristes estiment qu’il est illégal pour la Maison-Blanche de prendre de l’argent qui n’a pas été affecté par le Congrès, de le réaffecter unilatéralement et de l’utiliser pour payer les militaires. Un premier montant d’environ 8 milliards de dollars aurait été mobilisé, même si certains rapports indiquent qu’il s’agirait plutôt de 6,5 milliards de dollars. Il a simplement été indiqué que ces fonds provenaient du budget Recherche et Développement (R&D) du département de la Défense et qu’il n’avait pas encore été déterminé, du moins publiquement, quels comptes seraient utilisés pour régler les dépenses.
Lors de la dernière conférence de la Maison-Blanche, on a appris qu’ils allaient recommencer, cette fois-ci avec l’argent destiné à la réconciliation, soit environ 4 milliards de dollars, me semble-t-il. Je crois que le reste des fonds sera puisé dans les programmes d’armement et le budget R&D du département de la Défense. Là encore, ils n’ont pas précisé d’où proviendrait exactement l’argent pour payer les troupes.
C’est pour cette raison qu’un mouvement commence à émerger au Capitole. Le sénateur Christopher Coons et certains sénateurs démocrates disent : « Nous sommes d’accord pour payer les militaires. Ne venez pas dire que nous ne voulons pas les payer. Mais faisons les choses correctement. Adoptons une loi qui précise comment nous allons payer les troupes », plutôt que de laisser la Maison-Blanche prétendre que les pouvoirs du président en tant que commandant en chef lui permettent de déplacer des fonds unilatéralement et de ponctionner certains programmes. Pendant ce temps, dans son décret exécutif, le président a également déclaré : « Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour reconstituer les fonds. » Je ne sais pas vraiment ce que ça signifie. Est-ce que ça veut dire que l’argent va être restitué? Le Congrès va probablement devoir régler cette question.
De mon point de vue, cette paralysie budgétaire se passe plutôt bien, mais quelles lignes budgétaires sont réellement ponctionnées? On ne le sait toujours pas. Vont-ils vraiment toucher aux fonds de réconciliation? Eh bien oui, ils le font aussi. Et combien de temps sont-ils prêts à continuer ainsi?
Joe Gould :
Je rejoins Tony sur ce point. Je suppose qu’une fois que l’argent aura été approuvé par le Congrès, ils vont le reconstituer. Mais le processus utilisé ici témoigne de l’érosion du pouvoir du Congrès et du mépris de l’administration envers ce pouvoir budgétaire. En effet, elle peut décider unilatéralement de déplacer des fonds.
J’aimerais revenir sur ce qui a été dit au sujet de la dynamique actuelle et du fait que Trump pousse les républicains du Sénat à mettre fin à l’obstruction. Selon moi, c’est peut-être juste une manière de faire pression sur les deux camps pour qu’ils discutent. On voit que les démocrates commencent à… Chuck Schumer subit des pressions de la part de son aile gauche, et peut-être aussi de la part de démocrates plus modérés, comme Mark Warner en Virginie. Cet État abrite d’ailleurs de nombreux employés fédéraux, le syndicat des employés fédéraux exerçant également une pression sur les démocrates. Quant à l’obstruction, le chef de la majorité, John Thune, et le sénateur, John Barrasso, ont tous deux déclaré qu’ils la soutenaient, alors je doute qu’ils soient prêts à jouer cette carte.
Je pense que dès la semaine prochaine, voire dans les prochains jours, certaines pressions vont commencer à se faire sentir. Et il se peut que les démocrates attendent de voir les effets de la paralysie budgétaire avant d’agir. Je pense qu’ils veulent pouvoir montrer à leurs électeurs leur moyen de pression, ou leur revendication, qui consiste à restaurer les prestations de santé. Ils veulent pouvoir leur dire : « Regardez ce que les républicains ont fait, avec la hausse des primes d’assurance santé », et on va commencer à le constater. À mon avis, les élections et leurs résultats vont probablement leur servir d’indicateur.
Aaron Mehta :
Vous vous souvenez lorsque la procédure de réconciliation a été utilisée? Dès le départ, on a entendu des « faucons » républicains dire : « Bon, maintenant que nous avons cet argent, nous allons obtenir des fonds supplémentaires pour les crédits budgétaires. » Et la Maison-Blanche leur a répondu : « Non, les fonds supplémentaires pour la défense viendront de la réconciliation. Et d’ailleurs, nous allons utiliser – peu importe le montant exact – les deux tiers de l’argent de la réconciliation pour la défense cette année, au lieu de l’étaler sur cinq ans. » Tous les « faucons » républicains s’étaient alors fâchés au Congrès et avaient menacé de voter leurs propres crédits budgétaires, de faire passer leurs propres projets de loi, etc.
J’aimerais vraiment savoir ce qu’ils pensent maintenant du fait de prendre encore plus d’argent destiné à la réconciliation, qui était censé être utilisé pour la modernisation, et de l’utiliser de cette façon. Tony a dit qu’il est possible que ces fonds soient reconstitués lorsque le gouvernement rouvrira, mais je ne pense pas qu’on puisse faire la moindre hypothèse pour le moment, que ce soit sur les crédits budgétaires, la reconstitution des fonds ou quoi que ce soit d’autre. Surtout en ce qui concerne la réconciliation, sujet sur lequel je me suis déjà exprimé et pour lequel je continue de croire qu’il s’agit simplement d’un tour de magie que personne ne comprend vraiment, et où Russ Vought n’a qu’à bouger ses doigts pour que les choses se produisent.
Roman Schweizer :
Je suis d’accord pour dire qu’il y a aussi un peu de sorcellerie là-dedans. Tout d’abord, ça doit agacer les parlementaires chargés des crédits budgétaires, puisqu’ils n’ont rédigé aucun de ces projets de loi. Ce sont les commissions compétentes qui l’ont fait, en l’occurrence les commissions des forces armées. Et pour rappel, le projet de loi de réconciliation a fait l’objet d’un vote partisan, selon les lignes de parti, donc la reconstitution des fonds pourrait nécessiter une loi bipartite. Encore une fois, est-ce que ça va être intégré dans un genre de paquet législatif? Probablement, mais il faudra attendre pour le savoir.
Ce que je tiens à souligner encore une fois et qui est fascinant, c’est que Trump n’a cessé de s’attaquer à l’ancien chef de la majorité, Mitch McConnell, au sujet de l’obstruction parlementaire, sans se soucier des conséquences. J’ai dû vérifier, mais c’est le 21 novembre 2013 que Harry Reid a modifié les règles d’obstruction pour les juges de la Cour suprême, ce qui explique pourquoi la Cour est telle qu’elle est aujourd’hui. Les démocrates doivent certainement regretter cette décision à court terme et ses conséquences à long terme. Et je pense qu’un certain nombre de sénateurs républicains – au moins trois, Susan Collins, Lisa Murkowski, Mitch McConnell et d’autres – estiment qu’il faudrait que tous les républicains votent en faveur de l’option nucléaire. Je pense que c’est peu probable, mais on verra. Jusqu’à présent, Trump a obtenu presque tout ce qu’il voulait du Congrès.
Concernant les crédits discrétionnaires, voici un point à noter lorsque la paralysie budgétaire aura été levée. D’après certains calculs du Bureau du budget du Congrès américain, rien que les subventions de l’Affordable Care Act (ACA) représentent 350 milliards de dollars sur 10 ans. Donc, pour une entente ponctuelle d’un an, cela représenterait environ 35 milliards. Mitch McConnell et les « faucons » républicains aimeraient ajouter 22 milliards de dollars pour la défense, donc je me demande s’il y a une marge de négociation à ce sujet. Encore une fois, je sais qu’ils ont parlé d’adopter des mini-projets de loi de crédits et autres, mais je ne suis pas tous les projets de loi à ce niveau de détail. Je ne sais pas exactement où en sont les ajustements budgétaires entre la défense et les autres secteurs.
La deuxième chose que je voudrais dire, même s’il est trop tôt pour commencer à y penser, c’est que les républicains vont sans doute essayer de passer un nouveau projet de loi de réconciliation au printemps prochain. Ce sera l’occasion pour eux de briller et de faire ce qu’ils veulent. Surtout si Trump veut plus d’argent pour la frontière, pour le projet Golden Dome, etc., il devra l’obtenir avant les élections de mi-mandat, qui pourraient lui faire perdre la Chambre des représentants, ou quelque chose comme ça. Il ne reste plus qu’à attendre de voir ce qui se passe.
J’aimerais vous poser une question. Qu’est-ce qu’on gagne avec cette paralysie budgétaire? J’avais entendu dire que d’ici la fin de la semaine prochaine, ils parviendraient à un accord bipartite et qu’on serait libérés peu de temps après. Est-ce que vous avez entendu la même chose?
Tony Bertuca :
Je dirais que le message qui m’a le plus marqué au Capitole, c’est que rien ne se passera tant que le président ne sera pas de retour et prêt à agir. Autrement dit, les négociations n’aboutiront à rien tant que le président ne donnera pas l’impression d’être prêt à agir. Et au vu de ce dont on vient de parler, lorsque le président évoque le fait de recourir à l’option nucléaire, il est évident qu’il n’est pas prêt à négocier. Je ne vois pas vraiment d’issue à cette situation.
Roman Schweizer :
Je vois. Ou peut-être que Trump exagère encore une fois avec ses demandes extravagantes habituelles pour pouvoir s’asseoir à la table des négociations.
Bon, changeons un peu de sujet. Le président était en Asie pour une série de réunions très médiatisées. Et je pense que la surprise pour tout le monde a été son tweet, ou plutôt son message sur Truth Social, annonçant que le gouvernement sud-coréen allait construire un sous-marin nucléaire à Philadelphie, vraisemblablement au chantier naval d’Hanwha Philly Shipyard. Je n’ai pas vu d’autres détails. En parcourant tous les comptes rendus de la Maison-Blanche concernant les accords technologiques et commerciaux avec le Japon et la Corée du Sud, je n’ai rien trouvé qui fait référence à ça. Je vais donc vous poser la question. Où en est-on actuellement selon vous?
Joe Gould :
En effet, ce message a laissé tout le monde perplexe. Le président a déclaré qu’il autoriserait la Corée du Sud à construire ces sous-marins nucléaires. C’est un changement politique majeur. Il a annoncé qu’ils seraient construits à Philadelphie dans le cadre d’un accord commercial plus large prévoyant des investissements de la Corée du Sud aux États-Unis en contrepartie d’un allègement des droits de douane. Mais si ça se confirmait, la Corée du Sud ne serait que le troisième allié, après le Royaume-Uni et l’Australie, à recevoir une telle autorisation.
Avec mes collègues, on était assez perplexes, parce que Philadelphie ne construit pas de sous-marins nucléaires. C’est un chantier pour navires commerciaux. Alors, à quoi ressemblerait ce sous-marin? D’où viendrait le combustible nucléaire? Comment la technologie serait-elle partagée? Est-ce qu’il s’agit d’un véritable accord de coproduction ou d’une simple déclaration politique? Je pense que, pour le moment, les détails ne tiennent pas la route et qu’il reste beaucoup de questions à poser à l’administration.
Aaron Mehta :
Effectivement. Il y a quelques semaines, j’ai interviewé Michael Coulter, le chef mondial de la défense d’Hanwha, et on a un peu parlé de Philadelphie. À ce moment-là, il m’avait dit qu’ils cherchaient à élargir le site de Philadelphie et qu’ils envisageaient aussi de racheter d’autres chantiers navals américains pour pouvoir se positionner sur de nouveaux projets. En revanche, il ne m’avait pas parlé des sous-marins. On peut se demander si c’est parce qu’il ne voulait pas compromettre une entente surprise ou parce qu’il ne savait pas que cette déclaration allait être faite, même si je penche plutôt pour la deuxième option.
Cela dit, ça nécessiterait des transformations majeures du site de Philadelphie. Comme l’a souligné Joe, il s’agit d’un chantier naval commercial. Hanwha construit effectivement quelques navires pour le gouvernement coréen, essentiellement dans le but de commencer à constituer une main-d’œuvre et à la former à ses technologies et capacités, mais rien n’indique que l’entreprise ait l’intention de construire des sous-marins. Donc, même si un projet de développement et de production de sous-marins était lancé, il faudrait au minimum cinq ans pour préparer ce chantier, à supposer que l’on commence demain.
Joe Gould :
La grande question pour moi, au-delà de connaître les détails, c’est de savoir si c’est vrai, si quelqu’un en sait vraiment quelque chose, ou si le président sud-coréen en a simplement parlé à Trump, qui a décidé de l’annoncer sur les médias sociaux. On peut aussi se demander ce que signifie la construction d’un sous-marin nucléaire dans ce contexte, car il y a ici des aspects juridiques importants.
Si l’on fait comme avec l’AUKUS, c’est-à-dire qu’un sous-marin est construit, que les États-Unis fournissent l’énergie nucléaire, qu’ils l’installent, que le système est fermé et que les Australiens et les Britanniques ne manipulent jamais l’uranium hautement enrichi (UHE), c’est une chose. Il existe d’ailleurs un processus plus ou moins en place pour ça, fondé sur l’AUKUS. En revanche, si les Coréens reçoivent de l’UHE de la part des États-Unis, ce qu’ils ont toujours souhaité – car, soit dit en passant, c’est assez facile de transformer l’UHE pour les sous-marins en UHE pour les armes – c’est tout autre chose. Ça soulève de véritables problèmes juridiques et impliquerait l’intervention du Congrès.
On en a longuement discuté ces derniers mois, mais jusqu’à présent, le Congrès n’a jamais rejeté une seule des mesures souhaitées personnellement par Trump. Cependant, il s’agit ici de matières nucléaires, qui seraient fournies à un allié d’une manière qui n’a pas vraiment été mise en œuvre auparavant. La situation pourrait devenir délicate si c’est vraiment ce qui se passe. On ne connaît pas encore les détails, mais ils vont avoir toute leur importance.
Tony Bertuca :
En effet. Juste quelques points de données rapides à ce sujet. Évidemment, beaucoup de facteurs sont en jeu ici, sans parler de la réaction du voisin nord-coréen et de la manière dont cette situation pourrait influencer sa perception de sa position dans le monde. C’est un énorme point d’interrogation.
Il est également intéressant de rappeler que l’administration était au départ très sceptique à l’égard de l’AUKUS, et c’était certainement l’objet de l’examen mené par le bureau du Sous-secrétariat d’État à la politique de Défense du département de la Défense. Il y avait beaucoup de scepticisme à l’égard de l’AUKUS, quant à savoir si c’était une bonne idée ou une bonne entente, et maintenant, voilà que cette annonce est faite.
En ce qui concerne le chantier naval, on a des raisons de penser de penser qu’Hanwha va y investir de l’argent. Je crois qu’en août, ils ont annoncé un plan d’investissement dans les infrastructures de 5 milliards de dollars. Et en juillet, il me semble qu’ils avaient évoqué leur souhait de livrer des navires auxiliaires pour la US Navy dans les dix prochaines années. Ils en ont donc clairement parlé et ont déclaré vouloir poursuivre dans cette voie. Mais oui, ça prendra plusieurs années, et tout dépendra des détails.
Roman Schweizer :
J’aimerais souligner quelques points à ce sujet. Tout d’abord, je crois qu’Hanwha a embauché Alex Wong, qui a été conseiller adjoint à la sécurité nationale à la Maison-Blanche jusqu’à ce qu’il se fasse évincer par Laura Loomer plus tôt cette année, ce qui constitue clairement une embauche stratégique solide. Ensuite, j’ai appris, il y a quelques semaines, qu’Hanwha avait aussi embauché le contre-amiral à la retraite, Tom Anderson, qui était auparavant chef de la direction des programmes navals, et donc responsable de tous les programmes d’acquisition non nucléaires de la US Navy. Ayant travaillé avec Tom, je peux vous dire que c’est un constructeur naval chevronné et qu’il serait parfait pour les aider à effectuer la transition du commercial au militaire.
De mon point de vue, ça ne peut fonctionner que s’il s’agit d’un sous-marin de conception sud-coréenne, construit avec l’aide des Américains et probablement alimenté avec du combustible nucléaire américain, provenant pourquoi pas d’un réacteur de fabrication américaine. Je ne vois pas les États-Unis partager leur technologie. Et c’est justement là que je ne suis pas d’accord avec certains journalistes ou articles qui affirment que le président a déclaré que l’on partagerait notre technologie. En tout cas je ne l’ai pas lu, mais je suis peut-être passé à côté d’un de ses tweets. Je pense qu’il a seulement dit que le sous-marin serait construit aux États-Unis. Et pour moi, cela signifie des emplois, de la fabrication locale, et je pense qu’il y a aussi des retombées indirectes qui pourraient soutenir la chaîne d’approvisionnement américaine. Je ne peux pas imaginer que la technologie nucléaire américaine... Les réacteurs nucléaires navals sont réputés pour être extrêmement protégés et soumis à des restrictions strictes en matière de partage des technologies américaines.
Et je pense que c’est effectivement le cas, comme je l’ai souligné dans l’un de mes articles. Dans le cadre de l’AUKUS, si les Australiens achètent trois à cinq sous-marins de classe Virginia légèrement usagés, ils n’acquièrent aucun savoir-faire en matière de conception ou de fabrication. Ils montent simplement dedans et les pilotent. Je pense donc qu’une grande partie du transfert technologique lié à l’AUKUS se fait en réalité entre le Royaume-Uni et l’Australie, car certains sous-marins sont construits à la fois pour la marine britannique et la marine australienne.
Comme vous l’avez tous les trois souligné, la mise en conformité d’un chantier naval pour qu’il puisse accueillir des installations nucléaires est incroyablement complexe, tout comme la formation de la main-d’œuvre. Les spécifications et les normes relatives à la soudure, à la construction, aux matériaux et à tout le reste sont complètement différentes, sans parler de la manipulation des matières nucléaires. Je pense que c’est quelque chose qui s’étendrait bien au-delà de la présidence de Trump, peut-être même au-delà d’un troisième mandat.
Allez-y Joe.
Joe Gould :
J’allais juste aborder un autre sujet que la Corée du Sud concernant le voyage du président. Je pense que l’autre événement majeur, c’est que Trump et Xi ont annoncé que la Chine ne mettrait pas en œuvre les restrictions sur l’exportation des terres rares. C’est une nouvelle importante pour le secteur de la défense, car la Chine avait annoncé des contrôles sur l’exportation de 12 éléments utilisés dans la fabrication des missiles, radars et moteurs à réaction. Je crois que les aimants constituent une catégorie à part. Trump a au moins obtenu un répit d’un an, mais tout cela montre bien que la Chine dispose d’un levier qu’elle peut actionner à tout moment. L’administration Trump déploie beaucoup d’efforts pour sécuriser les minéraux provenant d’autres pays, notamment d’Australie. Je suis donc curieux de voir ce qui va être fait au cours de l’année à venir pour réduire l’influence de la Chine à ce sujet.
Roman Schweizer :
Aaron, est-ce que tu veux intervenir?
Aaron Mehta :
Oui, c’est un bon point, Joe. Un autre sujet dont on n’a pas parlé, et c’est probablement mieux ainsi, car personne ne semble en savoir quoi que ce soit, c’est la déclaration de Trump au sujet des essais nucléaires. Il vaut mieux qu’on laisse ça de côté, parce qu’au vu de tout ce qui a été dit à la suite de cette déclaration, personne ne sait vraiment de quoi il s’agit.
Pour revenir un instant sur la Corée du Sud, il est important de noter que… Et je suis d’accord, en fin de compte, il s’agira d’un sous-marin conçu par la Corée du Sud, mais construit aux États-Unis. Au cours des cinq dernières années, le gouvernement sud-coréen s’est montré très favorable à l’idée de se rendre dans un autre pays et de dire : « Nous allons tout faire construire ici et transférer la technologie aux populations locales pour qu’elles puissent le faire, car les bénéfices géopolitiques et économiques en valent la peine. » Évidemment, la Pologne en est le parfait exemple. Pratiquement tout ce que les Coréens produisent peut maintenant être fabriqué en Pologne. Mais il existe d’autres exemples dans le monde où cela s’est produit, et je pense que c’est quelque chose que le gouvernement coréen recherche depuis au moins trois décennies, voire plus.
Ils le feront, je pense que la Corée du Sud fera tout pour que ça se réalise. Et si ça implique qu’une entreprise américaine co-produise ses sous-marins dans un chantier naval américain qui n’appartient pas à Corée, avec uniquement des travailleurs américains, ce n’est pas un problème, ils vont le faire.
Roman Schweizer :
C’est vrai. J’ajouterais juste que si vous voulez transformer John Fetterman en républicain, faites construire des sous-marins nucléaires coréens dans son État. David McCormick et John Fetterman adoreraient ça.
Tony Bertuca :
Oui. Je vais me permettre une petite blague. Comme on l’a dit, le président a déclaré que les États-Unis allaient relancer les essais nucléaires. À votre avis, à quel point l’équipe de préparation du vice-amiral Richard Correll a-t-elle été stressée, lui qui passait son audition pour être nommé à la tête du commandement stratégique le lendemain matin, en voyant ce tweet? La situation devait être… explosive! Une situation explosive.
Aaron Mehta :
Et voilà.
Roman Schweizer :
Bouh!
Joe Gould :
Hé, pas de publicité gratuite!
Roman Schweizer :
J’allais justement en parler parce que j’attendais ce film avec impatience. Malheureusement je ne suis pas allé le voir au cinéma. J’attendais qu’il sorte sur Netflix. Peut-être qu’on pourra en discuter à la fin. J’espère que les cinéphiles l’ont déjà vu et si ce n’est pas le cas, ajoutez-le à votre liste de films à voir.
Juste, Joe, pour rebondir sur ce que tu as dit. Je sais qu’entre Trump et Xi, c’était sourires et poignées de main à gogo, mais je vois ça plutôt comme la fin de la deuxième manche. Disons que Trump a remporté la première manche, et là c’est comme si les deux combattants étaient retournés dans leur coin pour recevoir les instructions de leur entraîneur et reprendre leur souffle. Ils essaient de trouver une solution. Les États-Unis se demandent où ils vont vendre leur soja, à part en Chine, comment ils vont réduire leur dépendance aux terres rares et à quelle vitesse ils peuvent mettre tout ça en place.
L’autre chose qu’on m’a fait remarquer et qui rappelle l’accord commercial de phase un et à peu près tous les autres accords commerciaux de l’histoire, c’est : combien de temps est-ce que ça va tenir? Est-ce que les deux parties vont respecter leurs engagements pour que la situation reste stable? Je suppose que oui, du moins jusqu’en avril. Je crois que c’est la date à laquelle Trump doit se rendre en Chine. On a donc cinq ou six mois pour voir comment tout ça va se passer et si les deux parties réussiront à tenir leurs engagements.
Changeons de sujet. Selon la rumeur, et je vais vous laisser rebondir là-dessus, le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, devrait rencontrer les chefs de la direction du secteur de la défense en ville la semaine prochaine. Il me semble que c’est le 7 novembre. Je ne crois pas qu’il y ait de séance de sport au programme, même si c’est normalement l’activité préférée du secrétaire à la Guerre. Donc si des chefs de la direction nous écoutent, faites peut-être quelques tractions et du kettlebell cette fin de semaine pour vous préparer. Alors messieurs, est-ce qu’on sait à quoi s’attendre?
Joe Gould :
Alors, les invitations ont été envoyées aujourd’hui. Je ne crois pas qu’on sache exactement qui, parmi ces entreprises, sera présent, mais des cadres supérieurs sont invités. Une partie du programme a fuité ou a été divulguée. L’une des principales informations dont on dispose, c’est que le processus de vente de matériel militaire à l’étranger, en particulier la Defense Security Cooperation Agency (DSCA), va être déplacé de la branche chargée des politiques publiques du Pentagone à celle en charge des acquisitions et du soutien. L’idée est d’accélérer les ventes et les livraisons d’armes, et d’aligner ce processus sur celui des acquisitions. C’est l’idée principale. Je crois qu’il y a aussi d’autres propositions au sujet des acquisitions. Ce qu’on a compris au départ, c’est qu’il s’agirait d’un discours sur la réforme des acquisitions, donc je pense qu’il y a plein de sujets qui peuvent entrer dans ce cadre.
Je vais laisser la parole à mes amis présents sur l’appel.
Tony Bertuca :
Ce que je dis souvent, c’est que si vous voulez savoir de quoi ils vont parler, commencez par examiner les projets de loi Fostering Reform and Government Efficiency in Defense (FoRGED) et Standardizing Permitting and Expediting Economic Development (SPEED) actuellement examinés au Congrès, qui font partie du National Defense Authorization Act (NDAA). La conférence n’a pas encore officiellement commencé, et qui sait si elle aura réellement lieu, mais les équipes ont déjà commencé à se réunir pour mettre au point la version finale négociée du NDAA pour l’exercice 2026. On y retrouve des dispositions qui évoquent davantage une gestion par portefeuille des acquisitions et une volonté de simplifier les rôles des responsables de la coopération internationale en matière de sécurité. Eh bien, c’est exactement ce que représente le transfert de la DSCA de la branche chargée des politiques publiques à celle en charge des acquisitions. Certaines personnes à qui j’ai parlé, en particulier des collaborateurs du Congrès qui ont travaillé à la fois sur les lois SPEED et FoRGED, voient ça comme le prolongement de mesures sur lesquelles les législateurs se sont déjà mis d’accord et qui doivent être mises en œuvre.
L’une des choses les plus intéressantes que j’ai entendues, c’est que des professionnels du secteur ont eu des discussions avec le bureau du secrétaire adjoint à la Défense, Steve Feinberg, qui avait dès le départ indiqué vouloir rester discret dans l’exercice de ses fonctions et qui s’en était plutôt bien sorti jusqu’à présent. Comme il rencontre régulièrement des représentants du secteur, je pense que ces derniers ont une idée assez précise de ce à quoi s’attendre en ce qui concerne les changements organisationnels qui vont être annoncés, car ceux-ci reflètent en grande partie son influence et le travail accompli par son équipe au cours des derniers mois.
Aaron Mehta :
Oui. Tout d’abord, mon ami Joe reste humble, comme toujours. Il a été le premier à rapporter certains détails sur la rencontre, alors soulignons-le.
On ne sait pas exactement dans quelle mesure Pete Hegseth va annoncer de grands changements. En partie parce qu’une série de changements ont été mis en œuvre depuis janvier. En guise de réflexion, on a publié aujourd’hui un article dans Breaking Defense qui revient essentiellement sur ce qui s’est passé jusqu’à présent au niveau des services. Et il y a eu beaucoup de remaniements. On a l’impression – et je crois, Joe, que ton article le disait – que les accords de rachat (REPO) vont être modifiés d’une manière ou d’une autre. On a commencé à entendre des rumeurs à ce sujet dès avril. Donc, si Pete Hegseth annonce que c’est le premier grand changement, ce n’est pas quelque chose qu’il a décidé sur le moment. C’est quelque chose qui était en préparation depuis un certain temps.
Une autre chose qu’on surveille, c’est cette idée de créer des czars qui rendraient compte à Steve Feinberg pour certains des plus gros programmes. Cette idée circule aussi, mais elle n’a pas encore été officialisée. Pourrait-il l’annoncer lors de son discours? Je pense que ça aurait du sens, mais ça fait déjà plusieurs mois qu’on entend des noms circuler quant à savoir qui dirigera ces programmes. Il va être intéressant de voir dans quelle mesure ce qu’il va annoncer est réellement nouveau, correspond à ce qu’on a déjà tous rapporté et attendu, mais n’a pas encore été officialisé, ou concerne des mesures qui sont déjà en place depuis plusieurs mois et qui sont en cours.
L’autre aspect qui m’intrigue vraiment, c’est le ton. Est-ce que ça va être un sermon destiné aux grands maîtres d’œuvre de la défense, du genre : « Hé, il est temps que vous fassiez le ménage chez vous maintenant que toutes ces sociétés technologiques sont là? » Imaginez tous les maîtres d’œuvre traditionnels à gauche et toutes les sociétés technologiques à droite, et Pete Hegseth qui lance des fleurs à ces dernières en disant : « Ce sont ces entreprises qu’on veut soutenir. » Il va être intéressant de voir comment les grandes entreprises de défense historiques vont réagir et si elles seront beaucoup plus inquiètes qu’elles ne l’étaient avant la réunion.
Roman Schweizer :
Il y a un point que je voudrais souligner. Mais je dois d’abord poser la grande question : Comme lors du pow-wow à Quantico, Trump sera-t-il capable de rester à l’écart? Ou va-t-on avoir droit à une apparition surprise du président? On ne sait pas quelles entreprises seront présentes, mais j’imagine que si vous êtes un chef de la direction et que vous ne venez pas, c’est une énorme erreur. Je m’attends à ce qu’il y ait des chefs de la direction.
Vous l’avez mentionné, tous les acteurs traditionnels... Parce que je m’attends aussi à voir tous les noms connus à la tête des grandes entreprises de défense historiques. Mais est-ce qu’Elon Musk va venir? Palmer Luckey? Alex Karp? Ce sont ceux qui cherchent à se faire une place, alors je pense que ça peut être très intéressant.
Il y a autre chose dont on n’a pas entendu parler depuis un certain temps. Est-ce que Donald Trump, Pete Hegseth ou Howard Lutnick va débarquer et dire : « Au fait, on voudrait que vous nous donniez 10 % de vos entreprises? » Le sujet s’est calmé depuis un moment. Par exemple : « Alors, voici notre feuille de modalités. Lockheed, vous avez décroché ce contrat pour les F35, je veux 3 % de l’entreprise. » Évidemment, je plaisante, car on n’en a pas entendu parler depuis un moment, et le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, semble avoir calmé le jeu. On devrait toutefois voir des discussions sur les dépenses en immobilisations ou les redistributions aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Il y a eu quelques échanges à ce sujet.
Par ailleurs, je dirais aussi que le discours du secrétaire à la Guerre à Quantico était très axé sur le côté progressiste et motivant. Je me demande donc s’il ne va pas aussi reprocher aux chefs de la direction certaines de leurs pratiques. Ça promet d’être fascinant. J’espère juste que ça sera diffusé à la télévision. Je suppose que oui, comme on a pu le voir pour certaines séquences du discours à Quantico.
Aaron Mehta :
D’après ce que j’ai compris, il y aura une diffusion en direct, et il semblerait aussi que l’invitation ait été envoyée aux chefs de la direction avec une note précisant qu’ils peuvent envoyer leur chef de l’exploitation s’ils préfèrent. Mais comme Roman l’a dit, si vous êtes chef de la direction et que vous recevez cette invitation, annulez tout ce que vous avez prévu autour de cette date, et assurez-vous d’être présent, sinon gare à vous.
Joe Gould :
Je me posais une question, et, Aaron, tu y as fait allusion, tout comme toi, Roman. Si le ton du discours laisse entendre aux dirigeants du secteur de la défense qu’ils sont le problème, comment peut-on ensuite faire volte-face et dire : « En fait, on va changer toutes ces choses parce qu’on est le problème »? Ou est-il possible de faire les deux?
Aaron Mehta :
Eh bien, d’après ce que j’ai compris, le message du secteur, des grandes entreprises de défense à ce groupe en particulier, est le suivant : « Oui, nous reconnaissons qu’il y a des problèmes et nous faisons de notre mieux pour changer les choses, mais le changement doit venir de l’intérieur. » Donc en théorie, Pete Hegseth pourrait retourner la situation et dire : « On a entendu vos plaintes, certaines sont justifiées, le fonctionnement interne a été trop lent. On est en train de le changer, vous n’avez donc plus d’excuse. » Ou bien il pourrait dire : « Vous êtes toujours trop lents, c’est vous le problème, et on ne va simplement plus le tolérer. »
Le point sur lequel je vais être attentif, du point de vue de la formulation, c’est l’utilisation de l’expression first supper (premier souper), qui est celle que les entreprises technologiques comme Anduril ou Palantir...
Joe Gould :
First breakfast (premier déjeuner).
Aaron Mehta :
...utilisent beaucoup. Oui pardon, first breakfast. Merci, Joe. C’est presque l’heure du dîner et je commence à avoir faim. Si cette expression est utilisée, pour moi, cela va provoquer un feu d’artifice dans la Silicon Valley, tandis que beaucoup de têtes vont se baisser dans les bureaux de Washington, car cela voudrait dire qu’ils sont pleinement convaincus, comme on l’a déjà vu. Si cette expression se glisse dans le discours, on va aussi se demander qui a écrit le discours.
Roman Schweizer :
Oui, bien sûr. Si Daniel Driscoll dit vouloir mettre en faillite un grand maître d’œuvre de la défense, ce qui, encore une fois, me semble peu probable.
Écoutez, pour rebondir sur ces remarques, je dirais que le secteur de la défense, tel qu’il est organisé aujourd’hui, existe en raison des règles établies par le département de la Défense et le Congrès au cours des 50 dernières années, alors qu’on avait pas vraiment... En réalité, peut-être plutôt 40 ans, revenons aux années 1980, à la fin de la guerre froide. Il n’y avait pas de menace équivalente et, sauf dans des cas très spécifiques, il n’était pas nécessaire d’innover rapidement. Les niveaux de production étaient faibles, les programmes étaient longs et ça n’avait pas vraiment d’importance. Certains programmes ont été lancés, puis abandonnés. Chacun d’entre nous pourrait compter – on le fait depuis assez longtemps – le nombre de programmes qui ont été lancés puis annulés depuis que l’on travaille dans ce secteur. Mais tout cela existe parce qu’un certain nombre de règles sont en place : des règles de conduite, des réglementations, des lois, appelez ça comme vous voulez. Et si ces règles changent, je pense que le secteur de la défense changera aussi.
C’est une chose que certaines entreprises technologiques ne comprennent peut-être pas encore, mais elles le comprendront dans cinq ans. Si vous changez les règles, ces entreprises vont évoluer, et je pense qu’elles le font déjà. Il y a plusieurs choses que j’aimerais souligner. Jim Taiclet, chef de la direction de Lockheed Martin, a évoqué, lors de la conférence téléphonique sur les résultats, les changements en cours au sein de l’entreprise, notamment en matière d’investissements indépendants de recherche et développement, qui vont désormais être plus ciblés. Lockheed et Northrop ont tous deux mentionné qu’ils mettent au point des prototypes d’intercepteurs spatiaux à leurs propres frais. Donc je pense que les choses changent, et c’est ce qu’on observe. C’est le prix à payer pour participer à certaines de ces compétitions, et je pense qu’on va commencer à observer certains changements de comportement. Mais, encore une fois, à en juger par la façon dont le secrétaire à la Guerre a réprimandé les « généraux bedonnants et imberbes », je ne peux pas imaginer que la direction de la défense s’en sorte non plus sans conséquence.
C’est peut-être l’occasion de faire un petit clin d’œil à Breaking Defense également. J’ai reçu plusieurs messages à propos de l’article du Wall Street Journal concernant SpaceX, qui pourrait remporter un contrat de 2 milliards de dollars pour fournir des satellites pour le projet Golden Dome. Il y a un point sur lequel je voudrais revenir brièvement. Je pense que cet article, comme d’autres, contient des informations intéressantes. Je vais garder cette remarque pour la fin, mais, Aaron, est-ce que tu veux commencer?
Aaron Mehta :
Oui bien sûr. L’article du Wall Street Journal confirme essentiellement ce que notre journaliste spécialisée dans l’espace, Theresa Hitchens, avait découvert et publié il y a environ un mois, à propos d’un programme appelé MILNET. Ce programme avait été financé par l’intermédiaire de la réconciliation budgétaire, mais on ne savait pas vraiment à quoi il servait. D’après son article, il s’agit essentiellement de remplacer le système de satellites de la Tranche 3 prévu par la Space Development Agency (SDA), et cela concerne aussi des capacités de ciblage au sol. Dans l’espace plutôt, avec le GMTI (Ground Moving Target Indicator)... Je confonds tous les acronymes aujourd’hui. Le fait est que l’on confie à SpaceX la gestion de nombreuses missions qui étaient censées être gérées par la SDA.
Et ce que dit l’article du Wall Street Journal, c’est qu’il s’agit d’un contrat de 2 milliards de dollars avec SpaceX. Au Pentagone, et ce n’est pas nouveau, certains craignent de mettre trop d’œufs dans le même panier, celui de SpaceX. On a déjà vu passer quelques courriels nous rappelant que Troy Meink était l’homme de confiance d’Elon Musk. Elon Musk l’a aidé à obtenir le poste de secrétaire à la Force aérienne. Il est évident qu’Elon Musk a connu des hauts et des bas dans ses relations avec l’administration. À un moment donné, il a même déclaré qu’il allait annuler tous ses contrats avec le gouvernement, puis Trump avait répondu qu’il allait annuler tous les contrats avec SpaceX, avant qu’ils ne semblent se réconcilier par la suite. Mais je pense que cela montre clairement que SpaceX reste un acteur majeur et qu’Elon Musk continue d’exercer une grande influence au sein du Pentagone, notamment en termes de capacité à tirer profit de la situation.
Il y a aussi un lien avec le projet Golden Dome, qui est un autre aspect de cette affaire. Apparemment, un document devrait bientôt être publié pour expliquer à quoi le Golden Dome va réellement ressembler. Et si les informations du Wall Street Journal sont exactes, il s’agirait peut-être du premier gros contrat majeur lié au Golden Dome à être attribué.
Roman Schweizer :
J’aimerais juste souligner quelques points. Je ne suis pas du genre à chipoter, mais, Aaron, je pense que tu faisais référence à l’AMTI (Air Moving Target Indicator).
Aaron Mehta :
Oui, merci.
Roman Schweizer :
Pas de problème.
Roman Schweizer :
Je ne suis pas du genre à pinailler. Mais souvenez-vous, il s’agissait d’une constellation de satellites destinée à remplacer le Système de détection et de commandement aéroporté. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’US Air Force a annulé ou prévoyait d’annuler l’achat des Boeing E-7 Wedgetail. L’AMTI c’est un peu l’œil de Sauron. Il peut tout voir : les avions, les missiles, ce genre de choses. Et placé en orbite terrestre basse, l’AMTI sera incroyable. En revanche, je ne suis pas certain qu’il soit adapté à la mission de défense antimissile du Golden Dome. Il peut y avoir une certaine confusion, parce que le projet Golden Dome concerne à la fois l’espace et la défense antimissile, mais il y a encore beaucoup de programmes spatiaux et de défense antimissile qui n’en font pas partie. Il pourrait donc y avoir un certain chevauchement entre différents domaines.
La seule chose que je dirais, et je tiens à le souligner, c’est que je n’ai rien publié à ce sujet. Cependant, un article a été publié dans Ars Technica, pour rendre à César ce qui appartient à César. Après le lancement du Starship 11, un petit paragraphe avait vraiment attiré mon attention. Il disait que pendant le vol d’essai, Starship avait largué huit maquettes de satellites Starlink reproduisant la taille plus grande de la prochaine génération de satellites de l’entreprise, et que ces nouveaux satellites Starlink ne pourraient être lancés que depuis Starship. Les talentueuses équipes de SpaceX ont développé une version plus grande de Starlink, qui, j’imagine, servira à la fois aux communications et à des missions de type Intelligence, Surveillance, Reconnaissance. Il s’agit d’un satellite plus grand qui sera probablement placé en orbite Near Earth Orbit (NEO).
Donc, je dirais encore une fois aux entreprises présentes que l’espace est « vraiment top tendance », pour citer Zoolander. Il y a une raison pour laquelle SpaceX cartonne. Encore une fois, je comprends le dossier Troy Meink, National Reconnaissance Office (NRO), Starlink et Starshield, mais SpaceX représente presque à lui seul le programme spatial américain actuel, sans parler des satellites.
L’autre chose, et ça peut sembler absurde, c’est qu’un contrat de 2 milliards de dollars, ce n’est pas énorme. Je ne vais pas trouver cette somme sous les coussins de mon canapé, mais on parle de… Quelle était l’estimation du président? 175 milliards de dollars pour le projet Golden Dome et 25 milliards de dollars pour le projet de loi de réconciliation. Le Bureau du budget du Congrès américain et d’autres l’ont évalué à 500 milliards de dollars. Deux milliards de dollars, c’est beaucoup d’argent, mais ce n’est pas un cadeau, et je soupçonne qu’il pourrait y avoir d’autres contrats de ce genre.
Joe Gould :
175 milliards de dollars pour le projet Golden Dome, et 2 milliards ici… Tous ceux qui se sont vraiment penchés sur la question semblent être d’accord pour dire qu’il est impossible de construire le Golden Dome en trois ans avec 175 milliards de dollars. Ce ne sera tout simplement pas réalisable. La question est donc de savoir ce que ce montant est censé couvrir exactement. Est-ce juste pour déployer une série de systèmes satellitaires? Eh bien, cela semble possible si les systèmes fonctionnent et sont prêts à être utilisés. Je suis curieux de voir quels renseignements seront divulgués au sujet de ce contrat. On ne sait pas encore s’ils essaieront de le garder secret ou non. Les systèmes spatiaux peuvent être un peu complexes, mais cela semble suffisamment important pour qu’ils en parlent.
Ce que le président a envisagé pour le Golden Dome ne correspond pas aux montants et aux délais qu’il a également proposés. Il va donc très intéressant de voir, dans la prochaine série de budgets et en cas de nouvelle réconciliation, comme tu l’as mentionné, Roman, où l’argent commencera réellement à être dépensé.
Roman Schweizer :
Pour rebondir là-dessus, je dirais simplement que votre tâche est peu enviable, parce que je ne m’attends vraiment pas à ce que beaucoup de choses soient déclassifiées. Sans parler du fait que l’administration et le département de la Défense ont déjà manifesté leur volonté de ne pas divulguer complètement ni d’être totalement transparents sur leurs sources de financement et autres sujets similaires, aussi simplement d’un point de vue purement sécuritaire. Je suis un contribuable, je crois en la liberté de la presse et tout ce qui va avec, mais la Chine lit les documents de justification budgétaire tout autant que nous. Je pense donc qu’il y a une raison valable de garder beaucoup de ces informations confidentielles. Mais oui, ça ne va pas être simple de voir comment ils vont déployer ça.
J’aimerais ajouter quelque chose pour finir. Joe, je crois que c’était toi, il me semble que c’était dans Politico. Vous aviez obtenu des informations sur la première tranche des fonds de réconciliation. Je crois que ça date d’une semaine ou quelque chose comme ça, non? Ce n’était pas ton article?
Joe Gould :
Non. C’était celui de mon collègue Connor O’Brien. Je suis d’accord avec les grandes lignes, à savoir que certaines décisions majeures ont été divulguées. À la fin de la semaine dernière, il semblait que le personnel essayait encore de comprendre ce qui était en grande partie un document classifié. Et j’imagine qu’ils l’ont considéré comme un peu en retard et peut-être quelques centaines de millions de dollars en deçà de leurs attentes, dans la mesure où ils s’attendaient à un compte rendu beaucoup plus détaillé de ces fonds. Je laisse mes collègues le soin d’approfondir certains détails.
Tony Bertuca :
Eh bien, je pense que l’un des aspects les plus frappants, c’est le fait que tout cela soit classifié. Il s’agit d’un plan de dépenses de 90 milliards de dollars censé aider le Congrès à se préparer pour le prochain budget sur lequel il pourrait devoir travailler, en indiquant les programmes qui recevront ou non des financements dans le cadre de la réconciliation. Ce plan est aussi censé envoyer un signal fort au secteur sur ce que le département de la Défense compte faire avec cette manne financière. Et pour le moment, personne ne peut le voir. Il est classifié, et le département de la Défense n’a pas vraiment envie que quelqu’un y ait accès.
Lors de mon enquête, plusieurs personnes m’ont dit que c’était peut-être à cause de la paralysie budgétaire et du fait que les personnes chargées de l’examen des classifications au Pentagone sont en congé forcé. Ce serait vraiment intéressant si c’était le cas, car cela voudrait dire qu’il n’y a pas encore de contrôleur confirmé par le Sénat, que le candidat proposé a été retiré, et qu’on manque peut-être de clarté sur ce qu’il faut présenter au Congrès et comment le faire. Toutes les personnes à qui j’ai parlé espèrent sincèrement que cela sera très bientôt déclassifié. Mais il est également possible, d’après certains, que ce soit un signe avant-coureur inquiétant. Peut-être que le département de la Défense commence à limiter l’accès aux informations liées à la mise en place des programmes, que toutes ces informations sont contrôlées et marquées comme confidentielles et qu’il cesse tout simplement de vouloir partager des informations sur les fonds publics. Bref, beaucoup de questions se posent depuis que ce document a été classifié.
Aaron Mehta:
Il faut aussi noter que la classification et le manque d’information ont également des répercussions sur le Congrès. On a vu la note de service de Pete Hegseth et Steve Feinberg qui disait en gros : « Écoutez, à partir de maintenant, toutes les communications avec le Congrès passeront par un seul bureau, le bureau du secrétaire à la Défense. Assurez-vous, vous les agents de service qui allez directement parler au Congrès et leur fournir des informations, de passer par nous en premier. »
On en a déjà parlé dans les épisodes précédents, mais est-ce qu’il y aura un autre budget ou est-ce juste une résolution provisoire qui découle de toute cette situation? Dans ce cas, faut-il envoyer davantage de documents budgétaires détaillant les programmes, ou peut-on se contenter de dire : « Tout ce qu’on a fait l’an dernier suffit, alors pourquoi en reparler? » Je pense que le flux d’informations… évidemment, Tony, tu as parfaitement raison. On diffuse ces informations en partie parce que ça envoie un signal au secteur : « Voilà ce qu’on va faire. » Mais on pourrait percevoir un signal différent, à savoir : « On va vous dire exactement ce que vous devez faire et vous devrez vous y conformer dès la semaine prochaine ». Dans ce cas, cela pourrait réduire le besoin d’envoyer des signaux par le biais de documents budgétaires que l’on préférerait simplement ne pas rendre publics.
Roman Schweizer :
Cette semaine, lors de la conférence téléphonique sur les résultats de L3 Technologies, le chef de la direction a parlé du signal de demande pour les programmes de munitions et s’est interrogé sur l’existence de contrats pluriannuels qui donneraient aux entreprises la confiance ou la sécurité nécessaire pour investir dans les dépenses en capital et embaucher du personnel. Si vous envisagez de construire une nouvelle chaîne de production et d’embaucher du personnel pour travailler sur cette chaîne de production, vous engagez ces fonds en supposant que vous allez récupérer votre investissement au bout d’un certain nombre d’années – 5, 10, peu importe – et que cela sera rentable. Je pense que c’est un des défis que le secrétaire devra aborder la semaine prochaine : les entreprises sont prêtes à le faire s’il y a un retour sur investissement. Mais encore une fois, c’est là le problème avec le Golden Dome : vous engagez tout cet argent, puis un démocrate remporte les élections suivantes et met fin au programme. C’est une des préoccupations majeures actuelles.
Joe, vas-y.
Joe Gould :
Je dirais simplement qu’avec le manque de transparence autour du budget, les transferts de fonds entre différents postes budgétaires et l’instabilité au Congrès concernant le financement annuel, ce n’est vraiment pas une situation propice pour que le secteur prenne des risques, comme vous l’avez tous souligné.
Roman Schweizer :
Rapidement, petit tour de table : est-ce que quelqu’un a regardé Une situation explosive? Soyez honnêtes. Moi, je l’ai regardé.
Aaron Mehta:
J’ai deux jeunes enfants. Je n’ai pas le temps pour ça.
Tony Bertuca :
Je ne l’ai pas regardé non plus, mais j’ai quelque chose d’amusant à partager avec nos auditeurs, ainsi que quelques pistes à vous donner. Mon très bon ami et collègue Jason Sherman, qui travaille chez Inside Defense, a écrit hier soir un article qui est paru aujourd’hui sur notre site Web insidedefense.com. Il a interviewé le lieutenant-général à la retraite Daniel Karbler, qui était très influent à l’époque où il dirigeait le Commandement stratégique des États-Unis. Aujourd’hui, il conseille Netflix et a aussi conseillé le film Une situation explosive. Jason a donc écrit cet article hier soir et m’a dit : « Écoute, il y a beaucoup de divulgâcheurs sur le film dans ce papier. C’est un excellent film à découvrir, mais ne lit pas l’article si tu ne veux pas te faire divulgâcher l’intrigue. » Et moi, je lui ai répondu : « Mince, je vais le regarder cette fin de semaine, je ne peux pas éditer l’article. »
Alors, on a appelé le très respecté Thomas Duffy, que Roman connaît chez Inside Defense, et Thomas nous a répondu : « Je ne peux pas éditer l’article, j’ai prévu de regarder le film. » Finalement, on a constitué une équipe au sein de notre rédaction en leur disant : « Bon, comme vous avez déjà vu le film, on vous laisse éditer l’article, car il contient des divulgâcheurs. » L’article est excellent, je recommande à tout le monde de le lire. C’est passionnant de voir comment Daniel Karbler a conseillé Une situation explosive.
Roman Schweizer :
Excellent. Pour ma part, je l’ai regardé. Je trouve que c’est extrêmement bien fait. Il y avait un article dans le Wall Street Journal, je crois – comment on appelle ça déjà – pas un Mulligan, un MacGuffin, une hypothèse scénaristique. Il y a plusieurs hypothèses scénaristiques qui sont utilisées pour faire avancer l’histoire. Je pense qu’il y a quelques points d’interrogation pour nous, les passionnés de défense. Mais je dirais que c’est un thriller réaliste sur le Golden Dome, parce qu’il aborde certaines problématiques et complexités liées à la défense antimissile et à la fin du monde tel qu’on le connaît. Je vous le recommande. C’est assez équilibré, aussi sombre que cela puisse être.
Tony Bertuca :
Avez-vous remarqué Daniel Karbler dans le film? Il joue dedans.
Roman Schweizer :
Il va falloir que je le revoie pour vérifier.
Tony Bertuca :
Il joue apparemment un général deux étoiles nommé Dan, et il y a un arrêt sur image très bref où on peut le voir.
Aaron Mehta:
Donc il a été rétrogradé de trois à deux étoiles?
Tony Bertuca :
Oui, c’est ça. Apparemment, il joue un général deux étoiles dans le film, alors voilà. Le chef du Commandement stratégique est dans le film, enfin, l’ancien chef du Commandement stratégique.
Roman Schweizer :
Eh bien, messieurs, je pense qu’on va s’arrêter là-dessus. On a fait le point sur le passé et regardé vers l’avenir. Encore une fois, merci de votre temps et de vos analyses. Et à nos auditeurs, merci de votre attention, on se retrouve bientôt. Merci beaucoup, messieurs.
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Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer
Directeur général, Groupe de recherche de Washington – Analyste des politiques de défense et de l’aérospatiale, TD Cowen
Roman Schweizer s’est joint au Groupe de recherche de Washington de TD Cowen en août 2016 pour s’occuper des questions de politique de défense. Il a auparavant occupé des postes chez Guggenheim Securities et MF Global. Le Groupe de recherche de Washington de TD Cowen a récemment été nommé premier dans la catégorie Institutional Investor Washington Strategy. Le Groupe a toujours été classé parmi les meilleures équipes de macro-politique au cours de la dernière décennie. M. Schweizer compte plus de 15 ans d’expérience à Washington (D.C.), où il a occupé les postes de représentant officiel des acquisitions gouvernementales, de consultant sectoriel et de journaliste.
Avant de se joindre au Groupe de recherche de Washington, il était un professionnel en acquisition dans le cadre du programme Littoral Combat Ship de la U.S. Navy. Auparavant, il dirigeait une équipe qui fournissait un soutien stratégique en matière de communications au Congrès et dans les médias aux hauts dirigeants de la Navy dans le cadre de programmes d’acquisition de navires de grande envergure. M. Schweizer a également offert des conseils sur les secteurs de la défense, de l’aérospatiale, de la sécurité intérieure et des marchés technologiques aux clients de Fortune 100 au nom de DFI International et de Fathom Dynamics LLC.
Il a été publié dans Inside the Navy, Inside the Pentagon, Armed Forces Journal, Defense News, ISR Journals, Training and Simulation Journal, Naval Institute’s Proceedings et Navy League’s Seapower.
M. Schweizer est titulaire d’un baccalauréat en histoire de l’American University de Washington (D.C.).